Fédération des motards en Oural…

C’est encore le providentiel Vitali qui m’a tiré d’affaire, enfin qui m’a permis de changer de chapitre, ce qui ne m’a pas pour autant tiré d’affaire. Dima, un sympathique père de famille, est venu me pécho dans l’appart qu’il me fallait quitter le jour même, la moto a démarré au kick,  ça s’annonçait plutôt bien. Il n’avait plus qu’à m’emmener dans un garage perdu en périphérie où toute une petite bande bricole les bécanes dans un bouclard à l’ancienne. On commence à démonter, mais ça sent le roussi, après avoir mis des charbons de Lada sur ma Béhème j’ai cru que j’étais tiré d’affaire, mais en fait pas du tout : mon alternateur, il est  super mort. C’est con, j’en ai baladé un de secours pendant toutes mes virées africaines, mais là, comme il me fallait de la place pour mon matos de neige, je l’ai laissé dans mon garage.  Bon, on ne va pas s’affoler, il y a, paraît-il, toujours des solutions, on verra demain. Je repars avec le sympathique père de famille qui, entretemps, a déposé le bébé à la maison. On s’est tous filé rendez-vous dans un bar à motards au dessus duquel il y a un  hôtel, mais à peine rentré dans la bagnole, l’aventure a de nouveau basculé…Les motards russes, c’est une sacrée corporation, c’est d’ailleurs pour ça que Dima est venu me chercher à domicile pour m’emmener dans ce petit atelier où on s’est tout de suite occupé de moi. Mais, le téléphone a vibré, il fallait d’urgence partir en mission. Les motards d’Yekaterinburg se sont associés pour mettre au point un système qui les prévient tous par SMS si un des leurs a été victime d’un accident. Ils débarquent en masse pour porter assistance à la victime, prévenir sa famille et éviter que le chauffeur de la bagnole ne soudoie les flics pour faire un peu changer la déposition en sa faveur. Ils vérifient aussi que la moto était en règle et si c’est le cas, ce sont eux qui récupèrent la bécane accidentée avant qu’elle ne soit emmenée par les services officiels d’où il est très difficile et très cher de l’extirper. On a donc patrouillé dans la ville d’accident en accident, un peu comme des flics ou comme le Samu. On a commencé avec un petit trail encastré dans une Mercedes qui avait fait demi tour au milieu d’une quatre voies…Dima va causer avec les flics, fait des photos et s’inquiète de l’état du blessé qu’il va visiter pour savoir si tout va bien, ensuite on remonte dans la bagnole, nouvel appel, on repart ; une vraie patrouille, en fait . Deuxième accident, plus trash celui-là, un mec bourré, à pied sur l’autoroute, se fait percuter par une Honda GoldWing, elle même percutée par la bagnole qui suivait. Le piéton est mort, étendu par terre avec un chiffon sur la tête, le motard s’en est plutôt bien tiré, il a glissé longtemps, n’a rien heurté et s’est pété les deux poignets ; mais où sont donc passés les trois  cent cinquante kilos de la Gold Wing ?  Nous les retrouvons beaucoup plus loin, dans la forêt. La moto est coincée au milieu des bouleaux ; comment elle a fait pour finir là, ça reste un mystère. Aucun arbre n’est cassé, s’est elle envolée avant de s’encastrer au milieu des arbres. Dima attend longtemps l’inspecteur, il veut savoir où est parti le pilote et qui va récupérer la moto…On finira bien tard dans le bar à motard ( triple rime riche)  mais c’est très bien, it’s to late for vodka, qu’on me dit…je suis sauvé ; une petite soupe et au lit…

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