repartir…

Une centaine de kilomètres de ligne droite entourée de mélèzes et puis, dans la trouée, apparaissent des montagnes La route se met à sillonner le long des rivières, traverse quelques vieux ponts de bois, monte et descend… elle s’offre sous toutes les textures : cailloux, terre, mouillé, pas mouillé, visqueux ou poussiéreux, flaques ou galets, mais dans l’ensemble, c’est de la très bonne piste, presque de la route, il ne manquerait que le bitume.Sur ces chemins lointains, on ne goudronne pas, on remblaye au fur et à mesure. A intervalles réguliers, sont garés des engins de chantier et des gros tas de gravats. Dès que les ornières ou les trous la ramènent trop, on rebouche et ça finira bien par se tasser tout seul, après le passage des engins. Les motos, sur les pistes à trous, elles slaloment, sur la taule ondulée, on lève les fesses, mais quand on a déversé là-dessus des gros tas de sable, de terre bien meuble ou de gravier, ça complique. Mais les rois de cette route, ce sont les camions, pas vraiment les motos qui n’ont qu’à s’adapter.Elles sont bien jolies ces montagnes mais on y croise pas grand monde… ma seule halte sera dans une sorte de hameau, avec une vague usine de je ne sais quoi et un garage à camion, seul lieu de vie sur cette étape montagneuse. Je m’arrête, besoin de repos… On y transforme un vieux custom en sidecar improbable, c’est l’occasion de lier conversation…Il n’y a que des gros bras tatoués, avec des petits fronts et des grosses nuques écarlates, mais on m’offre néanmoins des œufs durs et du thé. On a du savoir vivre entre gens de la route, quelque soit l’épaisseur du front.

Je tente quelques caricatures, c’est toujours bienvenu pour meubler, mais l’ambiance ne m’enchante pas et je préfère reprendre la route… Le ciel se dégage, les paysages sont de plus en plus beaux, mélèzes jaunissants, grandes plaines moussues de lichens mais le crépuscule pointe son nez et pas un bâtiment à l’horizon.

Entre la forêt avec ses ours et la plaine, ses marais humides, je n’ai pas trop le choix. Alors je roule jusqu’à ce que je trouve sur la droite un petit agglomérat informe de maisons en bois, de conteneurs, de cabanes de chantiers, de carcasses de camions… c’est l’aire de repos du coin, auberge, café, garage, station et même wifi… on trouve tout dans cet endroit qui n’a l’air de rien…

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