Chap 29 : Ma moto ne me fait plus la tête…

Il faut le savoir : Une moto, surtout la mienne, c’est sacrément susceptible. Un mot de travers et le moteur nous explose à la figure histoire de nous apprendre à faire attention à nos écarts de langage. Mon erreur fut juste d’avoir esquissé en un brouillon de pensée l’éventualité très improbable d’aller à Helsinki chercher le Chat en side ou en XTZ, bref d’y aller sans elle. A peine avais-je écrit ces mots à voix haute que déjà je les regrettais tant ma coupleuse compagne de bitume sait démarrer au quart de tour au point qu’illico, elle me tourna le dos :

Miss The XJR fait la tête et me montre son gros cube !

.

J’eus alors beau jeu de lui expliquer que tout ça, c’était mot en l’air et parole dans le vent, le mal était fait et le ver dévorerait le fruit si les faits ne contredisaient pas rapidement ma plume trop vive.

C’est ainsi que la semaine dernière, avec ma bande habituelle de potos tarmos bien déjantés dont je vous ai déjà causé dans le chapitre des béhèmes zébrées de Navacelles (http://lesblogs.motomag.com/tarmokeuf31/2013/03/20/chap-20-ya-pas-quharley-ni-beheme-quand-on-a-50-ans/), je l’ai amenée dans les Pyrénées francoandorroespagnolesques profiter des toutes dernières neiges d’hiver (à moins que ce ne fussent les premières du printemps…)

La neige, même à moto, c’est bô, et quand c’est au printemps, c’est rigolo

et elle, eux et moi, tout du long de ces 560 kms tout bien virolesques (dont les détails sont là : http://tarmokeuf31.e-monsite.com/agenda/toutes-nos-anciennes-sorties-avec-leurs-itineraires/sortie-de-600-kms-de-bons-virolos-pyreneens.html) entrecoupés d’un resto parfait gargantuesque, nous sommes régalés, même si une petite panne de l’un et une bonne pelle d’un autre ont marqué sans trop le tâcher le bon déroulement de cette journée de roulage dans un trop beau paysage. Mais Miss The XJR est pis qu’un chat échaudé et ça n’était pas cette offrande d’une journée qui suffirait à ses yeux à racheter ma conduite plus qu’irréfléchie.

Pour définitivement nous réconcilier, il me fallait lui en donner davantage, ne pas y aller mollo sur le cinéma et l’intégrer dans mon projet de grande vadrouille en lui démontrant mieux que par A+B qu’elle m’est au moins aussi précieuse qu’une certaine vache à lait à un illustre prisonnier quand il s’agit d’aborder les chemins de traverse qui vont quelque part au milieu de nulle part, ce « middle of nowhere » où ma fifille situe en anglais son université de Nurmijärvi.

Aussi, je commençai par me retrousser les manches pour plonger mes mains dans le cambouis, au sens vraiment plus sale qu’au figuré, et 4 bougies neuves plus tard accompagnées d’une bonne vidange, du changement du joint de récepteur d’embrayage qui fuyait gentiment et qui refuira certainement tant le problème est connu depuis 1984, l’année de naissance de la Yam FJ100 – l’aïeule de Miss The XJR -, d’une ampoule de veille et de quelques autres vérifs en passant, voilà ses 51000 kms dignement fêtés.

51000 kms au compteur et un machin jaune pour me montrer la voie…

Mais même après cela, je la sentais sceptique. La bougresse se méfiait. 4 tubes de porcelaine, un bout de caoutchouc et quelques litres d’huile ne suffiraient pas à refermer la plaie. Voyage ou pas, la belle savait bien que ces travaux elle devait, dans tous les cas, en passer par là.

Comment la convaincre qu’elle est moi, c’est à la vie à la mort, et que l’horizon, c’est ensemble que nous irons ?

Ni une ni deux, je filai chez Maxxess Toulouse dont le boss est un ami, lequel lorsque je lui avais présenté mon projet de ramassage scolaire au fin fond de la Finlande s’était spontanément proposé pour me prêter une caméra Gopro et m’offrir un train de pneus, un kit chaine et des plaquettes de freins, ce qui, vous en conviendrez, quand vous êtes un rien pas si loin de fauché tout en étant bien trop idéaliste pour vendre des photos volées à la dérobée, ne peut se refuser et que le miniminimum que je puisse faire en retour c’est de le citer ici pour un peu beaucoup le remercier !

Miss The XJR fait la belle devant Maxxess Toulouse qui l’a bien bichonnée !

Et voilà, en la dorlotant, comment j’ai enfin réussi à calmer ma moto plus râleuse qu’une bourrique mais qui en donne chaque jour mille fois plus qu’elle ne grogne. Maintenant toute requinquée et chaussée de neuf, elle n’a plus qu’à faire comme moi et attendre en piaffant pendant encore trois semaines que s’effeuille l’éphéméride et s’écoule le compte à rebours. Elle sait désormais qu’elle peut avoir confiance en moi, que je ne suis pas du genre à confondre fantasme et réalité, et que si Helsinki je lui ai promis, Helsinki, elle et moi et vaille que vaille, on ira.

Plein d’espace pour les bagages du Chat !

4 thoughts on “Chap 29 : Ma moto ne me fait plus la tête…

  1. Décidément, non seulement nos traces éphémères sur la route vont se chevaucher vers le grand ch’nord, mais en plus tu viens de me fournir le road-book qu’il me fallait pour une petite escapade sous le cagnard de la mi-août, pour aller voir une amie dans les Pyrénées. Certes, je doute y voir ne serait-ce que les dernières neiges de printemps, mais avec la météo qu’on a ma bonne dame, allez savoir. En tous cas, à force de se croiser virtuellement, nos routes finiront bien par se réunir pour rouler un peu pour de vrai ensemble !
    Frédéric

    • Et pourquoi pas lors de ton passage à miaout (c’est ainsi que le prononce Guiness, notre matou qui n’est pas le Chat) ? Si tu passes par Toulouse et que c’est le week-end, c’est dans le domaine du possible. En tout cas, si tu as un bon appétit, je te recommande chaudement le resto le Cal Pauet à San Joan Fumat ! On en recause dès la fin de nos périples.

  2. ohoooo je ne savais pas que j’allais avoir droit à un appui-dos sur le top case !! Ma foi ça me va, ça m’évitera ma bosse habituelle dans le dos !

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