Les prisonniers

Les clubs de moto, en Russie, c’est quelque-chose. Le parfait inconnu qui débarque de nulle part y trouvera toujours un refuge, de l’aide, plus ou moins le couvert,  enfin surtout le verre, mais pas souvent la douche le matin… Deux jours dans un club de moto chauffé à la turbine à essence te font subitement rêver à des motels de bords de route qui prennent dans le cerveau fatigué par les remerciements, des allures de palaces. Pendant que Piotr se faisait amener en ville pour dénicher des pièces pour son playmobil, je recevais la visite d’un biker en Intruder, la Harley de Suzuki, qui venait me réparer quelques connexions électriques fatiguées par les pistes défoncées. Il ne parle pas un mot d’anglais, je ne sais comment le remercier ; en Russie, on ne paye pas un dépannage entre motards , enfin pas avec des roubles ni des dollars, en fait, on paye de sa personne. Le sauveur de mes connexions tient surtout à trinquer, le reste ne l’intéresse pas vraiment, alors on trinque à la bière. Il se sert  des pintes d’un demi litre à la pompe du club, je le suis timidement à coups de galopins. Je rêve au retour de Piotr qui fait très bien la conversation, je tente la caricature, les photos de voyage, mais mon nouvel ami veut trinquer à nouveau. Il commence à faire froid, je ne sais pas comment on allume la turbine sans faire exploser le local, un grand  vide m’envahit. Il restera en flottement , comme une nappe de brume, bien après le départ du sauveur de mes fils électriques…`


TChita est une grande ville avec quelques belles avenues et un square Lénine, avec la statue et les pigeons pour chier dessus. J’y suis juste allé faire un petit tour pendant que Piotr gardait le local et quand je suis revenu, c’est lui qui est parti faire du tourisme. C’est qu’on a pas la clé…les clubs de motards sont toujours dans des zones indéfinies de périphéries et si on y reste un jour de plus, nos hôtes nous disent à ce soir et de,bien garder les lieux… on se retrouve comme un peu obligés de rester là, loin de tout, à attendre et appréhender un peu aussi, des visiteurs qui débarqueront avec la nuit…

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