C’est une maison bleue…

L’arrivée à Bishkek, c’est la fin de la saison 1 et les premières tracasseries pour faire voler la moto. Car poursuivre vers l’Inde et le sud-est asiatique impose l’avion pour tout le monde. En toute logique, nous aurions dû poursuivre vers la Chine. Il existe, en effet, deux points de passage entre le Kirghizistan et la Chine, dont le « Torugart pass » qui permet d’arriver à Kashgar, autre étape mythique de la route de la soie, en plein territoire Ouigour. C’était notre plan initial.

Mais la Chine impose une règlementation  contraignante et  (très) onéreuse pour pouvoir rouler sur son territoire. Il est nécessaire de passer par une agence spécialisée qui délivre un permis chinois, une immatriculation provisoire, un guide (donc véhiculé dans notre cas), un itinéraire déposé (avec haltes pré-établies), etc. Bilan : 20 jours et 4500 € par personne ! Alors puisqu’on n’a pas gagné au loto, on n’ira pas en Chine.

Le plan B, c’est d’obtenir un visa Afghan (pas gagné !) et Pakistanais (un peu plus envisageable) et de se promener chez les Talibans, en toute discrétion, avec notre moto qui brille. Mais nous aimerions voir grandir nos enfants, et avons prévu de voir encore pleins de belles choses avant de jouer les otages ou de rouler très vite entre les balles… Bref, on s’est dégonflé.

Restait alors le plan C : expédier la moto (en fret) et ses passagers à Delhi. C’est pas cadeau, mais aucune commune mesure avec le passage en Chine. Je vous raconterai ça plus tard, car :

  1. c’est pas fini
  2. c’est un vrai poème qui impose d’avoir un sérieux sens de l’humour, pour ne pas faire un nervous breakdown !

Alors, en attendant ces réjouissances nous avons fait halte dans une guesthouse, repère de tout ce que peut produire le voyage au long cours sur nos congénères…  La langue généralisée est l’anglais, mais il y en a de toutes les couleurs. Il y a le genre « organisé-qui-a-tout-prévu » avec parcours précis et minuté (espèce rare), il y a le genre « désorganisé-qui-n’a-rien-prévu », en voyage depuis des années (12 ans, pour un américain qui a la trentaine…), mais il s’agit également d’une espèce rare. Entre ces deux extrêmes, il y a un compatriote télé-travailleur et nomade depuis 9 ans. Puis, il y a tous ceux pour qui le voyage se compte en mois, ou années, mais qui rentreront « chez eux » à un moment ou un autre. James, sujet de sa majesté et amoureux du Pakistan, qui vise le Mont Kailash (Tibet) et un hiver dans un monastère, Florence et Mathieu, des québécois en longue vadrouille qui vont refaire leur cagnotte en Australie, un motard finlandais en partance pour le Japon avant de revenir vers la Mongolie, un cycliste japonais qui rentre chez lui après quelques années à pédaler sur les deux Amériques, et l’Afrique, etc., etc. Demande de visa, révision de son vélo, attente d’avion, tous (comme nous !)ont une raison pratique pour être ici.

La cour et le jardin sont les endroits où tout le monde se retrouve en soirée. Passés quelques jours, des amitiés se nouent, on se file des coups de mains, des « bon plans », on partage des fruits ou des bières. L’ambiance ressemble à une espèce de communauté de voyageurs, alors pour quelques jours c’est plutôt marrant.

guest house girls

les copains

la copine québécoise et son « chum »

4 réflexions au sujet de « C’est une maison bleue… »

  1. Salut Freda et Aldo,

    au sud du Khirguiztan, ce serait pas possible de traverser en loucedé un p’tit bout d’Afghanistan pour passer au Cachemire indien ? Pendant que personne regarde, hop, comme pour aller bosser en vieille XT 500 en pleine circulation alternée quand t’as pas la bonne plaque et des flics à toutes les entrées de périph’ ?

    La bise à vous deux,

    à la prochaine,

    Marco

  2. Salut Fred et Aldo! Votre moto est plus succes que vous parce qu’Il a visité aussi Moscou en transit sur le chemin de Delhi :)
    P.S. Il était très agréable de vous rencontrer…

  3. Bonjour,
    je vais effectuer le même périple que vous cette année et je voulais savoir quelle entreprise vous avez pris pour envoyer votre moto de bishkek jusqu’à New delhi?

    • Bonjour Gauthier,
      il s’agit de « Cargo Handling » et voici les coordonnées de Marina (elle parle anglais et est très sympas).
      Le fret n’était pas cadeau (plus de 1000 € !), mais toujours moins cher que d’entrer en Chine…
      D’autres voyageurs sont passés par le sud (Dubai) et arrivent à Bombay.
      À toi de voir selon tes préférences. En ce qui nous concerne, nous avons vraiment aimé l’Asie Centrale.
      Quoi qu’il en soit : bon voyage !

      amicalement
      fred et aldo
      Omelchenko Marina,
      Cargo Manager

      «Cargo Handling Company»
      E-mail:cargo-handling@mail.ru

      Тел: +996 555 332301
      +996 312 933 788

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