UNE VIE sur la ROUTE : GYPSY BIKERS

Salut copain (et copine),

tu sais la fascination que j’ai pour les vrais bikers, les ceusses qui n’en n’ont (sans même le savoir parfois), qui vivent le truc moto et en font l’essence même de leur vie … tout à fait pas toi et moi quoi …

RIDE HARD, STAY HUMBLE !

Ici, il n’y a que BLACKFOOT qui peut nous accompagner sur cette route là avec son mythique …

… HIGHWAY SONG

La meilleure version de cette chanson est celle extraite de leur premier album live en 1982, enregistré en concert en UK (ils sont repassés au New Morning à Paris en 2011 les vieux, z’avaient rien perdu, toujours aussi laids, toujours aussi bons …). Seule la version live de cette chanson est intéressante … Voici donc, par pur esprit de contradiction, la version studio :

http://www.youtube.com/watch?v=jpgfVJIaMWQ

Aller, laisse-moi te parler de l’un de ces road warriors américains qui avec le temps, sans jamais l’avoir recherché, est devenu une légende de la route chez les bikers du cru …

PANHEAD BILLY, on the road since 1976

On the road since 1976

Forcément, il fût un jour dans ta vie (surtout si tu es motard), quand la pression du quotidien semblait vouloir t’enfermer dans un train train asphyxiant jusqu’à ton dernier souffle, où tu as fait ce rêve : déchirer tes factures, envoyer paître ton patron, dire adieu à la sonnerie du réveil matin, arrêter de tondre la pelouse, charger ta moto et rouler vers le soleil couchant, vagabond de la route, roulant vers l’aventure sur ton destrier de métal.
(ne nie pas stp – moi c’est tous les dimanches vers 18h23 que ça me prend).

Ben figure toi, que tu n’es pas le seul à qui c’est arrivé mais que si toi et moi sommes encore en pantoufles dans notre salon Ikea … certains ont vraiment franchi le pas.

Effectivement, pour la plupart des tafioles d’entre nous, ceci reste un rêve fantaisiste.
Et encore, parmi les quelques qui vont oser se lancer, beaucoup ne vont partir que pour quelques mois, une année, peut-être deux, avant de rentrer ou bien de prendre racines quelque-part ; parce que finalement il faut avoir une sorte de rare folie pour réellement embrasser un tel mode de vie sur le long terme.
Pourtant, ces types de personnalité existent. Et pour ces gars-là, la liberté de la route, et l’aventure quotidienne qu’ils y trouvent est une vraie addiction au même titre que l’usage d’une drogue forte.
Tu croises ainsi aux USA des routards qui sont sur le bitume depuis 10, 20 et même 30 ans et plus ! Certains d’entre eux sont devenus des “stars” (on compte dans leur rang une femme), ils sont peu nombreux mais bien réels.
On peu notamment citer :
Panhead Billy Burrows, Joe Sparrow,
Brother Speed,
Scooter Tramp Scotty Kerekes
Bien sûr, on s’en doute, une telle vie exige que le nomade motocycliste adopte, affine, et développe de nombreuses méthodes de vie peu orthodoxes.
Les américains nomment ces bikers les GYPSY BIKERS.
Tous ont en commun de partager un kilométrage absolument titanesque (plusieurs fois le tour de la planète), un nombre de chutes assez élevé, une bécane chargée au-delà de ses capacités théoriques, et surtout un désir farouche d’indépendance et de liberté au-delà de la normale.
Mais ça ne suffirait pas pour tenir s’ils n’avaient en plus la capacité d’établir leur campement à peu près n’importe où cela est commode et surtout une attitude qui permet l’adaptation quasi instantanée à des environnements nombreux, divers et changeants.
Palm Springs desert
Etant des individualistes tenaces, il n’y a pas deux de ces hommes qui vivent de la même manière. En fait, souvent leurs techniques de vie varient largement de l’un à l’autre.
Lorsque les bikers américains parlent des Gypsy, ils évoquent toujours en premier le plus célèbre d’entre eux, PANHEAD BILLY BURROWS.
Sorte de légende vivante, Billy est sur la route depuis le milieu des années 70.
La première des qualités de Billy est peut-être une coolitude absolue et à toute épreuve. Plus que tout autre il vit totalement l’instant présent. Certains disent que Dieu ne vit que dans l’instant. S’il y a une part de vérité en cela, alors Panhead Billy et lui sont destinés à passer pas mal de temps ensemble.
Pour ce qui est de la vie sur la route Billy, à l’âge de 66 ans, a la réputation d’être un dur parmi les plus durs. Ce road dog jouit de la capacité d’installer sa couche absolument partout, s’endormir et passer une excellente nuit de sommeil. Pour la literie, il utilise un sac de couchage des plus classiques, posé sur une bâche. Bien qu’il possède une tente, il l’utilise rarement. Offre-lui une pièce de ta maison ? Inutile d’y songer, il préfère dormir dans ton jardin ou sur la véranda. Si tu lui demandes pourquoi, Billy va simplement dire qu’il préfère rester avec les créatures dont il fait partie.
Palm Springs
BILLY ROULE sur un PANHEAD de 1960 dans un cadre RIGIDE de 48 avec une fourche de Springer de 93 qui TOTALISE des MILLIONS de MILES peut-on lire de lui (les chiffres que j’ai lu le concernant sont tellement démentiels que, c’est simple, j’y crois pô, c’est impossible, il y a forcément une erreur … je ne les site même pas) et quand on lui demande comment ce fait-il qu’il n’ait pas le dos complètement démoli après toutes ces années il répond … qu’il n’en sait rien.
Comment peut-on garder un Panhead en état de marche dans de telles conditions ? La réponse est très certainement que le Pan en question a très peu de systèmes à entretenir. Il ne propose pas de jauges, pas de radio, pas de feu stop, pas de système d’éclairage multiple et puissant, pas d’amortisseurs, pas de démarreur électrique et même pas un commutateur d’allumage. Cet engin est un squelette. Juste un moteur, une transmission, et deux roues. Maintenance minimale !
Et bien sûr, Billy gère seul son propre travail de mécanique. Une autre chose que l’on apprend en observant ce gars, c’est qu’il est possible de pousser l’usure d’une pièce bien au-delà du point auquel le marketing nous a habitué. Par contre, il est certain qu’en de telles conditions le rider chevauche un engin qui n’hésite pas a afficher son usure à la face du monde. Et après tout pourquoi pas, on n’est pas obligé de rouler bardé de chromes comme la mode aurait tendance à nous y pousser sur certaines motos de marque américaine notamment…
Bien que des histoires, articles, reportages et autres photos de lui ont été publiés dans de nombreux médias au fil des années, Billy ne s’occupe absolument pas de sa promotion / publicité et ne fait aucun effort pour développer sa notoriété.
Il a néanmoins un forum Facebook sur lequel ses nombreux amis le suivent.
En tête des questions que les gens posent presque toujours à Billy on trouve bien évidement le fameux : – « D’où sort l’argent dont vous avez besoin pour vivre ?” .
Avant toute chose, on retiendra qu’aucun de ces routards n’est riche. Ils gagnent leur argent comme il peuvent là où ils se trouvent / vont. Mais la grâce salvatrice c’est que, puisqu’ils possèdent peu et ne voit jamais l’ombre d’une facture mensuelle, il y a très peu de pression financière.
Comme ils aiment dire d’eux même : – “We’re not in the game man“.
Bien sûr, il y a encore l’essence, la nourriture, etc, mais cela n’exige pas 40 heures de travail par semaine pour maintenir ces besoins simples. Billy assure n’avoir jamais travaillé plus de trois mois par an, et même généralement moins. Finalement, en travaillant pour les marchands qui suivent les grands rassemblements motards à travers les USA on trouve toujours un boulot qui permet, en une semaine difficile, d’être payé, puis de reprendre la route avec les poches pleines de liberté verte / $.
 
Bin dis donc mon Billy vieux gars, respect là, ça c’est un sacré choix de vie.
Aller, la bise.
L’Hervé, your Berrichon friend.

6 thoughts on “UNE VIE sur la ROUTE : GYPSY BIKERS

  1. Ben ecoutes Thierry . Nous sommes tous plus ou moins tributaires de quelqu’un ,d’une situation pas facile de tout larguer ..

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