Le garage

La moto a roupillé quelques mois dans le garage chauffé d’ Evgeniy.

Chaque matin, pas trop tôt à cause du froid, je vais y bosser une paire d’heures, remplacer les câbles électriques qui ont brûlé sur la route l’année dernière, vérifier quelques bricoles et poser les chaines à neige à l’avance. Les garages à la russe, ce sont toujours des enfilades au bout d’impasses un peu défoncées et pas du tout déneigées. A force de marcher en évitant de glisser et de me vautrer lamentablement, puis de manipuler la moto dans le petit garage, chauffé certes, mais bien encombré ; j’ai fini par me coincer le dos.

Quand on est dans l’attente, se retrouver avec une vertèbre bloquée, ça force encore un peu plus à l’immobilisme contemplatif… mais il n’y a pas grand chose à contempler à l’hôtel Vénéra. Je ne sais pas vraiment quelle en est la clientèle. Il y déambule toujours quelques grosses dames en pantoufles et quelques hommes sans âge à l’air fatigué par la vie. On se croise à la cuisine commune où pendant que je m’épluche des fruits frais pour les mélanger à des céréales, eux se cuisinent des plats de pâtes et des grosses saucisses grasses qu’ils inonderont ensuite de mayonnaise en tube. Ils ont sans doute raison, pour résister au froid, il faut faire du gras et ce n’est pas avec mes céréales Fitness que je vais constituer du stock. Mais que puis-je y faire ? Le choix est limité ; c’est ça, les mielpops ou virer ma cuti et me mettre à la saucisse. On m’y incite, je le sais, car parfois on m’offre de partager un bout de repas. Alors, je vais plutôt suivre les conseils d’Evgeniy et aller m’acheter une doudoune de pêcheur russe. Quand il m’a emmené sur la mer gelée pour m’initier à la pêche locale, il m’a très vite fait comprendre qu’avec mon équipement de motard, même en avril, vers le nord je n’irais pas bien loin…

3 thoughts on “Le garage

  1. Priviète tovaritch Ptiliouk,
    kak diéla ? Tout chto to nié tak ? Soufretov dlia vertbebrazlouka vsio nazbroka ?
    Si ça se trouve, c’est à cause des tes élagages printaniers que tu t’es ruiné le dos, ça t’apprendra à être propriétaire éco-responsable d’un bout de forêt !

    Passe le bonjour aux morses,
    on attend la suite…
    Komar le banlieusard.

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