retour en Russie

Les passages de douanes sont toujours remplis à ras bords de surprises….on m’avait prévu le pire au passage russe, j’avais pris l’habitude de passer les contrôles Mongols en quelques minutes. Je ne sais pas ce qui s’est passé, un basculement cosmique, la sortie de Mongolie m’a pris deux heures à cause d’un papier que je n’aurais pas eu et que j’aurais dû avoir ; le chef des douaniers a appelé le poste par où j’étais rentré, qui lui même devait contacter la base locale qui après en avoir référé à la capitale devait recontacter mon chef à moi, qui m’avait néanmoins confortablement installé dans son bureau où je pouvais dessiner tranquillement en attendant la sortie. Le cheveu gris et le dessin, ça facilite le contact avec les chefs. Trois caricatures plus loin, la situation a commencé à se dénouer. De toute façon, j’avais, presque malgré moi, décidé de la jouer flegmatique. Il semblerait qu’à l’entrée, on ait mal retranscrit le numéro de ma plaque d’immatriculation…depuis qu’il faut des visas pour venir en Mongolie, toute la paperasserie  en a pris un sacré coup au rayon des complications. Passé côté Russe, je comptais sur la présence de ma douanière de l’an dernier que j’avais réussi à recontacter grâce aux technologies modernes pour me faciliter la tâche…avait-elle laissé des consignes avant de partir en weekend ? Je ne le saurai jamais, sauf si j’arrive à nouveau à la joindre…mais le passage Russe, ce fut du velours,  je me suis très vite retrouvé de l’autre côté. Après avoir hésité à m’arrêter à Khyakhta, où j’avais passé trois jours l’an dernier, j’ai pensé qu’il serait plus malin de m’avancer un peu… Les collines sont jolies quand la lumière descend ; les sapins sont revenus et aussi les bouleaux dorés par l’automne. J’hésite à planter le tipi, il fait un peu frisquet, mais il n’y a pas une auberge, pas un motel sur cette route. Je finis par m’arrêter à Gusinoozyersk, triste bourgade industrielle au bord d’un grand lac. Il y a un pur hôtel soviétique en plein milieu, je m’y installe puis vais me prendre un petite soupe dans un resto, formica, nappe en plastique. Un grosse fille toute rouge vient me coller  en me déblatérant des incohérences nimbées de vodka, j’accepte d’en boire une et tente  ensuite un replis stratégique en m’excusant d’être très fatigué…je m’éclipse ; elle me suis, la génisse… elle essaye de me ramener  vers le rade en vociférant je ne sais quoi. J’arrive à me libérer de ses grosses pognes pour me replier vite fait vers l’hôtel. On m’a toujours dis de faire gaffe aux pochtrons des campagnes russes…là j’ai découvert la pochtronne des cités industrielles…et bien, c’est pire, je viens peut-être  d’échapper à ma première tentative de viol!

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