Captain America : la (trop) courte apparition de la Harley 750 Street


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Trois ans après le premier « Captain America », Chris Evans renfile son costume aux couleurs des USA pour un second opus, « Le Soldat de l’Hiver » (au ciné le 26 mars). Un blockbuster Marvel, dans lequel Harley dévoile la 750 Street. Mais pas longtemps…

Pour ce second opus du « Captain America », intitulé « Le Soldat de l’Hiver », la recette des productions Marvel est une nouvelle fois respectée, et bien réussie. Pour faire un carton dans les salles obscures, les frères-réalisateurs Antony et Joe Russo ont suivi des principes simples et gardé un rythme d’action « métronomique ».

Pour faire un bon Marvel, il faut :

. Un scénario héroïque : comme tout bon super-héros qui se respecte, Captain America va une nouvelle fois sauver le monde. Steve Rogers, le Captain récemment décongelé, remplit brillament ses missions pour la société d’espionnage, appelée SHIELD, basée à Washington (USA).

Mais lorsqu’un de ses collègues est attaqué, il doit déjouer un puissant complot contre le SHIELD, avec l’aide de ses proches. Aidé de la belle Black Widow (traduction : Veuve noire) et du Faucon, il lutte contre un ennemi redoutable, le soldat de l’hiver…

. De l’action : entre deux explosions, le Captain Americain distribue les pains (amen !) et use de son célèbre bouclier pour mettre ses nombreux ennemis à terre. De l’action en veux-tu en voilà, c’est précisément ce que cherche le détenteur du ticket d’entrée. Il ne sera pas déçu !

. Un casting d’enfer : que du beau monde à l’affiche. Samuel L. Jackson, en tête, assume un rôle à sa mesure : celui de Nick Fury, le leader du SHIELD. Chris Evans, bodybuildé à outrance, incarne le Captain qui se fera aider par Anthony Mackie, alias le Faucon. Invité de choix, Robert Redford qui joue le complexe agent Alexander Pierce.

C’est Scarlett Johansson, alias Black Widow, qui est l’atout charme du film. Rassurez-vous, la Parisienne ne fait aucune apparition en jogging et pantoufles. Même dans son plus simple appareil (nous parlons ici bien sûr d’un modeste jean-basket), elle flattera la rétine du spectateur-geek.

. De l’humour : s’il est le moins présent des ingrédients, l’humour reste indispensable pour lier les autres éléments. Distillé au gré de ces 2h de film, il trompe parfois l’ennui de scènes de « blabla » inutiles au récit. Des références en tous genres, pas forcément comprises du néophyte en super-héros, ne manqueront pas de faire tiquer les fans.

. De la moto ? Qui dit « America » dit forcément Harley-Davidson. Car, en bon homme viril, Chris Evans roule sur une belle de Milwaukee, la nouvelle Harley-Davidson 750 Street pour être précis.

L’occasion de voir la moto en circulation, mais pas très longtemps hélas (à peine quelques minutes). La machine américaine ne reste qu’accessoire, ne servant de tremplin qu’une seule fois au Captain pour le début d’une bonne grosse scène d’action.

On aperçoit aussi brièvement, dans une sorte de musée, la Harley-Davidson Cross Bones déguisée en WLA de 1942 qu’il utilisait dans le premier opus.

Harley-Davidson profite donc de la sortie de cette super-production américaine pour peaufiner sa stratégie de pénétration d’un marché qui ne lui est pas familier, celui des jeunes, geeks ou pas mais fans des héros Marvel, brillamment passés de la BD « comics » au ciné.

La marque de moto effectue en quelque sorte du placement de produit, technique de marketing devenue courante sur grand écran : les réalisateurs doivent filmer un produit précis pour suivre leur scénario. Ils ont recours à celui d’une marque qui a payé pour qu’on le voit, plutôt qu’un autre.

On peut même gagner une 750 Street

. Verdict : en dehors de ces considérations commerciales, ce film reste efficace ! « Captain America, Le Soldat de l’Hiver » est une vraie réussite, même si cette nouvelle production Marvel ne sort pas des rails qui font habituellement son succès. Un film à voir après une dure journée de labeur, qui permet de s’aérer simplement l’esprit.

Et pour finir de vous donner l’eau à la bouche, la bande annonce en version française
Allez, bon ciné !
Les films moto en vente dans la boutique Motomag.com
À voir, notamment, le film « Gost Rider » avec Nicolas Cage
Mais aussi le film « Burt Munro » avec Anthony Hopkins

BD : un polar sombre sur fond de far-west et de chamanisme


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Le rêve américain, les canyons, les grands espaces, des pick-ups stationnés sur des parkings déserts, un shérif un poil dodu et un cavalier solitaire chevauchant une Harley-Davidson…

L’ambiance dans laquelle nous plonge l’intégrale incluant 3 albums BD de « James Healer », éditée par Le Lombard voici quelques temps, relève du grand classique dans le genre polar. Mais les intrigues plutôt bien ficelées par Yves Swolfs et les paysages très correctement dessinés par Giulio de Vita donnent envie d’aller au bout du suspens.

D’autant que le scénariste et le dessinateur ajoutent aux ingrédients archi-éculés une dose de mystique : le cavalier solitaire en question, James Healer donc, dispose de pouvoirs chamaniques. Ce détective est en effet un Indien blanc.

Voici sa présentation sur le site de l’éditeur :

En 1969, dans la nuit qui suivit son décès, le guérisseur indien Eagle Glance apparut en songe à son disciple et lui révéla que son âme avait trouvé refuge dans le corps d’un bébé, le premier qu’il rencontrerait à son réveil. A son grand étonnement, le premier nourrisson que le nouveau shaman trouva, pleurait au fond d’un break à côté des cadavres d’un couple de «visages pâles» sauvagement assassinés ! James fut élevé par les Shoshones.

Très vite, le jeune Blanc manifesta un don de clairvoyance, le même que celui d’Eagle Glance… Aujourd’hui, James Healer est détective. Il collabore avec les polices locales et même avec le FBI dont les agents n’apprécient pas toujours ses capacités à résoudre avant eux, les enquêtes les plus inextricables…

« James Healer » est donc une série policière teintée de surnaturel, écrite par l’auteur de « Durango » et du « Prince de la Nuit ». Avant « Wisher » et « Kriss de Valnor », Giulio de Vita mettait son talent de dessinateur au service de cette histoire en trois tomes.

Ce qui est intéressant, c’est que les deux auteurs se jouent du mythe américain en soulignant la méfiance des Yankees envers les Indiens dans l’Amérique actuelle qui n’a pas chassé ses vieux démons. Les Blancs ne sont pas si gentils, et les Indiens si méchants. Ou l’inverse…

Notre seul problème à nous, c’est que de Vita sait mieux dessiner les somptueux paysages de l’ouest lointain que les motos. Sa Harley Davidson couchée sur papier n’a pas la même précision que celle d’un Coyote, par exemple, autre dessinateur officiant au sein de l’écurie BD Le Lombard.

Il n’empêche, la particularité de se déplacer à moto confère à ce héros son caractère indépendant, ainsi qu’une part de mystère savamment entretenue.

En définitive, ces trois histoires réunies en une intégrale de 144 pages au prix d’une BD classique, restent des polars de bonne facture, efficaces et divertissants.

BD : « James Healer », l’intégrale (3 histoires), par Giulio de Vita et Yves Swolfs, édition Le Lombard ; 144 pages, 21×27 cm, 14,99 euros.

Présentation sur le site de l’éditeur

La critique du tome 10 de Litteul Kévin ; en vente dans la boutique de Motomag.com

La page Livres et BD de la boutique Motomag.com

Motopoétique : la Ducati 999 héroïne d’une vidéo d’art


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En visitant l’expo Motopoétique, au Musée d’Art Contemporain de Lyon (MAC Lyon), on s’est extasié devant la vidéo de Clayton Burkhart, « Orpheus Descending » (2006), qui met en scène l’éclatante robe rouge d’une Ducati 999 déambulant dans les rues illuminées et nocturnes de New-York. De quoi donner envie d’en savoir plus sur la démarche artistique de Clayton.

Ah, l’art contemporain ! Ces objets qui ne servent à rien, ces artistes qui subliment un pot de chambre ou un urinoir, ces illuminés qui vendent des millions de dollars un bout de vidéo même pas publiée sur Youtube…

Eh bien non, l’art contemporain, ce sont aussi des œuvres qui ouvrent l’esprit et procurent des émotions. La preuve, à Motopoétique. C’est la première fois qu’un musée d’art contemporain (le MAC Lyon en l’occurrence) s’intéresse à la moto, cet objet que nous chérissons tous. La moto, notre amour…

Nous avons pris beaucoup de plaisir à visiter ce rassemblements d’œuvres hétéroclites ayant pour point commun deux roues et un moteur. Elles sont colorées, drôles, font la part belle à l’imaginaire, évoquent toutes les émotions par lesquelles on passe quand on est au guidon.

Parmi ces installations, la vidéo de 17 mn 43 (pour être précis !) réalisée par l’Américain Clayton Burkhart, intitulée « Orpheus Descending ». Elle fut tournée en 2006, la nuit dans les rues illuminées de néons, à New-York.

Ce voyage dans l’obscurité traduit la quête d’Orphée descendant aux enfers, en quête de son amour perdu, Eurydice. Le chevalier s’est mué en motard, il chevauche une Ducati 999 rouge vif, objet symbole de passion, évoquant l’amour charnel. La perche du micro permet à Orphée d’entendre son Eurydice, sans la voir. Quand Orphée pénètre enfin le monde souterrain de la ville mythique, la mort a déjà emporté Eurydice…

Tout au long de ce court-métrage fait d’ambiances, la moto baigne dans un univers de lumières saturées à la limite du réel. Une caractéristique du travail de Clayton Burkhart. Né en 1966 à Buffalo dans l’état de New-York aux USA, ce photographe et vidéaste qui vit à NY, Paris et Milan circule entre le monde de la mode et celui de la publicité, parallèlement à son activité artistique.

Les vidéos et photographies de Clayton Burkhart jouent sur la saturation de la lumière modifiant les formes et les couleurs pour donner à voir des lieux hypnotiques, des personnages fantomatiques aux visages flous ou au regard perdu. Il choisit de montrer l’absence ou la perte de ce qui était et qui n’est plus : des lieux déserts, des objets isolés… C’est en captant un environnement extérieur désolé que l’artiste touche à la fragilité des êtres.

Ce qui frappe, c’est l’éclat rouge de la Ducati 999. Une pure merveille de design qui file dans la ville des enseignes tel un engin furtif, impalpable, presque irréel. Clayton Burkhart, motard lui aussi, rend un bel hommage aux fluidités des lignes de la sportive italienne.

La firme de Bologne a d’ailleurs soutenu la réalisation de cette vidéo. « La personne qui conduit la Ducati 999 est un Anglais, un pilote essayeur de la marque », souligne Clayton Burkhart, rencontré lors du vernissage de l’exposition Motopoétique au MAC Lyon.

La qualité des prises de vue dynamiques est exceptionnelle, et cela n’a pas été facile à obtenir. « Nous étions juchés à trois sur une plateforme installée à côté de la moto, se remémore Clayton. Le caméraman, son assistant et moi-même, sans compter le pilote au guidon. J’étais soit sur la plateforme, soit derrière le motard, je regardais le cadre et les dirigeais afin d’obtenir l’image que je souhaitais. Nous avons traversé le pont de Brooklyn à Manhattan durant dix heures, de nuit. La température était descendue en-dessous de zéro, les conditions de tournage étaient difficiles ».

Vous pouvez voir cette vidéo artistique au MAC Lyon, dans le cadre de l’exposition Motopoétique, jusqu’au 20 avril 2014.

Cliquer ici pour obtenir des renseignements sur le travail de Clayton Burkhart ; la fiche du film

Cliquer ici pour accéder au site de Clayton Burkhart

Renseignements sur l’expo Motopoétique au MAC Lyon

Notre post sur l’expo Motopoétique

A lire, le livre publié par les éditions Larousse « 1.200 Motos de Légende » disponible dans la boutique Motomag.com

Le bilan occasion de la Ducati 999 sur Motomag.com

« Comment être un bon motard », ou… comment faire un guide raté


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L’ouvrage « Comment être un bon motard » est présenté comme un guide destiné aux néophytes. Attention, ce n’en est pas un ! Il s’agirait plutôt d’une sorte de fourre-tout autobiographique, rédigé par un journaliste du magazine nord-américain Cycle World, Mark Lindemann, qui a roulé sa bosse des années durant, pratiqué la moto sous tous les angles, et nous sert un digest de ses expériences, des plus communes aux plus extrêmes.

L’ouvrage a d’abord été présenté en anglais, sous le titre « The Total Motorcycling Manual ». Mark y raconte toutes ses expériences vécues à moto, par le menu (291 chapitres en tout), en utilisant des traits d’humour typiquement anglo-saxons. Ainsi, un chapitre est intitulé : « comment faire une roue arrière ? » Le contenu s’avère très hétéroclite, et en définitive, cet ouvrage, sans doute très intéressant en langue maternelle, souffre d’une traduction en français mal adaptée. Voire approximative.

Dans la langue de Molière, l’humour ironique, mordant des Anglo-saxons, est difficile à traduire. On assimile donc à de la légèreté, certains « conseils », qui n’en sont pas, en fait. Par ailleurs, cette traduction approximative génère des erreurs. Comme celle d’illustrer par une Triumph Bonneville la catégorie « roadster », la catégorie « custom » par un Sportster Harley, et la catégorie « sportive » par une bien gentille Yamaha FZ6-R.

Mais tout cela n’est rien en regarde du chapitre n°1, dans lequel l’auteur de ce manuel (cette fois ce n’est pas un problème de traduction) s’évertue à réduire en pièces la Moto Guzzi 850 Le Mans, un mythe italien ! Chauvin, l’Américain ?

Vous en voulez d’autres ? Le conseil n°111 concerne le stationnement. Et dans « garer sa moto », on lit une phrase énigmatique : « Former une barrière de défense »… Est-ce à dire qu’il faut une formation militaire pour stationner à moto ? Ou bien fait-on face, encore, à une erreur de traduction…

Certains conseils utiles sont bien transmis, comme len°164, « Comprendre les distances d’arrêt ». Mais ils sont rares…

La préface de Ben Spies attire l’attention des amateurs. Il s’agit d’un pilote moto connu, champion du monde de la catégorie Superbike. Sauf que Ben Spies a arrêté le sport moto la saison dernière… Encore raté !

Au chapitre Associations, ne sont mentionnées ni la Fédération internationale de motocyclisme (FIM), ni la Fédération française de motocyclisme (FFM), ni la Fédération européenne des associations de motards (FEMA) et encore moins la Fédération française des motards en colère (FFMC). En revanche, l’auteur cite l’Automobile club de France. Comme association assurant la promotion de la pratique de la moto, on a fait mieux…

Cet ouvrage au titre ambitieux nous a déçu. La majorité des trop nombreux points abordés ne sont que survolés ou traités sous forme de boutades, à la limite de l’irrespect pour le lecteur qui attend un peu moins d’humour et beaucoup plus d’informations efficaces.

Dans une veine plus pédagogique, on lui préférera « Le Guide du Motard », qui date de 2011 mais n’a pas pris une ride, en regard de ce qui est proposé dans celui-ci, datant de fin 2013.

Guide : « Comment être un bon motard », par Mark Lindemann (préface de Ben Spies), édité par Hugo-Image, 256 pages, 18,5 x 19 cm, 24,95 €.

Notons que le prix de ce livre, annoncé sur la couverture à 24,95 €, est descendu à 9,99 € sur le site de l’éditeur

DVD Moto 5 : attaque de drone sur le motocross !


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Le DVD « Moto 5″, c’est un documentaire d’une qualité exceptionnelle sur la pratique du motocross. La réalisation, le recours à un drone et à l’hélicoptère pour filmer, la finition du montage aboutissent à des images au top.

Entraînement des nouveaux concurrents du SX US (Adam Cianciarulo, Cooper Web), balade endurisante un brin extrême à la pointe sud de l’Australie (Josh Cashia), FMX dans les dunes de Californie (Ronnie Renner)…

En partant à la rencontre des meilleurs pilotes de motos à tétines aux quatre coins du globe, l’équipe de tournage de « Moto 5″ nous renseigne sur l’évolution des pratiques cross et de l’enduro.

Chacun des 11 segments de ce nouvel opus est tourné avec un soin et des moyens exceptionnels. Les images sont léchées, comme le traitement du son et le choix de la musique.
Un véritable clip de plus d’une heure, qu’on se repasse en boucle sans se lasser. Et qu’on regardera encore dans quelques années, tant les prestations des pilotes sont bluffantes.

DVD : « Moto 5, the Movie », par The Assignment Moving Pictures, édition The Honey Badger. En DVD et Blu-Ray ; 20 € (+ 9,50 € de port) ; 9,50 € en téléchargement sur ITunes.

Trailer ; achat online du DVD : www.moto-themovie.com

Voir en ligne les DVD de moto en vente sur Motomag.com

Blues : Don Cavalli chante la Zündapp


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Don Cavalli est un bluesman talentueux qui, contrairement aux apparences, est né Paris et a grandi à Bonneuil dans le Val-de-Marne. Il s’est déjà produit en première partie de Ben Harper, Jack Johnson ou des Black Keys, ce qui, au passage, pose sa réputation.

Don Cavalli vient de sortir son 5e album, Temperamental, dans le lequel se trouve un morceau-ovni, intitulé « You And My Zundapp » :

Zündapp… oui, la petite pétaradante de notre adolescence, des seventies jusqu’au début des eigties.

Ce n’est pas le meilleur titre de l’album, mais peut-être le prénommé Fabrice a-t-il un passé de motard ?

Quoiqu’il en soit, on vous invite à écouter « Gloom Uprising », morceau qui nous a fait découvrir Don Cavalli, dont le premier album, « CryLand », est sorti en 2007 :

http://doncavalli.bandcamp.com/track/gloom-uprising

Femmes et moto : les photographies cultes de Lanakila MacNaughton


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Le 8, c’est la journée internationale du droit des femmes et le 9, les défilés Toutes en Moto. Le moment est donc propice, de passer quelques clichés cultes, réalisés par la photographe de Portland (Oregon, USA) Lanakila MacNaughton.

Ici c’est Summer, coiffeuse, snowboarder et motocycliste sur son scrambler Honda.

Là c’est Stormie Ray sur une 650 Yamaha, qui roule depuis 20 ans et a guidé Lanakila vers la liberté.

On trouve aussi Allison Rose Lear, classe, sur son Sport’ à guidon bracelets.

Sans oublier les easy rideuses et délurées Jenny et Nina, qui se moquent bien des cops sur leur Harley.

Lanakila en a immortalisé beaucoup d’autres. Ses photos sont cultes, car sans concession. Lanakila s’évertue à n’immortaliser que des femmes sur leur moto, et celles-ci ont plutôt envie de se montrer libres au guidon, de s’affranchir des codes et des usages… Et ça nous plait !

Cultes, car le travail est soigné, propre, c’est l’œuvre d’une esthète : les photos, qu’elles soient posées statiques ou en mode dynamique, racontent une histoire, la lumière est soignée, les lignes de perspectives filent vers l’horizon.

Lanakila MacNaughton (ci-dessus) est donc une photographe et motocycliste basée à Portland (Oregon, USA). Ayant pratiqué de nombreux sports de plein air dès son jeune âge, Lana a commencé à raconter ses expériences à travers la photographie. Après avoir développé une passion pour la moto à 20 ans, elle a commencé à immortaliser les nombreuses facettes de la culture de la moto à travers son objectif. Lana tire en moyen format sur un Hasselblad CM.

« J’ai créé Womensmotoexhibit afin de montrer la nouvelle vague de femmes motocyclistes, explique-t-elle sur son site. Je tiens à révéler des femmes courageuses et belles. La moto est un véhicule qui favorise une nouvelle perception de l’autonomisation des femmes, et inspire l’indépendance et la libération. Womensmotoexhibit est une exposition itinérante. J’espère découvrir encore des rideuses issues de différentes communautés. Je veux changer la façon dont les femmes sont perçues, non seulement dans le monde de la moto, mais la société en général ».

« J’invite différentes communautés et lieux à accueillir cette exposition, pour aider à cette découverte ». Avis à la population !

Découvrir le projet de Lanakila : Womensmotoexhibit.com

Photo d’art : les « anges » pilotes de Rancinan exposés à Lyon


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Au musée d’art contemporain de Lyon (MAC Lyon), jusqu’au 20 avril, se déroule une belle rencontre entre différentes formes d’expression artistiques et la moto. Au milieu des œuvres de 42 artistes, l’exposition Motopoétique ouvre une salle à Gérard Rancinan, photographe de renommée mondiale qui a, à plusieurs reprises, œuvré autour de sa passion pour la moto, comme le prouvent les sept clichés en grand format (160 x 230) accrochés au MAC Lyon.

Les passionnés auront reconnu, sur la photo ci-dessus (© Gérard Rancinan, « Double Damon », 160 x 230 cm, 1997), l’ancien champion de F1 Damon Hill, hilare au guidon d’une moto de collection, une 1000 Vincent HRD Black Shadow.

Autre star portraitisée, le Docteur, Valentino Rossi, dans une pause plutôt baba-cool, assez éloignée de la moto. La photo date de 2001. Son rival des débuts, Massimiliano Biaggi, a lui aussi posé dans un cadre grandiloquent pour Rancinan. On retiendra également « Genèse », photo tirée d’une publicité pour Ducati datant de 2003, qui officialisait son retour en Grand-Prix.

Mais les images les plus saisissantes restent les photos d’action de Raymond Roche (© Gérard Rancinan, « Raymond Roche : La vitesse des Anges » , 110 x 163 cm, 1991), le pilote français, champion du monde d’endurance en 1981 et 3e du championnat du monde de vitesse en 500 cm3, en 1984.

Le choix d’une mise en place la plus légère possible traduit la volonté de Rancinan de « rappeler toute la fragilité et le risque que l’on prend quand on conduit une motocyclette ».

Aux yeux de l’artiste, « la moto n’a rien d’un objet utilitaire, mais tout d’un objet artistique ». La moto l’intéresse en ce qu’elle révèle « un univers à plusieurs dimensions, de plaisir et d’émotion ». Il la voit comme « un objet d’art », de même qu’il voit les pilotes « non pas comme des motards mais comme des anges ou des virtuoses ».

Gérard Rancinan expose dans les plus grands musées d’art contemporain du monde. Après le Palais de Tokyo, le Musée d’art moderne de Barcelone, le Musée de la Triennale de Milan, le Danubiana Museum en Slovaquie, il représente la France cette année dans le cadre du cinquantenaire des relations franco-chinoises en exposant au musée d’art contemporain Himalayas de Shanghai en septembre prochain.

Le site de Gérard Rancinan

La série de photos Speed Art réalisée par Rancinan pour Ducati en 2003