Escale à Khabarovsk…

Mon arrière grand père était douanier quelque part vers Charleville Mézières ; mais à l’époque l’import export n’existait pas encore, alors, même si ça devait traficoter la gnôle  un peu dans les deux sens, je n’ai pas entendu parler d’une brillante réussite qui aurait changé le destin de toute sa descendance…

Andrej est gynécologue, il habite seul dans un appartement du centre ville, comme tous les membres de sa bande il roule en Gold Wing.  Il n’en a qu’une ; pour se constituer une flotte, il semble que dix ans d’études, c’est moins efficace qu’une carrière dans les douanes.

Le matin, il m’éveille à sept  heures pour prendre le petit déjeuner avec lui et être prêt pour l’arrivée de Zhenya.

Celui-ci m’emmènera  aussi chez lui, dans un joli immeuble en face d’une église aux coupoles dorées rutilantes, pour reprendre un autre petit déjeuner. Nous irons ensuite visiter ses bureaux, il est grossiste en matériel pour la restauration et roule, donc, aussi en Gold Wing. Quand plus tard il m’emmènera au garage derrière les flaques, la moto démarrera du premier coup… Elle a eu le temps de sécher cette vieille carne, mais ne nous réjouissons pas trop vite…à la première grande flaque traversée, elle me refait le même plan pourri.  On va chercher une bagnole, on tracte, retour au garage pour attendre que ça sèche… Dans ce hangar de taules entouré de vieilles maisons et d’une population un peu oubliée du reste du monde, on retape de tout…des bateaux, des bécanes, des camions customisés ; tout ça est gardé par un vieux molosse râpé à la voix grave et la mâchoire imposante… Finalement, on me dégotte deux anti parasites moins usés par le temps et, évidemment, ça repart au quart de tour… Zhenya m’escortera jusqu’au grand pont sur le fleuve Amour, après un petit détour par la télé locale, et puis je roulerai deux heures pour m’arrêter dans un de ces petits motels de bord de route que je connais si bien, à côté de Birobadjan, dans l’Oblatz Juif que j’avais traversé l’an dernier…je ne fais d’ailleurs  que  me remémorer le trajet de l’année dernière…voyage, dans un sens, comme dans l’autre, presqu’aussi vain que celui du motard Tchèque…J’ai quand même prévu de faire un petit détour par Glabovesheng ; il paraît que là aussi, on voudrait que je vienne  à l’Université raconter ma vie…

2 réflexions au sujet de « Escale à Khabarovsk… »

  1. Priviète Ptiliouk,
    les fils et capuchons de bougies pourraves qui merdent sous la flotte, c’est quand même un grand classique du flat-twin ! J’ai connu ça en 2CV et en BMW !
    Je me souviens d’un retour du festival BD qu’avait organisé l’Aigle à Annecy… j’étais venu en R 100 RS et au retour, avec Margerin, Nikolaz et Mikson, quelque-part dans le Jura, on s’était pris une bonne rincée : ma brèle merdait, perdait un cylindre, puis l’autre, refusait de prendre des tours… c’étaient les capuchons-fils de bougie qui merdaient sous la pluie.
    Maintenant, j’en monte des neufs dès que j’ai un doute sur l’âge de ceux qui se trouvent sur mes moteurs.
    Enfin, ça t’aura donné l’occasion d’une nouvelle galère… je suis sûr qu’au fond, c’est ça qui te motive.

    Bonne route, on attend la suite.

    Komar le banlieusard

    • ça doit bien exister des capuchons super étanches modèle Rallye…je chercherai ça un de ces quatre…il fait dire que ceux qu’il y avait jusqu’à ces derniers jours, c’était, comme d’ailleurs mon régulateur, des pièces de Lada montées à Yekaterinburg il y a trois ans! Le festival près du lac, je m’en souviens très bien, un grand moment…mais c’était pas l’Aigle qui l’avait organisé, celui-là!

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