Magadan au bord de l’eau…

Magadan est construite près de trois grandes baies sur la mer l’Okhotsk qui sépare le continent de la péninsule du Kamtchatka. La ville est abritée des vents marins par une légère colline qui empêche de voir la mer depuis le centre, mais elle ne s’offre aux regards que quelques centaines de mètres plus loin.
La baie la plus proche se termine sur la droite par le port de commerce avec la file de poids lourds et les containers et sur la gauche, le port de pêche. Au centre, un sorte de promenade aménagée au bord d’une plage de galets, une grande statue d’orques et une autre de mammouth… derrière, quelques maisons en bois, quelques barres d’immeubles et des terrains broussailleux. Après la promenade aménagée à côté de la statue et trois épaves de bateaux, s’enfonce dans l’eau un débarcadère en bois d’un autre temps. Combien sont-ils de bagnards et de déportés a avoir foulé ce ponton de transit vers les mines du Nord ? Derrière ce ponton à la sinistre mémoire, une grande plage caillouteuse au pied d’une falaise de sable au dessus de laquelle quelques maisons en bois, parfois en ruines, font face à la baie. Quand je lui demandais pourquoi on ne construisait pas plus face à cette vue imprenable, Evgeny me répondait que c’était terriblement compliqué, long et cher, toutes les formalités pour pouvoir construire. Mais pourquoi personne ne rachète les maisons en bois abandonnées? mystère…
Ce quartier est étrange, comme souvent, s’y mèlent potagers et poubelles, containers et petites maisons, épaves de bagnoles et herbes folles…

L’autre baie est un peu plus au nord, c’est la plage du dimanche et le coin des résidences chics, celle du repas dominical que je continue lentement à digérer. En face on voit derrière la mer les sommets des autres péninsules lointaines, là où aucune route ne va, le coin des ours, des orques et des lions de mer…

Une réflexion au sujet de « Magadan au bord de l’eau… »

  1. Formidable description de ce bout du monde presque encore hostile empreint par l’homme dans toute sa vraie nature. Car la nature, la vraie, n’est là qu’au service de l’homme. La préserver serait pour l’homme contre-nature…
    Merci en tout cas pour ce voyage littéraire que ton (je suppose que le « tu » te conviens mieux, sinon pardon pour cette familiarité) style inimitable rend passionnant et addictif. Ne t’arrêtes surtout jamais !
    Déjà dans l’attente de la suite du voyage.
    Vv

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