Rando MotoMag Portugal session 1 – Jour 7

Ce matin ça sent la fronde dans les rangs…

ça murmure, ça fulmine, ça revendique !

Le cri unanime de « IL FAUT QUE CA CESSE ! » sera-t-il entendu de l’organisation ?

Car il faut dire que ça commence à bien faire ces conditions de séjour à la limite du supportable…

Un négrier du temps des colonies, un chef de galère, un garde-chiourme du bagne de Cayenne n’exprimeraient pas plus d’inhumanité que les responsables du choix des sites d’accueil.

Le petit déjeuner par exemple !

Qui pourrait se satisfaire de la frugalité d’une pareille pitance ?

Ceux là ?

Pensez-vous ! Regardez les têtes dépitées de ces pauvres manants affamés…

Et que dire alors, de l’insalubrité affichée par ces locaux qui prennent l’eau de partout…

Non, décidément, il faut que ça cesse !!!!

Si je vous parle de Pignonnerie, vous me répondez quoi ?

Vous pensez boîte de vitesses ?

C’est on ne peut plus naturel. Motard un jour, motard toujours.

Mais en l’occurrence, chez nous, vu ce que je vous ai expliqué récemment, une Pignonnerie, c’est une Jean-Paulade.

Mais si, rappelez-vous, notre paratonnerre à embrouilles.

Eh bien il se trouve que la Pignonnade (ça marche aussi dans ce sens là) du jour, c’est que notre inénarrable camarade a encore passé une nuit sans sommeil, en raison de violents maux d’estomac (ou assimilés).

Après avoir gardé éveillé Jean-Claude son infortuné voisin de chambre, et mobilisé le corps médical (en la personne de Gérard, qui, sacré coup de chance, était d’astreinte cette nuit là), le verdict tombe : La pan va voyager dans le camion méca et Jean Paul fera la conversation à Isa dans le fourgon à bagages.

Ami lecteur, n’oublie jamais la devise des randos MotoMag : « là où Jean Paul passe, la morosité trépasse ! ».

Aujourd’hui, j’emmène dans mes roues l’ami Jean Luc qui a décidé de rouler en configuration free-lance.

La route qui nous emmène vers un des sites les plus célèbres du Portugal, commence par nous faire endosser le costume de héros Ibères : Don Qui-rote (la boisson gazeuse avalée en vitesse avant le départ peine visiblement à être digérée) et son inséparable Sang-chaud Pansa.

Plus loin, la haute technicité moderne…

… nous fait nous interroger : les champs d’éoliennes à l’ancienne n’avaient-elles pas un charme suranné qui fait cruellement défaut à leurs homologues actuelles ?

La route qui nous emmène vers Mafra (avec une température des plus agréables, passant rapidement les 20°) nous donne l’occasion de quelques coups d’oeil sympas.

C’est à Mafra que je retrouve pour la première fois cette scène dont j’avais été si souvent le témoin lors de mon premier séjour dans ce pays, il y a trente ans : les déplacements en carriole tirée par un âne.

Je n’ai par contre pas revu ces femmes qui portaient de lourdes jarres d’eau sur leur tête. L’eau courant a fini par arriver dans tous les foyers.

Ou encore ces systèmes d’extraction de l’eau à base de boeufs ou d’ânes tournant autour de puits.

Sacré progrès qui nous prive du plaisir de voir ces spectacles d’un autre temps.

En tous cas, le palais national de Mafra recueille tous les suffrages de nos motards qui ne manquent pas de faire une pause pour en apprécier l’esthétisme.

Un saut de puce plus loin, nous parvenons à Sintra, haut lieu du tourisme portugais.

Cet endroit est visiblement un vivier de choses à même de vous régaler la rétine.

Le problème c’est :

- un, qu’on est un we

- deux, le 10 juin, jour de la fête nationale portugaise, et que donc l’endroit est blindé de touristes

- trois, les ruelles sont étroites, pavées, pentues et tortueuses, sans possibilité de stationnement en groupes. Elles nécessitent une attention de tous les instants en phase de circulation en deux roues, entre les bus de touristes qui évoluent dans un milieu hostile, les piétons qui circulent sans trottoirs, les spots à regarder qui risquent de détourner notre attention la seconde de trop…

Sintra c’est magnifique, mais c’est à faire à pieds. Définitivement.

Jean Marc s’interroge sur l’opportunité de maintenir ou non cette partie du parcours du jour (la boucle en terrain difficile sur les hauteurs de la ville) pour les sessions à venir.

Le futur nous dira quelle sera l’option retenue, mais là, l’unanimité est totale : machines et humains ont frôlé la surchauffe, pour un intérêt des plus réduits malgré la richesse des choses à voir.

Pour les machines, on ne peut pas faire grand chose, sinon les laisser au repos une paire d’heures, mais pour les bêtes à casques, le petit coup de frais apporté par la pause restauration au Vàrzéa, est la bienvenue.

Brandade de morue pour tout le monde (sauf Marc qui refuse définitivement de mettre tout ce qui porte arêtes dans son écuelle).

A force de nous dire que nous étions tous à l’ouest dans ce groupe de doux-dingues, ce qui devait arriver… arriva : nous finissons tous à Cabo de Roca, le point le plus à l’ouest du continent européen.

Un endroit avec des vues magnifiques sur l’océan bien réveillé, et un vent à décorner le viking d’origine que je suis.

Les appareils crépitent, et Eole, taquin, soulève les robes des femmes imprudentes qui ont pris le risque de venir braver son souffle puissant (messieurs, pas de photos, désolé… la censure veille !).

La côte, rien que la côte ! Tel est le programme de ce début d’AM qui nous emmène doucement vers notre prochain spot impressionnant.

Avant cela toutefois, on frôle la catastrophe, le strike, la sculpture moderne avec un empilage à la César, sur le franchissement d’une innocente langue de sable traversant la chaussée.

D’apparence inoffensive, elle s’avère en fait profonde de presque 20 cm, et les quelques imprudents qui se sont risqués à la traverser autrement qu’au pas (j’en suis) se sont faits une méga-chaleur avec un avant soudainement incontrôlable, le tout systématiquement conclu d’une figure hautement artistique de tentative de récupération de l’affaire avec bras et jambes en perdition pour stabiliser le bouzin…

Bref, personne n’est tombé, mais ça a été chaud-chaud.

Remis de nos émotions (il va cependant y avoir des petites lessives à faire ce soir à l’hôtel, à mon avis…) nous finissons par arriver en vue de Cascais.

« la Bocca do inferno », la bouche de l’enfer… tel est le nom de ce que je prenais pour une production Marc Dorcel ou Jacquie et Michel.

En fait, pas de lèvres gourmandes, mais une trouée dans la roche dans laquelle s’engouffre un océan qui ne perd jamais une occasion de se donner en spectacle.

On reprend les mob’ pour gagner Lisbonne, avec un trafic qui se densifie au fur et à mesure de notre approche.

En bons rebelles, on commence par faire la course avec le train.

Puis, c’est l’arrêt obligatoire à la Tour de Bélem, le temps de shooter quelques clichés souvenirs malgré un policier désireux de nous voir déguerpir au plus vite.

Merci m’sieur l’agent !

Rendez-vous à l’accueil de notre hôtel (encore bien craignos, je vous jure !!!), pour une séance de métro, jusqu’au point de ralliement avec un groupe de chauffeurs de Tuk-Tuk.

Initiée en dernière minute par Jean Marc et Isa, cette activité de visiter Lisbonne via ce véhicule original, est appréciée de tous.

Ça se faufile, ça passe partout malgré les ralentissements angoissants dans les rues à forte pente qui nous emmènent sur les hauteurs de la ville, et les chauffeurs sont hyper sympa.

Bref, c’est 100 % validé, car s’il avait fallu se manger tout ça à pieds, on y serait encore…

Retour en métro, et soirée au restaurant « D’Bacalhau », spécialiste de la morue qui nous en proposera pas moins de quatre préparations différentes (sauf à Marc qui persiste à faire de la résistance anti-écailles).

Trajet inverse, au travers de ce quartier créé entièrement à l’occasion de l’exposition universelle de 1998, avant de goûter au confort moelleux des oreillers d’un hôtel de très belle facture (aux dernière nouvelles, Jean-Paul serait revenu d’entre les morts, aperçu qu’il fût à bouger son corps de façon presque déraisonnable, en fin de soirée, au son d’un orchestre de jazz dans le bar jouxtant le restaurant).

NB : pros en chaque occasion, Jean Luc et moi avons mis à profit notre étape du jour pour procéder à un test consomotards MotoMag.

Aujourd’hui, le but était de déterminer qui, du plexiglass de Germanie ou du plastique Transalpin, était le plus solide.

Pas de test à la « one again », ou de mesures petit-bras.

Non, non, ce n’est pas le genre de la maison.

Prenez donc une Italienne de près de 300 kilos (Guzzi Stelvio), une teutonne lui rendant une trentaine de bons kilos de ferraille (1150 BMW GSA). Faites faire demi tour à la 1ère pour se garer sur un spot photo, propulsez la seconde en mode « cékoidonk le truc à regarder », faites se croiser les trajectoires de ces deux sumotoris mécaniques, et vous obtenez un test solidité de première bourre !

And the winner is : ….

Le plastique made in « la botte méditéranéenne ». La bulle plexiglass d’outre-Rhin ayant été transformée en puzzle pour adultes.

Mon infortuné compère (à qui je dois d’être resté sur mes roues, sa manoeuvre d’évitement ayant permis de nous épargner à tous deux de nous faire un joli plat-ventre, au sacrifice de sa pelle à tarte gabarit XXL) se verra même risquer l’amputation, en se coupant profondément un doigt lors d’une tentative de scotcher les restes de sa bulle afin d’éviter qu’ils ne vibrent à haute vitesse.

C’est le chef-chef-oui-chef en personne qui jouera de la trousse à pharmacie au bar suivant (c’est lui qui le sang-chaud pansa)

C’est l’Aïd, on saigne les sacrifiés…

Le tranchant de l’objet étant définitivement validé, nous pouvons d’ores et déjà annoncer la sortie d’un prochain hors série « MotoMag Gadget », avec en cadeau pour chaque magazine, la reproduction fidèle du couteau de Rahan en bulle de plexi germanique.

Good new, non ?

Sont gâtés, les lecteurs…

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