1989-2000 : épisode 10 le gros moteur Honda RFVC 100*82 suite


papytoum

Bonjour à tous,

Le modèle Honda NX650 Dominator type RD02 équipé du moteur Honda RFVC de 644 cm3 (100*82) est commercialisé en 1988.

Figure 1 : décoration des Honda NX650 Dominator type RD02 modèles J et K de 1988 et 1989 (couleurs R 134, NH 1 et YR 158) (publicité Honda Moto Journal n°837 du 17 mars 1988)

Dans cette ultime version du moteur Honda RFVC, le 644 cm3 (100*82) équipera divers autres modèles Honda jusqu’aux années 2019-2020.

Pas mal l’ancêtre.

Figure 2 : Edi Orioli, Beppe Gualini et Franco Picco à Dakar en janvier 1987 (Moto Sprint n°5 28 janvier/03 février 1987)

Fortement influencé par son brillant résultat sur le Dakar 1987 (Orioli second avec la Honda XL600, Gualini 20ème sur 24 classés), Beppe Gualini emmène la Honda NX650 Dominator sur le Camel marathon en 1989, un périple impossible à travers le Pérou.

Figure 3 : Beppe Gualini emmène les Honda NX650 Dominator au Pérou (http://www.parisdakar.it/en/camel-marathon-bike-intervista-a-beppe-gualini/)

Au Pérou, Beppe Gualini découvrira des paysages magnifiques où il faudra parfois faire nager la Dominator et aussi la transporter.

Figure 4 : Honda NX650 Dominator type RD02 lors du Camel Marathon 1989 (http://www.parisdakar.it/en/camel-marathon-bike-intervista-a-beppe-gualini/)

Une machine à tout faire cette Honda NX650 Dominator. Elle participera même au Rallye Paris-Dakar.

De 1988 à 1991, les modèles de Honda NX650 Dominator conservent la ligne générale du premier modèle.

Au plan technique, la disparition du kick starter en 1990 et la modification des rapports de seconde et cinquième ainsi que du rapport de transmission secondaire en 1991 sont les seuls changements notables du modèle Honda NX650 Dominator.

La nouvelle décoration plus sobre au niveau du logo du modèle Honda NX650 Dominator de 1990 sera reprise en 1991.

Figure 5 : Honda NX650 Dominator type RD02 modèle L (couleur PB 182) (Moto Revue n°2936 du 22 mars 1990)

Au cours des années, la Dominator, homogène et excitante, continue de dominer ses concurrentes (Moto Revue n°2838 du 10 mars 1988 et n°2936 du 22 mars 1990).

Figure 6 : Honda NX650 Dominator type RD02 modèle L (couleur G 120) (Moto Verte n°193 mai 1990)

La Dominator génère un plaisir et un agrément de conduite hors-pair. De la finition aux performances en passant par le caractère, seuls les coloris fun peuvent être discutés (Moto Verte n°193 de mai 1990).

La reine, légère et puissante, est une redoutable arme pour « le baston ». Mais sa sportivité est aussi ce qui la pénalise face à ses concurrentes qui ne cesse de progresser notamment au niveau du confort (Moto Journal n°837 du 17 mars 1988 et n°983 du 28 mars 1991).

Figure 7 : Honda NX650 Dominator type RD02 modèle M (couleur R 134) (Moto Revue n°2989 du 25 avril 1991)

Mais la Dominator reste une moto fabuleuse sur les petites routes sinueuses (Moto Revue n°2989 du 25 avril 1991).

En 1992, pour sa cinquième année de carrière, le premier gros changement esthétique de la Honda NX650 Dominator type RD02 se produit.

Le nouveau modèle présente un ensemble carénage tête de fourche/réservoir avec, clignotants et bouchon de réservoir intégrés.

Figure 8 : Honda NX650 Dominator type RD02 modèle N (couleur R 134 B) (Motosprint n°10 mars 1992)

La décoration du modèle Honda NX650 Dominator de 1992 essayé par les journalistes italiens de Motosprint en mars 1992, s’inspire du logo du premier modèle. La position de conduite sur le nouveau modèle, moins sur l’avant, leur semble plus naturelle et devrait plaire « aux touristes ». La Dominator reste facile même quand vous la poussez à la limite (Motosprint n°10 mars 1992).

Le réservoir du modèle Honda NX650 Dominator de 1992 gagne deux litres pour accroitre son autonomie. La partie arrière et les caches latéraux adoptent une nouvelle forme. Le porte paquet intègre des poignées de maintien pour le passager.

Figure 9 : Honda NX650 Dominator type RD02 modèle N de 1992 (couleur NH 196 H)

C’est avec le modèle Honda NX650 Dominator de 1992 que nos amis du Club Motocycliste de la Police Nationale (Bruno Viaud, Serge Aubard et Hervé Joseph) viendront ferrailler sur les routes du Trièves (38) pour une des manches du Championnat de France des Rallyes Routiers en juin 1993. Bruno Viaud en sortira grand vainqueur.

Figure 10 : Les Honda NX650 Dominator de l’équipe du CMPN au rallye du Trièves en juin 1993 (photo Jean-Charles Verilhac)

De 1992 à 1994, les coloris de la Honda NX650 Dominator changent mais le modèle reste le même au plan mécanique. Il a gagné un contacteur de béquille avec témoin au tableau de bord par rapport aux modèles antérieurs de 1988 à 1991.

Figure 11 : Honda NX650 Dominator type RD02 modèle R de 1994 (couleur R 201 E) (Moto Revue n°3184 du 11 mai 1995)

Face à la concurrence des nouveaux trails sportifs, la Dominator commence à accuser son âge (Moto Revue n°3184 du 11 mai 1995).

En 1995, le modèle Honda NX650 Dominator ne connaît pas de gros changement esthétique en dehors du logement de l’antivol en U sous le porte-paquet et des nouveaux silencieux plus gros qui distingueront les modèles italiens.

En raison de sa fabrication au moins partielle en Italie, le modèle Honda NX650 Dominator de 1995 change de type qui devient RD08.

En 1996, la fabrication italienne complète s’accompagne d’un changement esthétique prononcé avec l’apparition du modèle Honda NX650 Dominator type RD08A.

Figure 12 : Honda NX650 Dominator type RD08A modèle T de 1996 (couleur RB 201 B) (publicité Honda)

Le carénage tête de fourche, les flancs et la partie arrière ont été repensés. Les clignotants ne sont plus intégrés dans les flancs de carénage mais montés sur tige laissant la place à des écopes pour réduire les turbulences derrière le saute-vent.

A partir de ce modèle, les protège-disque de frein et de fourreaux disparaissent. Certains voient dans ce changement un progrès esthétique.

Figure 13 : Honda NX650 Dominator type RD08A modèle V de 1997 (couleur Y 140 N) (Moto Revue n°3269 février 1997)

Le dernier modèle de Honda NX650 Dominator est vraiment à la peine face à la nouvelle vague des trails mono. Désormais, on parle de trail routier. C’est encore l’attaque qui sauve la Honda NX650 Dominator (Moto Revue n°3269 du 20 février 1997).

Figure 14 : Honda NX650 Dominator type RD08A modèle W de 1998 (couleur RP 140 A)

Après une ultime fantaisie avec le jaune et le violet du modèle W de 1998, retour à la couleur entièrement rouge, ou entièrement noir, pour les modèles qui marqueront la fin de carrière du modèle Honda NX650 Dominator type RD08A.

Figure 15 : décoration des Honda NX650 Dominator type RD08A en fin de carrière (couleur R 201 B)

Pour l’évolution des modèles Honda NX650 type RD02, RD08 et RD08A, nous vous invitons à la lecture de la Revue Moto Technique n°71 qui présente de façon très complète les différents modèles qui se sont succédés jusqu’en 1998.

Figure 16 : Revue Moto Technique n°71 consacrée aux modèles Honda NX650 successifs de 1988 à 1998 (type RD02, RD08 et RD08/A)

En couverture de la Revue Moto Technique n°71 figure le modèle Honda NX650 Dominator dans sa version initiale de couleur rouge.

La plus belle bien sûr.

A bientôt pour l’épisode 11

Papytoum

1985 : épisode 5 le moteur Honda RFVC 97*80


papytoum

Bonjour à tous,

au début des années 1980, tous les regards sont tournés vers Dakar. Pas tous en fait, car ce n’est pas encore le cas aux USA, où il n’y en a que pour les courses de désert.

Honda XL600R et dérivés sont pour les européens, amateurs de Dakar, quand les Honda XR sont pensées pour les fans de « desert race » américains.

Figure 1 : Chuck Miller et Bruce Ogilvie lors de la Score Baja 1000 en novembre 1985 (Jim Ober tracksidephoto)

En novembre 1985, lors de la Score Baja 1000, les deux futurs managers chez American Honda, Chuck Miller et Bruce Ogilvie, sont engagés avec un modèle Honda XR600RG type PE04 (modèle 1986).

En novembre l’année suivante, toujours associés, les deux pilotes américains reviendront à Ensenada (Mexique) pour gagner la Score Baja 1000 avec la Honda XR600R à moteur RFVC, première des deux victoires consécutives de ce modèle à la Baja 1000.

Figure 2 : classements de la Score Baja 1000 en novembre 1986 (extrait de 1000 Miles to Glory by Marty Fiolka 2005)

La Honda XR600RF type PE04 de 1985 est en apparence une simple évolution du modèle XR500R type PE03 apparu fin 1982.

Figure 3 : Honda XR600RF type PE04 (Moto Crampons n°8 octobre 1985)

Par rapport au moteur Honda RFVC du XR500R (92*75), la cylindrée est passée de 498 à 591 cm3 pour le XR600R (97*80). Le gain du XR600R est faible en puissance (+1,8 cv), plus important pour le couple (de 4,7 kg/m à 5 500 tr/mn à 5,3 kg/m au même régime). Le double carburateur de 28 mm est conservé.

Dans son essai pour Moto Crampons en octobre 1985, Stéphane Le Gouic compare la version européenne de la Honda XR600RF type PE04 (phare de Honda XL600R et gros feu arrière avec support de plaque d’immatriculation) à la Honda XL600RF type PD03 commercialisée en France la même année.

Dès les premiers tours de roue, les constatations sont sans appel : la Honda XR600R dépose proprement la Honda XL600R aussi bien en accélération qu’en reprises ou en vitesse de pointe, dixit Moto Crampons.

A signaler que les deux modèles essayés par Moto Crampons ont été équipés des mêmes pneus trail et de la même démultiplication (pignon de sortie de boite et couronne de Honda XL600R).

Figure 4 : fiche technique de Honda XR600R (Moto Crampons n°8 octobre 1985)

C’est ce moteur Honda RFVC 591 cm3 issu d’un des modèles de Honda XR600R utilisés lors du Rallye de l’Atlas 1985 avec lequel j’ai participé à la saison du championnat de France des rallyes routiers en 1986.

Je confirme les sensations ressenties par le journaliste de Moto Crampons à l’usage de ce fameux moteur RFVC de course. Plus de pêche en bas et l’impression d’une montée régulière et plus forte jusque haut dans les tours par rapport au moteur RFVC 589 cm3 (100*75) du modèle Honda XL600RD type PD03 que j’utilisais au cours des saisons 1984 et 1985 du championnat.

La revue américaine Dirt Bike Magazine brosse une histoire rapide des modèles Honda XR : https://dirtbikemagazine.com/honda-xr600r-bring-it-back/

Figure 5 : Jim Holley au guidon de la Honda XR600RF (dirtbikemagazine.com/honda-xr600r-bring-it-back/)

Nous y retrouvons le modèle Honda XR600RF de 1985, chevauché par le pilote de motocross US Jim Holley en démonstration, de même que le modèle Honda XR600RM de 1991 avec lequel le policier Bruno Viaud fut champion de France des rallyes routiers en 1992.

Figure 6 : Honda XR600RM type PE04 modèle 1991 (dirtbikemagazine)

Dans l’essai de Moto Crampons en octobre 1985, les commentaires de l’essayeur nous en disent plus sur la qualité de la tenue de route du modèle Honda XR600R « enduro » comparativement au modèle « trail » Honda XL600R.

Sa partie cycle est saine et rigide. La Honda XR excelle dans les enchainements rapides, elle s’inscrit bien en courbe et son faible poids est un atout important. A haute vitesse, elle ne bouge pratiquement pas, elle ne louvoie pas, là où son homologue XL600R, plus routière de vocation, se tortille. La Honda XL600R est un vrai saucisson comparativement à la XR nous indique le journaliste (essai Moto Crampons n°8 octobre 1985).

Suite à plusieurs saisons de rallyes routiers effectuées au guidon de différents modèles de Honda XL600R type PD03, mes impressions personnelles rejoignent celles du journaliste de Moto Crampons.

Outre les qualités de son moteur Honda RFVC 591 cm3, nous comprenons mieux le choix des futurs vainqueurs du Championnat de France des Rallyes Routiers des années 1990, Yves Gras, Bruno Viaud et Vincent Loustalot pour le modèle Honda XR600R type PE04 à moteur RFVC.

Mais nous en reparlerons prochainement.

A bientôt, pour l’épisode 6 de la saga RFVC.

Papytoum

1977-1979 : les circuits de régularité moto de la ligue du Poitou suite


papytoum

Bonjour à tous,

En 1977, le Motor’s-club angoumoisin (16) s’est vu confié l’organisation du 7ème circuit de régularité de la ligue du Poitou. Les contrôles techniques se font le samedi 08 octobre 1977 sur l’esplanade de Bourgines à Angoulême (16).

Figure 1 : avant le départ du 7ème circuit de régularité du Poitou (France Moto n°110 du 15 novembre 1977)

L’équipe nationale des CRS forte de 6 éléments sera présente ainsi que 3 hommes des CRS régionales (Charente Libre samedi 08 octobre 1977).

Parmi les engagés régionaux, la presse met en avant le pilote William Roques de Surgères (17) qui a obtenu un résultat plus qu’honorable au Tour de France et le niortais Yves Forest concurrent malheureux du rallye cote d’Ivoire cote d’Azur (CO jeudi 06 octobre 1977).

Deux concurrents surgériens sont également cités, Jacky Tirbois, vainqueur de la précédente édition chez les civils et le néophyte Bruno Viaud. Un garçon dont nous aurons l’occasion de reparler.

Figure 2 : Jean Trigaud au départ du 7ème circuit de régularité du Poitou (Charente libre lundi 10 octobre 1977)

Le jeune motard de 24 ans, originaire de Villefagnan (16), Jean Trigaud du club de Champagne Mouton (16) est le seul engagé charentais (Charente Libre lundi 10 octobre 1977).

Les concurrents partent dès 13 heures d’Angoulême (16) pour une première étape de 498 km qui les fera passer par Thouars (79).

Une course de côte aux Fontenelles près de Saint Maixent (79) est à disputer lors de la première étape.

Après quelques heures de neutralisation, la seconde étape Angoulême (16) Surgères (17) Angoulême (16) part le dimanche dès 4 heures du matin. Une épreuve de vitesse sur le circuit du Parveau à Cognac (16) est au menu des concurrents lors de la seconde étape de 332 km.

Le tracé de 830 km chemine à travers la Charente (16), la Charente maritime (17), les Deux Sèvres (79) et la Vienne (86). Il comprend 94 contrôles horaires. C’est sans doute beaucoup de travail d’organisation pour 31 engagés au départ de la première étape et 23 rescapés pour la seconde.

Figure 3 : les gros cubes au contrôle de Thouars (79) lors du 7ème circuit de régularité du Poitou (CO lundi 10 octobre 1977)

La première étape disputée presque constamment sous la pluie fut la plus sélective. Gilles Planchon abandonnera suite à une erreur de parcours ainsi que René Serniguet, leader du provisoire, sur crevaison. Le circuit de vitesse du Parveau dût être annulé, la boue et la pluie rendant le circuit impraticable.

Figure 4 : classements du 7ème circuit de régularité du Poitou (LNR Lundi 10 octobre 1977)

Au classement scratch, le mauzéen de l’AM Surgères (17) William Roques l’emporte. Il a donc fallu attendre la 7ème édition du circuit de régularité du Poitou pour qu’un civil parvienne enfin à précéder les militaires au classement général. William Roques précède un autre brillant pilote, le policier Jean Hulin.

Après l’abandon de René Serniguet, récent vainqueur de la catégorie 500 cc du Tour de France, Jean Hulin emporte par la même occasion le titre national de régularité de la saison 1977 chez les militaires.

Après son excellent résultat dans le Tour de France en mai, le Courrier de l’Ouest du jeudi 13 octobre 1977 salue le sérieux du pilote William Roques de l’Amicale Motocycliste de Surgères, victorieux notamment à la course de côte des Fontenelles (79), et note les qualités du jeune pilote Bruno Viaud qui termine dixième de l’épreuve et cinquième civil.

La 8ème édition du circuit national de régularité de la ligue du Poitou, conjointement organisé par le MC Thouarsais (79) et la ligue du Poitou à la Rochelle (17), est programmée les 07 et 08 octobre 1978.

Figure 5 : annonce du 8ème circuit de régularité du Poitou des 07 et 08 octobre 1978 (France Moto n°117 du 15 septembre 1978)

Contrairement aux éditions précédentes, les concurrents boucleront l’étape Thouars-Thouars (79) en passant par Poitiers (86), Sauzé-Vaussais (79), Surgères (17), Niort (79), Soudan (79) et Airvault (79) d’une seule traite soit 650 km au lieu de 850 km en 2 étapes (LNR jeudi 05 octobre 1978).

Les concurrents des circuits de régularité avaient la santé à l’époque. Aujourd’hui, les organisateurs auraient prévu au moins deux étapes avec plusieurs boucles différentes.

Figure 6 : lors de la 8ème édition du circuit de régularité du Poitou les gendarmes effectuent leurs reconnaissances quotidiennes (CO jeudi 05 octobre 1978)

En préparation du 8ème circuit de régularité du Poitou, l’équipe compétition motocycliste de la gendarmerie nationale, 5 Kawasaki 900 et 3 Norton commando 850, parcourt chaque matin les routes de la région au départ de Chef Boutonne (79) (LNR jeudi 05 octobre 1978).

Ils seront 62 concurrents, dont une féminine, au départ du 8ème circuit de régularité du Poitou avec pas moins de 9 représentants du club de Surgères (17) auquel appartient William Roques le dernier vainqueur (CO samedi 07 et dimanche 08 octobre 1978).

Figure 7 : les engagés du 8ème circuit de régularité du Poitou (LNR samedi 07 et dimanche 08 octobre 1978)

Parmi les concurrents, à signaler, chez les policiers, la présence de Guy Labelle, en tête du championnat de France militaire, et Pierre Bertrand, 6ème du Tour de France, chez les gendarmes. Chez les civils, William Roques, est venu défendre son trophée. Sa performance au Bol d’Argent en compagnie de Bruno Viaud, présent également au départ, l’autorise à être optimiste (LNR samedi 07 et dimanche 08 octobre 1978).

Selon la Nouvelle République du centre ouest, l’accroissement du nombre des engagés par rapport à l’an dernier (31 participants en 1977) est dû, en grande partie, à l’organisation récente dans les départements de circuits de régularité qui ont pu révéler des talents sur cette nouvelle formule (LNR jeudi 05 octobre 1978).

Le journal fait sans doute référence notamment à la tenue du premier tour des Deux Sèvres au départ de Niort (79) le samedi 25 février 1978 dont nous relatons le déroulement dans un autre article rédigé pour le blog motomag RFVC 1984-2014.

Figure 8 : horaires de passage du 8ème circuit de régularité du Poitou (LNR samedi 07 et dimanche 08 octobre 1978)

Outre les 42 contrôles de passage (CP) et 26 contrôles horaires (CH) du circuit de 650 km, les concurrents doivent disputer une base chronométrée tenue secrète, une course de côte à Saint Maixent (79) au lieu-dit les Fontenelles de Sainte Néomaye et un parcours de vitesse à moyenne non impartie à Voutron (17).

Les premiers départs du 8ème circuit de régularité de la ligue du Poitou ont lieu vers 2h30 du matin de la place Lavault à Thouars (79). Le parcours chemine à travers des communes de la Vienne (86), des Deux-Sèvres (79) et des Charentes, Charente (16) et Charente maritime (17).

Figure 9 : au contrôle de Niort les spectateurs admirent la Kawasaki 900 de l’écurie Viaud-Kawasaki du jeune pilote Bruno Viaud (LNR mardi 10 octobre 1978)

Sur le circuit, les temps impartis sont calculés pour une moyenne horaire est de 52 km/h pour les motocycles de la classe A (cylindrées de 125 à 250 cc) et de 60 km/h pour les motocycles de la classe B (cylindrées de 250 à 1000 cc).

Figure 10 : classements du 8ème circuit de régularité du Poitou (LNR lundi 09 octobre 1978)

Sur les cinquante-quatre pilotes effectivement au départ, 41 seront classés, 37 en catégorie B et 4 en catégorie A (LNR lundi 09 octobre 1978).

Figure 11 : Bernard Viaud le patron de l’écurie Viaud-Kawasaki (France moto 118 du 15 octobre 1978)

Pierre Bertrand de la garde républicaine (gendarmerie) et Gilles Campestrini du club motocycliste de la police nationale (police) n’ont pu être départagés pour la victoire au classement général comme au classement militaire du 8ème circuit de régularité du Poitou.

Le bordelais Patrick Kempf l’emporte chez les civils. A noter, l’excellente place de Charles Belet (Rochefort) premier de la catégorie A des petites cylindrées et troisième du classement général (CO lundi 09 octobre 1978).

Le mauzéen William Roques de l’écurie Viaud-Kawasaki a dû abandonner. Le circuit électrique de sa Kawasaki accusant une défaillance irrémédiable au petit matin à Sauzé-Vaussais (79) (LNR lundi 09 octobre 1978). Ses collègues de l’écurie, Bruno Viaud et Yves Forest, terminent l’épreuve à des places honorables.

Figure 12 : Yves Forest du Team Viaud-Kawasaki au départ du 8ème Circuit du Poitou (CO lundi 09 octobre 1978)

En 1979, retour en Charente maritime puisque c’est la ville de Surgères (17) qui sera la tour de contrôle du 9ème circuit de régularité du Poitou (Sud-Ouest jeudi 11 octobre 1979).

Le parcours compte 719 km en 2 étapes qui traverseront les trois départements de Charente Maritime (17), Charente (16) et Deux Sèvres (79).

Au départ du parc des expositions de Surgères (17) à 20 h 30, la première étape de 189 km se déroule entièrement de nuit. Après neutralisation, la seconde étape à partir de 4 h 30, comprend un parcours de 529 km qui passe par Niort (79).

Le 9ème circuit de régularité du Poitou comprend 3 épreuves spéciales : un parcours accéléré à moyenne non impartie entre les écluses (17) et Hiers (17) dans le marais de Brouage (17), la course de côte des Fontenelles près de Charchenay (79) et une base chrono tenue secrète.

Sans doute découragés par le mauvais temps qui régnait vendredi et samedi sur le département, 35 concurrents seulement sont passés au contrôle à Surgères (17), le samedi 13 octobre, et 28 seront classés le dimanche 14 octobre 1979 (Sud-Ouest lundi 15 octobre 1979).

Et pourtant le déroulement de l’épreuve a été favorisé par un très beau temps, seuls 7 concurrents ont dû abandonner (CO lundi 15 octobre 1979).

Figure 13 : classement général du 9ème circuit de régularité du Poitou (Sud-Ouest 15 octobre 1979)

Alain Villeneau de l’AM Surgères (17) remporte le classement général du 9ème circuit de régularité du Poitou devant nombre des meilleurs pilotes civils et militaires du moment. Ce sera une des nombreuses victoires d’Alain Villeneau dans les épreuves de régularité au cours des saisons de régularité 1979-1983.

A signaler qu’à la même date que le journal Sud Ouest, le Courrier de l’Ouest annonce Bruno Viaud à la 13ème place du classement général du 9ème circuit de régularité du Poitou et non pas Belingard.

Mais à qui peut-on se fier ?

A bientôt pour la suite mais aussi la fin des aventures de la régularité dans le Poitou.

Papytoum

PS : les extraits des France Moto que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

1992 : Bruno Viaud et le moteur Honda RFVC Champions de France des Rallyes


papytoum

Bonjour à tous,

En 1992, le policier Bruno Viaud laisse la lourde Kawasaki 650 Tengai que lui confiait jusqu’alors l’équipe du Club Motocycliste de la Police Nationale pour une Honda XR600 à moteur RFVC, machine enfin susceptible de gagner le titre de Champion de France des Rallyes que Bruno mérite amplement.

Figure 1 : le policier Bruno Viaud pilote une Kawasaki 650 Tengaï au Rallye de l’Ardèche 1990 (moto verte n°221 janvier 1991)

Avec cette machine, Bruno Viaud roule sur les traces des deux Champions de France des Rallyes, Philippe Letiec en 1988 et Yves Gras en 1990 et 1991, qu’il envisage de rejoindre dans les tablettes du Championnat de France des Rallyes.

Figure 2 : Bruno Viaud et son collègue du CMPN Hervé Joseph pilotent des Honda XR600 RFVC équipé d’un kit Honda HRC lors de la saison 1992

Comme le champion de France Yves Gras lors des 2 saisons précédentes, la Honda XR600 que conduit Bruno est une évolution de la version enduro du XR600 commercialisée par Honda. Les modifications les plus visibles concernent les roues et le freinage. Les deux jantes en 17 pouces plus larges que l’origine permettent de monter des pneus routiers. Le gros disque de frein avant et la pince adaptée améliorent grandement le freinage. Mais ce n’est pas tout, car le CMPN met à la disposition de ses pilotes des versions du XR600 équipé d’un kit moteur HRC. En l’absence d’informations précises, les améliorations envisageables concernent l’arbre à cames, les soupapes, le cylindre et le carburateur…..

Bruno Viaud débute la saison 1992 par une seconde place à la Sarthe derrière Frédéric Avandetto qui pilote une Honda 500 CR montée en « Supermotard Rallye Routier », intouchable sur le terrain sarthois.

Figure 3 : Alain Amblard avec la Honda XR600 préparée par François « le fef » Bourdiaux

La suite de la saison de Bruno Viaud ne sera pas une promenade de santé. Régulièrement accroché par les deux autres Honda XR finement préparées de Hervé Joseph, premier au Beaujolais (69), et d’Alain Amblard, vainqueur aux Baous (06), Bruno Viaud parviendra à son objectif de s’emparer du titre de Champion de France des Rallyes 1992 grâce à ses victoires au Vercors-Trièves (38), les 20 et 21 juin, aux Châtaignes (07), les 05 et 06 septembre et lors de la finale chez lui au Francilien (77), les 26 et 27 septembre 1992.

Figure 4 : le policier Bruno Viaud fait la une du France Moto 276 en février 1993

En 1993, le policier Bruno Viaud revient aux affaires avec une Honda NX650 Dominator plus en conformité avec le code de la route en vigueur au sein du Club Motocycliste de la Police Nationale. La moto Honda XR600 de 1992 n’est pas homologuée directement par Honda France.

Figure 5: Les Honda NX650 Dominator du CMPN avant le départ de nuit au Trièves 1993 (Viaud n°3, Aubard n°14, Joseph n°6) et la TDM de Lacoste n°7 (photo Jean-Charles Vérilhac)

La Honda NX650 Dominator est une machine plus lourde et moins performante que le modèle Honda XR600 que Bruno Viaud utilisait la saison précédente. La Honda NX650 Dominator utilisée par l’équipe du CMPN possède une roue de 21 pouces à l’avant montée avec des pneumatiques Dunlop Trailmax. L’amortisseur Ohlins semble la seule entorse à l’équipement d’origine de la moto.

Par rapport aux petits copains du Championnat de France des Rallyes, c’est vraiment la punition pour les pilotes du CMPN. Malgré ce handicap, Bruno Viaud réussira une saison en tout point remarquable au guidon de cette nouvelle machine, témoignage de son grand talent au guidon d’une moto sur la route.

Figure 6 : le policier Bruno Viaud au départ du Rallye de la Sarthe 1993 (France Moto mai 1993)

Les débuts sont timides avec une troisième place à la Sarthe derrière le champion 1989, Philippe Many qui pilote désormais une Yamaha 600TT, concurrente directe de la Honda XR600. Le side-car de l’équipage Meuret-Simonin finit second. Le résultat est pire en Corse où Bruno Viaud se contente de la 6ème place.

En Corse, le side-car de Jean-Michel Meuret et Eric Simonin gagne le Rallye Impérial et prend de l’avance au classement provisoire du Championnat de France des Rallyes 1993.

Figure 7 : L’équipage Meuret-Simonin vainqueurs du Rallye Impérial en mars 1993 (France Moto avril 1993)

Le trio de tête du classement provisoire du Championnat de France des Rallyes figure dans l’ordre sur le podium du Rallye de l’Ain comme sur celui du Beaujolais : Meuret, Many et Viaud.

Bénéficiant de la casse moteur de la 600 TT de Philippe « Max » Many au cours de la nuit et de la pénalité prise par l’équipage Meuret Simonin, Bruno Viaud remporte l’édition 1993 du Rallye du Trièves au guidon de la Honda NX650 Dominator après l’avoir déjà remporté en 1992 au guidon de la Honda XR600.

Philippe Many gagne près de chez lui en Ardèche, Bruno Viaud fait de même dans son jardin au Rallye Francilien et Philippe Many récidive lors de la manche finale organisée par l’équipe des drômois au départ de Bourg de Péage (26).

Figure 8 : Philippe « Max » Many Champion de France des Rallyes en 1993

Le classement scratch du Championnat de France des Rallyes 1993 se jouera à un rien. Avec sa moto de course, le drômois Philippe Many prendra le titre de Champion de France des Rallyes 1993 devant le policier Bruno Viaud auteur d’une magnifique saison. Bruno Viaud est le seul du trio à marquer des points à chacune des manches mais le classement final l’oblige à décompter une manche.

Quant à l’équipage Meuret-Simonin, après une saison phénoménale de brio, avec ses victoires en Corse, à l’Ain et au Beaujolais, il est passé bien près de créer la plus énorme des surprises dans un Championnat de France des Rallyes moto et side-car.

En 1993, au guidon de la Honda NX650 Dominator à moteur RFVC, le policier Bruno Viaud ne parviendra pas à maintenir une moto Honda à moteur RFVC en tête du classement du Championnat de France des Rallyes routiers. Mais ce ne sera que partie remise.

En 1994, place à la nouvelle génération. C’est avec une moto Stey (Honda) XR600R à moteur RFVC que le jeune Vincent Loustalot remportera son premier titre de Champion de France des Rallyes.

Le brillant pilote drômois reste à ce jour le plus jeune vainqueur d’un championnat de France des rallyes routiers au guidon d’une moto à moteur RFVC. Nous aurons l’occasion d’en reparler.

Le talentueux policier Hervé Joseph amènera la lourde Honda NX650 Dominator à moteur RFVC à la seconde marche du podium final du championnat 1994.

Figure 9 : Hervé Joseph un des « jeunes loups » du CMPN au guidon de la Honda NX650 Dominator (Moto Magazine n°109 juillet août 1994)

Le policier Hervé Joseph continuera, avec ses collègues du CMPN, a piloté brillamment la Honda NX650 Dominator à moteur RFVC dans les épreuves du Championnat de France des Rallyes au cours des saisons suivantes. Il remporte notamment le Rallye du Trièves en 1994 et 1995, finissant encore second du classement du Championnat de France des Rallyes en 1997.

Avec beaucoup de ténacité, Hervé Joseph sera enfin Champion de France des Rallyes en 1999 mais ce sera avec le gros twin allemand toujours refroidi par air comme les moteurs RFVC.

La semaine prochaine nous ouvrirons le nouveau chapitre du moteur RFVC chez les Classiques du CFRR cette fois.

Bon Week-end

Papytoum