Les fjords de l’ouest islandais, le side n’en peut plus mais…

Mais il va tenir… Miss XJR et Mister Cyber grincent, couinent, cliquettent, crissent des engrenages, la chaîne neuve du départ a déjà 4000kms mais donne le sentiment d’en avoir 5 fois plus, et pourtant je la graisse 2 voire 3 fois par jour tant la poussière et la terre pénètrent tout, j’ai même dû m’arrêter en cours de route pour y remettre un coup de bombe et la retendre tant le bruit de ferraille était si fort que j’ai cru que la boite à vitesse allait nous lâcher, en espérant que mon diagnostic optimiste soit bon et que ce soit bien la chaîne… wait and see :

Z’avez vu l’état de ma combine de pluie…

Je ne peux même plus ouvrir mon top-case, sa serrure est saturée de minéraux diverses malgré la rasade d’huile que j’y ai versé… Et si on ajoute au tableau, l’état de la route qui relie Patrekfjordur à Isafjordur, 170kms de tôle ondulée si trouée qu’on dirait qu’elle a servi de cibles d’entraînement aux F16 de l’US Air Force, ça vous dit l’état de souffrance de notre équipage…

Pourtant, pour notre brave tas de boue, la journée avait bien commencée. Grâce à un mécano de Patrekfjordur, la déchirure du flanc du pneu du side est quasi invisible.

Un type très sympa. Il est venu en France pour le championnat d’Europe de foot, et apparemment, il ne nous en tient pas rancune puisqu’on n’a rien payé… Toutefois, le pneu taille basse de la roue arrière de Miss XJR l’a laissé quelque peu dubitatif : “It’s not good for roads atlantic north… Miss XJR s’est vexée, Mister Cyber s’est marré, un vrai p’tit couple ces 2 là.

Il n’empêche, on morfle, mais sans regrets. On y laissera peut-être nos vertèbres, ou pire notre side-car, mais les fjords de l’ouest, on les aura vus, et ça, c’est de l’or. Parce que dans tous les cas, quand on sera vieux juste avant d’être morts, le side-car on l’aura plus et les vertèbres seront douloureuses. Mais dans un coin de nos ciboulot, cette drôle d’aventure au fin fond de l’occident avec ces fjords mauves, ces sommets enneigés, ces dénivelés vertigineux, ces volcans majestueux et ces cascades spectaculaires, on les aura encore, p’têt même, mais rien n’est sûr, qu’on les aura toujours, qu’on aura droit de les emporter avec nous, là-bas, là où finissent les cendres.

Demain, la plus longue journée nous attend : 400kms pour s’extirper des West Fjords et retrouver cette bonne vieille route N° 1 dont même les pires portions de gravel road nous apparaitront comme des billards autoroutiers. Après les west fjords islandais, plus jamais je ne maudirais les p’tits gars de la DDE…

A bientôt, peut-être…

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