Circuits de régularité moto en Charente dans les années 1980


papytoum

Bonjour,

Le début des années 1980 est assez particulier pour la discipline qui nous intéresse tous.

En effet, suite aux discussions qui agitent les instances dirigeantes du motocyclisme mais aussi les pratiquants depuis des années, ce sont deux règlements qui sont présentés par la FFM en 1980 : un règlement de régularité et un règlement des rallyes (France Moto n°131 du 11 janvier 1980).

Le résultat de ces 2 règlements concurrents se traduit par deux calendriers (France Moto n°132 du 15 février 1980.

Figure 1 : calendrier des épreuves de régularité et de rallyes de la saison 1980 (France Moto n°132 du 15 février 1980)

Deux calendriers qui verront se concurrencer des épreuves de régularité et des rallyes lors de la saison 1980. Drôle de situation pour une discipline qui avait déjà du mal à attirer des concurrents.

De notre côté, suite à l’annonce d’une nouvelle édition d’un rallye routier en Charente (16), nous sommes partis à la recherche des précédentes éditions des épreuves de régularité qui ont eu lieu dans ce département il y a bien longtemps.

https://www.rallyeroutiermotocharente.fr/le-c-o-r-r-c/

Les moto-clubs des Charentes ont beaucoup œuvré dans la période 1970-1986 pour offrir aux concurrents de l’époque de belles épreuves de régularité sur les petites routes de la région. Malheureusement, la participation des concurrents n’a pas souvent été à la hauteur des efforts engagés par les organisateurs.

L’AM Angoumoisine (16), le MC de Rochefort (17), l’AM Surgères (17), le MC Rochelais (17) sont les clubs le plus souvent cités pour les organisations dans les Charentes. D’autres, comme le MC Oléron (17) ou le MC de Saintonge à Saintes (17) sont parfois aussi à l’œuvre dans les organisations d’épreuves de régularité pilotées par la ligue Poitou-Charentes.

C’est l’amicale motocycliste angoumoisine (AMA) qui s’y colle en 1981 pour organiser le 11ème circuit de régularité national au départ d’Angoulême (17). L’épreuve est largement présentée dans le journal la Charente libre dans ses éditions des 17, 20 et 21 novembre 1981.

Les responsables de l’AMA souhaitent en faire le prélude à un prochain tour de Charente moto qu’ils espèrent organiser.

L’épreuve des 21 et 22 novembre 1981 est la première du championnat de régularité 1982. A l’époque en effet, le calendrier de régularité débute à l’automne de l’année précédente.

Le parcours de 600 km se décompose en 3 étapes, jour-nuit-jour, avec départs et arrivées au plateau de Lunesse à Angoulême (16). Au cours de chacune des 3 étapes, une épreuve à moyenne spéciale chronométrée se déroule sur une portion de parcours. Le dimanche matin, les concurrents disputent la course de côte de Chillot entre Saint Même les carrières (16) et Segonzac (16).

Figure 2 : road book du Rallye de l’AMA 1981 (Charente libre 23 novembre 1981)

Une trentaine de concurrents se présentent au départ. Le pilote angoumoisin Jean-Luc Deneuvy, vainqueur des classements circuits et spéciales du récent tour de France en 250 cm3 est au départ ainsi que le champion de France de régularité 1980, le bordelais Patrick Kempf. Les spécialistes des rallyes, Alain Villeneau (AM Surgères) et Pierre Lacour (MC Lyon) sont également à suivre.

Figure 3 : résultats du rallye de l’AMA (Charente libre 25 novembre 1981)

C’est le pilote de l’AM Surgères (17), Alain Villeneau, récent vainqueur national des coupes de l’Armistice, épreuve de moto entre régularité et enduro, disputées autour de Paris, qui remporte le 11ème circuit de régularité du Poitou. Alain avait déjà brillé sur les routes charentaises en gagnant la 9ème édition du circuit de régularité du Poitou en octobre 1979 au départ de Surgères (17).

Le parisien Gilles Planchon figure à la 5ème place du classement général du rallye de régularité motocycliste organisé par l’AM angoumoisine (Charente libre 25 novembre 1981).

A l’issue de l’épreuve, le président Jean Forillière de l’AMA et les membres des autres clubs organisateurs ne peuvent cacher leur profonde déception.

Les repérages de 580 km de routes, la préparation de trois parcours chronométrés et d’une course de côte, la mobilisation de plus de 150 bénévoles et la mise en place de 96 contrôles horaires. Tout ça pour 21 coureurs, c’est à s’arracher les cheveux !!!! (Charente libre lundi 23 novembre 1981).

Figure 4 : les trois boucles du 12ème circuit de régularité du Poitou (Charente libre 20 novembre 1982)

Dès le 17 novembre 1982, la Charente libre présente abondamment la nouvelle édition du Rallye de l’AMA des 20 et 21 novembre 1982. Le 12ème circuit de régularité nationale de la ligue du Poitou reprend le même schéma que la précédente édition : 570 km en trois boucles avec départ au Logis de Lunesse à Angoulême (17), une course de côte entre le Chillot et les Androux (16) et trois spéciales chronométrées dans la forêt de bois blanc (16).

Figure 5 : au départ du 12ème circuit de régularité du Poitou (Sud-Ouest lundi 22 novembre 1982)

Le pilote angoumoisin Jean-Luc Deneuvy, vainqueur de la catégorie plus de 500 au premier Rallye Plein Sud organisé par l’AS FFM, fait à nouveau figure de favori parmi les 23 concurrents au départ de l’épreuve. Il faut aussi compter sur le parisien Gilles Planchon, récent vainqueur du Rallye du Doubs, et sur Daniel Duchesne (UM Soissons), champion national en catégorie 125-400 cm3 (Charente libre 20 novembre 1982).

Après la victoire du lyonnais Pierre Lacour devant Alan Villeneau au championnat de régularité 1982, c’est un autre lyonnais, Jean-Luc Nicolas du MC de Lyon (69), qui souffle la victoire au pilote charentais, Alain Villeneau de l’AM Surgères (17), dans la première épreuve comptant pour le championnat de régularité 1983.

Amère déception après l’arrivée pour les organisateurs du 12ème circuit de régularité du Poitou ou 2ème Rallye de Charente de l’AMA. «Trop de travail pour trop peu de résultats, il n’y aura pas d’édition en 1983 » lance à la presse Jean Forillière, le président de l’AMA (Charente libre et Sud-Ouest lundi 22 novembre 1982).

Il faudra attendre les 27 et 28 avril 1985 pour que se déroule à nouveau un rallye en Charente (Charente libre 27 avril 1985).

Deux boucles de durée équivalente sont au programme des concurrents : la première à partir de 13 h 30 le samedi 27 avril 1985 et la seconde dès 21 h 30 le samedi soir. Les organisateurs ont prévu pas moins de 26 contrôles (CH et CP) lors de la première boucle.

Suite à un routier finalement assez peu sélectif contrairement aux éditions précédentes de l’épreuve charentaise, c’est dans les épreuves chronométrées que s’est joué le classement général (Lettre FFM du 30 avril 1985). A ce régime, le pilote angoumoisin Jean-Luc Deneuvy parvient à glisser sa puissante Honda 1100 cm3 de production à la troisième place derrière les 2 machines d’enduro, l’Husqvarna 400 cm3 de Thierry Hardy (MC Roquebrune) (06) et la KTM 500 de Gérard Pardon (CM Beaujolais) (69).

Figure 6 : classement général du rallye de Charente 1985 (Lettre FFM 30 avril 1985)

L’amicale motocycliste angoumoisine (AMA) (16) pouvait clore son année en félicitant le pilote Jean-Luc Deneuvy pour ses brillantes performances au cours de la saison de régularité 1985 (Charente libre vendredi 28 novembre 1985).

A notre connaissance, en dehors du Rallye du Poitou 1986 qui se disputa sur les routes de la région, il ne s’est plus disputé d’épreuve de régularité ou de rallye routier moto dans les Charentes depuis cette époque lointaine.

Ce ne sera bientôt plus le cas avec la prochaine édition du Rallye de Charente organisée par l’équipe du CORCC.

La nouvelle épreuve charentaise est programmée les 19, 20 et 21 octobre 2018 au départ de Rouillac (16). https://www.rallyeroutiermotocharente.fr/le-c-o-r-r-c/

Finalement, le retour de Jean-Yves Rivollet sur une épreuve du championnat de France des rallyes routiers aura été plus rapide que je ne l’envisageais dans un précédent article parlant du Rallye de l’Ain 2018. Au guidon de l’une de ses 125 Gauthier, Jean-Yves a pris le départ du Rallye des Coteaux organisé par l’ASMRP à Mauves (07) les 08 et 09 septembre 2018. Jean-Yves a pu y retrouver un autre champion évoqué récemment dans le blog moto mag RFVC 1984-2014 en la personne de Jean-Jacques « jacky » Guillemoz qui officiait comme directeur de la course.

Figure 7 : Jean-Yves Rivollet 125 Gauthier et Christian Lacoste Matchless G80 au départ de Mauves (07) (photo Henri Heran)

En catégorie classiques, comme son collègue Robert Degaudez au guidon de la Honda XL600R à moteur RFVC, Jean-Yves n’a pas pu terminer l’épreuve ardéchoise avec la Gauthier du fait d’une mécanique défaillante. Il se rattrapera au prochain Rallye de Charente qu’il devrait disputer au guidon d’une moto plus moderne.

Christian Lacoste, qui disputait déjà les circuits de régularité en Charente au cours des saisons 1981-1982 au guidon de la Yamaha 350 RDLC, devrait en être également au guidon de la Matchless G80 cette fois.

Après cette surdose de régularité en Charentes-Poitou, je reviendrai prochainement sur une période plus récente et sur les machines qui sont la seule vraie raison de ce blog, les Honda à moteur RFVC dans les rallyes routiers du CFRR.

A bientôt

Papytoum

PS : les extraits des France Moto que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

Circuits de régularité moto dans les années 1970


papytoum

Bonjour,

Lorsqu’il prend le départ du premier Tour de France Moto, organisé du 12 au 19 mai 1973 par la Fédération Française de Motocyclisme, le journal l’équipe, Total et RTL, le jeune pilote de l’Union Motocycliste de l’Ain, Jean-Jacques « Jacky » Guillemoz, au guidon de sa Gauthier, n’est déjà plus un inconnu parmi les spécialistes des circuits de régularité.

Figure 1 : Annonce du Tour de France moto 1973 (France Moto n°63 du 20 mars 1973)

Jacky vient en effet de remporter le titre de champion de France de régularité 1972 avec une moto Gauthier de la classe 125 cm3.

Figure 2 : Jacky Guillemoz au départ du Tour de France 1973 (France Moto n°66 du 30 juin 1973)

En 1972, après avoir remporté le 37ème circuit de régularité international de l’Ain à Bourg en Bresse (01) le 19 mars, Jacky obtient à nouveau, le 09 avril, la victoire chez les civils au circuit de régularité du Beaujolais à Villefranche sur Saône (69). Cette épreuve était organisée par le CM Beaujolais comme les rallyes routiers de l’époque actuelle. Jacky remporte également le Rallye Bré organisé le 23 avril à Lyon (69) par le MC de Lyon.

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Figure 3 : Jacky Guillemoz au Rallye de l’Ain 1972 (France Moto n°64 du 30 avril 1973)

Après la médaille d’or de 1972, Jacky sera encore médaille d’argent dans le championnat de régularité chez les civils en 1973.

Dans un article de France Moto n°65 du 30 mai 1973 dont il est un des journalistes, Patrick Tran-Duc fait une présentation de la jeune marque de moto Gauthier.

Figure 4 : Moto Gauthier 125 cm3 pour les épreuves de régularité en 1973 (France Moto n°65 du 30 mai 1973)

Fourche Cériani, amortisseurs Ceriani, freins Grimeca 4 cames, moteur 125 cm3 Sachs suspendu dans un cadre poutre maison sont les principales caractéristiques des motos conçues par Jean-Claude Gauthier. Selon Patrick Tran-Duc, les petites motos Gauthier sont devenues la terreur des épreuves de régularité. Mise entre les mains de Jean-Jacques « Jacky » Guillemoz, la Gauthier rafle tous les titres dans la catégorie.

Figure 5 : Jean-Claude Gauthier c’est lui (France Moto n°65 du 30 mai 1973)

A noter, que le président du CM Beaujolais dont Jacky remporte le 11ème circuit de régularité en avril 1972, n’est autre que Jean-Claude Gauthier.

En 1973, établir le classement du championnat de France des épreuves d’endurance et de régularité est un véritable casse-tête.

Toutes les épreuves s’étant disputées à la date prévue au calendrier de la FFM seront retenues. Les concurrents se verront attribué des points selon leur place au classement général civil et au classement général militaire. Des points supplémentaires, prenant en compte le nombre de concurrents au départ de l’épreuve dans la classe, seront donnés selon la place dans la classe de cylindrée. Les points seront multipliés par un coefficient selon la catégorie du circuit de régularité : coefficient 1 pour les circuits de 300 à 400 km avec 5 contrôles horaires minimum, coefficient 1,5 pour les circuits de 400 à 600 km avec 7 contrôles horaires minimum et coefficient 2 pour les circuits de plus de 600 km avec plus de 7 contrôles. Si dans un circuit de régularité se dispute au moins une épreuve du type course de côte (minimum 500 m), circuit de vitesse ou parcours de vitesse (minimum 1000 m), le coefficient attribué au circuit augmentera de 0,5.

En fin de saison, si le nombre des épreuves disputées dont les résultats auront été homologués est supérieur à 3, seules les 3 épreuves ayant rapporté le plus de points à un conducteur seront retenues pour le classement individuel du championnat de régularité 1973.

Des trophées par équipe militaire ou de club, seront mis en compétition à l’occasion de ce championnat individuel.

Voilà, c’est tout….

A vos calculettes….

En 1977, dans le cadre du Championnat de France individuel des épreuves de régularité, la commission des circuits confirme que le classement des circuits de régularité s’établira sur le seul parcours routier, bases chronométrées incluses. Les épreuves annexes (circuits et côtes) ne serviront qu’à départager les ex-aequo à la régularité absolue.

Désormais, le barème des pénalisations se calculera au 1/5 de seconde, à raison de 5 points par seconde d’écart au temps idéal dans les CH et dans les bases, et sur le temps du meilleur dans les épreuves annexes.

Et on ressort la calculette….

En 1978, un circuit de régularité doit comporter au moins 300 km et une base chronométrée, compter au moins une épreuve annexe (côte de 1000 m minimum, ou circuit de vitesse de 15 km minimum).

Le classement se fait par addition de points obtenus dans la totalité des épreuves organisées selon le règlement. Le conducteur doit avoir participé à au moins la moitié plus une de ces épreuves.

En 1980, toute avance ou tout retard à un contrôle horaire sera sanctionné de 60 points de pénalisation par minute ou fraction de minute d’avance ou de retard.

En 1981, aura lieu la 9ème et dernière édition du Tour de France Moto organisé par la FFM en partenariat avec le journal l’Equipe, Total et France Inter.

Cette même année, c’est un nouveau jeune pilote rhônalpin qui remporte la victoire dans le Championnat de France de régularité : Jean-Yves Rivollet du Moto Club du Vercors à Varces (38).

Figure 6 : classement du Championnat de France de régularité 1981 (France Moto n°153 du 15 janvier 1982)

Le Tour de France moto aura marqué la décennie 70 au sein des épreuves dites de régularité.

Aura-t-il attiré en masse de nouveaux pilotes vers la discipline ?

Malgré les espérances mises en lui en 1973, il est permis d’en douter.

Figure 7 : Tour de France 1981 (France Moto n°146 du 15 mai 1981)

Après un parcours très nordique pour le dernier Tour de France Moto de 1981, Dunkerque (59), Epinal (88), Nevers (58), la nouvelle épreuve de régularité proposée par la FFM fait route Plein Sud en 1982.

Figure 8 : présentation du Rallye Plein Sud 1982 (France Moto n°158 du 15 juin 1982)

En 1982, Jean-Yves Rivollet sera au départ de cette nouvelle épreuve de régularité comportant 720 km de petites routes dans le sud de la France en 3 étapes entre Albi (81), Palavas (34) et Lacaune (81).

Figure 9 : Jean-Yves Rivollet au cours du Plein Sud 1982 (France Moto n°164 du 15 décembre 1982)

Récemment, Jean-Yves envisageait de prendre le départ du Rallye de l’Ain 2018 au guidon d’une Gauthier.

Ce n’est que partie remise, Jean-Yves envisage d’ailleurs de participer au prochain Rallye de Charente organisé au départ de Rouillac par Thierry Dupuis et l’équipe du CORCC : https://www.rallyeroutiermotocharente.fr/le-c-o-r-r-c/

Prochainement, nous nous intéresserons aux anciennes éditions des circuits de régularité qui se sont déroulées en Poitou-Charentes au cours des années 70 et 80.

A bientôt

Papytoum

PS : les extraits de France Moto que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/