Chap 27 : Questions d’éclats…

Sapin de noêl ou habits de lumière...

Sapin de noël ou habit de lumière…

Alors que nous assistions à un débat sur le sujet de la visibilité des uns et des autres en condition de circulation, mes amies les Muses me firent la réflexion que tout de même, ce qui en ressortait, ça n’était pas de la lumière mais assurément une certaine confusion, et que si à l’obscurité, on substituait le brouillard, je devrais convenir avec elles que cela n’améliorerait en rien la lisibilité de la meilleure trajectoire, parce qu’être aveugle ou à tâtons rend pareillement casse-gueule toute idée de progression.

J’entendis bien leur message et leur proposai illico de faire une fois encore de mon clavier l’un de leur miroir afin de refléter en toute courtoisie un peu de leur lumière et éclaircir un peu, comme le feraient nos phares, la nuit régnant sur nos esprits.

Sitôt dit, je sentis les Muses me basculer dans cet état second révélateur de leur prise de position et témoignant d’une bonne communication entre nos deux dimensions. Puis, mon âme de rimailleur ayant pris désormais le pas sur ma cervelle bien rationnelle, elles firent jaillirent ces mots rigolos et sagaces à la fois :

Pour que le lumignon de chacun par tout le monde soit le bien vu, il y a plusieurs méthodes que nous allons t’expliquer, ô nôtre tarmo mignon, histoire que par la grâce de tes dix doigts, dans ton blog et sur MotoMag, elles trouvent aussi une petite place.
La première, comme le fait le médisant, est de ternir l’éclat des autres en pensant qu’ainsi passé au premier plan, il se sera rendu plus visible, mais ce qu’il met alors en avant, c’est sa trop faible luminescence désormais évidente tant le monde autour de lui par sa seule présence semble s’être obscurci.
La seconde, tout aussi maligne et qui est celle du courtisan, le fait se rapprocher jusqu’à se coller au plus près des plus belles brillances, croyant ainsi que par magie ou par contagion, au regard des malvoyants, celles-ci le révéleront. Il oublie, ce faisant, que les lois de l’absorption font que les photons trop nombreux de ses hôtes masqueront les siens et qu’au final dans l’ombre d’un autre, il demeurera.
La troisième, qui à mon sens, pour combattre la nuit, n’est pas la moins osée ni la moins profitable, et de faire en sorte, comme un explorateur ou un aventurier, de se diriger vers un coin obscur que l’on aura déniché et d’où aucun éclat, qu’il soit grand ou petit, n’aura jamais jailli, pour à sa manière tenter de mettre un peu de lumière là où il n’y en avait pas. Mais le courage que cela demande d’aller ainsi s’enfoncer tout seul dans l’obscurité fait que ça n’est pas forcément de chacun la destinée.
La dernière, qui est la plus commune mais non la moins sage, et de se contenter de briller comme on le veut là où on le peut, sans aucune honte ni la moindre jalousie, et à sa hauteur de participer à l’illumination du paysage pour, de son exquise beauté, en faire apparaître toujours davantage.

Mais avant tout cela, avant de se préoccuper de savoir de quelle lumière l’on se chauffe et ainsi de découvrir si l’on sera un haut phare ou une modeste chandelle, avant de décider si de fluo l’on doit s’habiller ou si d’un gyrophare on doit aller s’équiper, il serait bon, à l’instar du poète qui de l’encre bien noire trace des arcs-en-ciel après s’être rempli les yeux de la lumière du ciel, d’ouvrir bien grands les nôtres sur les feux de nos voisins comme sur ceux de nos frères. Ils sont pareils à ces étoiles piquées sur l’épais rideau de la nuit, chacun reluit à sa manière, certains timides, d’autres grandioses, mais tous ensemble, ils dessinent et balisent notre route commune, cette étrange aventure issue de nos nuits et de nos rêves et à tout jamais inscrite dans cette lumière dont nous arrose l’univers.

– Ainsi, conclurent mes Muses, décidément d’humeur facétieuse, avant de songer, pour être mieux vus, à rajouter toujours plus de feux et des tas d’artifices jusqu’à faire disparaître la couleur des étoiles dans un trop plein d’éclat, vous laissant bien perdus, malgré vos GPS, hors de la Voie Lactée, ne faudrait-il tout simplement pas commencer, vous tous et les uns comme les autres, par soulever les paupières, laisser la lumière vous pénétrer à coeur, et ainsi vous laisser aller à un peu mieux vous regarder ?

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