BD : « Warm Up », le sport moto explose les cases

A Moto Magazine, nous avons dévoré la bande dessinée (BD) « Warm Up, D.O.A », sortie voici quelques semaines. Le premier tome d’une série qui en comptera six.

Son auteur, Renaud Garreta, a dédicacé l’ouvrage sur le stand de Moto Magazine (n°51, hall 5/2) au salon de Paris, le 4 décembre. L’occasion de faire connaissance avec ce dessinateur, scénariste et grand fan de compétition, qui a beaucoup donné de lui-même pour que ce projet voit le jour.

Renaud, on sent en toi un grand passionné de la compétition moto. On se trompe ?

Non, je me passionne pour les grands prix depuis au moins vingt ans. J’en rate peu, je suis du genre à me lever la nuit pour regarder ceux qui se déroulent de l’autre côté de la planète. J’ai la chance de connaître Hervé Poncharal (manager du team Tech 3). Il m’a invité plusieurs fois à assister aux épreuves. J’ai pu m’immerger dans ce monde-là et l’observer de près. C’est encore plus impressionnant.

L’univers de la course est propice à la dramaturgie, à la fiction ?

A chaque fois que je regarde un GP, je trouve ça impressionnant. Il y a plein d’histoires à raconter. Regardez la saison démente qu’on vient de vivre en MotoGP avec l’éclosion de Marquez, la dernière course à Valence… Le premier tome de « Warm Up » est traité comme un polar, mais mon idée n’est pas de faire l’amalgame entre récit policier et moto. Cette approche est destinée à introduire le récit. Mon objectif est bien de réaliser une série sur la course moto.

Le premier tome baigne le lecteur dans deux épreuves sur route majeures. Et ensuite ?

Le début de l’histoire, c’est le Tourist Trophy, auquel j’ai eu la chance d’assister. Le héros court ensuite à Macao, où j’aimerais aller. Dans les prochains tomes, on suivra le championnat de France puis le Mondial Superbike, avant de s’immerger en Moto2 et en MotoGP.

Le dessin est hyperréaliste, presque cinématographique. Comment travailles tu ?

Je dessine sur la base de photos et de vidéos. Je réalise les planches en couleur directe, ce qui permet de travailler les couleurs et les volumes à fond. C’est cette technique qui rend un aspect photographique par moments.

Couleur directe, c’est-à-dire ?

On trace un dessin au crayon, que l’on colorie ensuite au feutre. On saute l’étape de l’encrage entre les deux. La plupart du temps, dans la BD, on dessine, on encre les dessins et on fait appel à un coloriste. Là, ce n’est pas le cas.

De même, tu n’as pas fait appel à un scénariste ?

J’avais ce projet dans la tête depuis longtemps et je le sentais bien, tout seul.

Certains dessinateurs affirment que la moto et son mouvement, incluant les postures du pilote, sont difficiles à reproduire. Qu’en penses-tu ?

C’est vrai. Mon problème en tant que dessinateur fut de transmettre la sensation de vitesse. Par définition, une BD est constituée d’images fixes. J’ai donc essayé de trouver des angles particuliers, mais aussi d’utiliser l’image subjective afin que le lecteur ait l’impression de se situer lui-même au guidon.

Tu signes chez un éditeur qu’on ne connaissait pas. C’est leur première BD chez Dust ?

En fait, l’éditeur, c’est moi ! J’ai fait toute ma carrière chez Dargaud et ce projet aurait aussi pu sortir avec eux. Mais comme j’y crois beaucoup, j’ai décidé de créer cette structure. J’avais mené une aventure similaire au début, pour publier ma première série, « Fox One ».

On sent ce projet très personnel pour toi…

Oui, même s’il n’a rien d’autobiographique. Mais j’aime bien cet univers de la moto. Et je me suis éclaté à réaliser ce premier tome !

Comment as-tu choisi les modèles de moto ? Tu as tes favorites ?

Je n’ai pas voulu mettre en avant une marque en particulier et, pour des questions de droits, je suis resté assez flou sur les carénages et les tenues. Mais les connaisseurs reconnaîtront les machines. Même les motos de route… Allez, on peut le dire, il y a deux Ducati qui font la course sur l’autoroute. J’aime particulièrement cette marque, j’en possède une ! Mais j’aurais très bien pu opter pour une Suzuki ou une Kawasaki.

Sur la couverture, au second plan, les fans auront reconnu Ben Spies sur Yamaha Tech 3. Un choix étrange à plusieurs titres…

Pour ce dessin, je me suis inspiré d’une photo de MotoGP, qui n’est pas le sujet de ce premier tome. Cela peut paraître étrange, mais il s’agit d’une image générique, elle symbolise un duel en course. Et je voulais une moto Tech 3, le team de Poncharal. Et j’aime bien la déco du casque de Ben Spies…

Dommage qu’il se soit arrêté !

Il a pris sa retraite après avoir joué de malchance ces dernières années. Certains affirment que Spies n’est pas sympa. Mais il reste un très grand champion de moto, et c’est vraiment dommage qu’il termine sa carrière comme ça, super jeune. Il s’est vraiment trop cassé.

Es-tu motard, toi-même ?

Je possède une Ducati 750 SS de 1991. J’ai pratiqué sur piste au Mans et à Carole. Maintenant, j’ai trois gamins et moins l’occasion d’en faire, mais je bichonne ma 750 SS depuis vingt ans. Au quotidien, je circule en scooter T-Max.

BD : « Warm Up, tome 1 D.O.A » par Renaud Garreta, Dust Editions ; 64 pages, 24 x 32 cm ; 14,99 €. A commander sur la boutique Motomag.com ; disponible sur le salon de Paris, hall 5/2 stand 51.

Bibliographie

Renaud Garreta, 49 ans, est illustrateur depuis 25 ans et fait de la BD depuis 15 ans.

  • 1996-2001 : série « Fox One », thriller aéronautique (auteur)
  • 2001 : série polar/espionnage « Insiders » (scénariste)
  • 2005 : « Tanguy et Laverdure, Opération Opium » et « Le maître de Benson Gate » (dessinateur)
  • 2012 : « Seul autour du monde » sur le Vendée Globe Challenge (dessinateur)
  • 2013 : « Warm Up, tome 1 D.O.A » (auteur)

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