La route qui n’est plus la route…

C’est maintenant que ça va se compliquer. Malgré les vodkas qu’on s’était enfilées hier, tout le monde était allé se coucher tôt, on a donc pu se faire une nuit correcte avant de reprendre la route. En face de la cour bordélique du garage, est plantée une maison qui fut peut-être même jolie mais  il y a bien longtemps, elle est toute effondrée. Il paraît que c’est là, les chiottes. Quand je m’y suis aventuré, le rouleau à la main, je cherchais comme d’habitude dans ce genre d’endroit stratégique, la planche avec le trou. Mais ici, c’est encore plus rudimentaire, il suffit de chier par terre et ça gèle tellement rapidement que ça ne sent rien du tout. Esthétiquement, j’ai connu plus ragoutant dans  mes expéditions sanitaires, mais je dois bien avouer qu’olfactivement parlant, c’est plutôt efficace. Il faudra juste éviter de trainer dans le coin au début du dégel… ça tombe bien, on ne va pas tarder à reprendre la route.

En déambulant dans les rues à la recherche de photos d’usines cassées, je réfléchissais au contexte. De tous temps ,les villes se sont agrandies à côté des vestiges laissés par les générations précédentes. Parfois les vestiges sont devenus de prestigieux centres historiques laissés en pâture aux bobos et aux touristes ou parfois ils ont servi de matériaux pour les constructions suivantes, la basilique de Rome ne s’est elle pas édifiée avec les marbres des temples romains ? Je me souviens qu’en traversant quelques pays dévastés par les guerres, je m’étais déjà posé ces questions en Afrique. Pourquoi reconstruire rapidement des cabanes à côté de somptueuses villas coloniales abandonnées, alors qu’il n’aurait suffi que d’y remettre un toit. Considérations esthétiques futiles d’occidental en  mal d’exotisme, je suppose. Il est sans doute bien plus facile de reconstruire une cabane à côté. Dans ces villes sibériennes perdues, les vestiges ne sont que ceux de l’Union Soviétique et des goulags. Les vieilles usines sont abandonnées, les tristes alignements de bâtiments bas s’effondrent petit à petit. On préfère oublier ce qui s’est passé là, on a les vestiges qu’on peut, les ancêtres ne nous lèguent pas toujours des cariatides…

2 réflexions au sujet de « La route qui n’est plus la route… »

  1. Je me souviens de ta réflexion sur les maisons coloniales… encore une fois curieux voyage, mais je te suis avec intérêt 😉 Gare à ta carcasse quand tu enfourcheras enfin ta bécane… bises

  2. Génial. Céline à trouvé un successeur. Et qui sait dessiner, en plus (trop coquasse le Petit Chaperon Rouge avec les chiens !).
    Avec toute mon admiration.
    Bébert

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