1977-1992 : Philippe, Bruno et le moteur Honda RFVC, les champions de la police


papytoum

Bonjour à tous,

S’initier au rallye routier dans le Poitou, serait-il la meilleure façon de postuler au titre de Champion de France des rallyes des années plus tard ?

C’est une hypothèse crédible, si’ l’on se réfère aux parcours des deux policiers, Philippe et Bruno, dans les rallyes.

Voici leur histoire….

Tout débute en octobre 1977 lors du 7ème circuit de régularité de la ligue du Poitou organisé par le club moto d’Angoulême (16).

A côté d’une forte délégation de policiers, comme toujours dans les épreuves de régularité de l’époque, parmi les engagés régionaux, la presse met en avant le pilote William Roques de Surgères (17) qui a obtenu un résultat plus qu’honorable au Tour de France et le niortais Yves Forest concurrent malheureux du rallye côte d’Ivoire côte d’Azur (Courrier de l’Ouest Jeudi 06 octobre 1977).

Deux concurrents surgériens sont également cités, Jacky Tirbois, vainqueur de la précédente édition chez les civils et le néophyte Bruno Viaud.

Un garçon dont nous aurons l’occasion de reparler, écrivions-nous lors de la rédaction de l’article consacré aux circuits du Poitou paru dans le blog motomag RFVC-1984-2014.

Figure 1 : classements du 7ème circuit de régularité du Poitou (La Nouvelle République Lundi 10 octobre 1977)

Après son excellent résultat dans le Tour de France en mai, le Courrier de l’Ouest du jeudi 13 octobre 1977 salue le sérieux du vainqueur de l’épreuve, le pilote William Roques de l’Amicale Motocycliste de Surgères, victorieux notamment à la course de côte des Fontenelles (79), et note les qualités du jeune pilote Bruno Viaud qui termine dixième de l’épreuve et cinquième civil.

Le 26 février 1978, alors qu’il n’est pas encore motard dans la police, c’est en excellente compagnie que le jeune Philippe Le Tiec fait ses premiers pas dans les rallyes routiers en participant au premier Circuit de régularité des Deux Sèvres organisé au départ de Niort (79). Les deux policiers, Bernard Neimer et Gilles Campestrini sont au départ. Les deux policiers finiront dans cet ordre en tête du championnat de France de régularité 1978 chez les militaires.

Dix ans plus tard, le motard de la police Philippe Le Tiec débutait la saison qui lui permettra de recueillir le précieux trophée.

Figure 2 : Vacances pour les rallymen au 1er Rallye de la Cinarca en février 1988 (France Moto n°221 mars 1988)

Sous l’impulsion de William Roques, vainqueur du circuit du Poitou en 1977 et surtout premier civil à battre les militaires dans l’épreuve poitevine, une écurie de 6 pilotes est engagée au premier circuit des Deux-Sèvres par Bernard Viaud, le concessionnaire Kawasaki de Mauzé sur le mignon (79).

Figure 3 : écurie Viaud-Kawasaki engagée au premier Tour des Deux-Sèvres (La Nouvelle République du centre ouest jeudi 23 février 1978)

A l’opposé des effectifs majoritairement militaires des habituels circuits de régularité de la région Poitou-Charentes, la nouvelle épreuve attire une majorité de civils.

Dans cette épreuve, Philippe Le Tiec retrouve Bruno Viaud, un autre brillant pilote issu des rangs du Club Motocycliste de la Police Nationale et futur Champion de France des rallyes routiers comme lui.

Mais ils ne le savent pas encore, ni l’un ni l’autre, les deux jeunes pilotes.

Au classement de cette première édition du Circuit des Deux-Sèvres, disputée uniquement de jour, deux civils, William Roques et Jacky Stirbois de l’Association Motocycliste de Surgères (17) précède le policier Guy Labelle du CMPN.

Au départ du 8ème circuit de régularité du Poitou en octobre 1978, le policier Guy Labelle, en tête du championnat de France militaire, et Pierre Bertrand, 6ème du Tour de France, chez les gendarmes, sont présents. Chez les civils, William Roques est venu défendre son trophée. Sa performance au Bol d’Argent en compagnie de Bruno Viaud, présent également au départ, l’autorise à être optimiste (LNR samedi 07 et dimanche 08 octobre 1978).

Les premiers départs du 8ème circuit de régularité de la ligue du Poitou ont lieu vers 2h30 du matin de la place Lavault à Thouars (79). Le parcours chemine à travers des communes de la Vienne (86), des Deux-Sèvres (79), de la Charente (16) et de la Charente maritime (17).

Figure 4 : au contrôle de Niort les spectateurs admirent la Kawasaki 900 de l’écurie Viaud-Kawasaki du jeune pilote Bruno Viaud (LNR mardi 10 octobre 1978)

Sur le circuit, les temps impartis sont calculés pour une moyenne horaire de 52 km/h pour les motocycles de la classe A (cylindrées de 125 à 250 cc) et de 60 km/h pour les motocycles de la classe B (cylindrées de 250 à 1000 cc).

Figure 5 : classements du 8ème circuit de régularité du Poitou (LNR lundi 09 octobre 1978)

Pierre Bertrand de la garde républicaine (gendarmerie) et Gilles Campestrini du club motocycliste de la police nationale (police) n’ont pu être départagés pour la victoire au classement général comme au classement militaire du 8ème circuit de régularité du Poitou.

Le bordelais Patrick Kempf l’emporte chez les civils. Le mauzéen William Roques de l’écurie Viaud-Kawasaki a dû abandonner. Le circuit électrique de sa Kawasaki accusant une défaillance irrémédiable au petit matin à Sauzé-Vaussais (79) (LNR lundi 09 octobre 1978). Ses collègues de l’écurie, Bruno Viaud et Yves Forest, terminent l’épreuve à des places honorables.

En 1979, pour sa seconde édition, le circuit de régularité des Deux-Sèvres se déroulera dans le nord du département (LNR mercredi 21 février 1979).

Dans la catégorie B, Bernard et Bruno Viaud, William Roques (Surgères) avec leurs grosses Kawasaki et Jean-Luc Giroire (Airvault) devront notamment affronter les frères Denis et Gabriel Aubier (Orléans), ou le bordelais Patrick Kempf.

Figure 6 : classements du second tour des Deux-Sèvres (CO lundi 26 février 1979)

Lors du second circuit des Deux-Sèvres, les locaux ont été battus par Daniel Duchesne (Orléans) qui remporte le classement général au guidon de sa Honda 250 cm3. Jean-Luc Deneuvy (Angoulême), second du général, gagne la catégorie B des plus de 250 cm3 devant Christian Vignaud du TC Ligugé.

Bruno Viaud (Surgères) pointe à la 7ème place et son compère William Roques à une lointaine 24ème place.

Au cours des années 1981-1982, le policier Philippe Le Tiec fera son stage de motard dans la police sous les ordres du policier rallyman Jean-Pierre « Papy » Lebras, son instructeur à l’école de la police de Sens (89).

En 1983, à l’appel du CMPN, Philippe Le Tiec fera quelques apparitions dans les Rallyes routiers.

Figure 7 : calendrier du championnat de France des rallyes 1983 (Le Journal du CMPN septembre 1983)

En mai 1983, Philippe Le Tiec termine à la 19ème place du Rallye de Guyenne. Il améliore son résultat dans les Ardennes avec une belle 8ème place et termine sa saison 1983 avec la 16ème place au 1er Monté Carlo moto.

Au guidon de la Kawasaki 500 du CMPN, le policier Philippe Le Tiec participe à plusieurs épreuves du championnat de France des rallyes en 1985. Il vient renforcer l’équipe de rallye du CMPN dont les leaders sont alors Alain Laurent et Jean-Marc Orioli.

Figure 8 : le policier Philippe Le Tiec au guidon de la Kawasaki 500 GPZ du CMPN

Lors du Rallye du Limousin, les 09 et 10 mars 1985, première épreuve de la saison, le policier Philippe Le Tiec met le feu à la Kawasaki du CMPN. Incendie de la machine au sens propre suite à une chute et abandon pour le pilote lors de l’épreuve d’ouverture qui est remportée par le bordelais Patrick Kempf, un spécialiste de la régularité.

Les pilotes les plus réguliers, le bordelais Patrick Kempf (BMW 800 GS), le niçois René Dursapt (Ducati Pantah) et le nordiste Robert Degaudez (Honda 600 XLR) prendront la tête du rallye à l’issue de l’étape de nuit.

Il en fallait de la régularité au Rallye du Limousin où seuls ces trois pilotes passés partout à zéro sur le routier, terminent sur le podium final.

Figure 9 : classement du premier rallye du Limousin (France Moto n°190 du 15 avril 1985)

Après sa chute au Rallye du Limousin, Philippe Le Tiec semble regonflé à bloc puisqu’il va aligner deux jolies prestations lors des rallyes suivants, le Rallye de Guyenne, les 30 et 31 mars, et le Rallye de la Sarthe, les 13 et 14 avril 1985.

Dans les deux épreuves, il se permet « de faire la nique » aux anciens du CMPN, en se classant troisième et premier élément du club de la police nationale.

Pas mal pour le nouveau venu.

Figure 10 : classement du Rallye de Guyenne 1985 (Lettre FFM du 03 avril 1985)

Au Rallye de la Sarthe, c’est une révolution qui est annoncée par la FFM dans sa lettre du 17 avril 1985. Ce n’est pas une routière qui a vaincu en terre sarthoise.

Figure 11 : Rallye de la Sarthe 1985 (Lettre FFM du 17 avril 1985)

Au Rallye de Charente, les 27 et 28 avril 1985, au départ d’Angoulême (16), bis repetita.

Suite à un routier finalement assez peu sélectif contrairement aux éditions précédentes de l’épreuve charentaise, c’est dans les épreuves chronométrées que s’est joué le classement général (Lettre FFM du 30 avril 1985).

A ce régime, le pilote angoumoisin Jean-Luc Deneuvy parvient à glisser sa puissante Honda 1100 cm3 de production à la troisième place derrière les 2 machines d’enduro, l’Husqvarna 400 cm3 de Thierry Hardy (MC Roquebrune) (06) et la KTM 500 de Gérard Pardon (CM Beaujolais) (69).

Nouvelles venues dans les épreuves du Championnat de France des rallyes, ces machines d’enduro adaptées à la route devraient se révéler difficile à battre, si elles continuent à tenir la distance d’un rallye.

Dans cette épreuve, le policier Philippe Le Tiec atteinte une honorable 12ème place, derrière les deux leaders du CMPN.

Figure 12 : classement général du rallye de Charente en avril 1985 (Lettre FFM 30 avril 1985)

En 1985, malgré tous les policiers et gendarmes, spécialistes des rallyes, engagés dans les différentes épreuves de la saison, et malgré tous les pilotes de machines d’enduro adaptées à la route présents, au final le Champion de France 1985, c’est Robert Degaudez avec la petite Honda XL600R à moteur RFVC.

Pour la saison 1986, Philippe Le Tiec va prendre la tête d’une nouvelle équipe de pilotes du CMPN. Il est rejoint par Gérald Crépin, brillant troisième de la 49ème coupe de l’Armistice à la fin de l’année 1984 avec la vaillante Honda 500 XLS et par Gilles Ledoux. Au guidon des Kawasaki 750 ZX du CMPN, ces 3 pilotes vont tenter de reconquérir le titre de champion de France des rallyes qui a échappé aux militaires la saison passée.

Au Rallye du Poitou, les 08 et 09 mars 1986, organisé par l’AS-FFM, comme lors de la précédente saison, la saison des rallyes débute plutôt mal pour le pilote Philippe Le Tiec du CMPN. Suite à une chute, le leader du CMPN doit abandonner sur casse d’un carter moteur de la Kawasaki 750 ZX du CMPN.

Figure 13 : Philippe Le Tiec et la Kawasaki 750 ZX du CMPN au Rallye de la Sarthe 1986

Ses prestations suivantes seront de bien meilleure qualité. Philippe Le Tiec, Kawasaki 750 ZX, l’emporte au Rallye de l’Ain. Il termine second de Thierry Hardy, Husqvarna 400, au Rallye de la Sarthe, terrain de victoire traditionnelle des motos routières.

Après son abandon au Rallye du Languedoc que seul son compère Gérald Crépin termine pour le CMPN, Philippe Le Tiec est troisième du Rallye du Beaujolais et 5ème en Guyenne.

Philippe Le Tiec achèvera la saison 1986 de belle manière. Il est à nouveau second de Thierry Hardy au Rallye du Pays d’Aix.

Figure 14 : Rallye du Pays d’Aix et classement final du Championnat de France des rallyes 1986 (Lettre FFM du 09 septembre 1986)

Malgré sa belle saison 1986, Philippe le Tiec ne pourra rien contre le pilote niçois, Thierry Hardy qui aura été intouchable toute la saison pour s’emparer du titre de Champion de France des rallyes.

En 1987, pour l’équipe du CMPN, Gilles Ledoux et Gérald Crépin sont au côté de Philippe Le Tiec pour aller chercher le titre de Champion de France des rallyes qui se refuse aux policiers du CMPN depuis le titre du policier Patrick Orioli en 1984.

En 1987, le policier Philippe Le Tiec et sa nouvelle machine vont faire forte impression au départ du Rallye de la Sarthe qui ouvre la saison.

Figure 15 : Philippe Le Tiec, Jean-Pierre Lebras, son instructeur, et la Barigo 560

La Barigo 560, née à Thouars (79) au cœur du Poitou, est une machine sportive imaginée par Patrick Barigault. Elle est dotée d’un cadre maison associé au brillant moteur monocylindre autrichien Rotax.

Malheureusement, avec cette machine, le policier Philippe Le Tiec n’atteindra pas ses objectifs dans le Championnat de France des Rallyes 1987.

Ses deux collègues reprendront le flambeau permettant au trio de monopoliser le podium final du Championnat de France des rallyes 1987.

Figure 16 : Rallye de Haute Saône et classement du Championnat 1987 (Lettre FFM du 08 septembre 1987)

Après une saison en demi-teinte au guidon de la Barigo 560 en 1987, le policier Philippe Le Tiec attaque la saison 1988 de la meilleure manière qui soit au guidon d’une nouvelle machine, la Honda XR à moteur RFVC 600 cm3.

Grâce au soutien de son partenaire OUTIROR de Saint Cyr sur Loire, Philippe Le Tiec va prendre le départ de la saison 1986 au guidon de cette nouvelle machine.

La Honda XR600R de Philippe Le Tiec est montée avec une roue avant en 18 pouces et un kit de freinage Brembo 300 mm ce qui devrait faciliter la route du policier vers le titre de Champion de France des rallyes 1986.

Figure 17 : Philippe Le Tiec et la Honda XR600R à moteur RFVC en 1988

Lors du premier Rallye moto de la Cinarca, manche d’ouverture du Championnat de France des Rallyes 1988, organisé les 27 et 28 février par le Moto Club Impérial et son président Jean-Jacques Poggioli, Philippe Le Tiec termine second. Le vainqueur, le pilote corse Pierre-Jean Padovani, se balade sur les routes de sa région au guidon de la Kawasaki 600 KLR.

Au Rallye de la Sarthe, seconde manche du Championnat de France des Rallyes 1988, Philippe Le Tiec prend à nouveau la seconde place derrière son coéquipier du CMPN, Gérald Crépin, qui a troqué sa puissante et lourde Kawasaki 750 GPZ pour la puissante et légère Husqvarna 510.

Au Rallye de l’Ain 1988, Philippe Le Tiec marque les points de la victoire au terme d’une nuit très difficile où 29 concurrents sur les 67 partants ont abandonné.

Au Rallye du Beaujolais, dominé par Yves Constantin qui pilote un trail Suzuki DR600, Philippe Le Tiec et sa Honda XR600R, abonné aux secondes places au cours de cette saison 1988, finit devant les 2 autres Philippe, Philippe Many sur Yamaha 250 TDR et Philippe Thoumelin avec la Honda XL600RH à moteur spécial.

Le 10 septembre 1988, Pierre-Jean Padovani revient de Corse pour remporter la manche de clôture du Championnat de France des Rallyes à Nice au guidon de l’Aprilia Touareg après avoir gagné la manche d’ouverture chez lui en février à l’occasion du premier Rallye moto de la Cinarca.

Figure 18 : Philippe Le Tiec, Honda XR600R, Champion de France des rallyes 1988 (la Nouvelle République Vendôme)

Philippe Le Tiec n’a pas marqué de points à Nice mais il remporte toutefois le titre de Champion de France des Rallyes Routiers 1988 avec la Honda XR600R à moteur RFVC.

La police peut à nouveau fêter un Champion de France des rallyes issu de ses rangs.

En 1989, le CMPN a fait l’acquisition de modèles Honda XR600R pour son équipe de rallye routier. A côtés des modèles enduro Husqvarna équipés pour le rallye, ces nouvelles Honda XR doivent permettre aux policiers de se maintenir parmi les meilleurs dans les épreuves du Championnat de France des rallyes.

Figure 19 : Honda XR600RK modèle 1989 du CMPN préparé pour les rallyes

En 1989, le drômois Philippe Many au guidon d’une étonnante Yamaha 250 TDR fera étalage de toute sa fougue pour remporter le titre de Champion de France des Rallyes 1989. Il privera ainsi le policier Philippe Le Tiec au guidon de la Honda XR à moteur RFVC 600 cm3 du plaisir de devenir le premier double Champion de France des Rallyes.

Figure 20 : classement du championnat de France des rallyes 1989 (Journal du CMPN 1990)

En 1990, l’équipe rallye du CMPN voit arriver les pilotes Serge Aubard et Bruno Viaud à côté des deux anciens, Philippe Le Tiec et Gérald Crépin.

Figure 21 : Kawasaki 650 Tengaï le choix du CMPN pour les rallyes en 1990 (Journal du CMPN 1990)

Les machines choisies pour l’équipe rallye du CMPN sont les lourdes Kawasaki 650 Tengaï.

Ce choix sera-t-il le bon pour contrer les agiles et légères Honda XR600R préparées pour la route ? Ces Honda sont notamment adoptées par des pilotes civils rapides comme le dauphinois Alain Amblard ou le cannois Yves Gras. Le policier Philippe Le Tiec restera lui aussi fidèle à la Honda XR600R à moteur RFVC.

Figure 22 : calendrier des épreuves du championnat des rallyes 1990 (Journal du CMPN 1990)

Après avoir roulé au cours de la saison 1989 avec la Honda NX650 Dominator, le pilote cannois Yves Gras ne tardera pas à prendre la tête du Championnat de France des Rallyes 1990 avec sa nouvelle moto, une 600 Stey, autrement dit une machine Honda XR à moteur RFVC 600 cm3 homologuée par Stey.

Figure 23 : en 1990 le civil Yves Gras s’impose au policier Philippe Le Tiec (France Moto n°255 février 1991)

Yves Gras est seulement second à la Sarthe puis à l’Ain en avril 1990, derrière Philippe Many, Champion de France des Rallyes 1989, qui roule avec la 250 KR1, la petite bombe de Kawasaki.

Mais Yves Gras est premier au Beaujolais, second derrière le side-car de Jean-Michel Meuret à la Loire, premier au Vercors et seulement 3ème au Rallye Francilien organisé par le CMPN derrière les policiers Bruno Viaud et Philippe Le Tiec.

Figure 24 : classement provisoire du championnat de France des rallyes 1990 avant le Francilien (Journal du CMPN 1990)

Avec sa victoire à la finale au 1er Rallye Francilien, le policier Bruno Viaud, nouveau venu sur les rallyes du championnat de France, s’empare de la seconde place du Championnat de France des rallyes au détriment du pilote drômois Philippe Many.

Le parcours francilien n’a manifestement pas réussi à Philippe Many qui ne marque que 4 points contre vingt à Bruno Viaud. La chance a tourné.

Figure 25 : classement du championnat de France des rallyes 1990 (France moto n°251 octobre 1990)

Yves Gras gagne le Rallye des Châtaignes en octobre 1990, et empoche son premier titre de Champion de France des Rallyes.

Figure 26 : Bruno Viaud Kawasaki 650 Tengaï du CMPN (saison 1990)

En 1991, le pilote cannois Yves Gras reprend la route avec une nouvelle Honda XR600R à moteur RFVC.

Figure 27 : calendrier provisoire du championnat de France des rallyes 1991 (France moto n°253 décembre 1990)

Son début de saison est époustouflant : vainqueur à la Sarthe, vainqueur dans l’Ain, au Beaujolais, au Vercors et au Rallye des Baous à Nice.

Mais la belle pendule se dérègle au Rallye des Châtaignes où Yves se blesse.

Au Rallye Francilien 1991, dernière manche de la saison, Yves Gras ne pourra pas défendre ses chances. Mais la solidarité sudiste jouera à plein et la victoire de Fred Gencel, Yamaha 250 TDR, devant le policier Bruno Viaud, Kawasaki 650 Tengai, sauvera in extremis le second titre de Champion de France des Rallyes d’Yves Gras.

Figure 28 : classement du Championnat de France des rallyes 1991 (France moto n°263 nov/déc 1991)

Apparaissant dans l’équipe officielle du CMPN présentée en vue de la saison 1992 des Rallyes, le policier Philippe Le Tiec verra sa saison brutalement interrompue sur chute en reconnaissance lors du Rallye de l’Ain.

Figure 29 : l’équipe des rallyes du CMPN 1992 (Serge Aubard, Hervé Joseph et Bruno Viaud)

Ses collègues, Bruno Viaud, Serge Aubard et Hervé Joseph, le petit nouveau de l’équipe, auront la tache de relever le défi en vue de conquérir le titre de champion de France des rallyes 1992 qui est monopolisé par les civils depuis le dernier titre acquis par Philippe Le Tiec en 1988 pour le Club de la Police Nationale.

Figure 30 : calendrier du Championnat de France des rallyes 1992 (Journal du CMPN 1992)

Bruno Viaud débute la saison 1992 par une seconde place à la Sarthe derrière Frédéric Avandetto qui pilote un modèle cross Honda 500 CR montée en « Supermotard Rallye Routier », intouchable sur le terrain sarthois.

La suite de la saison de Bruno Viaud ne sera pas une promenade de santé. Régulièrement accroché par les autres Honda XR600R de Hervé Joseph, premier au Beaujolais (69), et Alain Amblard, vainqueur aux Baous (06), Bruno Viaud parviendra à son objectif de s’emparer du titre de Champion de France des Rallyes 1992 notamment grâce à ses victoires au Vercors-Trièves (38), les 20 et 21 juin et aux Châtaignes (07), les 05 et 06 septembre.

Figure 31 : Beau podium au 3ème Rallye des Châtaignes en septembre 1992 (photo Le Dauphiné Libéré)

Une belle brochette de champions de rallyes, Philippe « Max » Many, Alain « Gaston » Amblard et Jean-Michel Meuret accompagne Bruno Viaud sur le podium du 3ème Rallye des Châtaignes à Lamastre (07) en septembre 1992.

Figure 32 : Bruno Viaud, Honda XR600R, vainqueur du Championnat de France des rallyes 1992 (Journal du CMPN 1992)

La victoire de Bruno Viaud lors de la finale chez lui au 2ème Rallye Francilien, les 26 et 27 septembre 1992, lui permet de conclure en beauté la saison 1992 et de ramener le titre de Champion de France des Rallyes Routiers au CMPN.

Figure 33 : classement du Championnat de France des rallyes 1992 (France moto n°273 nov 1992)

Pour la saison 1993, retour en arrière pour l’équipe du CMPN. La Honda NX650 Dominator remplace les motos d’enduro adaptées pour la route, Husqvarna 510 et Honda XR600R, que les pilotes du club utilisaient au cours des années passées.

Figure 34 : Les Honda NX650 Dominator du CMPN avant le départ de nuit au Trièves en juin 1993 (Viaud n°3, Aubard n°14, Joseph n°6) et la TDM de Lacoste n°7 (photo Jean-Charles Vérilhac)

Equipée d’un amortisseur Ohlins, la machine aura besoin de toute la science du pilotage et/ou de toute la fougue des jeunes du CMPN pour s’imposer dans les épreuves du Championnat de France des Rallyes.

Pour Bruno Viaud, les débuts sont timides avec une troisième place à la Sarthe derrière le champion des rallyes de 1989, le drômois Philippe Many qui pilote désormais une Yamaha 600TT, concurrente directe de la Honda XR600R. Le side-car de l’équipage Meuret-Simonin finit second.

En Corse (20), où Bruno Viaud termine à la 6ème place, le side-car de Jean-Michel Meuret et Eric Simonin gagne le Rallye Impérial (20) et prend de l’avance au classement provisoire du Championnat de France des Rallyes 1993.

Le trio de tête du classement provisoire du Championnat de France des Rallyes figure dans l’ordre sur le podium du Rallye de l’Ain comme sur celui du Beaujolais : Meuret, Many et Viaud.

Bénéficiant de la casse moteur de la 600 TT de Philippe « Max » Many au cours de la nuit et de la pénalité prise par l’équipage Meuret Simonin, Bruno Viaud remporte l’édition 1993 du Rallye du Trièves (38) au guidon de la Honda NX650 Dominator après l’avoir déjà remporté en 1992 au guidon de la Honda XR600R.

Philippe Many gagne près de chez lui en Ardèche, Bruno Viaud fait de même dans son jardin au Rallye Francilien et Philippe Many récidive lors de la manche finale organisée par l’équipe des drômois au départ de Bourg de Péage (26).

Figure 35 : classement du Championnat de France des Rallyes 1993 (France moto n°285 décembre 1993)

Le classement scratch du Championnat de France des Rallyes 1993 se jouera à un rien.

Avec sa moto de course, le drômois Philippe Many prendra le titre de Champion de France des Rallyes 1993 devant le policier Bruno Viaud auteur d’une magnifique saison.

Figure 36 : Bruno Viaud Champion de France des Rallyes 1992 (France moto n°276 février 1993)

Mais comme la moto ça ne s’oublie pas, nous retrouvons le policier Philippe Le Tiec en tête de la catégorie Classiques du Championnat de France des rallyes lors du Rallye du Beaujolais 2003.

Belle santé le motard de la police.

Figure 37 : Philippe Le Tiec, Honda 750 four, victorieux en catégorie Classiques du Championnat de France des rallyes lors du Beaujolais 2003

Les deux pilotes du Club Motocycliste de la Police Nationale, Philippe Le Tiec et Bruno Viaud ont marqué de leur empreinte des années de l’histoire du Championnat de France des Rallyes Routiers.

Philippe Le Tiec termine second du classement final du Championnat de France des rallyes en 1986 avec la Kawasaki 750 ZX. Il sera troisième avec la Barigo 560 en 1987. Il remporte le titre scratch en 1988 et finit à nouveau second en 1989 avec la Honda XR600R.

De sacrées machines pour les rallyes, ces Honda à moteur RFVC, si l’on se réfère à leur brillant palmarès.

Seulement huitième du classement général du Championnat de France des rallyes en 1990, Philippe Le Tiec sera quatrième avec la Pemda 600 (Honda XR600R homologuée par Pemda) dans le Championnat 1991.

Très belle carrière dans le Championnat de France des rallyes, pour le pilote tourangeau Philippe Le Tiec.

Avec de lointains souvenirs de la régularité motocycliste pratiquée dans ses jeunes années, le policier parisien Bruno Viaud débute les rallyes routiers dans l’équipe du CMPN en 1990.

Au cours de ses quatre années dans l’équipe de la police (1990-1993), Bruno Viaud alignera une impressionnante série de victoires ou de places d’honneur dans les épreuves du Championnat de France des rallyes.

Au classement général du Championnat, Bruno Viaud est second en 1990 et 1991, derrières Yves Gras et la Honda XR600R. Il remporte le titre de Champion de France des rallyes en 1992 avec la Honda XR600R du CMPN.

Revenu à une machine moins sportive en 1993, la Honda NX650 Dominator, Bruno Viaud parvient à la hisser à la seconde place du classement général du Championnat de France des rallyes derrière la sportive Yamaha 600 TT du pilote drômois Philippe Many, double Champion de France des Rallyes, comme avant lui, le pilote cannois Yves Gras.

Figure 38 : Policiers champions de rallye (Philippe Le Tiec, Bruno Viaud, Hervé Joseph, Gérald Crépin et Serge Aubard)

A notre connaissance, les deux policiers Philippe Le Tiec et Bruno Viaud roulent toujours à moto.

A bientôt

Papytoum

PS : les extraits de France Moto et les lettres de la FFM que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

1973-1985 : régularité et rallye dans le Limousin


papytoum

Bonjour à tous,

Chose promise chose due mais….

Malheureusement, la COVID 19 aura eu raison de notre constance à vous tenir informé des épreuves de régularité motocycliste dans les territoires de l’Ouest de la France.

Difficile, en effet, d’accéder aux archives de Limoges, Ussel ou Guéret en ces temps de pandémie.

Nous avons vu apparaître la ville de Limoges comme ville de passage des circuits de régularité organisés dans le Poitou au cours de la décennie 1970-1980.

Tout d’abord en 1973, lors de la 3ème édition du circuit du Poitou puis en 1976 pour sa 6ème édition.

Nous ne pourrons malheureusement pas vous en dire plus que ce que nous écrivions dans de précédents articles à partir des comptes rendus du quotidien la Charente libre et du journal Sud-Ouest.

Il faudra attendre notre prochaine visite aux archives de Limoges pour savoir ce que disait à l’époque la presse de la Haute Vienne.

Je reprends ci-dessous nos écrits antérieurs concernant les éditions de 1973 et 1976 du circuit de régularité du Poitou.

En 1973, c’est le MC Rochelais (17) qui est le partenaire de la ligue pour l’organisation de la 3ème édition du circuit de régularité du Poitou les 13 et 14 octobre.

Vingt-six militaires ; 12 de la CRS, 11 de la gendarmerie mobile et 3 de la douane de la Rochelle sont inscrits ainsi que 17 civils.

La volonté des organiseurs est de faire passer le circuit dans toutes les villes de la Ligue du Poitou ayant un club motocycliste (Charente libre vendredi 12 octobre 1973).

Le circuit routier est toujours aussi long (839 km 500). De La Rochelle (17), le samedi 13 octobre à partir de 13 h 30, il rejoint Limoges (87) lors d’une première étape de 435 km. Une épreuve d’accélération est au programme entre Beaugeay (17) et Marennes (17).

La seconde étape de 404 km, dès 6 heures le dimanche 14 octobre à Limoges (87), ramène les concurrents à La Rochelle (17). Une course de côte entre Saint-Junien (87) et Brigueuil (16) se dispute sur le circuit de retour. Un parcours accéléré et une épreuve de moyenne spéciale chronométrée sont également prévus sur le circuit routier.

Au programme, 56 contrôles horaires et 5 départements traversés.

En 1973, les mauvaises conditions météo qui ont accompagné les concurrents ont rendu l’épreuve poitevine encore plus exigeante pour les pilotes et les machines. La pluie et le vent accompagnèrent les concurrents de bout en bout (Charente libre lundi 15 octobre 1973).

Figure 1 : passage des concurrents au contrôle de la tricherie (Charente libre mardi 16 octobre 1973)

Au contrôle de la tricherie à Eymouthiers (16), seuls 28 des 47 concurrents engagés, civils et militaires, avaient pointé entre 2 et 3 heures après leur départ de la Rochelle (17).

Vous avez dit indigeste les épreuves de régularité dans le Poitou ?

Pour qui ? Les organisateurs ou les concurrents ?

En 1973, c’est Jean Forillière qui remporte le circuit de régularité de la ligue du Poitou chez les civils. A l’époque, il est encore difficile pour un civil d’intégrer le top 10 dans ces épreuves de longue distance.

Figure 2 : classement général du 3ème circuit du Poitou (Sud-Ouest mercredi 17 octobre 1973)

Après ses bonnes performances chez les concurrents, Jean Forillière sera président de l’Amicale Motocycliste Angoumoisine (16) et organisera plusieurs éditions du Rallye de Charente dans les années 1980.

Pour 1976, face aux difficultés rencontrées par la commission sportive de la ligue du Poitou, l’épreuve a failli ne pas se faire.

Le 6ème circuit de régularité de la ligue du Poitou se déroule les samedi 09 et dimanche 10 octobre 1976.

La première étape de 380 km, le samedi, mène les concurrents de Cognac (16) à Limoges (87) et retour à Cognac (16). La seconde étape de 425 km, le dimanche, va de Cognac (16) à Cognac (16) en passant par Niort (79).

Le circuit comporte la bagatelle de 83 contrôles (LNR mardi 12 octobre 1976).

Une course à moyenne non impartie dès le départ et une course de côte sont à disputer lors de la première étape, une base secrète à moyenne imposée au lever du jour lors de la seconde.

Figure 3 : classements du 6ème circuit de régularité du Poitou (La Nouvelle République mardi 12 octobre 1976)

C’est le policier Jean-Pierre Geneletti qui remporte le classement général devant ses collègues, Jean Hulin, Bernard Neimer et Jean-Louis Chevelle du club motocycliste de la police nationale.

Le premier civil, Jacky Tirbois de Surgères (17), cinquième du général, parvient enfin à placer sa BMW devant tous les autres civils.

Figure 4 : le policier Jean-Pierre Geneletti vainqueur du 6ème circuit de régularité du Poitou (France Moto n°101 du 15 novembre 1976)

Finalement chez les militaires, entre gendarmes et policiers, c’est un coup à toi, un coup à moi, lors des circuits de régularité dans le Poitou.

En 1980, c’est un tour de la ligue qui est annoncé les 12 et 13 juillet à Limoges (87). L’Association Motocycliste du Limousin, un club de la Haute Vienne, est le club organisateur annoncé.

Malheureusement, aucune trace de cette épreuve n’apparaît dans la presse motocycliste nationale que nous avons pu consulter.

Nous espérons en apprendre un peu plus dans les journaux de la Haute Vienne quand nous pourrons accéder aux archives de Limoges après la difficile période COVID19 que nous traversons.

Avec l’épreuve suivante organisée en Limousin, nous entrons dans la période moderne des rallyes.

Nous avons déjà largement abordé dans le blog-motomag RFVC-1984-2014, la question de l’évolution qui s’opéra au tournant des années 1980 avec le passage des épreuves dites de régularité motocycliste vers les épreuves dites de rallye.

Figure 5 : commission des rallyes de la FFM en 1985 (France Moto n°197 du 15 décembre 1985)

Le premier Rallye du Limousin organisé par l’Association Sportive de la FFM (AS-FFM) les 09 et 10 mars en ouverture de la saison 1985 des Rallyes constitue l’exemple type du rallye.

Un parcours de liaison constitué d’une boucle de jour et d’une boucle de nuit découpées en tronçons horaires à effectuer à moyenne imposée de 60 km/h. Des épreuves chronométrées sur route fermées à la circulation publique sont réparties sur le parcours routier de jour comme de nuit.

Le classement du rallye, au scratch et par catégorie de cylindrées, s’effectue par addition des temps cumulés des épreuves chronométrées et des pénalités éventuelles acquises sur le parcours de liaison pour avance ou retard par rapport au temps imparti dans les différents tronçons horaires.

Dans l’attente de pouvoir consulter la presse de la Creuse et de la Corrèze, départements traversés par l’épreuve de 1985, nous nous appuierons sur les informations fournies par France Moto à propos du premier Rallye du Limousin.

Figure 6 : programme du premier Rallye du Limousin en mars 1985 (Lettre FFM du 06 mars 1985)

Au départ de Guéret (23), le samedi midi, la première étape de 226 km ne présente pas de difficulté notable. Les 3 épreuves chronométrées de Maupuy (23), du Grand Janon (23) et des gorges de Chavanon (19) permettront de départager les 70 concurrents ayant pris le départ de l’étape de jour.

Après les abandons précoces des deux pilotes lyonnais, Marc Dufour et Gérard Pardon, pour cause de serrage moteur, le niçois Thierry Hardy (400 Husqvarna) confirme ses bonnes dispositions pour le rallye en prenant la tête à l’issue de l’étape de jour devant le marseillais Serge Cini (Suzuki 600 DR) et le policier Jean-Marc Orioli (Kawasaki 750 ZX).

Figure 7 : départ de spéciale au premier Rallye du Limousin le 09 mars 1985 (France Moto n°190 du 14 avril 1985)

En 1985, les motos de rallye dérivées de trail ou d’enduro seront à la fête.

L’étape de nuit au départ d’Ussel (19), le samedi soir, rappellera à tous les concurrents l’importance du parcours routier pour le classement d’un rallye.

Du fait des sept minutes de pénalités, suite à une erreur de parcours, de Thierry Hardy, au moins une minute pour les pilotes professionnels du CMPN, ou l’incendie de la Kawasaki 750 du policier Philippe Le Tiec suite à sa chute, aucun des leaders de l’étape de jour ne figurera sur le podium du premier rallye du Limousin.

Les pilotes les plus réguliers, le bordelais Patrick Kempf (BMW 800 GS), le niçois René Dursapt (Ducati Pantah) et le nordiste Robert Degaudez (Honda 600 XLR) prendront la tête du rallye à l’issue de l’étape de nuit.

Figure 8 : classement du premier Rallye du Limousin des 09 et 10 mars 1985 (France Moto n°190 du 15 avril 1985)

Comme pour les autres épreuves d’ouverture du Championnat de France des rallyes organisées par l’AS-FFM, en Bretagne en 1983 et à Saint Amand les eaux (59) en 1984, le premier Rallye du Limousin ne sera pas suivi d’autres éditions du rallye en Limousin.

L’AS-FFM organisera encore un Rallye du Poitou au départ de Niort (79) au début de la saison 1986. Ce sera également la dernière édition d’un rallye dans le Poitou.

La fédération laissera ensuite le soin aux clubs motocyclistes de poursuivre le travail d’organisation des épreuves constituant le Championnat de France des Rallyes.

Figure 9 : Robert Degaudez (Honda XL600R) Champion de France des Rallyes 1985 (France Moto n°197 du 15 décembre 1985)

La victoire de Robert Degaudez dans le Championnat de France des Rallyes (CFFR) au guidon de la nouvelle Honda XL600R à moteur RFVC ouvre la longue liste des victoires du monocylindre Honda RFVC dans les rallyes routiers.

La machine n’est pas la plus puissante ni la plus rapide des machines s’alignant au départ des compétitions de rallye routier, mais le mono Honda à moteur RFVC va permettre à des pilotes experts comme Robert Degaudez (1985), Philippe Le Tiec (1988), Yves Gras (1990 et 1991) ou Bruno Viaud (1992) de remporter le titre de Champion de France des rallyes.

A bientôt

Papytoum

PS : les extraits de la lettre FFM et de France Moto que nous utilisons proviennent de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

1983 : année charnière pour la régularité motocycliste en France


papytoum

Bonjour à tous,

Année de l’enterrement devrait-on plutôt dire.

Voici un petit rappel historique pour tous ceux qui n’ont pas suivi les épisodes précédents.

En 1980, nous avons assisté à un épisode cocasse avec la publication par la Fédération Française de Motocyclisme (FFM) de deux règlements et par conséquent de deux calendriers pour les épreuves de régularité d’une part, les rallyes d’autre part. Cela résultait des discussions agitant le milieu des rallyes et de la régularité à l’époque.

Discussions qui sont finalement assez proches de celles qui animent les réseaux sociaux en ce début d’année 2020 à propos de l’organisation des rallyes routiers.

Ce sont, en effet, deux règlements qui sont présentés par la FFM en 1980 : un règlement de régularité et un règlement des rallyes (France Moto n°131 du 11 janvier 1980).

Le résultat de ces 2 règlements concurrents se traduit par deux calendriers (France Moto n°132 du 15 février 1980).

Figure 1 : calendrier des épreuves de régularité et de rallyes de la saison 1980 (France Moto n°132 du 15 février 1980)

Deux calendriers qui verront se concurrencer des épreuves de régularité et des rallyes lors de la saison 1980. Ce qui nous amenait à faire ce commentaire : « Drôle de situation pour une discipline qui avait déjà du mal à attirer des concurrents ».

Figure 2 : classements des championnats de France des rallyes et de la régularité en 1980 (France moto 141 décembre 1980)

En 1980, les classements des rallyes et de la régularité correspondant aux deux règlements et aux deux calendriers mis en place, avec leurs déclinaisons, militaire d’une part, civil d’autre part, sont plutôt compliqués à comprendre.

En 1981, les épreuves de régularité et les rallyes sont regroupés dans le Championnat de France de rallyes de régularité.

Pour les épreuves du championnat 1981, l’usage des horodatrices est conseillé et le fléchage également.

Figure 3 : calendrier du championnat de France de rallyes de régularité 1981 (France moto 142 janvier 1981)

Chez les civils, le champion 1981 est Jean-Yves Rivollet (MC Vercors) qui pilote une Honda XLS 500. Il devance Alain Villeneau (AM Surgères) qui pilote une Yamaha XT 500.

Figure 4 : classements du championnat de rallyes de régularité 1981 (France moto 153 janvier 1982)

Ces deux pilotes utilisent des « trails » que les constructeurs japonais ont développé en s’inspirant des machines utilisées dans les courses de désert en Californie ou au Mexique et dans le Paris-Dakar pour les européens.

Chez les militaires, les policiers habitués des épreuves de régularité, Jean-Jacques Garnier, Raymond Loiseaux ou Gilles Campestrini, le trio de tête du championnat 1981, utilisent des Kawasaki de route.

En 1982, un rallye de régularité doit comporter au moins trois épreuves spéciales : course de côte, course de vitesse sur route fermée, épreuve à moyenne spéciale chronométrée ou course sur circuit.

Le championnat de France individuel des Rallyes de régularité 1982 distingue toujours le classement « police armée » pour les militaires de celui des civils. Mais ça se complique avec l’apparition de classements par cylindrées (125 cm3, 125-400 cm3 et plus de 400 cm3). De plus, pour ces Trophées, réservés aux classements chez les civils, ce ne sont pas tout à fait les mêmes épreuves qui sont retenues pour le classement final selon les catégories.

Figure 5 : classements du championnat de rallyes de régularité 1982 (France moto 164 décembre 1982)

A classement final du Championnat 1982, chez les civils, Jean-Yves Rivollet (MC Vercors), en mode pause, a laissé sa place à Pierre Lacour (MC Lyon) devant Alain Villeneau (AM Surgères). Deux Yamaha XT 500 occupent la tête du championnat civil.

Chez les militaires, le CMPN avec Jean-Marc Orioli, Gilles Campestrini et Alain Laurent et leurs routières fait toujours la loi.

En 1983, patatra, s’en est fini de la régularité.

Le championnat de France des rallyes 1983 est une épreuve individuelle se déroulant sur une étape de jour et une étape de nuit. Chaque manche du championnat devra comporter trois épreuves spéciales chronométrées : course de côtes, spéciale sur route fermée ou course sur circuit.

Le championnat 1983 voit la disparition des épreuves à moyenne spéciale chronométrée comme certains pilotes civils le demandaient depuis la fin de la saison 1981 (cf. les lettres de Bruno Fardelle et Jean-Yves Rivollet parues dans France moto 150 en octobre 1981).

En 1983, les contrôles horaires s’effectueront au moyen d’horodatrices et le fléchage du parcours est obligatoire.

Les principaux animateurs du championnat 1983 vont « boycoter » le 3ème rallye de l’AMA (Amicale Motocycliste Angoumoisine), en raison de ses deux bases chrono et de son unique course de côte.

Ils n’ont été que 23 à s’aligner dans cette épreuve exigeante mais pourtant passionnante « alors qu’on sait qu’il faut pratiquement 200 bénévoles pour assurer le fonctionnement de la machine je dis non, je capitule, il n’y aura pas de rallye de régularité l’an prochain en Charente » disait hier visiblement désabusé le président Forillière (Sud Ouest lundi 22 novembre 1982).

Se déroulant les 20 et 21 novembre 1982, cette épreuve dénommée également Tour de Charente mais aussi 12ème circuit de régularité du Poitou, ouvrait la saison 1983 des rallyes.

L’annulation du Rallye de l’Aunis, prévu à Surgères (17) le 27 février 1983, puis celle du Circuit de la Vienne du 24 avril 1983 sont d’autres symptômes du changement opéré dans le Championnat de France des Rallyes à cette époque.

Figure 6 : classements du championnat de France des Rallyes 1983 (France moto 175 du 15 décembre 1983)

En 1983, Jean-Claude Huger, le gendarme du Club Motocycliste de la Police nationale, remporte le titre de Champion de France des Rallyes au guidon de sa Honda 900 bol d‘Or. Il devance les deux policiers Patrick Orioli et Alain Laurent au guidon de leurs Ducati 600. Le scratch du championnat de France des rallyes reste la propriété des militaires et de leurs routières sportives. Le premier civil, Pierre Lacour n’est que 7ème du classement scratch.

Dans le classement scratch 1983, les cinq meilleurs résultats sont retenus sur 6 épreuves au calendrier.

Figure 7 : le champion 1983 Jean-Claude Huger vainqueur du Rallye Plein Sud (France moto 175 du 15 décembre 1983)

Dans les Trophées, c’est la revanche des motos de cross ou d’enduro. Gérard Piret (CM Beaujolais) sur Cagiva en 125 cm3, Gérard Pardon (CM Beaujolais) sur KTM en 250 cm3 et Jean-Yves Rivollet (MC Vercors) sur CR480 Honda en 500 cm3 remportent leur catégorie. Seul le Trophée plus de 500 cm3, remporté par le gendarme Jean-Claude Huger, échappe à des pilotes civils.

Dans les Trophées 1983, les neuf meilleurs résultats sont retenus sur 11 épreuves au calendrier. A noter que dans la catégorie 500 cm3, Jean-Yves Rivollet a marqué des points dans 8 épreuves sur onze et son second, Daniel Duchesne, dans dix sur onze.

L’année 1983 marque la fin des épreuves de régularité qui ont fleuri au cours des années précédentes notamment dans la région Poitou-Charentes. Deux exceptions cependant dans cette partie ouest de la France, le Rallye de Charente organisé par l’AMA, les 27 et 28 avril 1985, puis le Rallye du Poitou organisé par l’association sportive de la FFM (AS-FFM) les 08 et 09 mars 1986.

L’année 1983 marque également l’entrée dans une longue période de stabilité au plan réglementaire pour les rallyes routiers. Au cours des années suivantes, nous allons pouvoir nous concentrer sur l’horodatrice et tourner la poignée dans les spéciales.

Figure 8 : pointage à l’horodatrice lors d’un rallye routier (France moto 165 janvier 1983)

A travers l’AS-FFM et ses organisations, Rallye Plein Sud (1982-1986) et les épreuves d’ouverture du Championnat de France des rallyes en Bretagne en 1983, à Saint Amand les eaux en 1984, au Limousin en 1985 et au Poitou en 1986, il faut noter l’action remarquable de la fédération pour le maintien des rallyes dans le paysage motocycliste français de l’époque.

A bientôt

Papytoum

PS : les extraits des France Moto que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

Les circuits de régularité moto de la ligue du Poitou dans les années 1980


papytoum

Bonjour à tous,

Grâce à l’action constante des représentants de la ligue du Poitou, notamment son président Monsieur Michel Degrange, la régularité moto s’est développée dans les différents départements de la région, Charente (16) et Charente maritime (17), Deux-Sèvres (79), Vienne (86) et Haute Vienne (87), au cours de la décennie écoulée.

Figure 1 : réunion de la ligue du Poitou sous la présidence de Michel Degrange à Niort (79) début 1979 (CO jeudi 22 février 1979)

Pour la saison 1980, sur les 8 épreuves inscrites au calendrier du championnat national de régularité, quatre sont des organisations proposées par des clubs de Poitou-Charentes.

Figure 2 : calendrier du Championnat de France de régularité 1980 (France moto n°132 du 15 février 1980)

La troisième édition du Tour des Deux Sèvres est prévue le 24 février à Sauzé-Vaussais (79), le troisième Tour de Charente maritime est annoncé pour le 08 juin à La Rochelle (Aytré) (17), un circuit de régularité du Limousin est programmé à Limoges (87), les 12 et 13 juillet, et le Tour de la Vienne à Loudun (86), les 20 et 21 septembre.

L’apothéose de cette belle décennie de régularité dans le Poitou-Charentes doit être atteinte avec le départ du Tour de France moto depuis Niort (79) en octobre 1980.

Apothéose ou chant du cygne ?

Figure 3 : tracé du 8ème Tour de France moto au départ de Niort (79) (France moto n°138 septembre 1980)

Mais il faudra attendre 1986 pour qu’un rallye porte à nouveau le nom de Poitou.

Soixante-dix concurrents sont attendus le samedi 08 mars 1986 au parc des expositions de Noron à Niort (79) pour le Rallye du Poitou 1986 (CO vendredi 07 mars 1986). Désormais, on ne parle plus d’épreuves de régularité.

Comme le rallye de Bretagne en 1983, celui de Saint Amand les eaux en 1984 et le Limousin en 1985, le rallye du Poitou est organisé en ouverture du championnat de France des rallyes par l’association sportive de la FFM (AS FFM) avec le concours de Total (France moto n°201 du 15 avril 1986).

Figure 4 : préparatifs du Rallye du Poitou au parc des expositions à Niort (79) (CO lundi 10 mars 1986)

A l’exception du nordiste Robert Degaudez absent, tous les titrés du championnat et des trophées 1985 sont présents : Bernard Mille (125), Daniel Duchesne (250), et pour les plus grosses cylindrées, Thierry Hardy, vice-champion, et Patrick Kempf, vainqueur du rallye Limousin 1985.

Les habitués des rallyes devront cependant se méfier des meilleurs régionaux, talentueux et bien décidés à profiter de leur bonne connaissance du terrain (LNR vendredi 07 mars 1986).

Le circuit au départ de Niort (70) amène les concurrents en forêt de Mervent (85) où se dispute une épreuve de classement de nuit uniquement. Les deux autres épreuves de classement se déroulent, de jour comme de nuit, dans les marais au Nord et au Sud de Rochefort (17), au grand Agère commune de Voutron (17) puis entre Beaugeay (17) et Hiers (17).

Figure 5 : classement général du Rallye du Poitou 1986 (CO lundi 10 mars 1986)

Vainqueur de 3 des épreuves de classements sur 5, une pour Dominique Jouve et une pour Jean-Claude Charles, le niçois Thierry Hardy a assuré une large victoire sur la concurrence. Son dauphin au classement général est le pilote rochefortais, Jean-Claude Charles. Au guidon de sa Honda 750 XLV, celui-ci a fort bien négocié le passage du pilotage sur circuit qu’il connaissait au rallye sur route qu’il découvrait (CO mercredi 12 mars 1986).

Figure 6 : Jean-Claude Charles discute avec le vainqueur Thierry Hardy après le Rallye du Poitou (CO mercredi 12 mars 1986)

Si Thierry Hardy (Husqvarna 400) débute bien le championnat 1986 des rallyes, c’est aussi le cas des pilotes du Moto Club du Vercors (38). Xavier Déforges est premier en 125 avec sa Peugeot, Christophe Vidal second en 250 et Philippe Thoumelin 6ème du général et 5ème de la catégorie plus de 500.

Figure 7 : Xavier Deforges (Peugeot 125) au départ du Rallye du Poitou 1986 (CO lundi 10 mars 1986)

Avec ses 58 partants, le Rallye du Poitou 1986 encouragera-t-il l’association sportive de la FFM à continuer d’investir sur les rallyes dans des régions où son attrait auprès des motards ou du public est loin d’être évident ?

La suite prouvera que non. La seule exception dans ces lointaines régions de l’Ouest de la France est la persistance de l’épreuve de la Sarthe avec ses belles petites routes, son magnifique circuit de vitesse et son équipe très solide et très motivée qui traverse les époques avec beaucoup de succès.

Nous aurons l’occasion de vous présenter prochainement les autres épreuves de régularité qui se sont déroulées au cours de la décennie 1980 dans la région Poitou-Charentes.

C’est également là qu’a eu lieu le nouveau Rallye de Charente organisé par l’équipe du CORCC les 19, 20 et 21 octobre 2018 au départ de Rouillac (16).

https://www.rallyeroutiermotocharente.fr/le-c-o-r-r-c/

A bientôt

Papytoum

PS : les extraits des France Moto que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/