1982 : Honda RFVC naissance d’un mythe


papytoum

Bonjour à tous,

Al Baker est bien connu des spécialistes de « desert race » en raison de ses talents de pilote mais aussi pour ses motos préparées spécifiquement pour les courses courues dans les déserts de la basse Californie mexicaine (Baja California).

Figure 1 : Honda XL350 (410 cc) d’Al Baker préparée pour la Baja 500 en 1975 (Dave Holeman, Cycle octobre 1975)

C’est au guidon d’une Honda préparée par Bill Bell le patron de la concession Long Beach Honda de Californie qu’Al Baker remporte la Baja 1000 en novembre 1975 associé au pilote Gene Canady.

Figure 2 : classements de la SCORE AC-DELCO Baja 1000 1975 (Marty Fiolka)

A partir de 1979, à la tête d’Al Baker Racing Development, Al Baker importe les produits de la société Mugen Co Ltd. Les produits Mugen Honda sont destinés à la préparation des motos japonaises importées aux USA.

Figure 3 : Al Baker sur une Honda XL350 préparée lors de la Baja 500 en 1976 (Jim OBER tracksidephoto)

Son travail de préparation des Honda XR est remarqué par Honda à la suite de sa victoire en duo avec Bob Balentine lors de la Mexicali 250 en février 1981.

Le partenariat avec l’usine Honda débouche sur un nouveau modèle de Honda XR500. Les défauts de jeunesse du nouveau modèle privent Al Baker d’une belle performance à la Baja 500 en juin 1981.

Figure 4 : Al Baker au guidon de la Honda XR500 à la Baja 500 en juin 1981 (Jim OBER tracksidephoto)

Dès juillet 1981, Honda et Al Baker développent la nouvelle génération du modèle Honda XR500 qui semble enfin atteindre les objectifs d’Al Baker en matière de puissance moteur.

Une défaillance de la boite de vitesses du modèle de Honda XR500 préparé pour la Baja 1000 en novembre 1981 ne permettra pas à l’équipage de finir l’épreuve mexicaine.

Figure 5 : Honda XR500 d’Al Baker et Bob Balentine à la Baja 1000 en novembre 1981 (Jim OBER tracksidephoto)

Al Baker ayant enfin obtenu de Honda un nouveau modèle en adéquation avec les améliorations de performance obtenues sur le moteur Honda XR500, le pilote Bob Balentine mène le modèle Honda XR500 de dernière génération à la victoire en solo lors de la Parker 400 en janvier 1982.

Figure 6 : le talentueux pilote Bob Balentine au guidon du modèle Honda XR500 (Ken Lee, Cycle mars 1983)

Une autre victoire obtenue lors de la San Felipe 250 en mars 1982 confirme les progrès du binôme Al Baker et Bob Balentine dans la préparation des machines Honda XR500 destinées aux courses de désert américaines.

En avril 1982, Honda fait parvenir à Al Baker un nouveau modèle de Honda XR500 en vue de la victoire dans les courses de désert américaines.

Figure 7 : les Honda XR500 préparées par Honda et Al Baker (Ken Lee, Cycle mars 1983)

Le nouveau modèle reprend les éléments développés par Al Baker sur les précédents modèles, en partie cycle comme au niveau moteur, et comporte une originale culasse à soupapes radiales, le moteur Honda RFVC est né.

Figure 8 : originale culasse RFVC du modèle Honda XR500 en 1982 (Ken Lee, Cycle mars 1983)

Mais victime d’un accident sérieux lors des repérages de la Baja 500 au Mexique en juin 1982 au guidon du modèle Honda XR numéro 652, le jeune et brillant pilote de « desert race », Bob Balentine, ne sera pas le partenaire d’Al Baker lors de la Baja 1000, objectif de la saison 1982 des 2 pilotes.

Pour la SCORE Baja 1000 de novembre 1982, Al Baker fera appel au réputé pilote Jack Johnson, triple vainqueur moto de la course californienne (en 1978, 1979 et 1980).

Figure 9 : Honda XR500R à moteur RFVC pilotée par Al Baker et Jack Johnson lors de la Baja 1000 en novembre 1982 (Ken Lee, Cycle mars 1983)

La Honda XR500R numéro 642 utilisée par le duo Al Baker et Jack Johnson est un modèle de présérie du modèle Honda XR500R qui sera commercialisé par Honda en 1983. Il est doté d’un équipement spécifique pour les courses de désert, éclairage et ligne d’échappement ainsi que de pneus plus gros.

Figure 10 : classements de la SCORE Baja 1000 en novembre 1982 (Marty Fiolka)

C’est au guidon du nouveau modèle Honda XR500R à moteur RFVC qu’Al Baker et Jack Johnson remportent la PERNOD SCORE Baja 1000 à La Paz (Mexique) début novembre 1982.

Première victoire d’une longue série pour le nouveau moteur Honda RFVC.

A Bientôt.

Papytoum

Les informations contenues dans cet article sont principalement issues des sources suivantes :

The Jackhammer circus : five hundred miles of baja de Dave Holeman (Cycle, octobre 1975)

Two years to La Paz de Ken Lee (Cycle, mars 1983)

1000 Miles to glory de Marty Fiolka (David Bull publishing, 2005)

1987-1988 : épisode 9 le gros moteur Honda RFVC 100*82


papytoum

Bonjour à tous,

Entamée au cours de l’année 1982, l’histoire des modèles Honda à moteur RFVC connait son ultime étape à l’occasion de la présentation du modèle Honda NX650 Dominator lors du salon de Tokyo en octobre 1987.

Figure 1 : Honda NX650 Dominator à moteur RFVC présentée au salon de Tokyo (Moto Revue n°2819 du 29 octobre 1987)

La route fut longue depuis l’époque où Al Baker testait le premier modèle Honda XR500R à moteur RFVC susceptible de gagner les courses de désert dans la région de basse Californie.

Figure 2 : Chuck Miller et la Honda XR500R à la Baja 1000 en 1983 (TrailBlazer Hall of Fame)

Le modèle Honda NX650 Dominator commercialisé en 1988 est l’aboutissement de la belle lignée des machines à moteur RFVC.

A côté de nouveautés propres au modèle Honda NX650 Dominator, les traces de ses prédécesseurs sont assez facilement repérables sur cet ultime modèle.

Figure 3 : moteur et cadre de Honda NX650 Dominator type RD02 modèle J de 1988 (papytoum)

Le gros moteur de 644 cm3 (100*82) du modèle Honda NX650 Dominator type RD02 conserve l’architecture typique du moteur RFVC à culasse radiale des précédents modèles. Par contre, il adopte un unique gros carburateur Keihin à boisseau à membrane.

Les deux collecteurs d’échappement (en inox) se poursuivent chacun par un court silencieux noir cerclé d’or et non par l’unique silencieux tout noir des modèles Honda XL600 antérieurs.

Comme les modèles Honda XL600LM et XL600RM qui l’ont précédé de 1985 à 1987, le moteur est équipé d’un démarreur électrique. Mais par rapport à ses prédécesseurs, le moteur de la Honda NX650 Dominator comporte un nouveau système de décompression automatique monté sur l’arbre à cames.

Le système de décompression automatique est bien décrit dans la Revue Moto Technique n°71 consacrée au modèle Honda NX650 Dominator.

Un vrai plaisir à démarrer la Dominator.

Le kick conservé sur les modèles commercialisés en 1988 et 1989 disparaitra sur le modèle 1990.

Le circuit électrique avec la grosse batterie a été adopté dès le modèle Honda XL600LM en 1985.

Le cadre du modèle Honda NX650 Dominator s’inspire de celui des modèles Honda XL600LM mais ses tubes carrés sont encore plus imposants.

Figure 4 : fourche et frein avant de Honda NX650 Dominator type RD02 modèle J de 1988 (papytoum)

Comme toute la gamme des Honda XL600 à moteur RFVC, le modèle Honda NX650 Dominator adopte une grosse fourche de 41 mm de diamètre. Seuls les premiers modèles Honda XL600RD en 1983 possédaient une fourche de 39 mm de diamètre.

En 1988, le gros disque avant de 256 mm de la Honda NX650 Dominator est particulièrement allégé (plein de trous). Le moyeu qui le supporte également. L’étrier de frein a également subi une transformation en ce sens.

De même diamètre que les freins équipant les Honda XL600LM et RM, l’ensemble du modèle Honda NX650 Dominator apparaît bien moins massif. A l’époque, il est également reconnu comme très efficace.

Sur les modèles NX650 Dominator suivants, Honda remettra un peu de matière sur les moyeux des roues et les disques de frein.

Figure 5 : bras oscillant et disque arrière de Honda NX650 Dominator type RD02 modèle J de 1988 (papytoum)

Nouveauté du modèle Honda NX650 Dominator, le frein arrière est à disque. Un vrai plus de ce modèle par rapport à ses prédécesseurs.

Le bras oscillant du modèle Honda NX650 Dominator est semblable à celui des modèles Honda XL600LM et RM.

Par contre, les roues tubeless des Honda XL600LM et RM de 1985 à 1987 n’ont pas été conservées. Elles ne réapparaîtront plus sur les modèles trail de Honda au cours des décennies suivantes.

Figure 6 : système Pro-Link de Honda NX650 Dominator type RD02 modèle J de 1988 (papytoum)

Le système de suspension Honda Pro-Link de la Honda NX650 Dominator est également nouveau. Bras d’amortisseur et tige de raccord d’amortisseur sont totalement sous les bras oscillant contrairement aux modèles Honda XL600 qui comportaient une fixation du bras d’amortisseur sur le dessus du bras oscillant.

Un système approchant avait été utilisé sur les Honda XL600 engagées en janvier 1986 pour le Team Honda Italie au Rallye Paris Dakar.

Figure 7 : caractéristiques du modèle Honda NX650 Dominator type RD02 (manuel du conducteur Honda Motor CO. LTD. 1987)

Comme pour tous les modèles de la gamme Honda XL600, une Revue Moto Technique très complète est disponible pour le modèle Honda NX650 Dominator.

Figure 8 : Revue moto technique n°71 (Honda NX650 Dominator)

Pour les mécanos, il est également possible de se procurer le manuel d’atelier de Honda.

Figure 9 : manuel d’atelier Honda NX650 Dominator (Honda Motor CO. LTD. avril 1988)

Le modèle Honda NX650 Dominator équipé du plus gros des moteurs RFVC régulièrement commercialisé va devenir un grand succès pour la marque japonaise au cours des années 1990.

Quant à nous, nous savons trop bien comment se termine les histoires de Honda RFVC dans les rallyes routiers. Nous sommes toujours là pour vous en parler.

Figure 10 : Honda NX650 Dominator « papytoum » après sa cabriole au Rallye de Corse le 08 juin 2014 (photo Rémi et Raphael)

Bon an mal an, l’histoire du moteur Honda RFVC se poursuivra jusqu’aux années 2019-2020.

Sacrée carrière tout de même…

A bientôt pour l’épisode 10

Papytoum

1982 : épisode 2 le moteur Honda RFVC 100*75


papytoum

Bonjour à tous,

Alors que nos amis américains découvraient le moteur Honda RFVC dans sa version 500 cm3 (92*75) à l’occasion de sa victoire à la Baja 1000 en novembre 1982, nous avions droit à la présentation de la version 600 cm3 (100*75) au salon de Paris en octobre 1982.

Figure 1 : victoire du moteur Honda RFVC 500 cm3 lors de la Baja 1000 en novembre 1982 (extrait de 1000 Miles to Glory by Marty Fiolka)

Large victoire de l’équipage Al Baker et Jack Johnson lors de la Baja 1000 de novembre 1982 : cinquante minutes d’avance tout de même sur la Husqvarna XC500 de Brent Wallingsford et Scot Harden, les vainqueurs de 1981, après 983 miles de course.

Figure 2 : présentation de la Honda XL600R au salon de Paris 1982 (Moto Journal n°574 du 14 octobre 1982)

Plutôt chouette la nouvelle Honda XL600R à moteur RFVC.

Les principales caractéristiques du moteur Honda RFVC sont fournies in extremis à la presse moto à la fin du salon de la Porte de Versailles en octobre 1982 : mono 4 temps à balancier d’équilibrage entraîné par engrenage, 589 cm3 (100*75), 2 carburateurs à boisseaux, lubrification par carter sec.

La culasse, dite « RFVC » pour radial four valves chamber, présente 4 soupapes disposées en position radiale afin de converger vers la chambre de combustion. La bougie prend place dans le large V des soupapes d’échappement. Cette disposition impose une double culbuterie, un culbuteur et un linguet en cascade, d’axes non parallèles, renvoyant le mouvement depuis l’arbre à cames à chaque soupape (Moto Journal n°574 du 14 octobre 1982).

Figure 3 : radial four valves combustion chamber (RFVC)

Le moteur RFVC est muni d’un décompresseur automatique sur les soupapes d’admission, plus un décompresseur manuel sur celles d’échappement. L’allumage est électronique. Le circuit électrique est en 12 volts avec projecteur principal en H4 60/55W.

Le cadre de la Honda XL600R est du type simple berceau dédoublé continu. Les suspensions se font par fourche télescopique de 220 mm de débattement à l’avant, amortisseur et système de biellette Prolink réglable en amortissement débattant sur 204 mm à l’arrière.

Le freinage est assuré par un disque à l’avant, un frein à tambour pour l’arrière.

Les pneumatiques sont de 3.00*21 à l’avant et de 4.60*17 à l’arrière.

Poids à vide de la machine annoncé à 129 kg.

Que du tout bon en somme (à l’époque) pour cette nouvelle Honda XL600R.

Si bon d’ailleurs que Honda choisit ce modèle pour sa participation au Paris-Dakar 1983.

Figure 4 : Philippe Drobecq second à Dakar en janvier 1983 (dakardantan.com)

La moto utilisée par les pilotes français, Cyril Neveu, Philippe Vassard et Patrick Drobecq pour le Dakar 1983 est présentée par Pierre-Marie Poli dans le numéro 584 de Moto Journal du 23 décembre 1982.

En fait, à part sa cylindrée de 600 cm3, la machine semble plus proche du XR500R vainqueur à la Baja de novembre 1982 que de la jolie 600 cm3 affichée au salon de Paris.

D’ailleurs dans la liste des engagés du Dakar 1983, les machines indiquées pour les trois pilotes français sont des Honda XR600 (dakardantan.com). Il faudra attendre 1985 pour que Honda commercialise un modèle dénommé Honda XR600R.

Le cadre de la machiné essayée par Pierre-Marie Poli est probablement celui du modèle Honda XR500R. Il en est de même des suspensions, grosse fourche de 43 mm avec 280 mm de débattement (39 mm et 220 mm pour la Honda XL600R de 1983).

Les caches, les garde-boues, l’échappement sont sans doute également ceux du modèle Honda XR500R.

Le réservoir évoque celui qui équipera les premiers modèles Honda XL600LD Paris-Dakar commercialisé en 1983.

Figure 5 : Philippe Drobecq Honda XL600R au Dakar 1983 (France moto février 1983)

Malheureusement pour le Team Honda, en 1983, il ne sera pas possible de lutter contre la puissance du bicylindre BMW et son pilote français, Hubert Auriol, vainqueur à Dakar.

Philippe Dobecq, l’ancien champion de France de Motocross junior en 1971, sauvera l’honneur de l’équipe Honda en plaçant sa Honda 600 à moteur RFVC à la seconde place du rallye Paris-Dakar 1983, le « Dakar de l’enfer ».

Après la victoire de Cyril Neveu avec la Honda XR550R en janvier 1982, sera-t-il encore possible de gagner le Dakar avec un mono ?

A bientôt, pour l’épisode 3 de la saga RFVC.

Papytoum

PS : les extraits des France Moto que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

1982 : épisode 1 le moteur Honda RFVC 92*75


papytoum

Bonjour à tous,

Cinq cent centimètres cube de folie FURIEUSE, c’est comme ça que Pierre-Marie Poli, le regretté pilote-essayeur de Moto-Journal, résume ses sensations fortes lors de l’essai de la Honda XR500R dans le numéro de la revue paru le 17 mars 1983.

Hélas, ces modèles seront encore vendus sans homologation donc sans carte grise à compter de juin 1983.

Alors que le modèle Honda XR500 de 1982 restait finalement proche du trail amélioré, les japonais ont monté le gromono dans une véritable partie cycle de course réalisée en chrome molybdène avec une évidente chasse aux grammes superflus, dixit Pierre-Marie Poli.

Figure 1 : Honda XR500RE type PE03 modèle US 1984

Le résultat de la chasse intensive aux kilos, avec utilisation du chrome molybdène (cadre, tube de fourche, guidon, béquille, bras oscillant), aluminium (biellettes de Pro-Link, sabot moteur, jantes, carters moteurs) et magnésium (couvercle d’embrayage, d’allumage, les moyeux de roues et les flasques de freins) est un poids à sec de 121 kg pour la Honda XR500R type PE03 de 1983 écrit encore le journaliste.

Figure 2 : le moteur Honda RFVC (https://motorsport-and-pc.net/2018/10/21/rfvc/)

Bien sur la pièce maitresse demeure le moteur qui reprend la technique RFVC et l’architecture de la Honda XL600R, soupapes radiales et double carburateur notamment, dont Pierre-Marie Poli fait également l’essai dans le même numéro 596 de Moto Journal.

Figure 3 : fiche technique de Honda XR500R (XR350R) (Moto Journal n°596 du 17 mars 1983)

Quelle santé cette Honda XR500 !

Pierre-Marie Poli lui voit trois qualités essentielles : le punch, la patate et la pêche…

Ça pousse férocement tout en bas, pour dépoter franchement à mi régime avant d’exploser carrément tout en haut. Jamais un quatre temps ne lui avait fait une si forte impression.

Au vu de l’essai de la Honda XR500R de 1983, on comprend mieux le résultat obtenu à la Baja 1000 en novembre 1982 lors de la première sortie officielle de cette machine.

Figure 2 : Al Baker et Jack Johnson Honda XR500R à moteur RFVC premiers lors de la Pernod SCORE Baja 1000 en novembre 1982 (Jim Ober tracksidephoto)

En 1983 et 1984, avant le passage au XR600R en 1985, deux modèles de Honda XR500R seront commercialisés par le constructeur japonais avec quelques rares différences (protèges mains en 1984 et autocollant de bras oscillant à la couleur modifiée).

Au cours des années suivantes, la saga RFVC s’écrira en 600 cm3.

Figure 3 : classements de la TECATE SCORE Baja 1000 en novembre 1998 (extrait de 1000 Miles to Glory by Marty Fiolka 2005)

La dernière victoire dans le désert californien du moteur Honda RFVC, dans une version 628 cm3, sera celle des pilotes américains Johnny Campbell et Jimmy Lewis lors de la Tecate Score Baja 1000 en novembre 1998.

Quelle santé, ces motos Honda XR à moteur RFVC…

A bientôt pour l’épisode 2 de la saga.

Papytoum

1979-1982 : Honda XL l’appel du désert


papytoum

Bonjour à tous,

Alors que le constructeur nippon Yamaha surfe sur le succès de sa 500 XT au Rallye Paris-Dakar, son concurrent Honda ne va pas tarder pas à lui répondre.

Pour nous inciter à naviguer dans le désert, en 1979, Honda propose la Honda XL500S.

Figure 1 : Honda appelle à déserter avec la Honda XL500S (publicité Honda parue dans France Moto 136 juin 1980)

C’est avec cette moto que quelques-uns des brillants pilotes du Championnat de France des rallyes routiers feront leurs armes sur les routes de France au début de la décennie 1980.

Figure 2 : préparation de la Honda XL500S du champion de France des Rallyes 1981 Jean-Yves Rivollet à l’atelier Maufras motos

Pour le continent nord-américain, la même année, Honda propose la version « enduro » Honda XR500.

Figure 3 : Honda XR500 type PE01 double amortisseurs commercialisée en 1979

Les modèles Honda « trail » et « enduro » commercialisés en 1979 et 1980 possèdent 2 amortisseurs, une classique roue arrière de 18 pouces mais une originale roue avant en 23 pouces.

Pour le modèle Honda XR500, le moteur de 497 cm3 (89*80) à 4 soupapes et simple arbre est équipé d’un simple carburateur Keihin de 34 mm (32 mm pour le modèle XL500S).

Figure 4 : Honda XR500 du duo Etchart/Subith préparée pour la Baja 1000 en novembre 1979 (Jim OBER tracksidephoto)

Aux USA, pour la compétition un kit Mugen permet d’améliorer les performances des Honda XR500 mais aussi des Honda XL500.

Figure 5 : kit Mugen pour améliorer les performances des modèles Honda XR500 et XL500 1979-1980

Le mono Honda XR500 prend la suite des modèles bicylindres Honda CL 72 et CL77 « scrambler » et du monocylindre Honda XL 350 qui se sont illustrés dans les « desert race », les fameuses courses de désert de la Californie et du Mexique, aux mains de pilotes tels que Larry « the desert fox » Bergquist ou Al Baker au cours de la décennie précédente.

Figure 6 : Al Baker au guidon d’une Honda XL350 lors de la Baja 1000 en novembre 1976 (Jim OBER tracksidephoto)

Nous avons évoqué les exploits de ces spécialistes des courses de désert dans de précédents articles.

Pour les clients français attirés par les grands espaces, depuis 1979, Honda propose le modèle Honda XL500S (type PD01). Le mono Honda XL500R (type PD02) lui succédera en 1982.

Figure 7 : Honda XL500SB type PD01 modèle 1981 (publicité Honda parue dans France Moto 149 septembre 1981)

Les modèles Honda XL500S et Honda XL500R suivront les mêmes évolutions de partie cycle que les modèles Honda XR500 « enduro » développés pour le marché américain.

Des pilotes français vont emmener le « trail » Honda XL500S sur de nombreux terrains de jeu.

C’est avec la Honda XL500S que Jean-Yves Rivollet remporte le classement du championnat de France des rallyes de régularité chez les civils en 1981.

Figure 8 : classement du championnat de France des Rallyes de Régularité 1981 (France Moto 150 octobre 1981)

Après avoir emmené la petite Honda XL250S à la sixième place du rallye Paris-Dakar 1979, Alain Schaecht, retourne sur les pistes vers Dakar en janvier 1981 au guidon d’un « trail » Honda XL500S.

Figure 9 : Alain Schaecht avec la Honda XL500S lors de la croisière verte 1981 (France Moto 150 octobre 1981)

Au départ du Touquet le 29 aout 1981, avec le gratin des pilotes du Dakar : Merel, Neveu, Auriol, Lalay, Poli et Micou, Alain Schaecht part pour une traversée de la France en direction de Sète par les pistes et les chemins lors de la 4ème Croisière verte organisée par Thierry Sabine et l’Armée de terre.

Au guidon de la Honda XL500S, Alain termine 4ème de l’épreuve et remporte le trophée Moto Verte réservé aux trails.

Les modèles « enduros » Honda XR500 commercialisés en 1981 et 1982 adopteront le mono amortisseur, le système progressif à biellettes Prolink et un bras oscillant de section rectangulaire en aluminium. La roue avant retrouvera une dimension plus conventionnelle de 21 pouces, la roue arrière passant en 17 pouces.

Figure 10 : Honda XR500R de l’équipage Al Baker/Ballentine à la Baja 1000 en novembre 1981 (Jim OBER tracksidephoto)

Comme le modèle bi amortisseurs, le modèle Honda XR500R « enduro » mono amortisseur Prolink bénéficie lui aussi d’un kit de préparation compétition Mugen comprenant, cylindre et pistons, arbre à cames, soupapes et ressorts, carburateur, collecteur et silencieux d’échappement.

Figure 11 : le modèle Honda XR500R type PE01 de 1981-1982 bénéficie d’un kit de préparation Mugen pour la compétition

C’est au guidon d’un modèle Honda XR550R dérivé du modèle américain Honda XR500R préparé par le HRC, le service course de Honda, que le pilote français Cyril Neveu remporte en janvier 1982 sa troisième victoire dans le rallye Paris-Dakar.

Philippe Vassard au guidon d’une machine identique termine second de l’épreuve africaine derrière son compatriote.

Avec le modèle Honda XR550R préparé au japon, le team Honda possédait assurément l’arme pour gagner la course africaine en 1982.

Figure 12 : Philippe Vassard termine second du rallye Paris Dakar 1982 au guidon de la Honda XR550R préparée par le HRC

Avec la Honda XL500S, le futur double champion de France des rallyes Yves Gras, découvre la discipline des rallyes routiers en participant au 1er Rallye du Soleil organisé par le CMPN à Nice en septembre 1981. Il finit à une prometteuse 12ème place.

Second derrière le policier Jean-Pierre Geneletti lors du Tour de France 1979, Philippe Vassard est un pilote polyvalent. Il fera briller la Honda XR550R, gagnante du Dakar 1982, sur les routes et les pistes de la Corse en remportant la cinquième édition du Tour de Corse moto organisé au départ d’Ajaccio les 20-21 et 22 mai 1982.Figure 13 : Christine Martin Honda XL250S et Philippe Vassard, Honda XR550R, vainqueur du 5ème Tour de Corse moto en mai 1982 (Moto Journal 559 du 03 juin 1982)

Après l’abandon de Pierre Faucher, un des pilotes phares des éditions 1979 et 1980 du Tour de France moto, la course corse est l’occasion de voir certains des pilotes en pointe dans le championnat de France des rallyes, Pierre-Jean Padovani (7ème), Guy Carchereux 12ème avec la Honda XL500R PD02 qui devance Jean-Yves Rivollet au guidon de la Honda XL500S PD01.

Avec la Honda XR550R préparée par le HRC, Cyril Neveu et Philippe Vassard concluront cette période faste pour le mono Honda 500 cm3 en participant en novembre 1982 à la célèbre Baja 1000 californienne. Ils y récolteront une belle 5ème place dans la classe 22 des motos de plus de 250 cm3 de cylindrée.

Figure 14 : Philippe Vassard fait rugir la Honda XR550R du HRC sur les pistes de la Baja 1000 en novembre 1982 (Jim OBER tracksidephoto)

Au cours de l’année 1983, on assiste à la passation de pouvoir entre l’ancienne et la nouvelle génération des moteurs monocylindres Honda pour les modèles « trail » XLS ou XLR et « enduro » XR.

Après avoir remporté la victoire à Dakar en janvier 1982 avec le « vieux » moteur, Honda engage un Team équipé du nouveau moteur Honda RFVC 600 cm3 dans le rallye Paris-Dakar en janvier 1983.

Figure 15 : Honda 600 RFVC de Philippe Vassard pour le Dakar 1983

En France, alors que certains pilotes continuent de faire rouler leur « vieux » modèle Honda XL500S dans les rallyes routiers, d’autres vont faire débuter le nouveau modèle Honda XL600R à moteur RFVC.

Figure 16 : Marc Benier, mécanicien chez Honda Grenoble, pilote une Honda XL500S préparée lors du 1er Rallye du Vercors moto en mai 1983

Après un ultime baroud du vieux moteur Honda 500 cm3, les futurs succès de Honda dans les Baja américaines comme dans les rallyes routiers en France se feront avec le nouveau moteur Honda RFVC.

Au Rallye Paris-Dakar par contre, la victoire de Cyril Neveu en janvier 1982 avec le vieux moteur, sera le dernier succès d’un mono Honda dans la célèbre course africaine.

A bientôt

Papytoum

1982 : premier succès pour le moteur Honda RFVC


papytoum

Bonjour à tous,

les pilotes Al Baker et Jack Johnson mèneront pour la première fois le moteur Honda RFVC à la victoire à l’occasion de la SCORE Baja 1000 en novembre 1982.

C’est avec le nouveau modèle Honda XR500R à moteur RFVC que les pilotes californiens remporteront la célèbre course de désert nord-américaine en class 22 (motos de plus de 250 cm3).

Figure 1 : Honda XR500R à moteur RFVC pilotée par Al Baker et Jack Johnson lors de la Pernod SCORE Baja 1000 en novembre 1982 (Jim OBER tracksidephoto)

Pour les motards français, l’équipage français Cyril Neveu et Philippe Vassard assurera la transition entre l’ancien monde et le nouveau.

C’est en effet au guidon de l’ancien modèle de la Honda XR500 gonflée à 550 cm3 par le HRC, le service course de Honda Japon, que le duo participe en novembre 1982 à la Pernod SCORE Baja 1000 en Californie. Avec cette moto, Cyril Neveu a remporté en janvier 1982 le Rallye Paris Dakar.

Les deux « frenchies » réussiront une belle prestation en finissant 5ème de la course en class 22 réservée aux motos de plus fortes cylindrées (plus de 250 cm3).

Figure 2 : classement de la class 22 lors de la Pernod SCORE Baja 1000 en novembre 1982

Le moteur de la Honda des français est une évolution du moteur 500 cm3 qui équipe depuis 1979 les modèles trails et enduro commercialisés par Honda à travers le monde : Honda XL500 et Honda XR500.

Figure 3 : Honda XR550 de Cyril Neveu et Philippe Vassard lors de la Baja 1000 en novembre 1982 (Jim OBER tracksidephoto)

1982 HONDA XR500R Paris-Dakar Rally : https://www.youtube.com/watch?v=eaeyk-9mVGc

Figure 4 : Honda XR500R à moteur RFVC d’Al Baker et Jack Johnson à la Baja 1000 en novembre 1983

Si Al Baker et Jack Johnson ne parviennent pas à renouveler leur exploit en 1983, le relai sera pris en novembre 1984 par le duo Chuck Miller et Randy Moralès qui obtiennent la victoire lors de la Baja 1000 en 1984 toujours au guidon du mono Honda XR500R à moteur RFVC.

Figure 5 : Honda XR500R à moteur RFVC pilotée par Chuck Miller et Randy Moralès lors de la Baja 1000 en novembre 1984 (Jim OBER tracksidephoto)

Après un intermède en 1985 et la victoire de Randy Moralès et Derrick Paiement avec la Honda CR500 à moteur 2 temps, la suite de l’histoire du moteur Honda RFVC dans les courses de désert californiennes sera écrite par des pilotes comme Bruce Ogilvie.

Figure 6 : le pilote Bruce Ogilvie double vainqueur de la Baja 1000 en 1986 et 1987 avec un modèle Honda XR600R au moteur RFVC plutôt spécial

Bruce Ogilvie inscrit son nom à deux reprises en tête de la class 22 et du classement général de la Baja 1000 avec la dernière version du modèle Honda XR équipé du moteur RFVC en 600 cm3, associé à Chuck Miller en 1986 et à Dan Ashcraft en 1987.

Figure 7 : Dan Ashcraft et Bruce Ogilvie (Honda XR600R n°678) devanceront Larry Roeseler (Kawasaki KX500 n°675) lors de la Baja 1000 en novembre 1987 (Jim OBER tracksidephoto)

Chez nous, l’histoire du moteur Honda RFVC débutera dans les sables du Sahara, lors de l’édition 1983 du célèbre Rallye Paris Dakar.

Figure 8 : Team Honda à moteur RFVC 600 cm3 au départ du Dakar en janvier 1983

Après avoir gagné l’édition 1982 du rallye africain avec le vieux moteur Honda, Cyril Neveu emmènera l’armada des Honda équipées du nouveau mono Honda RFVC 600 cm3 à l’attaque de l’édition 1983 du Dakar.

Et nous, nous commencerons à rêver au nouveau moteur aux quatre soupapes radiales.

A bientôt

Papytoum

PS : plusieurs des photos que nous utilisons dans cet article proviennent du site créé par Jim OBER que nous remercions pour son travail et auquel nous dédions cet article : https://www.tracksidephoto.com/