airport blues

Le processus continue… Trois vols doivent se succéder pour m’amener à Yakutsk… le premier a une demi heure de retard, le second sera sans doute à l’heure ; il va encore falloir courir, avec les bottes de moto aux pieds et le gros blouson sur le dos, ça ne va pas être simple, je risque d’avoir chaud. J’aurais dû demander l’assistance handicapé, ça simplifie les liaisons, mais ma cheville s’est très bien reconstruite, personne ne comprendrait ma flemme… je pourrais aussi prendre mon temps, me ménager au risque d’arriver trop tard et d’être reporté sur le vol suivant…mais comment vais-je récupérer mes bagages ?

Si le vol suivant a aussi du retard, ça simplifie le questionnement… couloirs interminables, contrôles, navettes, contrôles, le monde du transit est une humanité à part. Tous ce peuple en vacances qui devrait sourire d’insouciance, est submergé par le stress, l’angoisse de rater une correspondance, de perdre une carte d’embarquement ou ses papiers ou son pognon, ou son enfant et sa valise à roulettes. Tout ça est canalisé vers divers accès par un personnel blasé qui manipule ce flux comme une denrée anonyme, comme un bétail qu’on abat pas à la sortie… ce n’est d’ailleurs pas nécessaire, il est abattu tout seul par le décalage horaire …

Dans l’avion, on est encore loin des grands espaces. Sur quelques mètres carrés est entassé le même peuple stressé. Les genoux pas loin du menton, le passager doit s’occuper comme il peut, tenter de dormir, de lire ou de pianoter sur l’un ou l’autre gadget informatique. Il mange aussi, enfin il essaye. Si la grosse dame du siège de devant ne rabat pas brutalement son dossier en vue d’une tentative de sieste, il arrivera peut-être à manipuler quelques charcuteries élastiques, à se tartiner du fromage spongieux sans que tout le petit plateau ne se déverse sur son pauvre corps déjà bien mis à mal par la recherche de la position idéale.

Il paraît que tout ça contribue à huit pour cent des gaz à effet de serre…quand je serai tout seul sur ma moto, je me sentirai peut-être un peu plus rassuré…

Une réflexion au sujet de « airport blues »

  1. Et si c’etait une jolie et sympathique jeune femme sur le siège devant ….
    Et puis tu peux aussi engager une conversation avec tes voisins de voyage, ça passe le temps et ça peut même être un moment agréable.

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