Futurisme onirique

Le temps passe immobile… les arbres sont élagués, les motos redémarrées… j’ai remplacé mes migrations annuelles par un immobilisme appliqué , remplacé les horizons lointains par une observation minutieuse du milieu ; passer de l’infiniment grand à l’infiniment petit, de l’horizontal des longues routes infinies au vertical de mes pins élagués… le mois de mai s’avance vers une fin de confinement où personne ne sait vraiment à quoi s’attendre ; en cela, ces deux mois ressemblent un peu à ce que je cherche à l’autre bout du monde…de ces voyages qui se caractérisent, non pas par le road book  mais plutôt par l’errance… n’oublions jamais que le vrai voyage, c’est celui dont on ne connaît pas vraiment la fin.

Si, finalement, le tourisme de masse disparait, le voyage lui aura toujours sa place d’honneur, surtout depuis que je sais qu’on peut en retrouver l’essence en restant chez soi…

Encore faut-il avoir un chez soi qui ne soit pas un placard étriqué. Il faudrait faire un calcul ; si toute l’humanité pouvait bénéficier d’un logement digne de ce nom avec un jardin permettant une contemplation minimum de l’extérieur, combien resterait-il d’espace pour une nature sauvage et préservée ? Il faudrait bien sûr récupérer des terres sur les grands espaces privés d’une aristocratie en ruine et sur ceux d’une agriculture intensive en besoin urgent de reconversion. La terre serait redistribuée. J’ai l’impression que ce n’est pas vraiment une idée nouvelle. Elle demande juste à être réinterprétée.

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