la vie au bureau

Je dors dans un canapé un peu dur qu’on m’a installé dans un bureau vide. Cet endroit est étrange ; un vieil immeuble en brique planté dans un environnement hétéroclite mais quand même bien post industriel, ici on appelle ça « constructiviste » ; dans ce bâtiment, il y a des bureaux, des locaux techniques, des entrepôts, des cuves, des tuyauteries, une grande cantine-salle des fêtes où je prends mes repas…je n’arrive toujours pas à comprendre si les bureaux font partie d’une même entreprise ou si ce sont des locations séparées, il faudra que je me renseigne, mais en même temps, ça n’a aucune réelle importance. Sur le côté, il y a le hangar où m’a moto désossée jusqu’à l’épure, espère un jour reprendre la route et  derrière les barbelés, c’est une usine mécanique qui fabrique des trucs pour l’armée…  
il y a souvent en Russie des usines qui fabriquent de trucs pour l’armée, mais c’est comme pour les bureaux, je ne sais pas vraiment ce qu’on y fait, sauf que je m’en fous moins, parce que vu l’état de l’usine, je préfèrerais que ça ne pète pas tout de suite. En sortant de mon hangar pour traverser la cour, j’ai croisé une autre activité du secteur : une camionnette qui déchargeait des têtes de vaches. Le gars qui s’occupait de ça avait un tellement petit front que je l’ai presque confondu avec les têtes de vaches. J’ai pas osé lui dire bonjour, j’ai eu peur qu’il me morde. Dans les arrière-cours, c’est un peu comme dans les villages en bois des campagnes boueuses, on y rencontre parfois des humains d’une espèce plus vraiment humaine, ils sont toujours vêtus d’un subtil mélange de tenue camouflage et de survêt à rayures, c’est pas très élégant, mais bon, c’est un style. Le style avec lequel on a pas trop envie de faire la causette. 
Pour démonter la boîte de vitesse, il faut un chalumeau, alors on m’a prêté un engin chinois, un petit brûleur façon camping gaz mais qui s’éteint tout le temps et crache autant le feu par devant que par derrière. J’ai dit à mon nouvel ami du hangar dont je ne connais pas encore le nom que c’était pas terrible comme matériel. Il m’a dit que pas de problème et dix minutes après, il est revenu avec un truc gigantesque qui crachait le feu comme un vrai lance flamme;  là, elle a eu son coup de chaud ma boîte. C’est comme ça en Russie, on trouve toujours des solutions à tout, on aime l’industrie lourde et on sait faire avec !

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