Rando MotoMag Portugal session 1 – Jour 6

La nuit se termine.

Elle a de nouveau été courte, mais comme chacun, j’ai trèèèèèèèèèès bien dormi.

Il faut dire que jusqu’ici, les chambres ont été spacieuses (voire parfois très) et silencieuses.

Même dans les grandes villes, la fatigue liée aux heures de selle ainsi que la qualité des infrastructures, ont fait que le sommeil s’est montré réparateur.

Après un petit déjeuner avalé sur le pouce, je prends quelques minutes pour aller faire quelques pas auprès du lac.

Petits moments de grande tranquillité, au contact d’une nature pas totalement réveillée.

Cette première demi-étape me voit partir en accompagnement d’Isa, qui est en charge du camion bagages depuis sa cabriole initiale, afin d’assurer l’accueil des motards à la Mata Nacional do Buçaco.

Pas de photo sur la route donc.

C’est en cette occasion que nous rencontrons les premières de ces inventions haïes de tous ceux qui roulent en moto, et qui jusque là nous avaient épargnés : les ralentisseurs ou dos d’ane. Inexplicablement, nous avions été, depuis notre entrée en terres portugaises, oubliés par ce fléau du roulage moderne (contrairement à l’Espagne qui en déborde de partout).

Cet oubli est désormais réparé, même si leur densité reste tout à fait supportable.

Les groupes se présentent l’un après l’autre, ce qui me laisse le temps de discuter avec la dame très sympathique dans le kiosque à tickets, qui parle un français de très bonne facture.

La procédure est assez longue, car elle relève l’immatriculation de chaque véhicule avant de sortir un billet “personnalisé” avec le N° de la moto de chacun.

L’endroit est magnifique.

Si, naturellement, chacun se trouve attiré par le palace (classé parmi les plus beaux hôtels du monde), ses sculptures raffinées, ses azulejos superbes ainsi que ce qu’on peut en apercevoir de sa déco au travers des fenêtres, il serait regrettable de négliger pour autant les jardins et le parc à l’entour.

Le temps est compté, et avec quelques courageux nous partons au petit hasard des sentiers (partez bien chaussés, car ça crapahute fort en certains endroits, et le terrain est quelquefois assez mouvementé).

Bien nous en prend, cas nous croiserons le cèdre de San José, vénérable végétal planté en 1644, ce qui fait de lui un contemporain de notre bon Jean-Jacques, l’ouvreur des jaunes à la moustache toujours frétillante, et surtout, dans d’improbables petites cabanes ne payant pas de mine, les stations du chemin de croix.

Ces dernières sont d’un réalisme et d’une finesse des détails à couper le souffle !

Si certaines ont subi les affres du temps (comme notre Jackinou des bleus), celle qui ont été épargnées sont exceptionnelles.

On jurerait que les personnages, réalisés en terre cuite, sont vivants à quelques pas de nous…

C’est en cherchant désespérément les dernières de ces constructions, que nous nous égarons avec mes deux petits camarades. Les miracles de la technologie nous permettent de recevoir les consignes de not’ chef-chef-oui-chef : ils mettent les voiles, et on devra ramarrer la troupe plus loin en traçant avec l’ami Tripy (ce qui ne nous effraie guère, nous sommes multi récidivistes des rando MotoMag, et la bestiole en question est devenue notre amie depuis bien longtemps).

On a pris un sérieux coup de chaud à crapahuter sur les sentiers improbables dans les hauteurs du parc, et une pause réhydratation à l’estaminet près de l’hôtel est l’élémentaire préambule avant toute reprise de guidon.

Allez, il s’agit de ramarrer le gros du peloton qui a maintenant une bonne avance sur nous.

On retrouve de la petite route qui tricote gentiment. De quoi largement se remettre les idées au clair après l’avis de montée en température de Buçaco.

A Casal de Santo amaro, en contrebas à droite, nous apercevons d’anciens fours. Ni une, ni deux, nous stoppons les machines pour aller de visu apprécier ces reliques.

On récupère la troupe à Conimbriga, où, exceptionnellement, nous échappons au cérémonial du restaurant. Ce midi, c’est le cul dans l’herbe, façon “on la joue à l’ancienne”, avec chacun son panier repas récupéré au camion bagages, charge à chacun de se trouver un coin qui va bien, si possible ombragé.

Le but du jeu est de pouvoir se rendre ensuite sur le site des ruines romaines, jouxtant l’aire de pique-nique.

Certains préfèreront se taper une bonne sieste, allongés dans l’herbe, tandis que d’autres iront reconstituer le coeur d’un village romaine à l’époque romaine (notamment les systèmes de canalisations).

Il est dur de quitter l’abri ombragé des arbres pour aller retrouver l’asphalte surchauffé en ce début d’AM.

Les km défilent et bientôt une présence venteuse se fait peu à peu sentir, l’air se rafraîchit. Au détour d’une grande courbe apparait soudain l’étendue bleue qui se perd aux confins de l’horizon : l’océan Atlantique.

Plus nous nous rapprochons des vagues qui déferlent, et plus l’air fraîchit.

Nous arrivons en bord de côte, et bifurquons vers l’ouest toute. Le chef-chef-oui-chef m’a rattrapé avec le groupe des Mauves, et met du gaz dans ces longues lignes droites bordées de pins, qui ne sont pas sans nous rappeler les Landes de chez nous.

Un peu plus loin, le voilà debout sur les freins à la vue d’un membre des GNR (garde nationale républicaine, l’équivalent de notre gendarmerie). Vu qu’on ne lambine pas vraiment, j’en connais un qui a dû serrer les fesses à l’idée de la pluie d’emmerdes qui s’annonçait soudainement sur sa paire de rouflaquettes…

Info prise, le gendarme explique en français à Jean Marc que la route de côte est déviée, pour cause d’organisation d’un rallye national automobile.

Pas grave. Rassurés sur la suite à donner, on taille dans le massif de pins jusqu’à Marinha Grande puis Nazare (où nous longerons l’impressionnant paddock de la susdite épreuve. Y’a du lourd, visiblement).

Pour les Rouges, l’affaire n’est pas aussi simple, car Olivier leur ouvreur n’a pas compris qu’il fallait pousser jusqu’à ces deux communes, et tente une coupe par des routes forestières qui confinent rapidement à la piste. La pauvre Gigi, en délicatesse avec sa nuque depuis quelques jours, est obligée d’aller trouver refuge dans le camion bagages, où elle se sent moins secouée que sur la RT de Jacques, son Helvète de mari.

Finalement, tout se termine bien, on récupère tout le monde (après une pause pour les asséchés chroniques, bien évidemment).

L’arrivée à Peniche n’est pourtant pas le terme de notre étape.

La boucle sur les falaises et les alentours, prévue initialement pour le départ du lendemain matin, est avancée, et on pousse volontiers pour quelques km supplémentaires, durant lesquels nous aurons l’occasion de nous extasier sur la rudesse des vagues atlantiques, et d’apprécier le combat sans fin de l’eau et de la roche.

Un petit tour par la citadelle, et c’est la curée vers l’hôtel MH, un quatre étoiles à même d’apaiser les fatigues de notre journée au grand air.

C’était peut être l’occasion de demander nos cartes de membres du club moto de Peniche ?

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