Circuits de régularité moto dans les années 1970


papytoum

Bonjour,

Lorsqu’il prend le départ du premier Tour de France Moto, organisé du 12 au 19 mai 1973 par la Fédération Française de Motocyclisme, le journal l’équipe, Total et RTL, le jeune pilote de l’Union Motocycliste de l’Ain, Jean-Jacques « Jacky » Guillemoz, au guidon de sa Gauthier, n’est déjà plus un inconnu parmi les spécialistes des circuits de régularité.

Figure 1 : Annonce du Tour de France moto 1973 (France Moto n°63 du 20 mars 1973)

Jacky vient en effet de remporter le titre de champion de France de régularité 1972 avec une moto Gauthier de la classe 125 cm3.

Figure 2 : Jacky Guillemoz au départ du Tour de France 1973 (France Moto n°66 du 30 juin 1973)

En 1972, après avoir remporté le 37ème circuit de régularité international de l’Ain à Bourg en Bresse (01) le 19 mars, Jacky obtient à nouveau, le 09 avril, la victoire chez les civils au circuit de régularité du Beaujolais à Villefranche sur Saône (69). Cette épreuve était organisée par le CM Beaujolais comme les rallyes routiers de l’époque actuelle. Jacky remporte également le Rallye Bré organisé le 23 avril à Lyon (69) par le MC de Lyon.

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Figure 3 : Jacky Guillemoz au Rallye de l’Ain 1972 (France Moto n°64 du 30 avril 1973)

Après la médaille d’or de 1972, Jacky sera encore médaille d’argent dans le championnat de régularité chez les civils en 1973.

Dans un article de France Moto n°65 du 30 mai 1973 dont il est un des journalistes, Patrick Tran-Duc fait une présentation de la jeune marque de moto Gauthier.

Figure 4 : Moto Gauthier 125 cm3 pour les épreuves de régularité en 1973 (France Moto n°65 du 30 mai 1973)

Fourche Cériani, amortisseurs Ceriani, freins Grimeca 4 cames, moteur 125 cm3 Sachs suspendu dans un cadre poutre maison sont les principales caractéristiques des motos conçues par Jean-Claude Gauthier. Selon Patrick Tran-Duc, les petites motos Gauthier sont devenues la terreur des épreuves de régularité. Mise entre les mains de Jean-Jacques “Jacky” Guillemoz, la Gauthier rafle tous les titres dans la catégorie.

Figure 5 : Jean-Claude Gauthier c’est lui (France Moto n°65 du 30 mai 1973)

A noter, que le président du CM Beaujolais dont Jacky remporte le 11ème circuit de régularité en avril 1972, n’est autre que Jean-Claude Gauthier.

En 1973, établir le classement du championnat de France des épreuves d’endurance et de régularité est un véritable casse-tête.

Toutes les épreuves s’étant disputées à la date prévue au calendrier de la FFM seront retenues. Les concurrents se verront attribué des points selon leur place au classement général civil et au classement général militaire. Des points supplémentaires, prenant en compte le nombre de concurrents au départ de l’épreuve dans la classe, seront donnés selon la place dans la classe de cylindrée. Les points seront multipliés par un coefficient selon la catégorie du circuit de régularité : coefficient 1 pour les circuits de 300 à 400 km avec 5 contrôles horaires minimum, coefficient 1,5 pour les circuits de 400 à 600 km avec 7 contrôles horaires minimum et coefficient 2 pour les circuits de plus de 600 km avec plus de 7 contrôles. Si dans un circuit de régularité se dispute au moins une épreuve du type course de côte (minimum 500 m), circuit de vitesse ou parcours de vitesse (minimum 1000 m), le coefficient attribué au circuit augmentera de 0,5.

En fin de saison, si le nombre des épreuves disputées dont les résultats auront été homologués est supérieur à 3, seules les 3 épreuves ayant rapporté le plus de points à un conducteur seront retenues pour le classement individuel du championnat de régularité 1973.

Des trophées par équipe militaire ou de club, seront mis en compétition à l’occasion de ce championnat individuel.

Voilà, c’est tout….

A vos calculettes….

En 1977, dans le cadre du Championnat de France individuel des épreuves de régularité, la commission des circuits confirme que le classement des circuits de régularité s’établira sur le seul parcours routier, bases chronométrées incluses. Les épreuves annexes (circuits et côtes) ne serviront qu’à départager les ex-aequo à la régularité absolue.

Désormais, le barème des pénalisations se calculera au 1/5 de seconde, à raison de 5 points par seconde d’écart au temps idéal dans les CH et dans les bases, et sur le temps du meilleur dans les épreuves annexes.

Et on ressort la calculette….

En 1978, un circuit de régularité doit comporter au moins 300 km et une base chronométrée, compter au moins une épreuve annexe (côte de 1000 m minimum, ou circuit de vitesse de 15 km minimum).

Le classement se fait par addition de points obtenus dans la totalité des épreuves organisées selon le règlement. Le conducteur doit avoir participé à au moins la moitié plus une de ces épreuves.

En 1980, toute avance ou tout retard à un contrôle horaire sera sanctionné de 60 points de pénalisation par minute ou fraction de minute d’avance ou de retard.

En 1981, aura lieu la 9ème et dernière édition du Tour de France Moto organisé par la FFM en partenariat avec le journal l’Equipe, Total et France Inter.

Cette même année, c’est un nouveau jeune pilote rhônalpin qui remporte la victoire dans le Championnat de France de régularité : Jean-Yves Rivollet du Moto Club du Vercors à Varces (38).

Figure 6 : classement du Championnat de France de régularité 1981 (France Moto n°153 du 15 janvier 1982)

Le Tour de France moto aura marqué la décennie 70 au sein des épreuves dites de régularité.

Aura-t-il attiré en masse de nouveaux pilotes vers la discipline ?

Malgré les espérances mises en lui en 1973, il est permis d’en douter.

Figure 7 : Tour de France 1981 (France Moto n°146 du 15 mai 1981)

Après un parcours très nordique pour le dernier Tour de France Moto de 1981, Dunkerque (59), Epinal (88), Nevers (58), la nouvelle épreuve de régularité proposée par la FFM fait route Plein Sud en 1982.

Figure 8 : présentation du Rallye Plein Sud 1982 (France Moto n°158 du 15 juin 1982)

En 1982, Jean-Yves Rivollet sera au départ de cette nouvelle épreuve de régularité comportant 720 km de petites routes dans le sud de la France en 3 étapes entre Albi (81), Palavas (34) et Lacaune (81).

Figure 9 : Jean-Yves Rivollet au cours du Plein Sud 1982 (France Moto n°164 du 15 décembre 1982)

Récemment, Jean-Yves envisageait de prendre le départ du Rallye de l’Ain 2018 au guidon d’une Gauthier.

Ce n’est que partie remise, Jean-Yves envisage d’ailleurs de participer au prochain Rallye de Charente organisé au départ de Rouillac par Thierry Dupuis et l’équipe du CORCC : https://www.rallyeroutiermotocharente.fr/le-c-o-r-r-c/

Prochainement, nous nous intéresserons aux anciennes éditions des circuits de régularité qui se sont déroulées en Poitou-Charentes au cours des années 70 et 80.

A bientôt

Papytoum

PS : les extraits de France Moto que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

1984 : mes débuts au 52ème Rallye de l’Ain moto


papytoum

Bonjour à tous,

en 1984, la publicité Honda véhicule l’image de mono du Dakar pour le nouveau moteur Honda RFVC.

 

Figure 1 : Publicité Honda pour le modèle XL600R et le moteur RFVC en 1984 (www.coolmag.fr))

C’est pourtant bien avec la Honda XL600R équipée du moteur Honda RFVC que je prendrai le départ de mon premier Rallye Routier à Bourg en Bresse (01) le 17 mars 1984, muni d’une licence à la journée délivrée par l’Union Motocycliste de l’Ain.

 

Figure 2 : Au départ de mon premier Rallye Routier à Bourg en Bresse le 17 mars 1984

Le routier du Rallye de l’Ain est superbe. Beaucoup de petites routes avec des gravillons et peu d’occasions de relâcher son attention sur la boucle. Ce sont toujours ces mêmes routes qu’empruntent les concurrents dans les années 2010. Les noms de Poncin, Cerdon, Evosges, Hotonnes, Maillat, Bolozon, Drom… raisonnent en tête comme des lieux de passage incontournables du Rallye de l’Ain moto.

  

Figure 3 : Tracé du Rallye de l’Ain moto 1984 : Bourg, Poncin, Cerdon, Evosges, Hotonnes, Maillat, Bolozon, Drom, Bourg

Les 3 “spéciales” de l’époque, Journans-Rignat et sa partie en terre, Bolozon-Napt et sa longue ligne droite en forte montée où il ne faut pas couper !!!! et Drom-Les Conches qui se termine à la chapelle qui domine Bourg en Bresse, ne sont plus utilisées actuellement. Bolozon-Napt fut encore courue à l’occasion du Mototour en 2004.

Le Rallye de l’Ain débute à 20 heures. Il fait froid et le verglas est présent sur les routes du Bugey. Au départ, je suis équipé en conséquence : sous-vêtements chauds et gants d’hiver. A noter le sac à dos. Quant à la moto, elle est chaussée des fameux pneumatiques Michelin T61, les pneus à tétines qui ont la réputation d’être la monte idéale pour les trails dans les Rallyes Routiers.

Malgré les dizaines de milliers de kilomètres parcourus depuis 1981 au guidon de la 250 XT puis de la 600 XLR sur toutes sortes de routes notamment des petites, ce premier rallye sera une vraie découverte. Mais comment font-ils pour rouler à des vitesses pareilles sur ces toutes petites routes ? Me suis-je demandé pendant toute la nuit. Et aussi le jour d’ailleurs…

Figure 4 : Première montée “course” dans la spéciale de Bolozon-Napt au Rallye de l’Ain 1984

La première montée « course » dans la spéciale de Bolozon-Napt sera épique. A chacune des épingles, je terminerai dans le bas-côté extérieur. Sur les routes de montagne, je n’avais jamais cherché à aller aussi vite entre 2 virages avec toujours la crainte d’un véhicule en face.

Dans les “spéciales” de rallye, il faudra que j’apprenne à coordonner les puissantes accélérations permises par le moteur RFVC de la Honda XL600R et le freinage fourni par le disque avant, puissant certes mais cependant assez limité dans de telles conditions de roulage. Après plusieurs passages, la maitrise commence à s’améliorer.

Après avoir enchainé les 2 boucles de mon premier rallye, de nuit puis de jour, je suis assommé par la fatigue. La nuit blanche passée sur les routes du Bugey m’obligera à m’arrêter pour dormir au bord de la route avant Saint-Rambert en Bugey lors du retour à Grenoble.

 

Figure 5 : Classements du 52ème Rallye de l’Ain en 1984 (Lettre FFM du 20 mars 1984)

Etre parmi les « finisher » du 52ème Rallye de l’Ain, remporté par Jean-Yves Rivollet du Moto Club du Vercors, restera comme une grande satisfaction personnelle.

Les Rallyes Routiers m’en apporteront encore beaucoup d’autres…

A demain

Papytoum

RFVC 1984-2014 présentation


papytoum

Bonjour à tous,

j’ai fait la connaissance du moteur Honda RFVC à la fin de 1982 quand Honda a commencé à en équiper ses machines du Dakar. J’ai eu le plaisir de rouler avec ce moteur suite à l’achat de la Honda XL600RD en mai 1983 à Grenoble.

A la même époque, j’ai découvert les Rallyes Routiers à l’occasion de la première édition du Rallye du Vercors moto organisé à Varces (38) par Jean-Yves Rivollet et toute l’équipe du Moto Club du Vercors.

Rejoignant le Moto Club du Vercors à l’hiver 1983-1984, s’en suivirent 5 saisons de Rallyes Routiers avec l’équipe du Moto Club du Vercors, la Honda XL600R équipée du moteur Honda RFVC et le soutien du concessionnaire Honda moto de Grenoble.

Après un intermède de quelques années, notre retour en Rallye Routier avec la Honda XL600R et le moteur Honda RFVC s’est produit au cours de la saison 2009.

Les rencontres faites à l’occasion du Rallye de l’Ain moto, organisé en 2008 par l’équipe de l’Union Motocycliste de l’Ain, monument des Rallyes Routiers en France, ont été déterminantes dans ce choix.

Une nouvelle période de Rallyes Routiers s’est ouverte au guidon de la Honda XL600R et du moteur Honda RFVC. Elle s’est conclue en 2011 par le titre de Champion de France des Rallyes Routiers catégorie « classiques ».

Toujours accompagné par le concessionnaire Honda moto de Grenoble, de retour au Moto Club Dauphinois, nous mettons en place la saison 2014 des Rallyes Routiers afin de célébrer nos trente ans de Rallyes Routiers avec le moteur Honda RFVC.

Ce sont ces souvenirs et nos préparatifs que je vais vous raconter au cours des prochaines semaines.

Philippe « papy-toum » THOUMELIN, Champion de France des Rallyes Routiers « classiques » 2011 http://www.youtube.com/watch?v=B2OFFsSBPPA