Une journée à Omsushan…

A mi chemin entre Magadan et Omolon, il y a Omsushan ; là où la route s’arrête. Le matin, je travaille un peu sur mes articles, je me débarbouille au robinet d’eau tiède puis les collègues débarquent un par un à la suite de Yura. Ils papotent de leurs bizness, moi je fais des caricatures, les club de camionneurs ressemblent finalement beaucoup aux clubs de bikers. Les couleurs en moins, c’est la même bouilloire, le même canapé défoncé, le même entretien irréprochable d’une crasse en adéquation.

Yura m’emmène faire un tour ; on va chercher son fils et son chien, je lui demande si il est né ici, si ses parents y sont toujours. Alors, pour me les présenter, il m’emmène au cimetière et, à grands coups de pelle, on dégage la tombe pour faire les présentations.  Elle avait l’air immense, la tombe, sous un mètre de neige, alors qu’une fois dégagée, il y a juste deux petites pierres tombales… la neige les avait réunis sous une grande sépulture blanche mais le bon fils à tout remis en ordre : deux petites tombes bien rangées avec des fleurs en plastique…Son papa est mort à cinquante et un an, d’un arrêt cardiaque, un trente en un décembre. Sûr que ça a dû être une sacrée fête.

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