Sakhaline

Je suis parti pour Sakhaline… En regardant la carte de la région, avec la Corée et le Japon si proches, j’avais repéré ce prolongement septentrional de l’archipel Nippon, ce nom qui n’évoque à l’occidental moyen que l’ancien bagne du temps des Tsars, le climat redoutable, la mer glacée… Comme Tchékhov en son temps, une envie irraisonnée m’a poussé à aller voir à quoi ressemblait cette île de si mauvaise réputation. Je suis donc passé par l’Alliance Française pour savoir si ma venue pouvait intéresser quelqu’un sur cette terre de bagnards hostiles. Il se trouve qu’il y a dans cette île un lycée très dynamique que le passage d’un motard gribouilleur intéressait énormément.

Sakhaline n’est plus vraiment un mouroir pour bagnards repentis. Conquise en partie par les Japonais avant la révolution, elle leur fut rétrocédée après la défaite de 1945 et redevint entièrement russe. Ils n’ont pas de chance les japonais sur leur archipel trop petit pour eux, à chaque fois qu’ils ont vigoureusement voulu annexer des régions voisines, ils ont raté leur coup. C’est peut-être justement cette vigueur qu’on leur a reproché.On parle beaucoup d’un pont qui réunirait Sakhaline au Japon, il n’y a que quarante kilomètres, symboliquement ça ne manquerait pas de classe, mais il paraît qu’il y a beaucoup de Japonais pour qui cette île est toujours Nippone, alors peut-être qu’on craint de les voir tous rappliquer dès l’inauguration !

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