La loi du camion

Et puis voilà, en fin de journée, hier, l’impensable s’est produit et Daria m’a appelé ; il fallait que je la rejoigne au magasin pour faire quelques achats pour les camionneurs.
Quelques bouteilles de vodka et un stock de cochonaille, ce sera le tribut à payer pour le convoyage de la moto. Je m’en sors plutôt bien, allez, rajoutons donc une bouteille et un jambonneau !
Je retrouve enfin la monture, à deux cents mètres de mon auberge, dans le garage de Kostya, le chef de la bande, celui dans la cabine duquel étaient organisés les apéros.
On commence à vérifier l’état de ma pauvre monture. Il y a un peu de casse mais rien de bien grave : deux clignotants et une fixation de ski.
On va donc commencer par mettre la batterie une heure ou deux en charge. Pendant ce temps là, Deniys, que je ne connais pas encore et qui semble subjugué par ma triste monture héroïque, m’invite à le suivre. Il habite à l’autre bout de la ville et il m’amène au repas d’anniversaire de sa gamine. Il y a aussi son frère qui s’éclipsera très vite et un copain replet qui a l’air gêné d’être là ; il faut dire que Deniys a une sacrée descente et même ses proches ne suivent pas la cadence. Alors il parle beaucoup de « warm » is not good, et de Rousssya arashoy, best country in the Word et puis il remplit les verres… Davaï, pendant que de l’autre côté de la table entourée de la maman et deux de ses amies, la gamine habillée en princesse, souffle ses bougies et ouvre ses cadeaux. On me sert quelques assiettes copieuses et je sauve la face en dessinant tout le monde… Je finirai par retourner au garage et par abandonner Deniys qui voulait m’emmener dans des plans que je n’imagine même pas ; il me serre dans ses bras vigoureux , je l’abandonne à la nuit…


C’était une bien étrange fête d’anniversaire…
Retour au garage. La moto démarre, elle pisse l’essence, les robinets sont morts et les carbus ont besoin d’un ajustement. Kostya me donne rendez-vous à huit heures du matin, on dirait que cette fois, la fin de la route est proche…

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