MotoMag dans les Balkans : Jour 13, l’Italie : il fait beau et chaud (fameuse contrepèterie…)


yome

IL NE NEIGE PAS SUR LE LAC MAJEUR !

 Et c’est tant mieux…

Ce matin le soleil est là. Et vu le contexte du roulage d’hier, c’est ce qu’il pouvait nous arriver de mieux ! Parce qu’au petit déj’, il y en a (mais gentleman, je tairai les noms) qui portent encore les stigmates de cette affaire.

 Du coup, le décollage avec une température de 9°, mais sur le versant ensoleillé de la vallée, est des plus réconfortant. Surtout si on tourne la tête pour contempler les cimes enneigées dans l’ombre, du versant opposé.

©G. de CROP/Motomagazine

La matinée se passe à se rapprocher peu à peu des lacs italiens à la réputation si établie.

Le chef-chef-oui-chef l’a dit, ce matin on ne traîne pas, car on est attendus à 11h dernier carat pour le 2nde surprise du séjour.

Disciplinés, les groupes se passent quasi systématiquement de la traditionnelle pause bar.

Nous apercevons toutefois, le groupe des verts de Valérie, arrêtés devant un petit bouclard de mécanique moto (et voitures…).

©G. de CROP/Motomagazine

La réparation du capricieux maître cylindre du 500 CB de Patrick est toujours à l’ordre du jour.

©G. de CROP/Motomagazine

Puis c’est l’arrivée sur les bords du lac de Côme, avec le choc visuel de ce site admirable. La tentation est grande de se poser, pour siroter un petit rafraîchissement les pieds dans l’eau.

©G. de CROP/Motomagazine

Mais l’appel du démon ne porte pas. La voix du grand chef reste la plus forte, et obéissants, nous filons sans traîner..

Et à 11h, tout le monde ou presque est parqué devant … l’entrée de l’usine Moto Guzzi à Mandello Del Lario.

©G. de CROP/Motomagazine

©G. de CROP/Motomagazine

La 2nde surprise, c’est la visite guidée et commentée par un bénévole, rien que pour nous.

La troupe écoute les commentaires traduits par Jean Marc, et ne manquent pas de poser moult questions. L’histoire du plus vieux des constructeurs de moto italiennes encore en activité, s’avère passionnante. Riche d’anecdotes et impressionnante d’innovations. Des débuts du siècle dernier aux modèles les plus récents, c’est un voyage dans l’histoire de la moto mondiale qui défile sous nos yeux.

©G. de CROP/Motomagazine

Rapporter ici ce que nous avons vu ou entendu demanderait trop de temps et de place. Mais sachez que les numériques crépitent et que nombre de motards ressortent impressionnés de ce que l’histoire de la marque a pu apporter comme progrès technologiques. Non sans avoir laissé quelques p’tit mots sur le livre d’or…

©G. de CROP/Motomagazine

©G. de CROP/Motomagazine

©G. de CROP/Motomagazine

©G. de CROP/Motomagazine

©G. de CROP/Motomagazine

Seule ombre au tableau, le groupe de Valérie, occupé à remplacer le frein du CB de Patrick, arrive beaucoup trop tard pour participer à la visite. Consolation de poids, le CB est reparti comme en 14, réparé par le mécano du bouclard pour une somme tout à fait raisonnable.

©G. de CROP/Motomagazine

Après toute une série de clichés pour immortaliser les motards devant l’entrée de l’usine Moto Guzzi, tout le monde reprend sa moto pour aller manger au restaurant Orsa Maggiore, au bord du lac de Lecco.

Pour ceux (assez nombreux) qui le désirent, une petite sieste est ensuite possible sur la plage avoisinante.

©G. de CROP/Motomagazine

L’AM, l’étape de 175 km nous amenant à Scarmagno a tout d’un puissant laxatif.

Roulage à tendance urbaine bien marqué, avec une densité de véhicules et de rond-points ahurissante.

En plus de ça, un parcours de road book capricieux sur les Tripy des ouvreurs les prive de toute possibilité d’anticipation et nécessite une surveillance de tous les instants, fait que les groupes s’éclatent régulièrement, qu’il est alors nécessaire de stopper la progression pour attendre les retardataires, et éventuellement faire demi tour pour partir à leur recherche, sans compter que ça « jardine » parfois pas mal et qu’il faut procéder à des coupes pour retomber sur le parcours prévu.

Déjà pas en avance, les Mauves récupèrent la pauvre Valérie en rade à une 50aine de km du but, en panne avec sa Speed Triple. Plus rien ne s’allume lorsqu’elle met le contact.

Avec l’autorisation du chef-chef-oui-chef, les membres de son groupe rentrent direct à l’hôtel, par l’autoroute.

Nous attendons l’arrivée du camion mécanique de Pat & Coco. A force de toucher à tout, un faux contact du côté de la colonne de direction est mis à jour, et magie de la mécanique, tout se rallume soudainement. Lili récupère donc sa monture, et nous filons direction l’Hôtel.

De manière regrettable, la seule portion un peu fun de l’étape, un col viroleux à souhait, est parcouru de nuit.

C’est à 21h passés que nous nous mettons à table, avec, pour beaucoup, une fatigue extrême due à l’étape usante de l’AM, ajoutée à celle de la journée d’hier dans des conditions météo très défavorables.

C’est un signe : à l’heure où le dessert est servi, nombre de places à table ont déjà été désertées.

Journée mitigée donc, avec une matinée très sympa et une visite passionnante d’un musée du patrimoine de la moto d’un côté, et une AM totalement inintéressante et usante de l’autre.

Le pistonné du jour, c’est lui, Yome, le va-nu-pied photo-journaleux de la bande, chargé de traîner avec ses objectifs, partout où il se passe quelque chose.

©G. de CROP/Motomagazine

Propulsé sur la rando des Balkans alors qu’il n’avait pas roulé en moto depuis plusieurs années, les premiers jours lui ont été difficiles. Trop de truc à faire : entre l’apprentissage du Tripy, la découverte de la Suzuki Freewind de prêt, la charge des interviews des testeurs des motos Yam’ d’essai, les photos à shooter d’abord, puis à trier ensuite, les mises en ligne  journalières, on a frôlé le nervoussse-braiquedonne !

De plus, la Freewind s’est rapidement avérée être bridée à 34 cv, et remonter les groupes pour shooter sur l’itinéraire a été compliqué. Finalement délesté de certaines tâches initialement prévues, il s’est organisé, a compris comment ça marchait, et les choses sont devenues plus faciles. Le matin très tôt, et le soir très tard, nous partagions notre chambre à la lumière des PC, pour rédiger, trier, formater, mettre en ligne. Tout ça s’est fait de façon très sympa, et même s’il stresse parfois pour pas grand chose (il soliloque à voix haute sous la douche), ce fut une quinzaine très sympa passée avec lui.

J’en profite d’ailleurs pour passer un bonjour à nos anciens plumitifs des années passées, Aldo qui parcourt le monde et blogue d’Indonésie avec son épouse en ce moment (à lire sur Moto Mag net) pour la Sardaigne, Dom et Etienne pour la Sicile. On pense à vous les gars, et on vous bise.

Pour clore le chapitre des groupes, ce soir les Mauves.

Les « Casse-couilles » dirait le chef, qui a toujours raison. Ce sont des gars et des filles qui roulent en solo, avec des caractères parfois rebelles, qui écoutent les conseils et recommandations quand ils ont le temps, aiment lâcher les poneys quand la route tournicote ou s’élève, sont forts en gueule et chambreurs de première, et par dessus tout, aiment à déguster tout ce qui se présente à table avec un degré d’alcool supérieur à celui d’une carafe d’eau.

Comme on leur a prêté la réputation d’être des casse-bonbons, ils en jouent à volonté, plus pour entretenir la tradition que par nature profonde.

©G. de CROP/Motomagazine

Autant dire que moi, là, j’ai bien peu d’autorité sur ces zozos là. Heureusement que j’arrive encore à suivre le rythme sur la route, sinon il y a longtemps que je me serais fait bouffer !

Merci mes Mauves, z’êtes des chiards finis, mais ça me semblerait tristoune une quinzaine sans vous.

©Motomagazine

Les Fauves ici avec un de leurs nombreux potes (marrant d’ailleurs, ce jour là le grand chef-chef-oui-chef leur a pas cherché de poux). De gauche à droite : Hélène, Dom, Patrick, Arno, Pascal, François (en haut), François (en bas), Gilloux et Jean Luc (la police).

MotoMag dans les Balkans : Jour 12, l’Italie gla-gla !


yome

 FROID, MOI ? JAMAIS…

La moto est un redoutable accélérateur de sensations.

Quiconque a, un jour posé ses fesses sur un de ces engins, ne pourra qu’en convenir.

Odeurs, prises d’angle, vibrations, vitesse, inconfort, liberté, ivresse, plaisir, peur, tous ces sentiments ou sensations sont multipliées dès qu’on roule en moto. Qu’elles soient bonnes ou non.

Des journées comme aujourd’hui, par exemple, sont de celles qui peuvent nous faire nous demander, POURQUOI nous aimons la moto ?

Reprenons le fil.

1er constat : la météo est à 50 % dans le vrai. Ce matin il pleut. Une pluie fine mais qu’on sent appelée à durer.

Pendant que les groupes partent vers les cols les uns après les autres, nous les mauves décidons d’attendre l’ouverture des magasins de sport de Corvara in Badia, afin de trouver une remplaçante à ma défunte veste de pluie, partie, grâce à un vent taquin, voguer sous d’autres cieux. Rien qui fasse l’affaire.

Le patron de l’hôtel, nous a dit que dans un village à 35 km, nous devrions trouver notre bonheur. Ca tombe bien, il est justement sur l’itinéraire.

Après avoir franchi une paire de cols, nous y parvenons sous une pluie qui est devenue battante. Ca devient l’enfer, l’eau s’engouffre partout, et avec la température qui décroit progressivement, le moral des troupes commence à en prendre un sacré coup.

Et ça ne s’arrange pas quand un policier local nous explique dans un français très correct qu’il n’y a pas de magasin de moto dans le village, mais qu’il faut pousser à un peu moins de 10 km, pour espérer trouver notre bonheur.

Nous quittons donc l’itinéraire prévu, et coup de chance incroyable, trouvons du 1er coup, le concessionnaire moto en question sur une zone commerciale retirée.

©I. LEBRET/Motomagazine

Nous sommes détrempés, et nos équipements ne suffisent plus depuis longtemps à endiguer le cheminement de l’eau dans nos vêtements.

Nous dévalisons le stock d’équipements de pluie, avec une certaine chance, la patron nous disant qu’en raison de la fin de la saison de moto, il fermerait son établissement pour l’hiver d’ici quelques jours.

Avec tous ces contretemps, il y a longtemps maintenant que les autres groupes ont dû passer le col suivant.

Sous une pluie qui redouble d’intensité, nous faisons marche arrière, et réintégrons le parcours prévu (133 km ce matin).

A peine attaquons-nous les premiers virages, au cœur même encore du village, devant nous amener vers le col suivant, qu’au détour d’une maison nous croisons une machine … couverte de neige !

Moment de grande solitude du GO qui se demande s’il faut emmener son groupe affronter des conditions délicates, ou s’il convient de renoncer et de rebrousser chemin.

Quelques lacets plus loin, nous recroisons un couple d’allemands en 1200 GSA, aperçus auparavant dans la vallée, et qui redescendent en nous faisant signe qu’il ne faut pas monter.

On ne baisse pas les bras comme ça, chez nous, et je décide de continuer « pour voir ».

Les degrés descendent régulièrement au fil de notre progression, et le thermomètre commence à afficher le signal de risque de glace. Puis, les premiers flocons font leur apparition, et tout devient rapidement plus compliqué. La température passe en négatif, la neige épaisse et collant se fixe sur les visières. On commence à ne plus voir grand chose.

Les doigts engourdis par le froid commencent à répondre difficilement. Les pieds dans des bottes qui prennent l’eau nous rappellent à chaque instant combien il est douloureux de lutter contre un ennemi aussi redoutable que le froid.

Dans un ballet improvisé de coups de doigts éssuie-glace pour tenter d’y voir quelque chose, nous parvenons à rejoindre le haut du col.

©G. de CROP/Motomagazine

Les rares voitures que nous croisons ne nous ménagent pas particulièrement.

On bascule alors sur l’autre versant, et là, les données se compliquent.

L’adhérence, si elle n’est pas critique, n’en est pas moins problématique, et dorénavant il ne suffit plus de couper les gaz, comme dans la montée, pour ralentir, il faut aussi éviter qu’emportée par son poids et par l’inertie, la moto ne prenne de la vitesse et ne devienne impossible à freiner.

A chacun sa technique : en roue libre, avec un freinage continu, en première, ou en seconde en fonction de la motorisation, avec quelques freinages très doux et progressifs, les pieds par terre ou sur les repose-pieds. Tout ceci dure une éternité. Les km défilent lentement à 25 km en 1ère.

Il fait si froid que personne n’a envie d’enlever ses gants pour sortir l’appareil photo et immortaliser la scène.

Le groupe s’étire, les distances de sécurité s’allongeant dans de pareilles conditions.

Finalement, le tapis de neige s’éclaircit peu à peu, et nous finissons par retrouver l’asphalte si convoité. Le thermomètre remonte doucement, d’abord à zéro, puis en positif (4°).

Nous nous arrêtons plus loin pour faire le point. Mais comment ont fait les autres pour passer ? On a vu personne… Et rapidement on se rend compte qu’il nous en manque un.

Après un peu moins d’une demi heure, Jean Luc part à la recherche de Pascal, notre alsacien à la Super Ténéré, pour tenter de voir ce qui s’est passé.

Pour les autres, l’attente reprend. Après vingt bonnes minutes sans nouvelles de personne, je décide de monter à mon tour, et rencontre un peu plus haut Jean Luc qui revient seul sur ses pas. Il a dû renoncer à aller plus loin, car la route est devenue impraticable.

Nous décidons donc de nous poser dans la première auberge venue.

Nous la trouvons quelques centaines de mètres plus loin, et perdons dans l’affaire Gilloux et François, les deux motards de queue, qui filent sans voir que nous avons bifurqué.

Ils feront 20 km avant de corriger le tir, nous appeler, faire demi tour et venir nous rejoindre pour un repas salvateur.

Car nous n’en pouvons plus. Nous sommes transformés en éponges, ne sentons plus nos membres, et quémandons avidement un peu de chaleur pour redevenir des hommes.

Le repas s’éternise. Il fait très bon dans l’auberge, nous nous réchauffons peu à peu, et personne n’a envie de ré-enfiler gants et blousons gorgés d’eau glacée.

Et soudain, alors qu’on ne l’attend plus, Pascal, la brebis égarée, fait sa réapparition. Il nous explique que dans la descente, quasiment à l’arrêt, sa moto est tombée sur un léger freinage. Étant le dernier, personne ne s’en est rendu compte.

Dans l’incapacité de la relever tout seul, il a dû aller requérir l’aide d’un autochtone.

©I. LEBRET/Motomagazine

Il s’est ensuite perdu, a terminé dans un café où il a attendu que les sableuses passent, afin de pouvoir redescendre. En voyant nos motos, il a rejoint le groupe, ce qui d’un coup, redonne la pêche à tout le monde.

C’est pas qu’on tienne absolument à sauvegarder la faune alsacienne (on a déjà notre quota, avec Patrick), mais savoir qu’on ne laisse personne sur le carreau, c’est la philosophie générale.

On a eu le grand chef-chef-oui-chef, qui nous confirme qu’à l’heure où les autres groupes sont passés, personne n’a eu de neige. Ils ont juste attendu à l’auberge du midi que les infos de la météo confirment que le col suivant soit dégagé.

Décision du groupe : on quitte l’itinéraire calé dans le Tripy, vu l’heure très avancée, et on taille au plus court. Les gps sont programmés, et, après avoir remercié la serveuse super sympa qui a accepté avec beaucoup d’humour qu’on lui pourrisse son restaurant, nous reprenons la route, de nouveau poisseux et humides, mais réchauffés.

Et la pluie s’est enfin arrêtée !

Nous nous rendons rapidement compte, en suivant Francesco qui ouvre la route avec son gps, que l’itinéraire le plus court est le même que celui du Tripy.

Nous passons sur le coup de 17h devant l’auberge où tous les autres groupes ont déjeuné. A cette heure ci, il y a longtemps qu’ils ont détalé.

La suite du programme est un long roulage sans pluie, avec une température qui varie régulièrement. J’ai repris la tête du groupe, et quand nous attaquons le dernier col, la neige fait son retour dans le paysage.

Mais heureusement cette fois ci, elle ne tombe plus (et du coup, nous non plus…), et la route est dégagée. Merci la DDE italienne !

Nous nous retrouvons de nouveau frigorifiés. Les petits gants d’été et les chaussures pleines d’eau, ça énerve de ce temps là ! Les copains qui ont des poignées chauffantes ne se gênent pas pour bien nous énerver.

Une série de photos du groupe dans la neige, à 1884 m, et nous redescendons avec précaution vers des contrées moins hostiles.

©I. LEBRET/Motomagazine

Rien à signaler sur le reste du parcours, si ce n’est que l’ultime col se fait au sec, mais de nuit.

Curieuse sensation que celle de devoir re-rouler dans l’obscurité, après toutes ces journées passées à arriver de jour dans les hôtels d’étapes.

Il est 20h15, après plus de 170 km de roulage, quand nous garons les motos dans le parking de l’hôtel Colombo, à Teglio.

La solidarité motarde jouant à plein, c’est après une délicieuse douche chaude prolongée à l’envie, à un concert de vannes que nous sommes confrontés dès que nous mettons le pied dans la salle du restaurant.

C’est de bonne guerre, et ça contribue grandement à faire de la rando Moto Mag’ ce qu’elle est. Savoir décompresser quand les choses se compliquent, et en rire au maximum.

Fin de soirée, tranquille ou chacun explique à l’autre ce qu’il a vécu dans cette étape atypique.

Une journée définitivement « différente ».

Niouzes du jour : séparés du reste de la troupe la majeur partie de la journée, nous n’avons pu profiter de l’actu en temps réel.

Néanmoins, ce qu’on peut dire, d’après les témoignages glanés ici et là après coup, c’est que TOUT LE MONDE a souffert de l’humidité et du froid pénétrant.

Certaines passagères, ayant anticipé sur les conditions à venir, avaient fait le choix dès le départ, de passer la journée dans les camions d’assistance. Il y avait de la demande, et les places étaient chères ! Une passagère faillit d’ailleurs se trouver mal à l’arrivée du restaurant le midi, tant les conditions étaient difficiles.

L’après-midi, devant la demande grandissante, il fut décidé de louer un minibus pour que les passagères qui le désiraient, puissent laisser les motos pour gagner l’hôtel du soir. Hélas, pas de minibus dispo ! Grosse déception chez la gent féminine !

Heureusement, le patron du restaurant du midi s’est proposé d’emmener avec sa voiture personnelle, les dames concernées. 160 km X 2, beau geste de notre restaurateur, non ?

Et parcours bien plus agréable pour ces dames.

Le grand froid et l’humidité semblent avoir eu des effets terribles sur la prostate de ces messieurs, car les arrêts pipi furent bien plus nombreux que d’ordinaire.

Même le grand chef nous confia que, transi de froid comme les autres (y’a pas de passe droit pour la hiérarchie dans ces cas là), il eut toutes les peines du monde à se servir de ses doigts, incapable qu’il était d’ouvrir son pantalon.

Un peu plus et l’amputation était là, avec un chef en mode Cap’tain Crochet…

En ce jour de perturbation, plaçons sous les light show, un peu de soleil avec l’accent qui chante.

Les Schtroumpf de la troupe avec le groupe des bleus, et leur GO Nathanël.

©G. de CROP/Motomagazine

Gascon (ne pas rajouter de « r » sinon il devient susceptible), Gersois d’origine, cet ex coordinateur de l’antenne 32 de la FFMC, passé ensuite bénévole au Bureau National, est devenu depuis peu, salarié de la Fédé.

Vanneur et plein de mauvaise foi, il avait tout pour s’intégrer au mieux dans le staff.

Il emmène sans faire de vagues, son groupe, se réveillant simplement lors des pauses « bar » où il retrouve suffisamment de verve pour « pourrir » consciencieusement ses petits camarades des autres groupes.

Seul défaut notoire, il roule sur une Triumph qui ne tient pas le choc, l’obligeant à la faire voyager dans le camion mécanique, et à emprunter des motos de courtoisie pour tailler la route. L’année prochaine, Nath, viens donc avec une vraie moto !

©A. MORTREUIL/Motomagazine

ZE vedettes, From left to right : Philippe , Gigi, Jacques, Catherine, Robert, Régis, Cathy, Béatrice, Alain, Etiennette, Nat, Marie Catherine, Alain, Barbara, Gérard.

MotoMag dans les Balkans : Jour 11, l’Italie


yome

LA MONTAGNE…. CA VOUS GAGNE !

Pour les petits chanceux qui vivent au quotidien dans un milieu à fort relief, ouvrir ses fenêtres au petit matin pour découvrir le spectacle des massifs imposants, n’a rien de transcendant.

Pour les autres par contre, c’est un spectacle exceptionnel qui se renouvelle à chaque occasion.

Le départ sous un soleil des plus prometteurs, de la vallée verdoyante protégée d’impressionnantes chaînes montagneuses où se niche Bovec est un moment de plénitude que beaucoup tentent de prolonger au maximum, en adoptant un rythme des plus paisibles, et en s’imprégnant autant que possible de la beauté du décor.

©G. de CROP/Motomagazine

Nous bifurquons rapidement vers les sommets. Début d’une journée placée sous le signe des lacets, épingles, courbes et virages par paquets de 100…

Les paysages sont toujours aussi grandioses, et plus nous nous approchons des hauteurs, plus le plafond nuageux devient menaçant. Résultat des courses, la température descend à 7°. Ceux qui ont fait le choix d’un équipement « light » doivent bien vite plonger dans les valises pour récupérer quelques couches plus caloriques.

Nous accrochons une nouvelle frontière à notre palmarès de la quinzaine, en posant nos roues en terre italienne : Fini le règne du chou, à nous les pâtes et les pizzas (debout les anciens de la Sicile!).

©G. de CROP/Motomagazine

Les degrés font le yoyo en fonction des versants, de l’ensoleillement et de l’altitude, mais ça tournicote toujours à foison, et il faut attendre d’avoir basculé dans la vallée menant vers Udine pour retrouver des températures supérieures à 20°.

Les bars sont pris d’assaut, et chaque groupe cherchant à garder précieusement l’exclusivité du territoire conquis, repousse le groupe impudent qui prétendrait partager son espace. La guerre des gangs pour obtenir la meilleure terrasse !

A ce jeu là, les groupes de Jacky (les noirs) et de Jean Jacques (les jaunes) qui frayent souvent en avant garde, possèdent un avantage indiscutable.

Tout le monde finit toujours par trouver l’endroit idoine, mais pour certains il faut parfois s’armer de patience !

A Forni Di Sopra, dans l’Albergo la Stube, nous nous régalons d’une cuisine typique des plus appréciées. Assiettes copieuses, roulages denses et répétés, soirées qui se prolongent, autant de bonnes raisons pour certains de s’adonner à une sieste réparatrice avant de reprendre la route.

L’AM n’est qu ’une succession de courbes à motards et de pauses photos. Assez peu de monde dans les bars. L’étape est longue, 130 km, ce qui, ajouté aux 110 km de matin, et de son profil, donne une journée vraiment bien remplie.

Le barnum du sponsor Motul est monté à l’étape pour que tous ceux qui le souhaitent puissent refaire le complément d’huile, la pression des pneus, et tous les travaux nécessaires sur leur machine.

Le soir, le directeur de l’hôtel, un charmant monsieur de 72 printemps, ressemblant à un Jean Rochefort sans moustache, nous fait part de sa joie d’avoir autant de motards dans son établissement.

Nous apprenons qu’il a roulé très longtemps sur des BMW avant que, l’age aidant, ses enfants ne lui en interdisent la pratique.

©G. de CROP/Motomagazine

Il a récemment refait l’acquisition d’un Scrambler Ducati, et roule en cachette.

Quand la passion est là…

Mais le plus étonnant reste à venir. Ce monsieur a couru avec Giacomo Agostini quand celui ci faisait ses premières armes en cross puis en course de côte avant de passer à la piste. Ils sont restés très amis et se voient très régulièrement dans le cadre d’un club d’anciens pilotes auto-moto.

Une ovation lui fut bien évidemment réservée par l’ensemble du groupe.

Par contre, le bulletin météo pour demain, à savoir pluie et risques de neige, a nettement moins déclenché l’enthousiasme des participants.

Faits du jour : les faits du jour en fait, remontent pour partie à hier soir.

C’est tout d’abord Monique (l’épouse de Jean-Luc) du groupe de Jacky, qui fit la une de notre rubrique « faits divers », en se faisant une très belle foulure de la cheville en glissant sur un morceau de peau de pèche, dans la salle de restaurant.

Elle eut droit de ce fait à un massage appliqué par notre bon chef-chef-oui-chef.

Mesdames, si le charme latin aux origines italiennes et les rouflaquettes de maréchal de l’empire vous font chavirer, vous savez désormais ce qu’il vous reste à faire…

Aux dernières nouvelles, Monique boîterait encore bas. Souhaitons lui un bon rétablissement, même si pour reprendre son pied on aurait pu lui trouver un GO moins bonnet de nuit que not’ antique Jackynou.,

Dans le même temps, Patrick l’homme au CB 500 sans frein avant s’est retrouvé pris dans une embuscade de première bourre. Ayant copiné avec le serveur du bar de l’hôtel, il a été embarqué par celui ci et ses copains dans une tournée dans un village quelque part dans la montagne, où il a fait la connaissance d’Egyptiens et d’Egyptiennes parlant parfaitement le français. Il s’est retrouvé à 4h du matin rapatrié dans sa chambre avec la cabane sur le chien.

Abus de chou ces derniers jours, stationnement prolongé au soleil sans sa casquette Moto Mag, consommation excessive en roulant de liquide de frein ???

Le corps médical se perd en conjectures, et nous avec.

©G. de CROP/Motomagazine

Toujours est il qu’on a le nom du gazier qui n’a pas lâché le transat de tout le repas du midi.

Signalons également à tous les amateurs de beaux gestes, le somptueux gadin réalisé par Eric (1250 Bandit) du groupe des jaunes, qui s’étala brillamment de toute sa hauteur, en ratant une marche du camion mécanique au restaurant ce midi. Nous avons frôlé la note technique maximale, le jury ôtant quelques dixièmes de point pour une malheureuse main sortie à la réception. Quel dommage, une erreur de débutant.

Néanmoins, l’artiste promet, et nous avons hâte de le revoir bientôt avec une figure un peu plus travaillée.

Nouvelle figure, comment éluder celle de Jean Luc des mauves ?

©G. de CROP/Motomagazine

Charmant garçon, à la bonne humeur inaltérable et au lever de coude bien huilé, animateur des fins de soirée et chambreur de première, il a pour caractéristique de devenir impulsif et généreux sur le caoutchouc droit, dès lors que l’asphalte perd son aspect rectiligne.

Il se trouve que cet AM, alors qu’il suivait de près Hélène sur son 1200 XTZ, il fut pris de court par un ralentissement de celle ci.

S’offraient à lui deux possibilités : rentrer vigoureusement dans le verso de Madame, ou aller embrasser le mur qui bordait la route.

Toujours gentleman et chevaleresque (et peut être aussi un peu retenu par le quintal bien dépassé de Dom, la moitié de Madame, qui roulait également sur son XTZ quelques mètres devant), notre Jurassic-man (il est du 39) choisit l’élément solide pour préserver la réputation de notre compagne de virée.

Grand bien lui fit ! Il put ainsi conserver intacte, outre l’arrière du XTZ, sa notoriété de héros, au prix de sérieuses estafilades sur sa fidèle monture.

Quelle noblesse, quelle grandeur d’âme, quelle générosité…

Mais à l’avenir, les mauves, j’aimerais bien que vous ne fassiez plus le mur sans m’en parler avant !

Les bons samaritains de l’équipe.

Sur le tableau des employés modèles, j’appelle aujourd’hui « Félikssssss » et « Zézette », euh…. je voulais dire Pat et Corinne.

Aussi inséparables que des siamois, ce sont nos St Bernard.

On prend la route toujours confiants, sachant qu’à l’arrière il y y aura inévitablement le camion mécanique de Pat & Coco pour nous venir en aide, en cas de problème sur le trajet.

Lui à la conduite du bahut, et elle au guidage, telle est la formule magique.

©G. de CROP/Motomagazine

Exceptionnellement cette année, on a vu Pat prendre le guidon d’une moto une après midi, suite à des problèmes d’encombrement de motos non roulantes dans le camion. Coco a donc pris le volant.

Et le soir à l’étape (ou au bord de la route en cas d’urgence), le duo est bien rodé : Pat ausculte, diagnostique, démonte, remplace, répare, et Coco à l’intendance lui prépare les outils, lui donne un coup de main et repousse la cohorte envahissante de paparazzi.

©G. de CROP/Motomagazine

Parce que ce qui est énervant, c’est qu’ils finissent (sauf pièce HS ou panne définitive d’électronique of course) toujours par réparer l’embrouille.

Et là, évidemment, c’est le rituel : il faut baiser les doigts de sa seigneurie, et lui marquer la reconnaissance éperdue du petit peuple dénué de tout savoir.

Pas le dernier à entretenir l’anti-sinistrose ambiante de l’équipe, le binôme Pat & Coco doit cependant faire face à une problématique d’importance.

©G. de CROP/Motomagazine

Chargés de fermer la route, il leur incombe donc très souvent de ramasser le groupe de queue arrêté dans un bar. Et évidemment, pour se fondre dans le paysage, ils doivent eux aussi consommer (avec modération).

L’abus de potion magique est il le secret du redoutable coup de volant de mister Pat, jamais à la traîne dans son bahut aux couleurs de Moto Mag ?

Mis sous la lumière des projecteurs ce jour, les Jaunes et leur multi centenaire (c’est un contemporain de l’invention de la roue) GO de choc : Jean Jacques.

©G. de CROP/Motomagazine

Spécialiste du « jardinage » au Tripy, et des km parcourus en rab, notre maréchal des logis chef emmène sa troupe dans la bonne humeur et la fermeté au guidon de son FJR antédiluvien.

Et de fermeté justement, il est question, puisque les années aidant, notre bon JJ n’a plus toutes les dispositions physiques dont il disposait par le passé.

Outre une prostate farceuse le contraignant à transformer le moindre sapin ou bosquet en réceptacle à mictions (le terrain couvrant la zone de la Suisse, l’Autiche, La Slovenie, La Bosnie et la Croatie est désormais imprégné de sa forte odeur, et pas même un vieil ours mâle se risquerait à en revendiquer le contrôle), Pépère se ramollit à vue d’oeil.

La preuve, le tuteur qu’arbore sa Rosalie, niveau rétroviseur côté gauche, depuis que notre Gigi l’amoroso l’a laissée choir au gré d’un béquillage hasardeux.

©G. de CROP/Motomagazine

Et justement, des nuits sur la béquille, il n’en passe plus beaucoup l’ancètre, et il est à redouter que la pratique de la mise sous tuteur soit appelée à se générer, dixit Jackynou l’autre Bonobo du couple.

Si le vent d’un redressement de la situation s’amorce, nous ne manquerons bien évidemment pas de vous en faire part de la plus urgente des façons.

Quoiqu’il en soit tout ceci n’entame pas sa légendaire bonne humeur, et les salles de restaurant résonnent souvent de son rire sonore et communicatif.

©A. MORTREUIL/Motomagazine

Ici, la photo de la visite à l’hospice de toute la petite famille à Pépé, avec, de gauche à droite : Eric, Marie Sophie, Robert, Jean Jacques , Josiane, Jean-Jacques, Joël, Corinne , Guy, José, Chantal

PS : correctif de dernière minute. On m’apprend qu’en fait, ce n’est pas Jean Marc qui a massé Monique après sa foulure à la cheville (avec sa douceur proverbiale de sculpteur de menhirs à mains nues), mais Isa qui maîtrise incomparablement la gestuelle de cet art.

Néanmoins, mesdames, apprenez que si les rouflaquettes sont votre fantasme, le tuyau refilé précédemment reste valable.