Beau livre : Nationale 7, la Road 66 à la française


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Ce livre de photos sur la Nationale 7, mêlant reportage et récit de voyage, a déjà 5 ans mais n’a pas pris une ride. La Nationale 7, l’une des routes historiques de la migration estivale entre le nord de la France, la région parisienne et la Côte d’Azur… Les deux auteurs l’ont parcourue comme des photographes américains auraient fait la Road 66.

En résulte un émouvant road trip en noir et blanc, à la française, avec des portraits tracés au cran d’arrêt et des ambiances surgies de nulle part. Les bas-côtés, les temps morts, l’envers du décor… L’iconographie est servie par un texte poétique.

Le photographe et l’écrivain ont roulé, et se sont arrêtés. Ils n’ont pas seulement immortalisé les ambiances, les stations-services à la dérive, les enseignes de snack. Ils ont trouvé des personnages qui campent là, en bordure de route. Leur voyage est empreint de réalisme et d’une certaine lassitude, une usure du quotidien, qu’on ne s’attend pas à trouver quand on part en voyage.

Un beau livre, qui donne malgré tout envie d’enfourcher sa moto pour parcourir cette douce France que Trénet avait magnifiée en son temps. Avant d’être démystifiée par certains de ses descendants, parmi lesquels Rachid Taha et le groupe Carte de Séjour. Albéric d’Hardivilliers et Matthieu Raffard, les auteurs de cet ouvrage, s’inscrivent à la frontière entre réalisme et poésie.

Beau livre : « Nationale 7, un road trip à la française », par Albéric d’Hardivilliers et Matthieu Raffard ; éditions Transboréal ; 112 pages, 22,4 x 22,4 cm ; 18 euros.

Avant de partir, la mélodie du bonheur…

Cinéma : “Quadrophenia” est sur les écrans en version restaurée !


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Voici un film culte à re-reluquer au ciné, sur grand écran, bien assis dans un siège en cuir avec le noir autour et une excellente sono… “Quadrophenia” de Franc Roddam, co-écrit par Pete “The Who” Townshend, tourné en 79 avec Phil Daniels, Sting et Garry Cooper (entre autres), est sorti dans les bonnes salles de cinéma françaises, le 26 juin. Ressorti, pour être exact, en copie restaurée, près de 35 ans après la version originelle.

“Quadrophenia”, c’est toute une époque diront les anciens : le son inimitable des Who (le film est tiré d’un opéra-rock du groupe anglais), l’errance de la jeunesse désorientée dans l’Angleterre des années 60, la drogue, l’alcool, la musique, la fête et la baston… A chaque époque le calvaire de ses jeunes désœuvrés.

Dans les sixties, Outre-Manche, la révolte s’est exprimée, pendant un bon moment, à travers le combat entre deux mouvements rivaux : les Mod’s plutôt cleans qui roulaient sur des scooters bourrés d’accessoires chromés, contre les Rockers plus populaires et leurs bécanes pissant l’huile. Mods et Rockers se retrouvaient pour de légendaires bagarres, notamment à Brighton, cité balnéaire que la police dépassée, circulant en bagnole anglaise ressemblant à notre 404 Peugeot (Austin A 60 Cambridge, merci Komar !), ne parvenait à protéger.

“Quadrophenia” raconte cela, une génération perdue, la jeunesse sacrifiée, Mods contre Rockers, et fait la part belle à la mécanique, qu’elle soit italienne (Vespa, Lambretta…) ou britannique (Triumph, BSA…). Un voyage rétro dans les sixties, tourné en 79, à une époque où le nouveau mouvement qui défonce tout est le punk. On y croise un Sting en chef des Mod’s, alors leader d’un groupe décalé, The Police, plutôt orienté reggae.

Sixties, seventies, rock et beautés mécaniques, “Quadrophenia” se situe au carrefour des tendances musicales et du mode de vie des jeunes de ces deux décennies. Mater ce film en 2013, à notre époque fermée où rien ne semble possible, c’est se rappeler qu’à chaque génération, rien ne semble possible. Alors démarre et roule, man, jusqu’à ce que ton I-Pod branché sur The Who n’ait plus de batterie. Si t’arrives à trouver The Who sur I-Tunes…

Quadrophenia, réalisé par Franc Roddam ; écrit par Dave Humpries, Franc Roddam, Martin Stellman, Pete Townshend ; avec Phil Daniels, Sting ; Royaume-Uni, 1979, 2h, couleur – 1:85 / Dolby – Anglais ; dans les salles françaises en version restaurée le 26 juin 2013.

Beau livre : les scooters Vespa, gravures de mode


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Quand un journaliste sportif et une chroniqueuse de mode ont accès aux archives de la marque Vespa, chez Piaggio, un piquant mélange d’histoires techniques et d’esthétisme s’installe dans les pages.

Enormes photos  studio de chaque modèle, pin-up de calendrier ou de publicité…

Cet ouvrage à l’iconographie extrêmement soignée, et à l’esthétique très orientée mode, donne aussi dans l’analyse, notamment sur le positionnement stratégique de la marque, dans le but de devenir incontournable dans la vie des jeunes, des familles du pays, et à l’international.

Une belle histoire, sans fin, pour le dernier scooter à vitesses manuelles commercialisé en France.

Beau livre : « Vespa », par Valerio Boni et Azzurra Della Panna, Editions de la Martinière, 248 pages, 28,5 x 23 cm, 35 euros.

Humour : quand Jean Yanne et Daniel Prévost se moquaient de la sécurité routière


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Amusant, ce sketch des humoristes et comédiens Jean Yanne et Daniel Prévost qui, au début des années 70, se moquaient de la lutte contre les excès de vitesse, paravent utilisé par un haut fonctionnaire de police pour masquer son incapacité à résoudre les vrais problèmes de société.

Le sketch met en scène un journaliste (Jean Yanne) qui interviewe un fonctionnaire de police (Daniel Prévost), chargé d’appliquer un hypothétique “Plan de protection de la population”. Quelle mesure contre les agressions nocturnes ? “Nous allons faire respecter la limitation de vitesse à 60 km/h sur le boulevard périphérique”, répond le fonctionnaire. Que propose la police pour protéger les retraités ? “Ne pas dépasser les 60 km/h”… Quelle idée pour lutter contre la pédophilie ? La limitation de vitesse… Les affaires ? “On attrapera tous ceux qui dépassent les 60 km/h sur le boulevard périphérique”… La litanie des réponses futiles à de vrais problèmes.

http://www.dailymotion.com/video/xayntm_jean-yanne-daniel-prevost-60-km-h-b_fun#.UahohJxDLKd

Et dire que, 40 ans après la diffusion de ce sketch, rien n’a changé !

BD « Harry Octane » : Papa roule des mécaniques


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Le dessinateur de BD belge Christian Papazoglakis (Papa, c’est plus simple !) a sorti récemment le tome 2 des aventures de « Harry Octane », chez Glénat. Ce n’est pas une BD moto, même si Papa le tarmo incruste une Harley ou une Triumph dès qu’il le peut. Mais l’univers mécanique suintant l’huile poisseuse et la culture de la série B américaine, époque muscle cars, nous a vraiment attiré. Le dessinateur, et scénariste sur cette série, esquisse ci-après son concept à la Papa…

« Harry Octane », c’est ton personnage. Tu l’as imaginé, et tu le défends auprès de ton éditeur, Glénat. Dans quel univers trempe-t-il ?

Je suis un fan des road movies américains des années 70. Je pense à « Point Limite Zéro », à « Macadam à Deux Voies »… Je collabore avec Glénat sur la série Chapman, qui marche très bien. On m’a proposé de présenter un projet de bande dessinée autour de l’automobile. Il n’y a pas des milliards de ficelles, ce qui plait c’est souvent l’histoire d’un pilote, mais je ne voulais pas créer un sous-Michel Vaillant. Je précise que j’ai travaillé pour les Studios Graton (créés par les auteurs de Michel Vaillant). Donc, je ne voulais pas d’un héros pilote de course aristocrate. « Harry Octane » est chauffeur pour les gangsters, il roule à fond sur route ouverte, en voyou. Presque comme s’il était à moto.

La série « Harry Octane » est remplie de mécanique, avec des muscle cars parfaitement dessinées. Ta culture est là ?

L’histoire est déterminée par les voitures. Je suis effectivement fan des muscles cars. Après 1973, il n’y a pas eu grand chose d’intéressant dans la production automobile… Ce fut un moment de folie pure pendant lequel les marques sortaient des caisses invraisemblables avec des moteurs invraisemblables, et puis ça s’est arrêté. Le côté voyou de ces caisses me plait bien. Et comme l’éditeur m’a laissé carte blanche… On commençait à travailler sur Chapman, qui est passionnant mais dans des rails, ceux de la BD historique de course automobile. J’ai proposé un concept où je pouvais m’éclater.

Les scènes de poursuite sont particulièrement réussies. C’est incontournable ?

Oui, c’est un peu comme les scènes de course, sauf que les enjeux ne sont pas les mêmes. Le conducteur doit rester devant pour une question de vie ou de mort. La poursuite est un ressort narratif, nous en usons : les lecteurs demandent du drame.

Parviens-tu à vivre de la bande dessinée ?

Oui . Je fais un peu d’illustration, mais on vient me chercher pour ce que je sais le mieux dessiner, la mécanique. J’ai toujours voulu me consacrer à la BD mécanique. Pendant quinze ans, les éditeurs me répondaient que c’était ridicule, qu’il n’y avait pas de marché. C’est amusant, mais maintenant que la voiture est devenu un problème, on aime se souvenir du temps où on n’avait pas honte d’en posséder une. Je suis reconnaissant à Glénat de me laisser travailler librement.

Tu es aussi motard ?

En fait, je n’ai pas de voiture. Je possède une Triumph Tiger 1050, et j’ai roulé sur plusieurs roadsters : Kawasaki ZRX, Zephyr, Honda CBF 1000, et une 900 Eliminator que j’aimais beaucoup.

Tu glisses des motos dans tes BD. Envisages-tu de créer une série ?

J’ai déjà une BD de moto. L’histoire d’un jeune gars qui participe à des courses illégales et révèle des talents de pilote. L’album n’est jamais sorti. La moto comme outil d’émancipation constituait pourtant symbole positif ! Mais chez Glénat, on ne touche pas à la moto : c’est le même éditeur que celui du Joe Bar Team (Vent d’Ouest, ndlr) ! Une fois que le JBT a explosé, tout le monde s’est engouffré dans le créneau et il y a eu des copies de moins bonne qualité qui ont discrédité le filon.

Techniquement, dessiner une voiture, c’est plus facile qu’une moto ?

C’est plus facile. Maintenant on a des outils informatiques qui améliorent le rendu. Google, la 3D… On trouve tous les détails sur le Net. Avant, il fallait avoir accès à la voiture. En revanche, dessiner une moto requiert des connaissances. La  fourche tourne avec une géométrie bizarre, ce n’est pas évident.

L’attraction foraine le mur de la mort apparaît dans le tome 2 de « Harry Octane ». C’est venu comment ?

Ca me tournait dans la tête depuis longtemps. Dans cette série, je prends tout ce qui me tourne dans la tête et j’assemble…

Quand on lit cette BD, on imagine l’ambiance rock’n’roll. Il pourrait y avoir une bande originale ?

J’ai monté un trailer en vidéo (ci-dessous), sur lequel j’ai intégré le rock d’un groupe alternatif belge des années 90, La Muerte. Le chanteur, Marco Laguna, réalise maintenant des films déjantés avec beaucoup de mécanique. Pour moi, le rock va avec la moto.

Et tu as des projets, là tout bientôt ?

Un tome 3 de « Harry Octane », dans lequel je glisserai des bécanes. La moto constitue un outil de narration idéal. Une moto raconte son propriétaire, elle contribue à décrire un personnage. En BD on travaille beaucoup les stéréotypes. Un personnage qui débarque en Harley, on n’a pas besoin de le raconter, en une case on l’a introduit.

La critique de Harry Octane dans Moto Magazine n°298 (juin 2013) :

Harry fais moi peur

Une sombre histoire d’icône mystique, des caisses à V8 au nom évocateur (Plymouth, Chevrolet), un mur de la mort, une moto Vincent… Le décorum mis en place par Papazoglakis dans Harry Octane fait dans la série B américaine revendiquée. On pense à « Point Limite Zéro », film culte, à « Shérif fais-moi peur » à l’autre extrémité du compteur… En BD, les scènes de poursuite sont particulièrement soignées, et l’univers mécanique suranné comme il faut. Suriné, plutôt… On roule à l’Octane, c’est du super !

Nicolas Grumel

BD : « Harry Octane, tome 2 Virage Mystique », par Christian Papazoglakis, éditions Glénat ; 48 pages, 24 x 32 cm, 13,90 euros.

De la musique qui va bien avec la lecture de « Harry Octane » :

. La Muerte : http://www.lamuerte.be/necrology.htm ; leur page Youtube : http://www.youtube.com/user/LaMuerteBelgium

http://www.myspace.com/officialdeadbolt

http://www.myspace.com/messerchups (il faut voir leurs vidéos !)

. Le célèbre groupe Calexico : http://youtu.be/lRAsyWnW8dY

http://www.nashvillepussy.com/

http://website.peterpanspeedrock.nl/