Le mot de la fin

 Je n’aurai pas fait beaucoup de moto, mais j’aurai découvert  le Trikol , l’hélicoptère et même l’hydroglisseur,  à l’occasion de la traversée de la baie d’Anadyr dans l’autre sens avec cet engin qui glisse sur les fractures de glace et les zones de fonte avec une étonnante facilité. C’est peut-être un hydroglisseur finalement, qu’il faudrait pour traverser la mer des Tchouktches et rejoindre l’Alaska.

Il  est peut-être temps que je corrige ; on arrive à la fin de ce récit… Il y a un K kaché quelque part dans le mot Tchoutchke, comme dans Kafé, mais comme je n’ai jamais vraiment su où, je l’ai laissé en suspens… comme ce projet sans cesse reporté mais qui avance sûrement , à petits pas dans la neige …

A Anadyr, j’ai bien noté les adresses de quelques agences qui préparent des expéditions polaires, je leur ai soumis mon projet, je leur demanderai devis et possibilités…Peut-être qu’ un jour, dans les hautes sphères de tout ceux qui dirigent le monde,  on arrivera à trouver un accord et les choses redeviendront tant bien que mal comme avant….Ce jour-là j’y retournerai pour franchir le dernier pas .

 Alors que j’aurais pu imaginer que j’avais tout le temps avec mon visa de trois mois, il s’est très vite avéré que, en fait, pas tant que ça.  Quand le printemps arrive subitement, les routes gelées se transforment en bourbiers, en rivières ou en bras de mer charriant des blocs de glaces. On m’avait déjà raconté tout ça sur le Baïkal ; quand l’hiver s’arrête, s’installe un mois de transition avant qu’on puisse mettre en place les routes d’été et les lignes de bateau. Il faut que ça fonde, il faut que ça sèche…et pendant ce temps-là, toute les errances et les itinérances s’arrêtent…

Il n’y a pas beaucoup de décalage météorologique entre Magadan et Egvekinot, une quinzaine de jours, tout au plus et ce voyage, alors que je croyais avoir tout le temps, est vite devenu une course contre la montre,

contre le temps,

contre le temps qu’il fait,

 et pour moi, toujours, contre celui qui passe…

One thought on “Le mot de la fin

  1. Magnifique mon Ptiluc. Et comme d’habitude tu as soigné la fin (je n’ose écrire « la chute »).
    Pour fêter ton retour dans le Monde Libre Gallimard (Antoine de son prénom) te fait un cadeau inattendu : GUERRE de Louis-Ferdinand Céline.
    Vas vite l’acheter chez ton libraire habituel, c’est presque aussi bien que du Ptiluc, les dessins et les photos en moins.

    Bébert (admiratif et envieux)

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