au bout du bout…

Je suis allé faire expertiser ma moto. Une étape de plus pour son homologation sur le sol russe. Le bureau de l’expert est perdu dans un immeuble presque introuvable dans la péninsule qui prolonge la ville jusqu’au phare planté devant Russkiy Island. Je me suis levé tôt pour arriver à l’heure mais je n’avais aucune inquiétude puisque Kévin2, mon nouveau Navigator refilé par Technoglobe, allait m’y emmener en quelques minutes…mais Kévin est capricieux, il refuse de reconnaître l’adresse que je localiserai finalement avec le petit logiciel « plan » de mon téléphone. La technologie m’a quand même sauvé la mise parce que, cette péninsule, c’est un vrai labyrinthe. Pour y accéder on prend la route qui passe devant la gare du Trans-sibérien et la gare maritime et puis on continue. Sur la gauche, il n’y a que des installations portuaires et sur la droite quelques kilomètres de ville soviétique et de bâtiments militaire et puis tout au bout, un peu de lande broussailleuse qui se termine par une fine langue de terre qui accède au petit phare, ultime bout du bout du continent. C’est un endroit calme, on peut y prendre un bol de quiétude en mangeant une gaufre au sucre. Quelques villas commencent à pousser  au milieu des broussailles. De l’autre côté de la péninsule, la mutation urbanistique est plus impressionnante. Comme les installations portuaires y sont plus informelles, la ville moderne , chic et balnéaire y progresse à pas de géant. Depuis le vieux centre, les restaurants, les immeubles chics et  les pistes cyclables remplacent progressivement des terrains plus que vagues, jonchés de containers, de grillages, de préfabriqués et de vieux bulldozers. Et sur la hauteur, c’est un joli mélange, une bruxellisation à la Russe, des bâtiments de la marine en béton, des immeubles en briques et quelques  maisons du dix neuvième transformées en restos chics ou en consulat de Chine ou de Corée et puis même quelques-unes en bois, rarissimes, planquées dans les coins en attente de la mort des vieux qui y croupissent encore pour que les héritiers vendent le terrain une  fortune un jour ou l’autre à d’avides promoteurs aux aguets.   L’expert n’était pas du tout un vieux fonctionnaire à casquette mais un jeune  homme bien sympathique qui a photographié ma moto en rigolant puis m’a promis le papier magique pour très bientôt, c’est promis, juré et même craché…                                      Alors, je vais continuer à flâner…

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