Chap 15 : Les joies de la route à plusieurs… ou la balade sucrée de l’amer salé… (1ère Partie)

Ah mes ami(e)s blogueurs, Je sais bien que de temps à autre, je sors des rails, que je vire à gauche, que je vire à droite, que je virevolte sur moi-même, que je saute en l’air et me retrouve par terre. Je m’en rends bien compte que même vous ça vous perturbe, que ça vous impatiente, que mon Chat à Helsinki, vous voudriez déjà la voir, que vous voudriez déjà que j’y sois, pour être sûr que je ne vous raconte pas des craques, que je ne vous mène pas en bateau, mais c’est comme ça, je n’y peux rien, le temps a ses exigences et la musique son propre tempo, alors en attendant juin et le départ vers l’horizon, je fais danser les mots en une drôle d’oraison. Ainsi aujourd’hui, je vais vous causer d’un truc qui me tient au coeur et au corps, et que tous les Tarmos en fin de carrière ont bien dû essayer un jour : La petite balade entre amis ! Alors, maestro, je vous en prie, n’attendez plus et faites jouer votre orchestre !

Tout d’abord, il faut le savoir, une sortie entre potos tarmos, ça vous prend au coin de la rue, ça se décide comme ça, sur un coup de tête, en slalomant entre les tables de la cafét’ ou à l’apéro entre deux cacaouettes. Ça part de presque rien, d’un brin de soleil dans le coin des yeux, d’une démangeaison du poignet droit, d’une ankylose de la cheville gauche. Bientôt, ces petites sensations, presque des irritations, s’articulent pour devenir des mots : Oh Tarmokeuf, ça fait un bail que toi et moi on n’a pas sorti nos bécanes, c’est pas cool ! Alors dis-moi, c’est quand qu’on roule ?

Et comme la gratouille du tarmo, il n’y a pas plus contagieux, c’est décidé, ce sera dans une quinzaine que nous irons faire les andouilles, parce qu’auparavant il y a tout le groupe à prévenir, tous ces potos qu’on ne voit jamais, qu’on n’appelle jamais, ceux qui naviguent dans d’autres eaux, ceux qui n’habitent pas dans les mêmes zoos et  puis, bien sûr, ceux qui ne votent pas pour les mêmes zozos, il y a aussi celui qui court après les bandits, inséparable de l’autre gnafron que l’on sait plutôt du côté des voleurs, et puis il y a celui qui croit en dieu, celui qui ne croit à rien, celui qui croit à tout et tous les autres qui n’y pensent pas du tout, et pour être exhaustif,  il y en a même un ou deux qu’ont pas les mêmes accents, des qui sont blancs, des qui sont noirs, des qui ne sont ni noirs ni blancs. Et j’allais oublié, le préféré de ces dames, le trousseur de jupons, toujours accompagné de son fils qui, de près, préfère les garçons. Je ne trie pas, je ne peux pas, j’ai mélangé tout le monde dans la même liste de diffusion. Alors qui nous aime suivra.

Un peu plus tard c’est le dépouillement des invitations : Forcément, il y en a qui se défilent, parce qu’il fait trop froid, parce qu’il fait trop chaud, parce que c’est trop mouillé, que mes pneus y sont trop lisses, que j’ai trop pas fait ma vidange, parce que ça fait trop de frais, que les z’enfants ils coûtent trop cher, que les z’impôts ils sont trop hauts ; toutes ces trop bonnes excuses, en vérité, c’est de la gentillesse, c’est pour ne pas nous dire qu’ils n’en ont pas envie, pour ne pas qu’on croie qu’ils ne nous z’aiment pas ; ensuite il y a ceux qui ne le sentent pas, et quand on le sent pas, on le fait pas, surtout quand on n’a pas de vraie raison à sa disposition. C’est de la noire intuition, du mauvais feeling, du sombre pressentiment, un truc pas très clair, mais qu’il faut savoir écouter pour s’éviter bien des regrets. En même temps, faut pas confondre avec la trouille, celle-là, faut pas trop l’écouter mais il faut quand même l’entendre. Le distinguo est pas facile… Faut un peu de vécu, un rien d’expérience, la confiance c’est en vivant que ça s’apprend. Enfin, il y a les pénibles : Ceux qui ne répondent pas sauf quand ils en sont ; ceux dont on attend les réponses jusqu’à plus soif et qui la veille au soir vous disent oui, vous disent non ; ceux qui disent oui et qui ne viendront pas ; ceux qui disent non mais qui, heureuse surprise, viendront ; et aussi ceux qui n’y arrivent pas, qui ne disent ni oui ni non, qui disent peut-être ou peut-être pas. Mais comme ils ne changeront pas, c’est à l’organisateur de s’adapter, de faire avec. Faut du sang froid pour ce rôle-là, sinon faut faire autre chose et laisser ça à d’autres.

Une fois la liste des compères établie, il faut encore tracer un itinéraire, le rentrer dans le Tripy, ce machin jaune dont je vous ai déjà causé au chapitre 10 et qui aura pour mission de nous mener à dame ; et puis fixer un horaire, trouver un point de rendez-vous ; et pour l’heure de départ, bien prévoir de la marge, parce qu’un groupe de motards en goguette, c’est plus pipelette qu’une troupe de midinettes, et donc du retard, forcément, y’en aura ; il faut aussi penser à la pause café, à la pause déjeuner, à la pause goûter, parce qu’un tarmo, quinqua ou pas, ça consomme plus que sa moto, sauf si celle-ci est la mienne, Miss The XJR, parce que il n’y en a pas de plus vorace, mais si vous me lisez depuis le début, ce p’tit point de détail, vous le saviez déjà.

Le jour dit, à l’heure prévue + 45 minutes, une fois tout ce petit monde regroupé, les road-books distribués et le premier café ingéré, peut-être croyez-vous que nous allons enfin pouvoir démarrer… Ah mais non ! Il en manque un ! Ah lui ! Vous vous en doutiez. Forcément, puisque c’est toujours lui dont il il s’agit. Alors on fait chauffer les portables, un peu inquiets tout de même derrière nos masques qu’on feint désinvoltes et rigolards, on ne sait jamais, des fois que pour une fois ça ne soit pas l’habituelle panne de réveil mais une vraie panne tout court… ou pire encore, qu’on doive le retrouver tout cassé au CHU, en salle de réveil, en réa, voire même, à la mise en bière… Nous avons beau jouer les bravaches, vous et moi savons que ces choses-là arrivent parfois, nous ne sommes pas nés de la dernière pluie, nous-mêmes sommes des survivants, des rescapés, et même pour certains, des miraculés. Quelques-uns parmi nous ont tellement de ferraille dans le corps qu’ils font sonner les portiques des aéroports… J’exagère à peine… Mais soudain, le son caractéristique d’une moto en pleine bourre perce le petit matin et quelques secondes plus tard, le retardataire nous a rejoints. Nous abrégeons les justifications vaseuses dans lesquelles il s’enlise, nous stoppons là les effusions, la suite des retrouvailles devra se faire plus tard. Le temps n’a déjà que trop coulé, Il n’y a désormais plus une minute à perdre…

Mais comme je ne veux ni vous perdre ni vous lasser et qu’on m’a bien fait comprendre que regarder un blog ça n’est pas lire un livre, que le blogueur comme la blogueuse sont à leur façon de zélés zappeurs, je vous marque une pause, vous offre un entracte, et vous donne rendez-vous au chapitre 16 pour la seconde partie.

Mais si entre temps, il vous prend l’envie de rouler, que vous êtes de Toulouse, que vous ne savez où aller, jeter un oeil ici : http://tarmokeuf31.e-monsite.com/  à la rubrique anciennes balades, ça pourra peut-être vous donner des idées. Evidemment, c’est tout gratuit, je ne touche pas un sou pour ça.

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