Petit détour par les Carpates de Pologne…

La route est un mythe, un concept, une obsession, une thérapie… Quand je la reprends, à chaque fois, tous les nœuds de l’intérieur se desserrent instantanément et c’est que j’en avais des nœuds à force de chercher des renseignements sans cesse contradictoires sur la traversée de l’Ukraine. Histoire de me chauffer un peu sans me jeter directement vers la frontière du pays maudit, je suis remonté vers la Slovaquie. La route s’étirait entre les plaines agricoles et les collines lointaines. Quelques ondées bien tassées, je n’aurai eu droit à la trêve météorologique que pour mon séjour à Budapest. Une centrale nucléaire, quelques putes tristes, il n’y a pas grand chose le long du chemin. Après Milscols, ça devient un peu plus montagneux, on pénètre dans les contreforts des Carpates et on entre en Slovaquie. Kosice, Presov, personne ne connaît ces villes-là, tout le monde s’en fout, elles sont un peu moches et tristes. Des usines en ruines héritées du communisme se mêlent aux centres commerciaux hérités du libéralisme, tout ça est relié par des routes défoncées par le temps ou les travaux. Sorti de ce paysage féérique, la route  défoncée serpente dans les montagnes douces jusqu’à la frontière Polonaise, j’échange quelques euros contre des Zlotys et puis on discute entre motards arrêtés au bureau de change. C’est étrange le langage motard; on arrive très vite à se comprendre alors que personne ne parle la même langue. Les sujets de discussions sont sommaires, certes, d’où tu viens, où tu vas, elle est cool ta bécane ; il faut admettre qu’on ne fait pas de philosophie, mais il y a un truc,toujours; un fluide, un courant positif, le juste opposé de ce qu’on ressent, par exemple, avec des douaniers. Les deux Biélorusses étaient tout contents de prendre tout le monde en photo et les trois polonais riaient à gorge déployée.  J’aurais dû leur demander où on pouvait dormir dans le coin, parce qu’avec tout ça, le soir tombait vite et pas un seul petit hôtel sur cette route de frontière. Je me suis échoué dans une espèce de terrain vague humide ; après tout, il n’y a plus de trou dans ma tente, je devrais survivre un soir de plus  à la pluie nocturne avant d’aller chercher la frontière Ukrainienne dès le lendemain…

2 thoughts on “Petit détour par les Carpates de Pologne…

  1. Bonsoir je viens de tomber sur ton blog chapeau pour ton courage et je vais essyer de te suivre
    Bon courage et mercie de me faire révè par ta lecture

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