Cinéma : le motard est-il « Le Grand Homme » ?

Alléché par l’affiche, présentant un homme et un enfant circulant sur une moto, nous avons vu « Le Grand Homme », film de Sarah Leonor avec Jérémie Renier, Surho Sugaipov et Ramzan Idiev, sorti au cinéma le 13 août. Nous pouvons donc répondre à la question : le motard est-il « Le Grand Homme » ?

C’est confirmé, l’un des trois héros de ce drame chevauche une moto, une Triumph Bonneville, pour laquelle le légionnaire a un coup de cœur en visitant une concession.

Ce long-métrage n’est pas un film « moto », dans le sens où ce véhicule n’est pas au coeur du récit. Pour autant, notre machine préférée a son importance : elle contribue à dessiner le caractère viril, sportif et dynamique du personnage d’Hamilton, que joue Jérémie Renier, un légionnaire, gravement blessé en Afghanistan, sauvé de justesse par son ami Markov (Surho Sugaipov).

Hamilton est un jeune sans attaches, qui a du mal à trouver sa place dans la société une fois rétabli de ses blessures de guerre. Il semble s’être engagé dans la légion par goût pour l’action, mais aussi parce qu’il s’y sent en sécurité. Sa maison est la caserne… Il conduit une moto, véhicule atypique, en marge par rapport à la voiture.

La réalisatrice Sarah Leonor mène une réflexion sur l’amitié, la mort (l’un des trois personnages principaux disparaît) et la reconstitution d’une cellule familiale en dehors de la filiation génétique au sens strict. Il est question, en toile de fond, de problèmes de société tels l’intégration, la situation précaire des sans papiers et la difficulté d’être quand on n’a plus ses parents.

« Le Grand Homme » n’est pas un film d’action, ni un polar ou un thriller, comme pourrait le laisser croire l’affiche, une scène dynamique, un motard et son passager semblant en fuite.

Mais la moto est bien traitée, bien filmée, car Sarah Leonor est attentive aux détails. Jérémie Renier saisit le guidon équipé de gants de protection, il enfile son casque avant d’enfourcher la Triumph et zippe un blouson typé café racer, d’un noir et blanc élégant, soulignant le corps musclé de l’ancien légionnaire. L’acteur semble conduire le véhicule sans doublure.

Oui, Hamilton dispose d’un équipement complet. C’est rare au cinéma, où l’on filme souvent un conducteur équipé d’un jet au rabais, car l’intégral empêcherait de voir le visage du conducteur. La solution trouvée par l’équipe technique, ici, est d’utiliser un modèle crossover de Nolan, qui dispose d’une visière très large, et  laisse donc apparaître les expressions et les traits du conducteur.

Le jeune garçon, assis derrière, lui, a été doté d’un casque beaucoup moins récent, ce qui est souvent le cas dans la vie réelle : on prête au passager occasionnel un heaume usagé que trouvé au fond d’un placard…

Bref, pour en revenir au film : « Le Grand Homme » n’est pas le motard, mais l’homme derrière la visière. Ils sont trois grands hommes, d’ailleurs, et c’est aussi un grand film.

« Le Grand Homme », réalisation Sarah Leonor, avec Jérémie Renier, Surho Sugaipov et Ramzan Idiev ; 1h47, au cinéma le 13 août 2014.

Voici la bande annonce

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3 réflexions au sujet de « Cinéma : le motard est-il « Le Grand Homme » ? »

  1. Pourrir une aussi belle critique de ce film, un bon film apparemment, avec des propos aussi nuls que « il dispose d’un équipement complet », « jet au rabais »… etc, fallait vraiment le faire ? Vous avez sous-traité le commentaire à la sécurité routière, ou quoi ?

    • Pas du tout, pas du tout ! Simplement, vous le verrez, ça saute aux yeux quand on regarde ce film : le motard prend le temps de revêtir son casque, ses gants… C’est très rare au cinéma ! Alors c’est vrai que nous sommes très attentif au port des vêtements adaptés, à Moto Magazine. Peut-être que, du coup, on est un peu déformé. Mais ça m’amusait de le souligner, et de manière assez clinique je vous l’accorde. Mais je l’ai vraiment remarqué ainsi en voyant le film.

  2. Je ne suis pas d’accord avec toi Pacoule, le ton de la critique ci-dessus n’est pas mauvais du tout. Le rédacteur est cohérent dans sa réponse à sa question liminaire de « comment-donc est montré le héros motard dans ce film ? »
    Nous avons tous été choqués à un moment ou un autre par des doublages de son de moteur idiots ou des acteurs auxquels les réalisateurs ne laissent pas les quelques secondes que tout le monde (à part notre ex-président) passe à boucler blouson/casque/gants avant de démarrer.
    La question posée était légitime, apparemment le film est très bien à ce sujet-là.

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