Rencontre du troisième vol…

Le troisième vol n’a pas manqué de panache non plus. Sur mon petit rang de trois fauteuils étriqués, on m’a installé à côté de deux énormes dames dont les bourrelets débordent de partout entre les accoudoirs. De grosses dames à l’air sévère qu’on ose pas déranger et qu’il est très difficile d’enjamber pour aller pisser. Jamais fauteuils d’avion ne m’a paru si petit. Aeroflot ne fait pas beaucoup d’effort sur les vols intérieurs. Les sièges ressemblent beaucoup à ceux dont on dispose sur les vols intérieurs français, c’est normal, on reste à l’intérieur, c’est juste une question d’échelle et de sens du confort… mais sept heures coincé entre les tas de graisse et le hublot, ça finit pas sembler terriblement long. Pour écrire, pour lire pour manger ou dessiner, le geste doit être mesuré au millimètre et pour ce qui est de tenter de changer de position, tiens, rêve donc, même le dossier n’est pas inclinable.

J’avais croisé avant de partir, un gars qui dressait encore de la Russie le genre de portrait bétonné de clichés qui finit par agacer.

Dès qu’on parle de ce pays, les mêmes poncifs ressortent ; la vodka, les déglingues, les infrastructures pourries ; le mec me parlait même de poules et de moutons dans l’aéroport…les clichés soviétiques ont la vie dure. J’y repensais d’ailleurs dans les navettes super modernes qui relient les terminaux de l’aéroport de Moscou et qui ont bien plus fière allure que les bus de Roissy. Il avait dû les rêver ses poules…Tiens, la prochaine fois qu’un russe me demande de parler de la France, je lui dirai qu’à Roissy, il y des moutons et des poules dans l’aérogare et puis aussi des zébus ou des ornithorynques, ça le fera rigoler !

Ceci dit, objectivement, dans ce Boeing 737, j’avais un peu l’impression qu’on avait recyclé les fauteuils des anciens Tupolev et je me disais que vers le nord, on retourne peut-être un poil en arrière…je suis ici pour prouver le contraire….

Maxim, le frère de Kyrul, m’attendait à l’aéroport. Je lui doit un milliard de remerciements de plus parce que, j’étais complètement dans le coltard et comme mes pneus ne sont pas arrivés, il m’a bien assisté pour remplir les paperasses…enfin, soyons franc, il s’est tapé tout le boulot.

Il m’a déposé au club où il n’y a plus de chat mais une vraie salle de bain, l’environnement est toujours aussi glamour mais j’ai déjà pu commencer à restaurer ma vieille monture…

3 réflexions au sujet de « Rencontre du troisième vol… »

  1. Cher Luc,

    Par chance, ton esprit créatif ne souffre ni du manque de place, ni de problèmes informatiques ! Ce sera donc un peu pour nous comme un voyage par procuration, gratis, 0 carbone et stress, et dont la seule obsolescence programmée sera ta fatigue et ton retour au bercail !
    Bon voyage et au plaisir de suivre tes tribulations. Qu’elles soient savoureuses !

  2. Priviète tovaritch,
    ça t’apprendra à voyager en avion, vieille feignasse ! Un vrai aventurier aurait pris le Transsibérien jusqu’à Irkoutsk, puis un minibus russkof pour gagner le cours navigable de la Léna que tu aurais ensuite descendu en canoé jusqu’à Yakoutsk.

    Un boeing 737… Pfff ! Pourquoi pas l’air conditionné pendant qu’on y est ? Même pas un bon vieux Tu-154 rapiécé et rempli de babouchkas (celles avec les poules) et d’ingénieurs en aéronautique ou de physiciens du nucléaire à pédales… rhalala, la Sibérie, c’est plus c’que c’était !
    Enfin, il te reste ta vieille épave à bricoler pour reprendre la piste.

    Paka, shi sliva pouti et tout ce genre de choses !

    Komar

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