Retour sur Tokyo


alban

J’ai quitté Jun sachant que nous n’allions pas nous voir pendant un moment… Il s’agit de mes derniers moments au Japon au moins pour les trois années à venir. Il me reste toutefois pas mal de bitume devant moi de prévu avant de quitter ces routes merveilleuses et tout ces amis.

Ainsi, je repars vers Tokyo avant un dernier grand voyage sur place pour ensuite abandonner ma moto chérie et prendre l’avion. L’ami chez qui je squatte ce dernier moi me demande si je peux revenir un jour plus tard. C’est donc l’occasion de prendre ce jour pour rejoindre une route un peu spéciale.

27 avril 2015

Mais, entre temps, je reprend la direction du lac Biwa que je n’avais pas eu l’occasion d’admirer étant arrivé de nuit et ayant privilégié les tunnels plutôt que les routes pleines de biches. Avant ça, il y a la traversée de la région d’Hyōgo et de Kyoto avec ses routes bordées de forêts.

Puis, dans ces paysages vallonnés, on se retrouve en bord de lacs et de rivières. Passage de cols…

J’avais discuté avec James avant mon départ voulant rouler sur la péninsule de Kii. J’avais finalement du laisser tomber l’idée mais, je savais James sur les routes pour rejoindre Kii discutant sur Facebook et suivant son activité et les photos postées lorsque j’avais accès à du Wifi. Je lui avais envoyé mes road books et fait quelques remarques sur ceux-ci après être passé sur leurs routes (surtout après avoir failli manger l’asphalte sur une épingle à cheveux avec du sable :) ).

Ces petites routes d’Hyōgo et de Kyoto sont assez désertes. On y ressent réellement la nature sauvage à certains endroits, seul la route est là pour nous rappeler que l’homme y est passé. J’y reviendrai plus tard d’ailleurs. Mais, au détour d’une de ces routes, je vois débouler en face de moi une moto avec des LED bleues sur la fourche… Le cerveau se met en marche et dis à la conscience, « tu as déjà vu ça quelque part ». Puis les yeux captent une FJR bordeaux… Non, vraiment ? Non, c’est impossible… Si je reconnais le casque et le blouson. SI SI ! C’est bien James au milieu de nulle part. Je klaxonne une fois que nous nous sommes croisés comme un dingue, je m’arrête et lui m’a aussi remarqué.

C’est l’heure du « fuck the destiny » ! Lui non plus n’en revient pas. Les deux motos les plus sales du Japon réunies au beau milieu de nulle part… C’est l’occasion d’une bonne tranche de discussion entre deux ermites. On s’échange nos points de camping. Il me passe les coordonnées d’un endroit de rêve pour camper me montrant des photos du lieu, j’enregistre ça dans le GPS et nous repartons finalement chacun de notre côté.

Le hasard fait bien les choses, mon GPS m’ordonne de tourner à gauche quelques centaines de mètres plus loin. Nous ne nous serions alors pas croisé quelques minutes plus tard.

Je continue ma route sur les bords du lac Biwa passant quelques routes majestueuses pour privilégier des nationales afin de gagner du temps pour cette fois profiter un peu du lac avant la tombée de la nuit.

Et mes sacrifices ne furent pas vains… S’offre à moi une vue magestieuse sur ce lac, bordé par une route de toute beauté et déserte.

Je ne peux une fois de plus m’empêcher de m’arrêter puis de redémarrer pour admirer ce couché de soleil sur le Biwa-ko… Il est encore tôt mais la nuit tombe et je dois encore chercher un endroit pour camper. M’étant alors dérouté de mon road-book pour atteindre le lendemain la fameuse route que je voulais voir avant mon départ, je suis dans le flou complet. Mais, cela change-t-il de mon habitude campant finalement plus souvent à des endroits non prévu sur mon itinéraire initial…

C’est finalement sur la péninsule que je trouve péniblement à proximité d’un parking un endroit convenable pour planter la tente. Bière, collation et GPS pour repérer la route du lendemain.

28 avril 2015

Avant de partir, je passe en ville pour tenter d’acheter une carte mémoire pour mon appareil photo. Mais, la simple course se transforme en grosse frayeur. Après un petit déjeuné à la superette, je m’arrête sur le parking d’un magasin, rentre et on me dit qu’il n’ouvre qu’une demi heure plus tard. Pas de soucis, c’est l’occasion d’aller refaire le plein d’essence. Au moment de payer mon plein, plus moyen de mettre la main sur mon portefeuille… Il me reste heureusement 3000 yens, suffisant pour payer les quelques 2200 yens d’essence. Mais, où est ce satané portefeuille ?

Le stress monte, je reviens à la superette, rien, au magasin rien… Je tourne en rond cherchant une solution. J’ai un plein d’essence soit 250km, une carte de télépéage et 800 yens, le tout à plus de 500km de Tokyo et sans téléphone portable. Je suis aussi accessoirement sans carte de résident et sans permis de conduire. Le stress continue à monter, je tourne en rond quand quelqu’un vient à moi me demandant si je m’appelle Alban. Même pas le temps de faire marcher la matière grise, je me demande pourquoi cette question et lui répond oui. L’homme me dit qu’il a trouvé mon portefeuille. Joie, joie ! Il a même essayé de joindre l’un des numéros inscrits sur l’une des cartes de visites stockée dedans. Je le remercie chaleureusement. C’est finalement le bonheur du jour.

Je choisi de continuer sur des petites routes et d’éviter l’autoroute principalement pour limiter les frais. Mais comment puis-je faire une erreur pareille après un bout de temps passé à faire de la moto au Japon… Je m’explique, pour atteindre cette fameuse route, il me faut traverser de nombreuses zones urbaines et périurbaines. Il n’y a alors rien de pire que de rouler sur ce type de routes, d’une part d’une beauté toute relative et surtout, oui surtout, bourrées de feu tricolores qui en plus sont volontairement désynchronisés. Quand on n’a pas préparé son road book, c’est l’option la plus logique dans ce Alors, après un sacré bout de temps gâché dans cette galère, je me décide enfin à prendre l’autoroute, clairement plus jolie et agréable pour arriver tout prêt de cette route.

Et là, c’est finalement l’extase… J’en ai parlé et parlé sans jamais la décrire. Une route sur le sable. Mais, il n’y a pas de béton, juste du sable humide. Ainsi, il arrive souvent que la route soit fermée en raison des conditions météo défavorables. Par chance, il ne faisait ni trop chaud pour sécher le sable, ni trop venteux. Conditions idéales pour rouler sur la plage au son de la mer.

Après quelques passages sur cette « route », j’ai tout de même envie de profiter de la vue sur la mer mais, impossible de béquiller sur un sol meuble comme celui-ci. Je réfléchis puis je me souviens que j’ai une batterie dans ma sacoche de réservoir. Quoi de mieux pour caller la moto ?

J’ai pris une petite vidéo d’une qualité toute relative et surtout avec des cris de sauvage… Navré pour ces cris barbares… https://youtu.be/EBvdsh492aI

Emplacement : 36.838827, 136.749541 https://goo.gl/maps/tZR0T

Puis, je  redescend en empruntant la partie est de la péninsule, bien plus agréable et sauvage.

Le but pour ce soir, c’est de rejoindre le lieu de camping indiqué par James la veille. Je passe sur des routes de montagne merveilleuses. On monte on monte, on traverse des tunnels où l’eau s’écoule, le printemps faisant fondre la neige.

Au fur et à mesure de la montée, l’eau laisse place à la neige… Détail que j’oublie. Mince, on y arrive à ce point de détail. La route est bloquée par la neige, vraiment pas moyen de continuer.

Pourtant j’étais presque au bout. Et la nuit va tomber… Un coup d’oeil à la carte, il me reste une alternative. Nous sommes bel et bien dans une région déserte, peu d’alternatives s’offrent à moi à moins de faire un énorme détour pour atteindre la zone de camping tant convoitée. Alors, essayons l’autre solution.

Toutefois, une image de ma trace vaut bien des mots.

Vous l’aurez deviné, je suis de nouveau tombé sur une route bloquée. Cette fois plus par la neige mais, visiblement abandonnée depuis bien longtemps. Ce genre de route, ca n’est pas nécessairement un problème de les prendre de jour, à ses propres risques et périls, mais, de nuit avec les bêtes sauvages qui rôdent, on a vite fait de se faire renverser par une biche. En arrivant devant la route, j’ai d’ailleurs été mis en garde par une bestiole qui est venue d’en face et qui a couru vers moi. La chose était grosse mais, je n’ai toujours pas le fin mot de l’histoire. Qu’est-ce que c’était ?

Et c’est sans compter non plus la visibilité réduite sur ce genre de route où les arbres tombent sous le poids de la neige. La nature reprend très vite ses droits. Encore une fois quelques minutes avant, en me trompant, j’ai évité de peu un arbre à moitié couché sur la chaussée. Gare à la tête !

Alors, demi tour et on abandonne. C’est l’heure de faire dodo, je suis vraiment fatigué et je cherche à tout prix un endroit pas trop loin d’une superette pour refaire le plein de bières et de casse croute. Je trouve finalement mon bonheur au bord d’un lac, sur l’accotement de la route. L’endroit est tellement désert qu’il n’est pas passé une seule voiture entre le moment où j’ai planté ma tente et celui où je suis reparti !

(non il fait bien nuit noire, magie de la photographie…)

29 avril 2015

Ce matin là, j’ai décidé de partir très tôt pour profiter au maximum de la journée. De plus, j’ai dans l’espoir de croiser Craig et quelques autres amis l’accompagnant partis sur les traces du Twitsty Butt, sortie organisé dans quelques jours par Craig. J’ai donc prévu de faire ma route jusqu’au premier tiers du Twisty Butt pour prendre l’itinéraire de Craig en sens inverse. Avec un peu de chance, nous pourrons nous croiser.

Connaissant le rythme de Craig, une fusée, et ayant pas mal de kilomètres à faire avant d’atteindre cette première partie de Twisty Butt, je ne m’arrête que très peu pour prendre des photos. Il y en a déjà un paquet et mes yeux en profitent assez comme ça.

Je tombe sur une autre de ces routes abandonnées. La cartographie de Garmin au Japon est faite par une société tierce qui a un sacré retard dans la mise à jour des cartes, souvent datées de plusieurs années… Ce sont donc des choses qui arrivent. Mais, de jour, rien d’impossible. On passe sous la barrière puis on roule doucement…

Le seul ennui, c’est d’être certain qu’à l’autre bout, on pourra passer le portail et que celui-ci n’a pas été verrouillé. Mais, par chance, ca n’est pas le cas cette fois ci.

On n’est plus très loin de la portion de road book de Craig. Et c’est l’heure pour une des routes mythiques du Japon. La Venus Line…

Difficile de décrire combien cette route est belle. Perspectives prodigieuses et tracé pour le plus grand plaisir de conduite. A ne surtout pas manquer sur un itinéraire au Japon.

Localisation : https://goo.gl/maps/KJAlT

Je croise finalement Craig un peu plus loin, après la Venus Line. Mais, je ne le reconnais pas… C’est finalement lui qui fait demi tour et qui me rattrape. Un bref brun de causette puis nous repartons.

Retour sur Tokyo par Yamanashi avec quelques tranches de belles routes avant de finalement rejoindre l’autoroute.

Quelques jours de travail se profilent avant le dernier grand voyage, le plus long. Twisty Butt par Craig suivi du Golden Ride pendant la Golden Week par Justin pour terminer avec une balade sur la route 152 organisée par John.

L’impatience se fait déjà sentir.

Balade au nord de Kyushu – partie 2


alban

Partie 1 visible ici.

On se retrouve pour la seconde partie de ce voyage à Kyushu. Cette fois directement sur place, dès le réveil, on est parti pour de belles routes. Mais, il faut d’abord s’échapper de Kumamoto, un moindre mal comparé à la longue expédition de l’avant veille depuis Tokyo.

Le temps s’annonce pluvieux toute la journée… Ça n’est pas tant que je n’aime pas la pluie, parfois sublimant les paysages enveloppant d’une brume mystique, mais, je la crains particulièrement, ayant toujours en tête ce pneu avant ayant fait déjà plus qu’il n’aurait du.

Malgré les GPS chargés avec le même itinéraire, nous nous retrouvons séparés avec Dale. Il a eu la bonne idée de me donner la veille son numéro de cellulaire que j’ai gardé dans une poche… Ainsi, une fois échappé de cette circulation urbaine impitoyable, je m’arrête à une supérette, vérifie que le lieu se trouve facilement via le numéro de téléphone depuis le GPS puis, n’ayant plus de cellulaire, je le contacte grâce à un téléphone publique. Franchement pratique car toujours répandu au Japon. Une demi heure plus tard, nous revoilà de nouveau réunis.

La balade peu enfin commencer dans les routes sauvages.

On remonte vers le Mont Aso, prenant cette fois la route de l’ouest. Toujours sous une pluie battante… et, de la fumée volcanique. En tout cas c’est ce qui semble car cette brume laissait un dépôt gras sur la visière. Grosse erreur de ma part de vouloir essuyer les goutes d’eau sur celle ci, étalant ainsi une épaisse couche sur le plastique.

Arrivé au sommet de cette route, nous voulons nous arrêter pour casser la croute… Mais, refusant par principe de payer le parking pour une moto, de plus sur une aire de repos où l’on dépense déjà de l’argent, nous continuons la route en quête d’un autre lieu. Sauf qu’ayant horreur de traverser les villes pleines de trafic, ma route les évite habillement et les supérettes ne courent pas les rues. C’est finalement après une très très longue section de route que nous trouvons enfin notre salut. De quoi s’abriter pour tenter de sécher un peu, se restaurer et se reposer.

C’est aussi l’occasion de jeter un oeil sur mon road book avec les conseils avisés de Dale qui est de la région afin d’éviter les routes pleines de trafic. Ainsi, parés au départ, nous finissons la journée sur un temps plus clément, de mon côté sachant où placer ma tente grâce encore une fois aux conseils de Dale.

Après un bon repas, nous nous séparons, mon voyage continuera seul. Je place ma tente sur la plage, et, après avoir lutté contre le vent, et perdu plusieurs sardines sous le sable, je décide d’appliquer ma propre méthode pour planter cette tente. On fini par y arriver, mon acharnement et moi et, il est l’heure pour une bonne bière, un oeil sur le road book du lendemain, sur les photos, le tout à la gloire de la sainte moto.

Réveil le matin face à la mer, et sous un ciel bleu. J’ai connu pire… On range la tente, luttant encore contre le vent mais, la tache est plus facile sous la lumière du jour. Puis, en route vers Imari, une ville connue pour ses céramique. Cet arrêt dans cette ville est issu d’une idée un peu folle d’un ami du boulot, faisant au même moment un voyage à Kyushu, rejoignant l’île par le train avec son sac à dos. Donc, tous les deux un peu « à l’arrache » quoi de plus fiables que de se donner un rendez-vous précis à l’autre bout du Japon, le tout dans la ville portant le même nom que notre superviseur (mais pas les même caractères).

Pour m’y rendre, quelques jolies routes en bord de mer, pour un réveil agréable.

Rendez-vous était donné à 10h, et, rendez-vous fut couronné de succès avec photo souvenir de rigueur. Puis après un café et une bonne tranche de discutions, nous nous sommes séparés pour rejoindre chacun de notre côté la suite du plan de nos voyages.

J’avais prévu de suivre la route longeant la côte sur la péninsule au nord de Karatsu mais, le temps passant je me suis finalement dirigé vers les deux iles à l’est de Kyushu.

Cependant, il ne s’agit techniquement pas de Kyushu. On trouve généralement des superbes routes sur les îles mais, mon budget étant très limité, déjà bien absorbé par l’autoroute, c’était véritablement ma première fois sur une petite île japonaise. Mais, ce choix s’est fait pour une raison, ces deux îles sont reliées à Kyushu par des points.

Ainsi, Hirado, la plus grosse d’entre elle à un point vers Kyushu et Ikitsuki, au Nord de Hirado est reliée seulement à cette dernière.

Une fois sur la première île, Hirado, le festival les belles routes retentissait pour la journée.

Rizières à foison reflétant le ciel, sous un soleil radieux, avec des tas de petites routes à rendre fou, tant le choix est difficile, sachant que l’on passera à côte d’innonbrables paysages de toutes beauté… Voilà à quoi Hirado nous introduit. Et ça n’est que le début.

On s’enfonce, on se retrouve face à la mer puis en hauteur, tout en gravitant autour de points visibles depuis toute l’île.

Je regarde sans cesse l’heure voulant que les minutes passent plus lentement… Je sais que la nuit arrivera encore trop tôt, je voudrais pouvoir figer le temps. Toujours pris dans un dilemme entre continuer la route ou m’arrêter pour prendre des photos. Le désir est trop fort et je ne succombe pas à ce besoin de m’arrêter sans cesses, m’extasiant devant tant de beauté.

Je veux m’arrêter, je suis fatigué mais, je ne veux pas perdre une miette de ce paysage, j’en arrive à reporter encore et encore le moment de la pause. Puis je franchis le second point vers Ikitsuki, fort impressionnant par sa structure.

Gros vents sur le pont, on passe en douceur puis, j’en profite pour faire une pause avant la découverte de cette seconde île sans savoir que le meilleur est encore devant moi !

Encore plus sauvage que la première île, on se retrouve entre rizières et falaises. En atteignant l’extrémité de l’île mené par une seule route sans issue, sinueuse et qui semble mener au bout du monde, un phare trône fièrement au sommet des falaises donnant l’occasion d’admirer une vue imprenable sur les iles environnantes et la mer.

Il est temps de rebrousser chemin pour longer l’autre côte de l’île.

L’heure tourne et il faut malheureusement que je quitte ces paysages incroyables pour au moins tenter de rejoindre le lieu où j’ai prévu de camper… Toujours cette peur de la nuit, propice à la collisions avec les biches… Mais, comme pour me dire un dernier adieu, l’île m’offre une route magistrale. Les pneus usés ont cet avantage qu’ils m’empêchent d’aller vite pour mieux profiter des paysages.

C’est l’heure de quitter la première puis la seconde île sous un soleil couchant… Mais, un long chemin est encore à faire.

Exténué après plusieurs heures de routes sous la nuit, je m’arrête finalement à un combini pour me connecter à internet et faire les provisions pour le soir afin de chercher sur Google Street View un lieu de camping plus proche que celui que j’avais prévu. La chance me sourit, j’en trouve un à quelques kilomètres de là…

Bonne nuit de sommeil après une bière et un bon festin. En attendant avec impatience de voir ce que les routes du lendemain me réservent comme belle surprise.

A suivre… Partie 3