La route d’hiver ; troisième jour

Hier soir, Yura a retrouvé un collègue qui venait en sens inverse. Comme c’était son anniversaire, on a trinqué jusqu’à minuit… enfin surtout eux, moi je m étais écrasé dans mon coin avec mon carnet de croquis. C’est pratique le carnet de croquis, ça évite de trop passer pour un asocial qui boude et le résultat fait toujours marrer tout le monde. Au milieu de ces conversations auxquelles je ne comprends rien et qui montent en pression au fur et à mesure que se vident les verres, moi, imperturbable, je garde ma contenance.A six heures du matin, Yura a sonné le réveil à grands coups de klaxon. C’était, paraît-il, l’anniversaire de son papa, celui qui est mort en réveillonnant, alors on se devait de trinquer à sa santé…on a trinqué comme ça plus de trois heures durant, enfin… surtout eux !En partant vers dix heures, il était moins frais que la veille, le chauffeur, et le camion traçait sa route nettement moins droit que d’habitude. On a tangué dans les ornières, godillé dans la poudreuse, hoché du cul tant qu’on a pu; à la fin de la journée, on avait fait tout juste soixante bornes.

Quand il commence à rouler en nocturne, Yura lance un appel sur la cibi pour repérer si il y a des collègues dans le secteur. Il arrive comme ça à toujours trouver quelqu’un pour l’apéro.Serait-ce encore un piège qui se pointe ? Pas moyen de se défiler, ce n’est pas grand une cabine de camion…dehors il fait froid, dedans on est noyé dans la fumée, je m’accroche à mon crayon, je l’ai voulue la route des camions ? Et bien je l’ai.

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