Impératif élastique

Après un mois, en fait, on ne s’habitue pas vraiment ; on commence à se dire que ça va durer, on nous martèle suffisamment que rien ne sera plus comme avant. Au début, on prenait vraiment ça comme des vacances forcées en prévoyant déjà les virées sur les routes, les festivals d’été et les bistrots qui n’attendaient que nous. Psychologiquement, deux mois, c’est un bon timing pour assumer une mutation. Les batteries des motos se sont déchargées et l’essence a séché dans les carbus, le printemps est redevenu pluvieux et l’été, plus que jamais ,hypothétique.

Les confinements se modifient en cachette. Ceux qui croyaient pouvoir tenir quelques semaines, commencent au deuxième mois à envisager des sorties en cachette, voire des changements de confinement. Ils ressortent les vieilles cartes pour ne pas être géolocalisés par les GPS, ils préparent les itinéraires comme des plans de bataille pour échapper aux contrôles renforcés. Les amants se retrouvent, les amis aussi et les voisins s’organisent. Maintenant que tout le monde sait que les grands rassemblements seront annulés et que les bistrots resteront fermés, des micros rassemblements solidaires se mettent en place entre voisins. Dans les immeubles, ou dans les rues, par les paliers ou les jardins, on recommence à communiquer, échanger, se resocialiser. De nouveaux tout petits horizons sociaux se sont ouverts dans le monde confiné de la proximité imposée…

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