Culture biker : les MC américains et leurs couleurs (1) …


Hervé

Bonjour copain (et copine),

A les USA, dès que tu appartiens d’une façon ou d’une autre à une corporation, quelle qu’elle soit, tout le monde doit le savoir …

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C’est ainsi que tee-shirts, patchs, casquettes, pin’s, uniformes divers et variés pullulent de tous côtés pour affirmer à la face du monde que toi, tu en fait partie de ladite corpo’, du club, du chapitre, de l’église, de l’administration, des pompiers, des alcooliques anonymes ou pas, de l’université, etc …

C’est une des raisons pour laquelle le moindre garde forestier américain ressemble à un général de brigade tellement son uniforme en jette …

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Ceux-ci sont de Emmitsburg dans le Maryland

Donc tu imagines bien que les clubs motos (les fameux MC pour Motorcycle Club - Moto Club en french, ce qui en jette moins n’est-il pas ?) s’en donnent à coeur joie et ne sont pas les derniers à ce petit jeu. C’est un excellent moyen de montrer combien le club auquel on appartient est fort, présent, actif … Un vrai jeu de pouvoir … on ne plaisante pas avec ça … et cela, quelle que soit la marque de la motocyclette que tu chevauches …

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Bien, on va se le jouer ce soir avec Molly Hatchet et Power play 

Ecoute ça !

https://www.youtube.com/watch?v=IUCYGOPBJjY&list=RDIUCYGOPBJjY#t=0

Ainsi donc, la dernière fois que j’ai assisté à un salon de la moto à New-York et bien que je connaisse assez bien le milieu biker américain, je reconnais que je ne m’attendais pas à voir autant de clubs et leurs représentants (dans la mesure où, aux USA, le port des couleurs est interdit en de nombreux endroits) … DSC_3921 Ils étaient des dizaines et des dizaines (ça doit faire des centaines non ?) de MC représentés par leur membres et tous arboraient fièrement leurs fameuses COULEURS. Impressionnant !!! Et très rigolo ce petit jeu qui consistait à les prendre en chasse pour les photographier. Les gars se prêtent d’ailleurs au jeu et ça donne même lieu à de franches rigolades … notamment quand une superbe blonde à décolleté te sort son sourire du dimanche toute persuadée que tu es venu spécialement de Paris pour la prendre en photo et que tu lui expliques que ben non mademoiselle c’est le gros balaise à côté de vous que je voudrais shooter … vous pourriez sortir du cadre s’il vous plait ? Merki !! (ça veut dire « merci » en américain) …

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Et toujours des intitulés créatifs : BRING DA NOIZE RIDERZ

On y remarque les noms les plus fous : Arresting Souls, Assassins Speed, Evil Runners, Widows Sons, God’s Outcast, Frontline Riderz, Crazy Pistons, Ruff Ryders, … et des back side patchs déments. On n’est pas obligé d’apprécier bien sûr. Personnellement la référence claire aux flingues me gêne et la violence sous-jacente me dérange. Mais apparemment c’est le but recherché …

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Contrairement aux apparences, les ARRESTING SOULS ne sont pas un gang de motards mais bien un club de représentants des forces de l’ordre (vas voir leur site : http://arrestingsoulsmc.com). C’est même ce que l’on appelle ici un LAW ENFORCEMENT MOTORCYCLE CLUB (que l’on peut donc littéralement opposer aux clubs de la mouvance 1%) 

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Pour tous les membres de ces clubs, c’est une vraie fierté de porter leurs couleurs, mais aux USA, c’est bien plus que cela, c’est un lifestyle (qu’à quelques exceptions prets on retrouve peu en France et un peu plus en UK et au nord de l’Europe) et ça peut devenir aussi une sacrée source d’emmerdes … C’est pourquoi un patch wearer américain ne fera que très rarerement le kéké (contrairement à ce que tu peux voir parfois sous nos latitudes à nous) … 

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Au fil des années les différends entre les clubs ont régulièrement dégénérés en bagarres violentes lors de salons ou de manifestations moto et ont parfois conduit à ce que la presse américaine a souvent qualifié de massacres. Nous n’en sommes pas à ce niveau en Europe / France. Rien de comparable par exemple à ce qui a pu se passer à Waco en 2015 (9 morts en deux heures), où à Denver l’an dernier : des morts dans des fusillades dignes d’Hollywood … Ces incidents sont fréquents aux USA …

Bario

Aussi, sur beaucoup de ces rassemblement de bikers ou dans certains bar on peut lire un peu partout : « NO WEAPONS. NO COLORS. NO ATTITUDES » …

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Pas besoin de parler anglais, c’est clair (regarde la photo ci-dessous que j’avais prise à l’entrée du célèbre IRON HORSE SALOON dans la banlieue de DAYTONA en 2010) …

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Si tu sais ce que veut dire NO BYOB, tu me payes une mousse. Si tu ne sais pas, tu me payes deux mousses : envoies-moi ta réponse que je saches si j’ai à faire à un vrai initié (le vainqueur gagne une tringle à rideaux parfum viande hachée) …
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Mais ici, à Manhattan, ils sont des milliers à porter leurs couleurs. Et le porte-parole du Motorcycle Show, confirme que les clubs sont encouragés à participer : – « Ici ce n’est pas ce vieux stéréotype des gangs qui domine, c’est une chose du passé» ajoutant que le salon accueillant de nombreuses familles ceci permet de lutter contre les stéréotypes qui collent à la culture biker. Mouais, j’y était et disons que … ça se discute …
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Il existe de nombreux type de club : en fonction de la moto pilotée, du métier du motard, de la région d’origine, du mode de vie qu’il revendique … il y a même un club des services sanitaires de la ville de NYC.

Tu vois absolument de tout …

ANCIENS COMBATTANTS (VETS)

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MARINES
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POMPIERS
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LATINOS
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CHRETIENS
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On croise de nombreuses obédiences
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COLORED (Black)
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Tout ceci est souvent strictement « réglementé » par les MC eux-mêmes (pas tous, certains n’y prêtent pas attention et d’autres ne plaisantent absolument pas avec cela) : emplacement des patchs, dimension, positionnement, nombre, coloris. Si tu veux évoluer sereinement dans ce milieu, tu doit absolument savoir « lire » les bikers que tu croises. Cette simple « lecture » t’évitera au mieux de faire des gaffes, au pire de connaître des ennuis plus ou moins graves … Aware ! Comme i’ disait Jean-Claude Van Damme.
HYPER SPORT
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Etc …
Alors bien sûr, parmi tous ces « porteurs de couleurs », tu vois bien que certains d’entre eux sont des motards du dimanche (et pourquoi pas après-tout ?!), que leur gilet en cuir tout brillant avec des patchs tout neufs n’ont pas beaucoup vu la route (voire même qu’il y a une année de cela, le rebel qui porte fièrement ses couleurs, là juste deux mètres devant toi, avec son air « pas tibulaire » mais presque … n’avait même pas sa driving licence moto) et la vielle polémique qui fait rage partout dans le petit monde de la moto, de NYC à Vierzon, re-pointe le bout de son nez : i’a les vrais et les z’otres, les faux, les ceusse qu’en sont pas vraiment des vrais … c’est reparti pour un tour …
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Quand tu abordes le sujet avec Chris Montesione, surnommé Psycho, membre du club LEGION OF DOOM (fondé il y a une vingtaine d’années à Brooklyn et à la réputation assez … comment dire ??? … enfin, tu vois quoi …) c’est simple, il te dit que : – They’re imposters !!!
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La photo en bas à gauche te montre un des membres du Legion of Dom 
C’est un MC pas un HDMC 
Ainsi, durant ce show à NYC, tout se passe très bien. Et tu peux même voir les clubs ONE PERCENTER (1%) et LAW ENFORCEMENT se croiser paisiblement. Les BLUE KNIGHTS sont donc présents aussi, membres (ou anciens) des forces de l’ordre avec leur superbe gilet bleu …
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Le choix du bleu et du blanc n’est pas seulement là pour rappeler la notion de défense de la loi et ses couleurs traditionnelles mais aussi pour marquer clairement la différence avec les couleurs plus classiques (beaucoup de noir, rouge, jaune) des outlaw clubs. Comme disent les policiers présents sur le salon au sujet de cette différenciation dans le choix des couleurs : – « C’est comme la ligne Mason-Dixon ; nous ne franchissons pas leur frontière, ils ne franchissent pas la notre » …
Pour ton nympho mon loupiot, depuis la fin de la guerre d’indépendance des Etats-Unis, la Mason-Dixon était la ligne de démarcation entre les États abolitionnistes du Nord et les États esclavagistes du Sud …
Chose que nous français ne pouvons que difficilement comprendre (et pour cause, le phénomène n’existe pas ici en Gaule – pas de manière aussi forte et flagrante en tous cas)
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C’est la guerre ici (je pèse mes mots en utilisant celui-ci) entre les forces de l’ordre et les clubs moto one percenter en particulier et même tout autre patch wearer comme i’ disent ici (un porteur de patchs, par extension un motard qui porte des couleurs) …
Aller, la suite très bientôt …
La bise
L’Hervé, your Berrichon friend
.

L’histoire de la Harley du mémorial du 11 septembre à New-York


Hervé

Bonjour copain (et copine),

Bon… New-York, je suppose que tu connais ? Alors permets-moi te raconter une histoire de motocyclette, de biker et de MC (Harley-Davidson bien évidement) que la triste actualité du terrorisme international m’a remémoré ces derniers jours…

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Il y a quelques années de cela, en janvier 2013, je participais avec le NEW-YORK RIDER MAGAZINE (pour lequel j’écris tous les mois)…

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… à l’édition new-yorkaise du Motorcycle International Shows (salon itinérant américain de la moto qui fait le tour des USA tous les ans)…

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http://www.motorcycleshows.com/

Bien évidement, entre les journées sur le salon et quelques nuits au bar de Barry sur la 32e rue avec les potes américains l’occasion était belle de trainer dans la Grosse pomme… d’autant qu’il y faisait un temps exceptionnellement beau alors que Paname était sous la neige…

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En une fin d’après-midi, déambulant dans Lower Manhattan, je me trouve à passer, par hasard (le crois-tu ?), à hauteur du 20 Vesey Street à l’angle de Church Street et mon regard est immédiatement attiré par ceci :

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Dans une vitrine, un custom sur base de ce qui semble être une Harley… chouette alors ! Un bouclard custom en plein Manhattan ! Lucky me !!! Je vais me gaver le Kodak et me faire de nouveaux potes !

Euh… ah non, non, pas sûr… pas sûr du tout, du tout, c’est même beaucoup moins fun et bien plus sérieux : nous sommes face au 9/11 Memorial Preview Site. Pas très loin de Ground Zero. Me voici donc juste devant l’entrée du musée dédié aux victimes des attentats du 26 février 1993 et du 11 septembre 2001 contre les deux tours du World trade Center (WTC)

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Et la toute première chose que l’on voit depuis la rue est une moto de marque Harley-Davidson… et ça ne ressemble pas du tout à un don de la Moco… là, je suis carrément intrigué…

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Le site du mémorial : https://www.911memorial.org/

Bon, tu me connais, avant d’aller plus loin, il me faut l’accompagnement musical approprié. Quelque chose de grave et sérieux mais toujours rock. Allons chercher du côté d’Apocalyptica… Ou lorsque les instruments de la musique classique s’emparent des grands standards de la rock music : au violoncelle, Nothing else matter de Metallica  : https://www.youtube.com/watch?v=kmn1LvbqsaM (ferme les yeux et écoute)…

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Il y a quelques années de cela, j’avais déjà été très impressionné par la photo du pompier TIM DUFFY au guidon de sa Dyna HD au cœur des attentats du 11 septembre 2001… Un Roy Rogers / Dunkin’ Donuts / Pizza-Hut,  le pompier sur sa Harley, la poussière… vision de fin du monde… incongru, poignant, incompréhensible …

Janvier 2013… où sommes-nous, devant quoi me trouve-je ?

Le mémorial recueille tous les jours les dons qui sont laissés devant ses portes par de nombreuses personnes (il existe même un protocole de sécurisation : détection d’explosifs, de poisons, passage au scanner et si l’objet respecte un certain critère de taille, il est conservé avec les nombreux autres tributes que le musée du mémorial a collecté au fil des années).

Mais alors, que fait cette moto ici ?

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Cette motocyclette est bien un modèle 883 Sportster de marque Harley Davidson (j’ignore l’année modèle). Elle a appartenu à un certain JAMES MARCEL CARTIER

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James Cartier (né le 22 juin 1975) avait 26 ans et était le sixième enfant d’une fratrie de sept frères et sœurs. Il avait acheté sa première moto moins d’un an avant le 11 septembre 2001 et était devenu un motard passionné. Il roulait souvent avec son frère John…

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Ce 11 septembre, James faisait partie d’une équipe d’électriciens qui travaillaient au 105e étage de la tour sud…

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Il a utilisé plusieurs fois son téléphone portable pour appeler sa famille et notamment son frère John…

image033… pour l’avertir que leur sœur, Michèle, se trouvait dans la tour nord qui venait juste d’être percutée par le premier avion. Il demandait à John de venir de toute urgence pour tenter de la sauver. John est arrivé sur sa moto et, incroyablement, dans cet apocalypse, Michèle et lui se retrouvèrent sur Church Street, côté Est du WTC… et jamais ils ne devaient revoir leur jeune frère James…

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Des années plus tard, Michèle et John sont persuadés que c’est grâce à James que John a pu retrouver leur sœur et la sauver du chaos. D’après Michèle, la probabilité d’être trouvée par John ce jour-là relève de l’intervention divine et c’est James qui l’a permise…

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Plus tard, beaucoup plus tard, lorsque les autorités systématisèrent les analyses ADN sur les restes trouvés dans les décombres, la famille pu procéder aux obsèques du jeune homme. Même si la peine était toujours là et pour toujours, ce fut aussi un soulagement.

De retour en France j’ai fait quelques recherches et, magie d’Internet, j’ai pu entrer en contact avec JOHN CARTIER, le frère ainé de James. John a accepté de me fournir quelques informations sur cette moto, son frère, sur ce qu’il est lui-même devenu…

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John Cartier a aujourd’hui 45 ans, il était le frère de James et l’ami de Lester Merino. James et Lester étaient membres du syndicat des électriciens d’Astoria (International Brotherhood of electrical Workers, Local 3)…

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Tous deux travaillaient au World Trade Center (WTC) ce 11 septembre 2001 quand les tours s’effondrèrent. Comme beaucoup d’autres victimes aucun d’eux ne seront retrouvés…

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Hasard étonnant, alors que je participais comme je te l’ai dis précédemment en ce mois de janvier 2013 au Progressive International Motorcycle Shows j’avais croisé sans le savoir un membre de ce syndicat et l’avais d’ailleurs pris pour un biker. Je m’étais trompé (je suppose malgré tout que sa présence sur le salon s’expliquait par le fait qu’il était motard lui aussi) …

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 J’avais pris ce cliché croyant photographier les couleurs d’un MC que je ne connaissais pas encore… tout faux, ce sont celles d’un syndicat professionnel d’électriciens…

Pour en revenir à John, des semaines après les attentats du 11 septembre, attendant toujours la confirmation officielle de la disparition de son frère, il se lançait dans la transformation du Sportster 883 de James, pour lui rendre hommage ainsi qu’à tous ceux qui furent tués ce jour-là. Cette promesse se reflète dans la décoration de la moto qui incorpore des références à diverses passions de James comme par exemple son affection pour le personnage de livre pour enfant Curious Georges

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Sur le réservoir on peut y voir James en tee-shirt des New-York Yankees

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James étant alors candidat pour devenir membre à part entière de lInternational Brotherhood of Electrical Workers (le syndicat), le logo du Local 3 a été incorporé, sur le garde-boue avant, avec le nom de 17 de ses membres qui disparurent dans l’effondrement des tours…

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Plusieurs symboles patriotiques sont aussi visibles sur le garde-boue arrière, dédiés à ceux qui s’engagèrent dans l’armée américaine à l’issue des attaques du 11/9…

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John s’est présenté au bureau de recrutement des armées par la suite. L’Army apprenant qu’il était de la famille d’une victime des attentats a refusé son incorporation au motif qu’il était émotionnellement trop impliqué et qu’il présentait un risque de perte de contrôle au regard de la colère immense qu’il portait en lui …

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Et ainsi, John fit don de la moto au mémorial qui l’expose depuis dans la vitrine de son gift shop

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John se souvient que sa sœur était au téléphone avec James seulement 20 mn avant que la tour sud ne s’effondre. Et des années plus tard, il se rappelle de James comme d’un jeune homme respectueux, le genre que tout parent voudrait avoir pour gendre.

Juste après l’effondrement, John s’est rendu au WTC pour aider… et depuis, il n’a jamais cessé d’aider ses concitoyens…

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Profondément marqué par la disparition de son frère, par l’horreur de ces attentats, par son impuissance ce jour-là, par la rage qui ne la jamais quitté depuis, John a radicalement engagé sa vie sur la voie du souvenir à la mémoire des victimes et de l’aide à ceux qui sont dans le besoin …

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Cela a commencé par la création de l’AMERICAN BROTHERHOOD NEW-YORK MC

Le club a été fondé par John le 13 septembre 2002 en mémoire de James (on peut voir ses initiales, JC, sur le backpacth) et de tous ceux qui ont disparu dans la catastrophe). C’est un groupe de bikers qui rassemble des amis de Lester et James…

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Il participe à des commémorations, à l’envoi de colis aux GI’s, à des collectes de fonds pour les enfants autistes et à d’autres actions caritatives au bénéfice d’indigents. Comme savent si bien le faire les citoyens américains lorsqu’ils se dévouent à la communauté…

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Leur engagement est en mémoire de ceux qui ne sont plus, ceux qui sont tombés, the fallen

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C’est l’un des paradoxes qui marquent énormément les Américains, les New-yorkais : de l’enfer des tours est sorti quelque-chose de bien. De nombreuses personnes, qui peut-être ne l’auraient jamais fait, ont engagé leur vie sur la voie de l’entraide, du don, en souvenir des disparus. Et comme ils aiment le dire : – « And so out of the ashes, rises the Phoenix …  » (Et des cendres renait le Phœnix).

Le site du MC : http://americanbrotherhoodmc.com/

Au fil des années, John est devenu une figure incontournable des cérémonies commémoratives des attentats du WTC

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Interviewé régulièrement, on le voit sur CNN, NBC et dans les colonnes de la presse écrite new-yorkaise. Il a même fait partie des personnes qui ont rencontré Barack Obama à l’occasion de ces commémorations. On l’a beaucoup vu aussi dans les médias après que les Special Forces en opération search n’ destroy eurent débusqué et éliminé O. Ben Laden…

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Les New-yorkais n’oublient pas et tous les ans, ils commémorent la mémoire des disparus.

C’est à cette occasion qu’en octobre 2011 le maire de NYC, Michael R. Bloomberg, conviait Paul Teutul Jr. à venir présenter la moto que celui-ci avait réalisée en hommage à la reconstruction du WTC autour de Ground Zero

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D’aucuns parlent à Dieu, font de la politique, du sport, se réfugient dans l’alimentation, parfois s’adonnent à diverses substances, ou vont au cinéma… pour ma part, je fais de la moto… le nez au vent, la tête dans les nuages, la pluie, le soleil ou les étoiles ; 320 kilogrammes de métal et de plastique à qui je voue une éternelle reconnaissance pour tout ce qu’ils m’ont apporté, ces personnes qu’ils m’ont fait rencontrer, toutes ces histoires qu’ils m’ont permis de croiser et raconter…

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R.I.P. James Cartier.

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La bise

L’Hervé, your Berrichon friend …

STURGIS BIKE WEEK 2015 : un million de bikers et DYNA / FXR à l’honneur


Hervé

Bonjour copain (et copine),

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Pour la seconde année consécutive cet été, j’ai eu le privilège motard de participer à la Sturgis Bike Week dans le Dakota du Sud …

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En 2015, pour cette soixante quinzième édition, les organisateurs avaient vu grand …  … et la chambre de commerce locale confirmait dés le milieu de semaine qu’un million de véhicules étaient attendus … Enorme !

Sturgis® Motorcycle Rally™

Le Département des transports du Dakota du Sud a finalement fait savoir que 965.130 véhicules sont entrés dans la ville de Sturgis entre le 24 juillet et le 9 août

C’est bien simple, l’édition 2015 n’avait rien à voir avec la précédente en terme de fréquentation … à peine imaginable … j’avais déjà été impressionné en 2014 mais alors cette année … je pourrais t’en parler pendant des heures, jamais je ne te restituerai ce que ce fût … il ne te reste plus qu’à t’y rendre pour te faire une idée de la chose …

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La photo ci-dessous a été prise le lundi 03 août, jour officiel de l’ouverture du rally qui allait établir un record avec 96.409 véhicules entrant dans la journée à Sturgis

Fort heureusement on pouvait encore assez facilement s’échapper et trouver de merveilleuses routes totalement désertes …

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Je t’ai déjà longuement entretenu de l’édition 2014 et ne vais pas revenir à nouveau sur tout ce que tu pourras y faire lorsque tu t’y rendras …

Néanmoins il y a une ou deux choses que je veux te narrer, c’est très important pour ta culture de base biker (et pas « ta culture de biker de base », tu as vu comme je respecte la nuance en ce qui te concerne)

Ainsi donc, me voici parti de bon matin de Denver, seul, biker frimeur au mieux de sa forme … les chaps, les mitaines en cuir, l’air arrogant et … sans casque sur une moto (Springer 2006) dépouillée au possible … pas d’erreur, chui’ un vrai qui se la pête à les z’USA, moa !!!

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La 85 plein nord jusqu’à Cheyenne, traversée du Wyoming et ses immenses plaines et enfin, arrivée en milieu d’après-midi dans les Black Hills, à Deadwood à une vingtaine de Km de Sturgis, là où je vais résider avec David Uhl et quelques autres copains …

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Alors, pour ce qui est de la joie (la bêtise ?) de rouler sans casque sous le soleil de feu du Wyoming … bin wouala le résultat … woui, je sais, c’est pô malin … remarque, j’ai tellement dégusté que je ne suis pas prêt de recommencer (35 ans de moto et commettre encore de pareilles erreurs … la honte) … grave cramé le baill’ keur !

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Là j’ai bobo …

Bon, une fois sur place, pas grand chose de plus à raconter que lors de la dernière édition (rien ne t’empêche de relire tout ce que je t’ai déjà écrit sur le sujet), en 2015 c’est toujours la même chose mais en deux fois plus grand avec des embouteillages de motocyclettes titanesques en prime …

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Je voulais plutôt te parler d’une tendance dans le milieu HD aux USA qui est en train de monter et qui concerne un modèle bien particulier :  Dyna / FXR  … et ses adorateurs

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A la sortie de Sturgis, sur la gauche, en direction du fameux Buffalo Ship …

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 … se trouve un lieu dénommé City Park, particulièrement dédié à ce type de motocyclette de la marque Harley Davidson

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Tu trouvais ici tous les tenants de la culture Dyna US … des préparateurs (comme l’immense Roland Sandsmy idol, … )  ou Big Bear ChoppersDSC_0724… les casques Simpson, les accessoiristes comme Speed Marchands, FXR Division, FXR or DIE et surtout les fameux clubs vouant un culte sans borne à la DYNA (Dynamite crew, Dyna disciples, Lane SplittersFXR warriors, …) qui se retrouvent pour stunter et participer au fameux FXR SHOW qui va primer le plus bel engin …

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Ici le look c’est : casque Simpson, chaussettes montantes blanches de foot, short bermuda, t-shirt, gilet de cuir, pas de gants, un max’ de tatouages et full throttle

Yes we’re riders !!!!!

Et bien sûr tout ce petit monde exposait son brélon préparé sauce booster. Oui car en plus d’être méga lookées, certaines de ces motocyclettes DYNA / FXR sont préparées pour la vitesse … le stunt, le drift et le wheelie à outrance …

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Les gars s’en donnent à cœur joie n’hésitant cramer un embrayage ou péter une courroie / chaîne pour la beauté du geste et les photographies qui vont avec … le must étant de réussir à démolir un fender arrière (si possible en explosant le feu arrière, c’est plus drôle comme ça) tout en posant la main au sol …

Fondus les mecs te dis-je !!!

Mais alors leurs bécanes … j’adore. Et les mecs stuntent avec des custom bikes à 35.000 $ … Ci-dessus les dingos de UNKNOWN INDUSTRIES en action …

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On doit ce engin-ci à BIG BEAR CHOPPERS … une merveille

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La fameuse batwing du Street ou de l’Electra est bannie. On retrouve des carénages que seul les Rouges et Blancs américains utilisaient jusqu’alors où bien les polices US des années 70 / 80 …

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A noter un certain nombre de kits WARBIRD (proposée par CORBIN depuis au moins une vingtaine d’année déjà, cette carrosserie au style finalement intemporel est toujours aussi belle sur un FXR)

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 Ces motos sont très loin de faire l’unanimité et comptent nombre de détracteurs qui leur trouvent une laideur toute fonctionnelle … Quant à mettre tant de $ sur un engin pour aller ensuite jouer au cascadeur sur le parking du supermarché d’à côté …

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Effectivement, nous sommes en pleine controverse de l’art … ça se discute …

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Résultat, des bécanes au look affirmé et au style unique … Perso, je like à donf’ !!!

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Cela fait deux ou trois ans que je « suis » ces clubs et leurs motocyclettes et il y en a une en particulier qui m’a fait craquer à l’instant où je l’ai découverte ; la fameuse JAILBAIT (je te laisse traduire tout seul ce que signifie ce nom) de Daniel Dolan

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Et ce jour là, non seulement je retrouve Cyril Huze sur le site mais je tombe sur l’engin et son proprio (à qui l’on doit aussi le magnifique Road King JEFE de JEFES)

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MAGNIFIQUE !!!!!!!

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J’ADOREUUUUUUUUUU ….

Laurent, j’veux la même (t’en fais pas, il se reconnaîtra le bougre) !!!!

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En 2014 l’engin a gagné la troisième place au FXR Show ici à Sturgis

Il a été construit par FRONT RANGE CYCLE à Fort Collins dans le Colorado cette année là

Sinon je te disais que Daniel Dolan était aussi l’heureux propriétaire de l’incroyable Road King JEFE de JEFES. Chance, l’engin était lui aussi exposé ce jour là …

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La base change donc (FXRT Road King 2004) mais l’esprit est exactement le même avec cet incroyable carennage et sa magnifique peinture

Après les méga baggers hydrauliques, les roues avant surdimensionnées, les turbo-compressions démesurées, les chromes partout, voici la nouvelle tendance HD qui monte aux USA …

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Donc, si tu veux avoir l’air d’être un vrai, dans le move, bin tu sais ce qu’il te reste à faire : commence par ressortir tes chaussette de foot (auquel tu ne joues plus depuis que tu as ce petit bidon … ne nie pas stp !!), c’est un début qui de plus ne te coûtera rien …Afficher l'image d'origine

Et quand tu en sera arrivé à faire ceci avec ta DYNA en off road, appelle-moi je viendrai faire de photos …

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Aller, à bientôt pour la suite

La bise

L’Hervé, your Berrichon friend

Et si tu veux voir DAYTONA, un clic ici tinyurl.com/Daytona002

LE PHOTOGRAPHE et les ANGES


Hervé

Bonjour copain (et copine),

Il y a quelques mois de cela j’ai eu le plaisir d’aller passer trois jours, pour la première fois, à Venise …

Je ne connaissais pas et j’étais bien convaincu que pendant quelques heures j’allais effectivement arrêter de penser motocyclettes / bikers toutes les dix minutes … naïf que j’étais !

C’est certain, Venise n’est pas vraiment l’endroit où tu croiseras un deux-roues motorisé … même sans moteur … une simple bicyclette … interdite, carrément (compte tenu du monde, c’est plutôt une sage mesure)

Seule motocyclette visible à Venise …                Et désolé tu n’échapperas pas à la photo « cliché » …

Le photographe et les HELLS ANGELS ..  1

Bon …

Tout comme j’ignorais que même si la température peut être clémente en hiver, la ville dans certains quartiers est inondée, selon l’heure, au rythme des marées …

Aucune importance, les marchands du temple locaux te proposent l’équipement adéquat, ce qu’il faut pour te sauver des eaux et cheminer à sec (la solution s’achète 10 à 15 euros à marée haute, 5 à 8 euros à marée basse : c’est ce que l’on nomme la fluctuation du marché …)

J’ai donc assuré comme une bête ; je m’a acheté lézékipemen adéquat !!!

Note le choix judicieux et l’harmonie des couleurs … orange et noir !!!

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Hahahahahahaha, je la vois la flamme de la convoitise dans ton regard … non … je ne te les prêterai pas mes sur-bottes vénitiennes, takat’en acheter une paire …

Et bien évidemment, pendant que tu fais l’envieux pas beau tout ébloui par mes accessoires dernier cri toi tu n’as rien vu …

… t’as pô remarqué l’affiche au mur derrière moi … et bin wouai !

Regarde bien …  les pieds dans l’eau au cœur de la cité des Doges te voici nez à mur avec le monde biker … le crois-tu ça mon Titi ?

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L’exposition RESONANCE présentait une partie de l’œuvre du photographe IRVING PENN (1917 – 2009)  

… 130 chefs-d’œuvre du photographe américain (1917-2009), acquis et montrés jusqu’en fin d’année (2014) par la Fondation Pinault. Ça méritait vraiment (si tu passais par Venise évidement), un détour par le Palazzo Grassi

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Occasion quasi unique de voir pareils trésors, détenus dans le cadre d’une collection privée, lorsqu’ils sortent de leurs cartons. En général, on a la chance de ne les voir qu’une fois dans sa vie !

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Jusqu’au 31 décembre dernier (je crois qu’elle a été prolongée en janvier) au Palazzo Grassi (Fondation François Pinault – mais si tu sais, celle que l’administration française a été infoutue de permettre qu’elle s’installe en France sur l’île Seguin)

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(c’est bien, on ne me reconnait pas ici)

L’exposition présentait donc 130 photographies, de la fin des années 1940 au milieu des années 1980, au deuxième étage du Palazzo. Elle réunit 83 tirages au platine, 29 tirages argentiques, 5 tirages dye-transfer aux couleurs éclatantes ainsi que 17 internégatifs encore jamais montrés.              Magnifique !

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DSC_0170 - CopieL’exposition parcourt les grands thèmes chers à Irving PENN, qui, au-delà de la diversité apparente de leurs sujets, ont tous en commun de saisir l’éphémère dans toutes ses facettes

Ainsi en est-il de la sélection de photographies de la série des « petits métiers » réalisée en France, aux États-Unis et en Angleterre dans les années 1950

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Pompier, Paris, 1950                                                        

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Deep Sea Diver, NYC, 1951                                   

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 Sewer Cleaner, New York, 1951                                              

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Fishmonger, Londres, 1950

Et le fameux Motorcycle policeman, NYC, 1951 qui ressemble tant à un mussoliniste des années 30 …

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De même, les portraits des célébrités du monde de la peinture, du cinéma et de la littérature des années 1950 à 1970, qui côtoient les clichés ethnographiques des habitants de la République du Dahomey, des aborigènes de Nouvelle Guinée et des hommes du Maroc, mettent en exergue avec force la brièveté de l’existence, qu’elle soit nantie ou démunie, célèbre ou inconnue (Oulalalala, comme c’est bien dit ça dis donc, hein, n’est-il pas ??!!!)

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Capote

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Duchamp

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Picasso

Chez Penn, la modernité ne s’oppose pas nécessairement au passé, le contrôle absolu de chaque étape de la photographie, du studio au tirage (auquel il consacre une importance et un soin sans équivalent) lui permet d’approcher la vérité des choses et des êtres, dans un questionnement permanent sur le sens du temps et sur celui de la vie et sa fragilité

Ce qui forcément nous amène  … aux HELLS ANGELS. Logique, non ?

Bonjour l’enchainement là … un peu brutal je le reconnais

Bon, aller, on reprend au début.

Quel rapport peut-il bien y avoir entre Penn et la Red n’ White machine ? Surtout que, même si Penn est aujourd’hui reconnu comme un artiste d’envergure international, il a beaucoup travaillé pour VOGUE, un univers éloigné au possible s’il en est du monde des bikers américains …


C’est dans son livre Worlds in a Small Room /as an ambulant studio photographer, publié en 1974, que l’on trouve la réponse à cette improbable rencontre

En fait, Penn a beaucoup travaillé sur la notion de tribu …Le photographe et les HELLS ANGELS .. épisode 3… de clan,…de sous-culture (cette appellation n’étant absolument pas péjorative) dans les sociétés, au Népal, Nouvelle Guinée, Afrique, etc. et bien évidement aux USA …

Big Brother and the Holding Company and the Grateful Dead

… où en 1967 il va convier des représentants des Hells Angels de San-Francisco à une séance photo …

Il parle justement dans ce livre de ce travail particulier …

Hippies, rockers, bikers,  … des tribus américaines de cette fin des sixties … qui effraient (menacent ?) l’Amérique …

Voici une traduc’ home made by myself, non official  de ce que l’on peut lire dans le livre de Penn sur sa rencontre avec les HA :

En 1967, San Francisco bruissait d’une sorte d’agitation nouvelle  - de nouveaux modes de vie qui étaient exotiques, même pour la Californie faisaient leur apparition. Les gens parlaient d’un nouveau type de jeunes appelés hippies, et d’une zone où ils avaient commencé à se rassembler dénommée Haight-Ashbury. Ils semblaient avoir trouvé une nouvelle vie satisfaisante pour eux-mêmes en laissant de côté la société dans laquelle ils étaient nés, créant la leur propre. Il était question de drogue, de vie communautaire, et de sexe en groupe. Il y avait un nouveau genre de musique, de nouveaux musiciens, accompagné d’une nouvelle forme de prestation visuelle, des shows avec des spectacles de lumière

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Ces premiers hippies étaient des créatures douces, très différentes de cet autre groupe également basé dans la région de la baie de San-Francisco, les Hells Angels. Ces rudes motards n’étaient pas tout à fait nouveaux sur la scène – il y avait déjà eu des films inspirés par eux, et de nombreux jeunes dans tout le pays idéalisaient leur mode de vie-outlaw, libre, violent. Ils étaient les «out» qui ont trouvé la force en se regroupant

L’envie a grandi en moi d’examiner les visages de ces nouvelles personnes à San Francisco à travers la lentille d’un appareil photo, à la lumière d’un studio, sur un fond simple, loin de leurs propres vies quotidiennes. J’ai suggéré aux éditeurs du magazine Look qu’ils devraient s’intéresser à un tel sujet. Ils ont immédiatement accepté. Leur journaliste des tendances sur la côte Ouest, George Leonard, avait déjà écrit une histoire à propos de ces nouveaux modes de vie. J’ai rencontré Leonard, notre collaboration a été immédiate et sympathique. Notre idée était que le seul texte qui accompagnerait les photos serait la stricte reprise des paroles prononcées par les personnes qui seraient photographiées

(tu peux voir ici une reprise du texte de l’article publié à l’époque sur les Hells Angels dans Look : http://selvedgeyard.com/2011/01/20/from-hells-angels-to-hitchcock-irving-penn-shot-them-all/ )

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HELLS ANGELS (SAN FRANCISCO), 1967

En 2008, ce tirage (numéroté 27/50) se vendait 27.500$, chez Christies à NYC au Rockefeller Center Plaza

 J’ai alors loué un vaste espace au deuxième étage d’un bâtiment à Sausalito dont la structure était assez solide pour supporter les lourds engins des Hells Angels. Il y avait un monte-charge pour les motos. L’exposition était orientée plein nord, comme je le souhaitais

 Choisir des individus /sujets parmi les hippies a donné lieu à des conversations sans fin.  A l’opposé, les Hells Angels eux ont rapidement accepté de venir – tout simplement pour une bonne rémunération. Ce fût plus rapide et plus facile. Nous nous sommes rencontrés un jour à midi dans un parc et l’affaire a été faite

Au cours de la séance de photos les hippies et les groupes de rock m’ont surpris par leur degré de concentration. Leurs yeux sont restés rivés sur l’objectif de la caméra ; ils étaient patients et doux. La « coolitude » typique que je redoutais de ce nouveau genre de personnes n’a finalement pas été un problème du tout

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Avec les Anges ç’a été autre chose. Ils étaient comme des ressorts tendus prêts à dépoter et à faire mal. Être enfermés à l’intérieur d’un bâtiment avec leurs précieuses motos (avec femmes et enfants, que je leur avais demandé d’amener) frustrait leur tendance naturelle à mettre la pagaille. Les retards et les provocations étaient sans fin. Pourtant, l’objectif hypnotique de la caméra et le confinement de l’atelier les ont tenus en échec assez longtemps pour que les photos soient finalement faites. Lorsque la séance fût terminée et que leurs motos hurlantes descendirent la route, je laissais échapper un profond soupir

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HELLS ANGEL (DOUG), SAN FRANCISCO, 1967

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En 2010,chez Phillips à NYC ce tirage (numéroté 20/ 40) était estimé entre 25.000 et 35.000$

J’ai adoré voir cette exposition … par hasard … découvrir cet artiste dont je ne connaissais que ces deux fameuses photos des Anges de Frisco en 67 … j’ai fait des recherches sur ces bikers, j’aurais aimé découvrir qui ils étaient, à quel Chapitre ils appartenaient, ce qu’ils était devenus … je n’ai rien trouvé. Si tu as des infos, penses à me les transmettre mon pioupiou, d’avance merci

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Quand je te dis que la moto ça nous mène à tout : à destination et à la culture                  Hummmm, c’est bon d’être un biker à Venise !

Aller, la Bise.

L’Hervé, your Berrichon friend

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MONSTER TRIKE


Hervé

Bonjour copain (et copine),

Aller, un p’tit dernier pour la route !

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Enfin, quand je dis « petit » … attends, tu vas wouar …

Bon, tout à ma vadrouille dans les Black Hills, il me fallait bien tout de même parfois m’arrêter pour remettre de la gasoline dans mon tank

Entrée sud de Deadwwod, de retour de Custer Park, je m’arrête donc à la pompe et je tombe nez à cul avec ça :z52

Késako ce truc ?

Un truck ?

(woui moa je ne dis plus « camion » depuis que je vais à les Amériques)

Bonjour le choc visuel !!

Je viens de tomber par hasard sur l’un des plus gros monster trike américains, le fameux UNDRPSI (un nom que l’on pourrait traduire pas Under Pressure / Sous pression) de Walt MOSS

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Les dimensions du machin sont proprement incroyables

Je regrette vraiment que les photos que je te propose ne permettent pas réellement d’en prendre la vraie (dé)mesure

Avec des pneumatiques 11R22.5, d’origine (43 pouces, soit 1,10 mètres la roue du truc / truck). Les roues d’origine quoi …

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Regarde la taille de la roue à côté du gars avec la chemise jaune derrière moi

Il a fallut 9 mois pour construire la bête qui est alimentée par un moteur V8 quatre temps double turbo 3208 Cat Diesel. Pour l’avoir entendu tourner je te confirme que le son est bien celui d’un (énorme) camion rugissant

Selon les versions, entre 450 et 550 chevaux avec boite manuelle de 18 rapports

Tiens, regarde à quoi ça ressemble un 3208 Cat (pour Caterpillar comme tu le sais)

Sturgis by Hervé 15 ième  épisodes et fin

On l’aperçoit encore au milieu des chromes …

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La fourche avant est elle aussi monstrueuse …

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Capot, calandre, pots d’échappement et avertisseurs d’un Kenworth T800 …

t800

… ont été utilisés

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C’est en 2013 qu’UNDERPSI fait son apparition au show-bike de Sturgis où il va remporter tous les prix dans la catégorie « Three Wheeler class » (tu m’étonnes)

En fait Walt MOSS est propriétaire d’une entreprise de transport à Lake Nebagamon (une bourgade d’un millier d’habitants dans le Wisconsin) …

Lake Nebagamon, WI locator map

…. de sorte que l’on comprend un peu mieux ce qui a motivé le design et la conception de l’engin

Deux énormes réservoirs d’origine eux aussi (de part et d’autre du poste de pilotage sous les marches-pieds) font du proprio l’ami de tous les pompistes d’Amérique du nord …

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Tu remarqueras que lesdits réservoirs sont aussi gros que le siège conducteur lui-même …

Tu t’en doutes …

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 … je n’allais tout de même pas laisser partir la bestiole …

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… sans rouler un peu à ses côtes

z57Et effectivement, tu prends la mesure de ce tricycle lorsqu’il se meut dans le trafic …

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… notamment lorsqu’il double deux autres trikes Harley Davidson qui ressemblent à ses côtés à deux youpalas pour enfant (tu connais le trike Harley, ça n’est pourtant pas un petit format). Je ne suis toujours pas revenu de mon étonnement quelque mois après avoir fait cette photo

Je dois te faire un aveu …

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… de tout mon séjour dans la région, je n’ai commis qu’une seule erreur sur la route …

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… celle d’avoir oublié qu’on ne roule pas impunément derrière un diesel de presque 600CV qui envoie la sauce …

Huit mois après mes poumons et mes yeux s’en souviennent encore …

 Le monstre en mouvement : https://www.youtube.com/watch?v=aC9hBTKqPmg

Voilà mon titi joli, c’est fini !!!

J’espère que ce petit récit t’a diverti ces deux derniers mois. Et surtout qu’il t’aura donné l’envie d’aller user un peu de gomme dans cette superbe région

It worths it, believe me

Aller, il est temps de reprendre la route …

La Bise.

L’Hervé, your Berrichon friend

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STURGIS : VINTAGE PLACES


Hervé

Bonjour copain (et copine),

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Sturgis, on a presque tout vu (i’a encore tout de même pas mal de choses à en dire – le muséum moto, le hall of fame, les courses, les bike-shows, le Buffalo Chip, les concerts – mais franchement, vu l’immensité de la chose, six jours ne m’ont pas suffi à tout voir. D’autant que ça n’était pas cela que je venais voir / faire comme tu le sais … Mais bon : excellent prétexte pour y retourner … surtout qu’en 2015 on annonce une sacrée teuf pour les 75 ans  …)

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(photo ultra classique de main street, désolé, tu n’y échappes pas )

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   (rue perpendiculaire à main street, qui la coupe approximativement en son milieu )

… il me reste à te signaler un ou deux petits z’endroits où il faudra absolument que tu te rendes au nom des trois préceptes qui animent tout vrai motard :

- y aller pour rouler,

- dire, moa j’y ai été,

- faire LA photo !

Aux alentours (comprendre dans les 150 / 200 km de rayon autour de Sturgis), des sites / paysages remarquables donc mais aussi de nombreux bleds qui proposent aux bikers (dans le Dakota du Sud et même dans le Wyoming) de les accueillir comme à Sturgis : des bars, des marchands du temple et la local main street proposant elle aussi SA bike week

Ainsi tu vas retrouver à peu près partout l’ambiance que tu es venu chercher …

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HULETT, WYOMING, 160 km au nord-ouest de Sturgis (Devils Tower)

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HILL CITY, SOUTH DAKOTA, 95 km au sud de Sturgis (Mémorial Crazy Horse)

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CUSTER, 120 km au sud de Sturgis (Custer Park)

Start fun bike's Sturgis

KEYSTONE, 80 km au sud de Sturgis (Mont Rushmore)

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Et bien évidement DEADWOOD

Etc., etc., etc. … du coup, certains bikers passent une ou deux semaines dans ces patelins sans parfois même ne jamais mettre un pneumatique à Sturgis  …

Ceci dit, il y a deux « spots » très sympas à voir pas très loin de Deadwood  …

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… qui vont te propulser dans l’Amérique des fifties et où tu pourras faire de chouettos photos

Justement, à la sortie sud de Deadwood, au 306 Cliff Street, sur la US 85, Start fun bike's Sturgisdirection Mont Rushmore, tu vas tomber sur  …

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    DEADWOOD CUSTOMS & CLASSICS         

Carrément géant !

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L’endroit où tu es obligé de faire quelques photos …

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Etrangement le site est constamment fermé … encore plus étonnant tu vas avoir tout le temps qu’il te faudra pour faire tes photos

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Pendant que les bikers se marchent sur les pieds dans main street Sturgis, ici … personne. Je suis passé plusieurs fois devant ce bouclard (espérant qu’il soit ouvert) et à chaque fois, closed et pas un chat … si ce n’est un ou deux gonz comme moi qui faisaient des photos. De retour en France j’ai fait des recherches et n’ai rien trouvé sur ce lieux (assez grand, en excellent état) … je suppose que c’est un customizer local qui ne travaille pas tous les jours … étonnant néanmoins qu’il soit fermé durant la bike week … à voir en tous cas.

En poursuivant sur la même route, tu vas enquiller sur la US 385 (à gauche en sortant de Deadwood sud) et tu vas passer devant les BOONDOCKS

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Diner, museum, memorabilia, coffee shop, gas station

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Le lieu est étonnant. Tu vas y trouver pas mal de monde dans une ambiance année 50, café / bière à la main …

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… et un bric à brac pas possible de trucs et machins, certains real vintage et d’autres vintage made in China … z47

… ainsi qu’un certain nombre de wouatures anciennes en relatif bon état à vendre …

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Le lieu est assez grand, tu peux facilement y passer une heure ou deux après avoir fait le plein en discutant avec pas mal de gars qui comme toi n’ont de toute façon rien d’autre à faire … z43

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Au fil des kilomètres dans la région tu tomberas régulièrement sur des endroits comme ceux-ci qui te feront dire que, oui vraiment, tu as bien fait de quitter Sturgis main street et ses bars saturés à bière trop chère

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Aller mon pioupiou, on a presque fini, il me reste à te parler de l’engin qui m’a le plus étonné durant ce séjour dans les Black Hills ; que j’ai croisé sur la route totalement par hasard …

One last post soon

La suite bientôt donc …

La Bise

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L’Hervé, your Berrichon friend

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Les motos tout(es) en couleur de STURGIS


Hervé

Bonjour copain (et copine),

Ça y est, on va causer brélons et on va en wouar maintenant … l’était temps non ?

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Ainsi donc te disais-je, c’est … le grand retour de la couleur, de la peinture qui déchire son berrichon, colorée, mélangée, partant « dans toutes les directions » … c’est l’avènement de la 30 inch front wheel (la 21 est enterrée) et l’affirmation des baggers « inroulables »  …  C’est l’actuelle mode motarde ricaine sur les rassemblements …

A noter que le style Old School est ici quasi absent (à l’opposé de ce qui se passe à Daytona) …

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… d’ailleurs c’est marrant, un des rares stands à te proposer ce genre de customisation vient justement de Daytona, BLINGS CYCLES qui ont en Floride une réputation bien établie déjà …

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Quelques un traînent dans les rues … mais avec ce genre d’engin, tu restes scotché sur main street à faire le kakou …

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… quasi-impossible d’aller tailler la route des heures dans les Black Hills avec ça …

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… et le vintage est à peine plus présent …

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… tu verras quelques très beaux spécimens mais ils seront rares,

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ça relève de l’exceptionnel …

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Knuck’ et Pan’ ont toujours la cote

Donc te disais-je, de la COULEUR

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… encore de la couleur …

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n

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… jusqu’à l’indigestion (voire, au grand n’importe quoi) …

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(roule devant, je te suis … de très loin … je préfère qu’on ne nous voit pas ensemble)

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… de la GROSSE ROUE …  (mini 30 pouces sinon en dessous tu fais petit joueur)  

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… et même sur non bagger

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Sais pas quoi penser de cet engin là …

… et justement, en parlant de Baggers, alors là c’est l’escalade …

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Tous plus bas les uns que les autres …

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… avec pour nombre d’entre eux système hydraulique incorporé de gestion de la garde au sol …

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Quid de la fiabilité, du confort … ???

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J’ai des doutes (pas sur le prix dudit système par contre)

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Les moteurs, bien sûr beaucoup de HD, de S&S et autres marques américaines (on compte de l’ordre d’une quinzaine de fabricants de moteurs en V type HD aux USA), beaucoup sont turbo compressés, les cylindrées sont les plus grosses possibles … toujours plus, c’est l’Amérique !

On relève aussi un gros travail sur l’évolution de la traditionnelle forme avant …

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… dite Bat Wing

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Alors bien sûr, ce genre de brélon, tu en as plein les stands d’exposants, en veux-tu en woualà … sauf que dans la rue (à part sur main street), t’en woua pratiquement pô. Bin woui … au-delà du prix (on tape dans les 30 mille boulons américains, voire plus, ce qui aux US est très cher) … c’est « inroulable » (échappements libres qui rendent sourd, selles symboliques casse coccyx, guidons casse épaules, amorti réduit, roue avant idéale en ligne droite et bonjours les virages sous la pluie ; tout ceci sans parler de la peur des rayures sur ta peinture à 15.000$)

Quant aux bikers qui sont venus ici avec ce type d’engin (les quelques que tu aperçois en train de rouler), ils sont arrivés en trailer … (tu n’en croises absolument aucun sur les routes alentours).

« Inroulable » te dis-je …

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… ah bin le monsieur là, malgré un sérieux souci à la jambe gauche il n’est pas d’accord avec moi dis donc …

Bon aller, j’arrête de faire mon critiqueur, la fois prochaine je te parle de les quelques motocyclettes qu’a’ m’ont bien plus à moa à la Sturgis bike week.

La suite bientôt donc …

La Bise.

L’Hervé, your Berrichon friend.

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La Mode à STURGIS


Hervé

Bonjour copain (et copine),

Bon, revenons tout de même un peu à STURGIS …va bien falloir à un moment ou un autre que je te cause motocyclette … je vois bien que tu n’attends que cela depuis des semaines que je te remplis la boite électronique avec mes souvenirs des Black hills …

Rien d’original, dans ces terres de l’intérieur, du Texas au Dakota du sud, dans le heartland (tu n’es pas en Californie, les Everglades ou à NYC) tu croiseras 90% de Harley, le reste des 10% est laissé en pâture à nombre de Gold Wing Honda, RT1200 BMW, quelques Indians, de plus en plus de Victory, des Monster Ducat’ … quelques improbables café racer font de rares apparitions …

Et pour ce qui est des 90% de HD en question, le parc est lui-même composé à plus de 80% de ceci

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Que du bel et bien traditionnel dans la gamme

Les 20% restant allant du chop’ au old school en passant par de monstreux baggers et nombre de prépa’ qui ressemblent plus à des œuvres d’art qu’à des motos

Très rigolo de constater aussi que le style gommard arrière de mamouth qui a tant de succès à DAYTONA (dans l’Etat champion du monde des lignes droites de 100km)  …


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… bin ici, il n’y en a (presque pas). Mis à part c’est deux furieux, n’en n’ai pas vu d’autres … Raaah, woui, c’est vrai, on est en montagne …

Alors, c’est quoi la mode motarde à les USA en ce moment ?

Bon la mode à Sturgis cette année, bin, ça commence d’abord par les galurins vieux gars ! … le style STEAMPUNK fait des émules de plus en plus nombreuses …

 My Dream Sturgis by L'Hervé

    Le branchouille porte le chapeau Steampunk style

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Donc préparez-vous les gens, dans deux trois ans, vous allez voir apparaitre ces chapeaux de tous côtés dans les rassemblements européens (ç’a déjà commencé d’ailleurs)

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David UHL lui aussi surfe sur le genre avec sa seconde STEAMPUNK Lady 

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      Et ses clients lui confirment qu’il a bien raison          

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 C’est simple,

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Y’en avait partout …

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… ça t’intéresse pas hein mes zistouare de chapô ???

 ll y a bien quelques wouatures Steampunk aussi …  … ça te plait toi les wouatures ?

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Bon, le second machin-chose que tu remarques à Sturgis cette année c’est  … le grand retour de la couleur, de la peinture qui déchire son berrichon, de peintures tellement colorées, mélangées, partant « dans toutes les directions » … c’est l’avènement de la 30 inch front wheel (la 21 est enterrée) et l’affirmation des baggers inroulables  …

Aller, je te montre ça plus tard  … la suite bientôt.

La Bise.

L’Hervé, your Berrichon friend.

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Le SIOUX LAKOTA est un BIKER comme les autres …


Hervé

Bonjour copain (et copine),

J’ai découvert que le Sioux Lakota, tout comme le Berrichon, peut faire un excellent amateur de custom bike !

L’été dernier dans les BLACK HILLS, je crois que ce qui m’a le plus impressionné, qui m’a réellement surpris (par le gigantisme de l’entreprise – dans tous les sens du terme), qui m’a vraiment plu, ça n’est pas le Mont Rushmore comme je m’y attendais …

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Pourtant, il y a de quoi, le site est remarquable …

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Non, vraiment le « truc » qui m’a décollé la pulpe, se trouve à quelques kilomètres à peine d’ici …

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 … j’ai adoré ce site du CRAZY HORSE MEMORIAL

D’abord parce que je n’en connaissais pas l’existence, je croyais que seul le Mont Rushmore était le « gros truc » dans la région … alors que justement, le (futur) gros truc du coin est (sera) bien ce site … à terme …

Et aussi parce que, chose totalement inattendue, le lieu allait me ramener … au monde de la motocyclette américaine … le crois-tu mon titi ?!!!!!!

De quoi s’agit-il ?

Binsagi de ça :

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C’est simple, quand tu arrives sur le site et que, comme moi, tu ignores où tu te trouves et de quoi il s’agit … tu ne comprends rien à ce que tu aperçois au loin sur la montagne

Du moins te dis-tu que visiblement i’a un monsieur qui semble avoir sculpté la tête d’un autre monsieur là-bas dans la montagneuuuu et qu’a aussi fait un trou dedans … Si,si !

La maquette du projet à l’état fini 1 (747)

La réalisation du CRAZY HORSE MEMORIAL, taillé dans la pierre à l’instar du Mont RUSHMORE, a débuté il y a plus de 60 ans

Si les travaux suivent leur cours, cette statue devrait être la plus grande au monde aux alentours de 2060. Pas moins !

The welcome Center at Crazy Horse

Le CRAZY HORSE MEMORIAL est une idée folle démarrée en 1948 par le sculpteur KORCZAK ZIOLKOWSKI avec l’ambition de construire la plus grande statue du monde en l’honneur de « Cheval Fou », TASHUNKE WITKO de son vrai nom, amérindien de la tribu des LAKOTA – peuple SIOUX (comme tout le monde le sait n’est-il pas ?!)

CRAZY HORSE « s’est fait un nom » en combattant les Américains pendant leur expansion vers la fin du XIXème siècle

Cette photo est superbe non ?!

Les chiffres donnent le vertige : 195 mètres de longueur pour 172 mètres de hauteur

La tête fait 27 mètres de haut (celle des présidents du Mont Rushmore font 18 mètres)

Une fois terminé l’ouvrage aura 2,5 fois la dimension du Mont Rushmore. Titanesque !

L’histoire raconte que KORCZAK ZIOLKOWSKI avait reçu en 1939 une lettre du chef amérindien HENRY STANDING BEAR  qui voulait « que l’homme blanc sache que l’homme rouge a de grands héros, lui aussi »

Sculptor Korczak Ziolkowski and Lakota Chief Henry Standing Bea

Quelques années plus tard, le sculpteur commençait le travail en utilisant ses propres fonds

La posture de Crazy Horse sur son cheval pointant l’horizon est tirée d’une anecdote historique

Native American exhbit

Lorsque les représentants américains arrivèrent pour chasser les amérindiens, l’un d’entre eux aurait demandé à CRAZY HORSE où étaient ses terres

Il aurait répondu en fixant l’horizon : – «  Ma terre est là où sont enterrés mes ancêtres »

La construction devait durer 30 ans. Depuis le début des travaux plus de 8 millions de tonnes de roches ont été retirées de la montagne. Le visage est visible depuis 1998. Alors qu’il pensait réussir son tour de force en 30 années, ZIOLKOWSKI s’est éteint le 20 octobre 1982 en laissant à son épouse ces mots : – « Tu dois travailler sur la montagne, mais va lentement et fais bien »

Elle a géré le mémorial et poursuivi l’œuvre de son mari avec ses enfants (5 garçons et 5 filles – seuls 3 ne sont pas dans le projet) et petit enfants …  elle s’est éteinte le 21 mai 2014

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A l’origine, ZIOLKOWSKI ne sait rien des Sioux. Il travaille quelques mois avec JOHN GUTZON BORGLUM (le « père » du Mont RUSHMORE), puis il leur rend visite à PINE RIDGE où il découvre la culture et l’histoire des indiens des plaines

En 1939, Ziółkowski remporte le premier prix à l’Exposition Universelle dans la catégorie sculpture. Sa renommée ainsi que sa connaissance de la région des Black Hills incitent plusieurs chefs Lakota à l’approcher pour lui demander de réaliser un monument destiné à honorer les Amérindiens. Ziółkowski rencontre les chefs peu de temps après et commence les plans et ébauches de son monument

Il rencontre également Ruth Ross, jeune amatrice d’art, qui deviendra sa femme quelques années plus tard

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sturgis8-11-jdmZiółkowski met son projet en attente alors que les États-Unis entrent en guerre en 1941 Il s’engage dans l’armée des États-Unis et est blessé à Omaha Beach en France en 1944

En 1947 il choisit de s’installer dans les Black Hills et commence à chercher une montagne adaptée à son projet. Ziółkowski estime que les Wyoming Tetons constitueraient le meilleur choix, mais les Lakotas souhaitent que le mémorial trouve sa place au sein des Black Hills, qui sont pour eux sacrées, sur une montagne d’approximativement 196 m (il finance lui-même l’achat des premières parcelles)

Le 3 juin 1948 a lieu la première explosion. En 1950, Ziółkowski et Ruth Ross, qui est devenue volontaire sur le chantier, se marient. Le travail se poursuit lentement, Ziółkowski refusant l’aide financière du gouvernement fédéral. Il finance son projet en faisant payer l’accès au site

A sa mort en 1982, il est enterré dans une tombe creusée à la base de la montagne. Sa femme Ruth reprend le projet en tant que directrice de la Crazy Horse Memorial Foundation

Sept de leurs dix enfants poursuivent les travaux et/ou sont impliqués dans la fondation

De nos jours, le site (immense) propose une université, un musée, des spectacles et de l’artisanat indien

Aucun financement public ou fédéral, tout sur fonds privés

Une entreprise (familiale) de titan …

Remarque la taille des véhicules et autres engins de chantier pour te faire une petite idée des dimensions …

Pour la petite histoire, tous les peuples amérindiens ne soutiennent pas le projet, arguant du fait qu’il est sacrilège de proposer une représentation de CRAZY HORSE (qui lui-même n’aurait jamais pu être pris en photo – il y a toute une controverse au sujet de la seule photo supposée de lui ….)

bronze statue outside the Crazy Horse welcome center

La visite vaut vraiment le coup (le site est bien plus intéressant que le Mont Rushmore à mon humble avis)

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1 (760a)Mais là où ça devient carrément fun et totalement inattendu pour le biker qui n’arrive plus à sommeiller en toi c’est que le mémorial te renvoie … au monde de la motocyclette américaine. YES !!!

Au hasard des diverses salles du musée …

…tu vas tomber nez à nez (à ton grand étonnement) avec une moto tribute to KORCZAK ZIOLKOWSKI

an amazing motorcyle on disply in the Welcome Center at Crazy Horse memorial

On doit cette moto dénommée WARRIOR à Johann GYVER master builder d’ELITE CUSTOM MOTORCYLES, de Prescott en Arizona (cadre softail et moteur Harley Davidson 2005)

Mais là où ça devient vraiment sympathique c’est lorsque tu en connais l’histoire.

Ma terre est là où sont enterrés mes ancêtres 

an amazing motorcyle on disply in the Welcome Center at Crazy Horse memorial

Afin de récolter des fonds, le mémorial de longue date organise des loteries qui mettent en jeu, je te le donne Emile … des motocyclettes !!!!

an amazing motorcyle on disply in the Welcome Center at Crazy Horse memorial

Ainsi donc, WARRIOR, enjeu de l’un de ces tirages au sort a permis, en 2006, de vendre 13000 billets de loterie totalisant au passage 200000$ de collecte

Le 12 août 2006, la président du mémorial Ruth Ziolkowski et Deb Martin boss d’Elite Customs tirent au sort le billet n°04399 qui avait été acheté par un certain Andy Bober

Andy et sa femme Brenda ont toujours eut une moto

Tradition familiale remontant au temps d’un grand-père qui était  … concessionnaire INDIAN à Saint-Louis (tu le crois ? ça peut pas s’inventer ça !!!!)

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Estimant que la moto était un tel hommage à Ziolkowski, à son travail, au mémorial … Ils décidèrent ni plus ni moins d’en faire don au musée afin que tous visiteurs puissent l’admirer

Joli geste ain’t it ?!?!!!

A l’été 2014 on pouvait admirer un superbe Street Glide, objet de la loterie en cours (le billet 20$, les trois pour 50$)

C’est la concess’ HD de Rapid’ City qui a permis de mettre cette motocyclette en jeu

En septembre 2013, c’est Steve KOONTZ (le boss de Koontz Farms à Shelbyville), qui avait construit le custom en jeu …

An Army motorcyle which could be won by someone

 Septembre 2012 …

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2011 …

2010 …

Etc …

Tu sais donc maintenant que les Amérindiens des Black Hills sont des bikers comme toi et moi. Si tu passes dans le coin arrête-toi une paire d’heures les saluer, ça en vaut vraiment le coup

Un œil à jeter ici : http://crazyhorsememorial.org/

Aller, la suite bientôt

La Bise

L’Hervé, your Berrichon friend

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Sturgis Bike Week (9) : DEADWOOD ville de légende


Hervé

Bonjour copain (et copine),

Mais la vérité vraie en fait c’est que … non, on ne va pas à STURGIS pour la bike week !

On ne va surtout pas à STURGIS !

Bin wouais …

Je te l’ai dit, la ville est laide, surpeuplée et souvent excessive

Non, ceux qui savent ne vont pas à STURGIS même, ils vont à …

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Bon, je fais le malin là mais à vrai dire, je n’en savais rien non plus ; j’ai séjourné à DEADWOOD pour la simple et unique raison que c’est là que David UHL résidait et qu’il m’avait collé dans le même hôtel que lui

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Et DEADWOOD, ç’a été pour moi la divine surprise dans le DAKOTA DU SUD

DEADWOOD a été fondée illégalement sur un territoire indien concédé par le gouvernement américain par le traité de Fort Laramie en 1868 au peuple LAKOTA

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En 1874, le colonel Georges Armstrong Custer annonça la découverte de gisements d’or dans les Black Hills provoquant une ruée vers l’or et la fondation de Deadwood qui devint en 1876 un ville réputée pour ses « bandits-manchots » et ses maisons closes (base du scénario de la série télévisée Deadwood)

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En quelques années, la ville devint renommée pour ses prostituées mais aussi pour avoir été le théâtre du meurtre de WILD BILL HICKOK

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… et pour être le lieu de sépulture de CALAMITY JANE

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Le chop’ de BETSY HUELSKAMP est immatriculé en hommage à cette héroïne de l’histoire des USA

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En 1879, la ville fut dévastée par un incendie puis reconstruite

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Elle continua de prospérer, devenant un centre minier important des BLACK HILLS

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1 (173)En 1961, la ville fût inscrite au patrimoine national américain

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DEADWOOD se trouve dans un écrin de verdure au coeur des montagnes à une vingtaine de kilomètres de STURGIS ; c’est une petite ville superbe et préservée à l’architecture remarquable

Pendant la bike week il y a effectivement du monde, mais l’ambiance y est calme, on y a de la place, on y respire. C’est ici que viennent loger les participants à la bike week qui veulent un peu de calme tout en étant complétement immergés dans la fête mais aussi dans l’histoire des USA.

Comme on dit là-bas : – « This place is a must see / be »

En gros : l’endroit où il faut être …

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Bienvenu dans les BLACK HILLS !

Tu y retombes en enfance, tu te remémores tous ces westerns que tu regardais gamin et tu cherches John Wayne à chaque coin de rue … et bien sûr, tu te promets de ressortir toute ta collec’ de vieux PIF GADGET et de PILOTE pour te relire l’intégrale de TEDDY TED et de BLUEBERRY

Surtout … ne viens pas me dire là que tu ignores ignare qui est TEDDY TED !!

(bon, d’accord, là je m’adresse plutôt aux vieux …de mon âge … qui ont encore un peu de mémoire)

 TEDDY TED, une série de BD française, bien de chez nous !

Créée en 1963 par Jacques Kamb (scénariste) et dessinée par Yves Roy. Au bout de trois épisodes, ils cédèrent la place à Roger Lecureux (scénar’) et Gérald Fortonau (dessin) qui en firent la réputation

(le nom du personnage choisi par Kamb s’inspire de l’allitération formée par le nom de Lucky Luke)

On a le droit de lui préférer BLUEBERRY (créé en 1963 lui aussi)

 Enfin bon, tout ça pour te dire dans quelle ambiance tu vas te retrouver à DEADWOOD (ce qui ne sera absolument pas le cas à STURGIS)

C’est simple, pour te permettre de mieux saisir mon enthousiasme concernant cette ville, je dirais que l’on pourrait la comparer à un PROVINS ou un SARLAT en FRANCE (alors que Sturgis m’a beaucoup plus fait penser au parking d’Auchan Fontenay-sous-Bois … qui me fait un effet tout autre … vas comprendre)

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C’est pas tout lapinou (non pas toi Gégé) : main street est agréable, bordée de nombreux casinos et de quelques restaurants proprement étonnants dans la mesure où en 30 années d’aller-retours divers et variés aux USA, je n’ai jamais aussi bien mangé qu’à Deadwood …

… et bu !

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On s’est notamment trouvé deux restaurants avec une cave incroyable. Un petit Saint-Emilion à tomber … tellement inattendu ici …

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(par contre le prix pas inattendu du tout, je te confirme que ça m’a coûté un œil …)

 Tu te rendras donc au casino MIDNIGHT STAR, sur main street (juste en face du GOLD DUST)

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…  et monteras au dernier étage au restaurant ouvert par KEVIN COSTNER, le JAKES

Tu peux arriver en tee-shirt et casquette de base ball et tee-shirt …

… mais n’oublies surtout pas d’une part de réserver avant (c’est blindé de monde) et surtout …

… comme Green Lantern, ton pouvoir vert

 

Donc DEADWOOD, oui da, c’est là où il faut être, qu’on se le dise !

Sinon, à signaler aussi, un peu plus loin plein sud sur la route du Mont RUSHMORE, tu peux loger à HILL CITY (ou à KEYSTONE). Très chouette aussi, plus petit que DEADWOOD

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Pas mal non plus, par contre ça t’éloigne un peu de STURGIS … mais c’est un détail sans importance et ça te fera rouler un peu plus

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Une dernière précision

Si l’’envie te prend de séjourner dans ces petites villes, réserves très, très vite.

Les places sont rares et surtout lorsque les bikers quittent les hôtels du coin pour rentrer chez eux une fois la bike week terminée … ils réservent immédiatement leur chambre pour l’année suivante.

Résultat : peu de disponibilité et des prix déments (300$ la nuit … grâce à David j’ai eu ma piaule à 150$ … j’ai dit merci)

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Aller, la bise, la suite bientôt.

L’Hervé, your Berrichon friend

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