50 ans de « La Grande Evasion » : tribute to Bud Ekins


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« La Grande Evasion » a été tourné en 1963 par John Sturges. Le 50e anniversaire de ce film mythique est l’occasion pour les studios hollywoodiens de sortir une version Blu-ray. La galette numérique, se voulant « collector », contient tout un tas de bonus comme il se doit (dans les bacs le 5 juin).

Mais cet anniversaire nous permet surtout de faire une mise au point, sur ce qui reste comme l’une des plus grandes méprises de l’histoire du cinéma ! Et il est temps, un demi-siècle plus tard, de tordre le cou à la légende : non, non, non, dans la fameuse scène de tentative d’évasion à moto, ce n’est pas l’acteur Steve McQueen qui pose son séant en or massif sur la sel de la Triumph TR6 1962 maquillée en moto de l’armée allemande, mais le cascadeur américain Bud Ekins, par ailleurs crossman surdoué, et copain de McQueen.

L’heure est donc venue de rendre hommage à l’inconnu d’à-côté (et non du bas-côté…). Entendons-nous bien, il n’est pas question de remettre en cause la passion de McQueen pour la moto. La star adorait la bécane. Il a lui-même participé à de multiples compétitions de cross, d’enduro, à des Baja et autres joyeusetés boueuses tout autant que sableuses.

C’est même Steve McQueen qui a eu l’idée de cette scène de tentative d’évasion à moto, censée propulser le prisonnier américain au-dessus des barbelés nazis. Mais les producteurs du film lui ont formellement interdit de passer à l’action… Une histoire de gros sous a eu raison du panache de la star.

Peu importe, finalement, car cela a permis à Bud Ekins de s’illustrer. Le stunter doublera ensuite McQueen dans une autre scène mythique du cinéma américain, la poursuite entre la Ford Mustang GT Fastback de « Bullit » et une Dodge Charger B noire. Mais revenons à « La Grande Evasion » : « Ekins est devenu un des cascadeurs les plus importants d’Hollywood », signale la prestigieuse AMA (American Motorcyclist Association), qui l’a fait entrer dans son « Hall of Fame » en 1999. La doublure a travaillé plus de 4 mois sur le tournage de « The Great Escape » en Allemagne.

On apprend dans cet hommage que Bud Ekins, né en 1930 comme McQueen, fut l’un des premiers Américains à se lancer dans le championnat du monde de cross qui se jouait en Europe dans les années 50. Il a également gagné des médailles d’or aux International Six Days Trial, épreuve qu’il a notamment courue en 1964, en Allemagne encore, dans un team engageant son frère Dave, et… Steve McQueen.

Dingue de motos, l’homme en a possédé jusqu’à 150 en même temps. A la fin des fifties, le stunter a acquis une concession Triumph en Californie. Il est devenu une sorte de héros pour les jeunes acteurs d’Hollywood, qui venaient s’acheter une machine dans sa boutique. Steve McQueen était l’un d’eux, d’où la rencontre… Bud Ekins est mort le 6 octobre 2007. La doublure aura survécu 27 ans à la star.

Un grand merci à Hervé Rebollo, l’auteur de l’ouvrage « Ma Daytona Bike Week à Moi », pour ses précieuses informations.

DVD : « La Grande Evasion » en Blu-ray, par John Sturges avec Steve McQueen (1963), studios MGM et 20th Century Fox ; 19,99 euros.

BD – CD moto : « La Fille » de Christophe Blain, bien mais…


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Voilà un objet littéraire et néanmoins dessiné (et même interprété) comme on les aime, à priori. Une motarde libre, parcourant l’Ouest lointain et sauvage, tombe sur un cow-boy à l’ancienne. Ils vivent une aventure torride à en crever…

Cette BD est un hommage appuyé de Christophe Blain, auteur de BD à la mode (« Isaac le Pirate », « Quai d’Orsay »), à Guy Pellaert, illustrateur des sixties/seventies que d’aucuns classeraient non loin du pop-art. Le Belge Pellaert a créé, à la fin des années 60, une héroïne motocycliste, Pravda la Survireuse, icône sexy qui ressemble à s’y méprendre à La Fille de Blain. Pour vous en convaincre, jetez-donc un oeil à cette vidéo sur le travail de Pellaert :

Avec « La Fille », Christophe Blain transpose donc en BD ses souvenirs d’enfance, ses fantasmes d’adolescent qui s’est crevé les yeux sur Pravda. C’est osé, car l’exercice qui consiste à mêler fantasmes et nostalgie peut s’avérer casse-bonbon. Blain s’en sort plutôt bien, même si le récit manque un peu de corps (si l’on peut dire…), notamment dans sa seconde partie.

Mais ce qui déçoit, c’est le CD livré avec la BD. Certes, Barbara Carlotti est une rockeuse à la voix unique. Mais, si l’on a droit à quelques chansons originales qui fonctionnent comme la BO de la BD, ce qui, pour le coup, est intéressant, la chanteuse aurait pu s’abstenir de lire, en plus, le texte de la BD. C’est long et cela n’apporte pas grand chose.

En résumé, on apprécie le dessin, magnifique. Tragique, comique, épuré, élancé… La moto est magnifiée.

Le CD, l’air de rien, déçoit un brin. Mais l’ensemble est suffisamment original pour figurer dans la bibliothèque du motard.

BD & CD : « La Fille », par Christophe Blain et Barbara Carlotti, édition Gallimard ; 80 pages, 24 x 30 cm + 1 CD ; 29,90 euros.

Georges Moustaki : gueule de métèque et tronche de motard


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Georges Moustaki est décédé, le 22 mai à Nice à 79 ans, à la suite de complications pulmonaires qui l’avaient définitivement empêché de chanter depuis plusieurs années. Le chanteur était aussi un motard passionné qui posséda huit machines au cours de sa vie.

Icone des années 70, créateur de l’inoubliable Milord pour Edith Piaf et de plus de 300 chansons pour différents interprètes, Georges Moustaki se fait connaître du grand public avec le Métèque en 1969.

De son vrai nom Giuseppe Mustacchi, Moustaki s’installe à Paris en 1951 et rencontre Georges Brassens qui l’intronise dans les nuits de Saint-Germain-des-Prés. C’est en son honneur qu’il adoptera son prénom.

Compositeur, peintre, Georges était aussi un motard passionné qui posséda huit motos au cours de sa vie. Honda CB 450, Kawasaki 500 mach III, Vélocette Thruxton, Guzzi V7 Spécial, pour ne citer que les plus marquantes, l’ami Georges était éclectique. Celui qui chantait :« Nous avons toute la vie pour nous amuser. Nous avons toute la mort pour nous reposer » est donc parti se reposer.

Nous avions rencontré Moustaki en 2001. Une double page lui était consacrée dans le numéro de février de la même année (Moto Magazine n°174, p10-11).

Lors de cet entretien, nous lui avons demandé si moto et poésie étaient opposées. Celui-ci répondit : « Dans « Orphée » de Cocteau, les motards deviennent les anges de la mort. Peu de voitures suggèrent pareille poésie ».

Salut l’artiste !

Art divin et moto : Frère François peignez pour nous


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Quand le mythe rencontre le mystique… L’abbaye Saint-Martin de Ligugé (Vienne) accueille des moines bénédictins, parmi lesquels Frère François, un homme en prière qui s’adonne parfois à la méditation sur deux roues. Outre sa vie au dieu des catholiques, Frère François voue un culte étrange à l’icône païenne qu’est la moto.

Il n’a pas le permis mais parcourt 2 500 km chaque année, passager intérimaire au gré des rencontres. « Je fréquente les marins pêcheurs au Croisic (Loire-Atlantique), et beaucoup d’entre eux sont motards », précise l’intéressé.

Passionné, l’ecclésiastique a détourné un demi-siècle de savoir-faire religieux appris dans l’atelier de l’abbaye. Il travaille l’émail et la peinture d’or… « Sur une plaque de cuivre galbée, on répand des cristaux d’émail et on cuit. Puis je décalque la photo d’une moto de profil et trace ses traits sur la plaque à l’aide d’un pinceau trempé dans l’or ». Comment le frère choisit-il ses modèles ? « Je regarde celle qui attire le pinceau. J’ai la sensation de la fabriquer en la dessinant ».

Cet intellectuel, enseignant en théologie à l’institut catholique de Paris, aborde sa passion avec philosophie : « A moto, j’apprécie le contact avec la nature, mais aussi la camaraderie virile qui caractérise les balades en groupe. Faire la route est un reflet de la condition humaine : on ne vit pas sans risque ».

Le moine se hasarde même beaucoup plus loin : « Quand on roule on fait corps avec la machine. Un homme fait l’amour d’une manière ou d’une autre… » Parmi ses rencontres, le critique d’art Paul Ardenne, auteur de l’essai remarqué, « Moto mon amour ». Ces deux hommes ont en commun d’esquisser ce qu’ils ressentent au guidon. A lire, et à découvrir.
Exposition : « Un siècle d’or de la moto », émaux de François Cassingena-Trévedy, du 17 mai au 30 juin 2013 à l’abbaye Saint-Martin de Ligugé (Vienne). Renseignements : 05 49 55 21 12 ; 06 66 47 49 63).

DVD moto : de l’enduro dans son salon


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Ce DVD retrace en 78 minutes les 8 GP du mondial d’enduro 2012 : présentation des épreuves par pays, résumé par catégorie, le tout agrémenté d’images embarquées.

L’information est précise, concise et suffisamment grand public pour élargir l’audience aux non spécialistes, tandis que les plus férus apprécieront les démonstrations de pilotage.

Pour nous Français, cette édition 2012 est un millésime à posséder, les tricolores ayant raflé 4 titres en 2012 : Antoine Meo (E1), Pierre-Alexandre Renet (E2), Christophe Nambotin (E3) et Mathias Bellino en Junior. Au chapitre des regrets, on notera la modeste place faite aux féminines, avec seulement un résumé consacré à la victoire de Laia Sanz.

S’il est bien agréable de profiter sur son grand écran de salon de cette discipline peu médiatisée, ne comptez pas pour autant sur ce DVD promotionnel pour découvrir les infos “inside” du championnat…

DVD : « Best Of  Championnat du monde d’enduro 2012 » ; éditeur : ABC Communication, www.enduro-abc.com ; 23 euros + 2 euros frais de port, commande par mail enduro.abc@orange.fr

Cinéma : Robocop revient au guidon d’une moto


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Attention, blockbuster en vue ! Les studios hollywoodiens (MGM en l’occurrence) ont prévu la sortie d’un remake du film futuriste “Robocop” en février 2014 sur les écrans français, ce qui leur laisse le temps de diffuser sur la Toile quelques photos de tournage afin de faire monter la pression…

Rappel, la version originelle de “Robocop” date de 1987. Elle fut réalisée par un maître de la science-fiction, Paul Verhoeven (“Total Recall”, “Starship Troopers”…). Pour ce remake, la réalisation a été confiée à un presque débutant, José Padilha (“Les Paradis Artificiels”, “Troupe d’Elite”), et le rôle du héros à Joel Kinnaman (“Sécurité Rapprochée”, “Millenium”…). Le tournage a eu lieu à l’été 2012 dans les studios Pinewood à Toronto (Canada).

Intérêt pour nous, comme on le constate sur la photo dévoilée par le site Just Jared, le cyber-policier Alex Murphy, équipé comme un super-héros, nettoie la ville de Detroit au guidon d’une moto et non pas d’une vulgaire caisse.

Les supputations vont bon train quant à la monture de ce cher ‘Cop. Simple hypersport de série peinte en noir mat, préparation stylée ou vulgaire 125 carénée de plastique comme c’est parfois le cas au cinéma ? A Moto Mag’, les essayeurs ont reconnu un moteur et des étriers de frein provenant d’une Kawasaki. Le site Rideapart identifie une Z1000, en se basant notamment sur la fourche avant. Le cyborg-justicier américain roule donc en japonaise…

Notez le détail amusant, les repose-pieds ont été déplacés à l’extrémité du bras oscillant, ce qui donne une position de conduite genre dragster, et rend la moto peu maniable en mode urbain si l’on en croit la vidéo de tournage ci-dessous…

“Robocop” réalisé par José Padilha, en salles le 12 février 2014