Les motards moscovites

Vitali  roule en Harley. Sans être complètement biker, puisque l’hiver  il roule en Oural. Il aime cette position de conduite qui m’a toujours semblé ridicule. Bras en l’air et pieds en avant, il arrive malgré tout à se glisser dans les gigantesques embouteillages. A Moscou, les embouteillages concernent peu les motos ; les avenues sont tellement larges qu’on se glisse à peu près partout sans problème et la moindre mobylette larguera toujours à chaque feu rouge, les Porsche, les Hummer, les Maserati, tous les tanks de banquiers et d’oligarques …mais à Moscou il n’y a pas de Mobylette. Il y a beaucoup de Harley, de Gold Wing déguisées en fête foraine ou de japonaises sportives qui remontent les bouchons à fond la poignée bien dressés sur la roue arrière. Tous les soirs, les motards se regroupent sur l’esplanade qui domine toute la ville devant l’Université. Ils se rassemblent beaucoup, comme les oiseaux sur les fils à l’arrivée de l’automne; les motards savent que la neige arrive bientôt et qu’ils vont devoir rentrer pour quelques mois dans de tristes coquilles à quatre roues coincées dans les bouchons. Les grands boulevards où ils pouvaient  faire hurler leur soif de liberté vont devenir une prison pour six mois. Ils trainent aussi dans un petit quartier  de bistrots en bois qui leur est réservé, quelque part entre une autoroute et une voie ferrée. On y accède en passant derrière une station service, c’est comme un passage secret pour arriver au pays des  derniers cowboys de Russie …

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