1977-1992 : Philippe, Bruno et le moteur Honda RFVC, les champions de la police


papytoum

Bonjour à tous,

S’initier au rallye routier dans le Poitou, serait-il la meilleure façon de postuler au titre de Champion de France des rallyes des années plus tard ?

C’est une hypothèse crédible, si’ l’on se réfère aux parcours des deux policiers, Philippe et Bruno, dans les rallyes.

Voici leur histoire….

Tout débute en octobre 1977 lors du 7ème circuit de régularité de la ligue du Poitou organisé par le club moto d’Angoulême (16).

A côté d’une forte délégation de policiers, comme toujours dans les épreuves de régularité de l’époque, parmi les engagés régionaux, la presse met en avant le pilote William Roques de Surgères (17) qui a obtenu un résultat plus qu’honorable au Tour de France et le niortais Yves Forest concurrent malheureux du rallye côte d’Ivoire côte d’Azur (Courrier de l’Ouest Jeudi 06 octobre 1977).

Deux concurrents surgériens sont également cités, Jacky Tirbois, vainqueur de la précédente édition chez les civils et le néophyte Bruno Viaud.

Un garçon dont nous aurons l’occasion de reparler, écrivions-nous lors de la rédaction de l’article consacré aux circuits du Poitou paru dans le blog motomag RFVC-1984-2014.

Figure 1 : classements du 7ème circuit de régularité du Poitou (La Nouvelle République Lundi 10 octobre 1977)

Après son excellent résultat dans le Tour de France en mai, le Courrier de l’Ouest du jeudi 13 octobre 1977 salue le sérieux du vainqueur de l’épreuve, le pilote William Roques de l’Amicale Motocycliste de Surgères, victorieux notamment à la course de côte des Fontenelles (79), et note les qualités du jeune pilote Bruno Viaud qui termine dixième de l’épreuve et cinquième civil.

Le 26 février 1978, alors qu’il n’est pas encore motard dans la police, c’est en excellente compagnie que le jeune Philippe Le Tiec fait ses premiers pas dans les rallyes routiers en participant au premier Circuit de régularité des Deux Sèvres organisé au départ de Niort (79). Les deux policiers, Bernard Neimer et Gilles Campestrini sont au départ. Les deux policiers finiront dans cet ordre en tête du championnat de France de régularité 1978 chez les militaires.

Dix ans plus tard, le motard de la police Philippe Le Tiec débutait la saison qui lui permettra de recueillir le précieux trophée.

Figure 2 : Vacances pour les rallymen au 1er Rallye de la Cinarca en février 1988 (France Moto n°221 mars 1988)

Sous l’impulsion de William Roques, vainqueur du circuit du Poitou en 1977 et surtout premier civil à battre les militaires dans l’épreuve poitevine, une écurie de 6 pilotes est engagée au premier circuit des Deux-Sèvres par Bernard Viaud, le concessionnaire Kawasaki de Mauzé sur le mignon (79).

Figure 3 : écurie Viaud-Kawasaki engagée au premier Tour des Deux-Sèvres (La Nouvelle République du centre ouest jeudi 23 février 1978)

A l’opposé des effectifs majoritairement militaires des habituels circuits de régularité de la région Poitou-Charentes, la nouvelle épreuve attire une majorité de civils.

Dans cette épreuve, Philippe Le Tiec retrouve Bruno Viaud, un autre brillant pilote issu des rangs du Club Motocycliste de la Police Nationale et futur Champion de France des rallyes routiers comme lui.

Mais ils ne le savent pas encore, ni l’un ni l’autre, les deux jeunes pilotes.

Au classement de cette première édition du Circuit des Deux-Sèvres, disputée uniquement de jour, deux civils, William Roques et Jacky Stirbois de l’Association Motocycliste de Surgères (17) précède le policier Guy Labelle du CMPN.

Au départ du 8ème circuit de régularité du Poitou en octobre 1978, le policier Guy Labelle, en tête du championnat de France militaire, et Pierre Bertrand, 6ème du Tour de France, chez les gendarmes, sont présents. Chez les civils, William Roques est venu défendre son trophée. Sa performance au Bol d’Argent en compagnie de Bruno Viaud, présent également au départ, l’autorise à être optimiste (LNR samedi 07 et dimanche 08 octobre 1978).

Les premiers départs du 8ème circuit de régularité de la ligue du Poitou ont lieu vers 2h30 du matin de la place Lavault à Thouars (79). Le parcours chemine à travers des communes de la Vienne (86), des Deux-Sèvres (79), de la Charente (16) et de la Charente maritime (17).

Figure 4 : au contrôle de Niort les spectateurs admirent la Kawasaki 900 de l’écurie Viaud-Kawasaki du jeune pilote Bruno Viaud (LNR mardi 10 octobre 1978)

Sur le circuit, les temps impartis sont calculés pour une moyenne horaire de 52 km/h pour les motocycles de la classe A (cylindrées de 125 à 250 cc) et de 60 km/h pour les motocycles de la classe B (cylindrées de 250 à 1000 cc).

Figure 5 : classements du 8ème circuit de régularité du Poitou (LNR lundi 09 octobre 1978)

Pierre Bertrand de la garde républicaine (gendarmerie) et Gilles Campestrini du club motocycliste de la police nationale (police) n’ont pu être départagés pour la victoire au classement général comme au classement militaire du 8ème circuit de régularité du Poitou.

Le bordelais Patrick Kempf l’emporte chez les civils. Le mauzéen William Roques de l’écurie Viaud-Kawasaki a dû abandonner. Le circuit électrique de sa Kawasaki accusant une défaillance irrémédiable au petit matin à Sauzé-Vaussais (79) (LNR lundi 09 octobre 1978). Ses collègues de l’écurie, Bruno Viaud et Yves Forest, terminent l’épreuve à des places honorables.

En 1979, pour sa seconde édition, le circuit de régularité des Deux-Sèvres se déroulera dans le nord du département (LNR mercredi 21 février 1979).

Dans la catégorie B, Bernard et Bruno Viaud, William Roques (Surgères) avec leurs grosses Kawasaki et Jean-Luc Giroire (Airvault) devront notamment affronter les frères Denis et Gabriel Aubier (Orléans), ou le bordelais Patrick Kempf.

Figure 6 : classements du second tour des Deux-Sèvres (CO lundi 26 février 1979)

Lors du second circuit des Deux-Sèvres, les locaux ont été battus par Daniel Duchesne (Orléans) qui remporte le classement général au guidon de sa Honda 250 cm3. Jean-Luc Deneuvy (Angoulême), second du général, gagne la catégorie B des plus de 250 cm3 devant Christian Vignaud du TC Ligugé.

Bruno Viaud (Surgères) pointe à la 7ème place et son compère William Roques à une lointaine 24ème place.

Au cours des années 1981-1982, le policier Philippe Le Tiec fera son stage de motard dans la police sous les ordres du policier rallyman Jean-Pierre « Papy » Lebras, son instructeur à l’école de la police de Sens (89).

En 1983, à l’appel du CMPN, Philippe Le Tiec fera quelques apparitions dans les Rallyes routiers.

Figure 7 : calendrier du championnat de France des rallyes 1983 (Le Journal du CMPN septembre 1983)

En mai 1983, Philippe Le Tiec termine à la 19ème place du Rallye de Guyenne. Il améliore son résultat dans les Ardennes avec une belle 8ème place et termine sa saison 1983 avec la 16ème place au 1er Monté Carlo moto.

Au guidon de la Kawasaki 500 du CMPN, le policier Philippe Le Tiec participe à plusieurs épreuves du championnat de France des rallyes en 1985. Il vient renforcer l’équipe de rallye du CMPN dont les leaders sont alors Alain Laurent et Jean-Marc Orioli.

Figure 8 : le policier Philippe Le Tiec au guidon de la Kawasaki 500 GPZ du CMPN

Lors du Rallye du Limousin, les 09 et 10 mars 1985, première épreuve de la saison, le policier Philippe Le Tiec met le feu à la Kawasaki du CMPN. Incendie de la machine au sens propre suite à une chute et abandon pour le pilote lors de l’épreuve d’ouverture qui est remportée par le bordelais Patrick Kempf, un spécialiste de la régularité.

Les pilotes les plus réguliers, le bordelais Patrick Kempf (BMW 800 GS), le niçois René Dursapt (Ducati Pantah) et le nordiste Robert Degaudez (Honda 600 XLR) prendront la tête du rallye à l’issue de l’étape de nuit.

Il en fallait de la régularité au Rallye du Limousin où seuls ces trois pilotes passés partout à zéro sur le routier, terminent sur le podium final.

Figure 9 : classement du premier rallye du Limousin (France Moto n°190 du 15 avril 1985)

Après sa chute au Rallye du Limousin, Philippe Le Tiec semble regonflé à bloc puisqu’il va aligner deux jolies prestations lors des rallyes suivants, le Rallye de Guyenne, les 30 et 31 mars, et le Rallye de la Sarthe, les 13 et 14 avril 1985.

Dans les deux épreuves, il se permet « de faire la nique » aux anciens du CMPN, en se classant troisième et premier élément du club de la police nationale.

Pas mal pour le nouveau venu.

Figure 10 : classement du Rallye de Guyenne 1985 (Lettre FFM du 03 avril 1985)

Au Rallye de la Sarthe, c’est une révolution qui est annoncée par la FFM dans sa lettre du 17 avril 1985. Ce n’est pas une routière qui a vaincu en terre sarthoise.

Figure 11 : Rallye de la Sarthe 1985 (Lettre FFM du 17 avril 1985)

Au Rallye de Charente, les 27 et 28 avril 1985, au départ d’Angoulême (16), bis repetita.

Suite à un routier finalement assez peu sélectif contrairement aux éditions précédentes de l’épreuve charentaise, c’est dans les épreuves chronométrées que s’est joué le classement général (Lettre FFM du 30 avril 1985).

A ce régime, le pilote angoumoisin Jean-Luc Deneuvy parvient à glisser sa puissante Honda 1100 cm3 de production à la troisième place derrière les 2 machines d’enduro, l’Husqvarna 400 cm3 de Thierry Hardy (MC Roquebrune) (06) et la KTM 500 de Gérard Pardon (CM Beaujolais) (69).

Nouvelles venues dans les épreuves du Championnat de France des rallyes, ces machines d’enduro adaptées à la route devraient se révéler difficile à battre, si elles continuent à tenir la distance d’un rallye.

Dans cette épreuve, le policier Philippe Le Tiec atteinte une honorable 12ème place, derrière les deux leaders du CMPN.

Figure 12 : classement général du rallye de Charente en avril 1985 (Lettre FFM 30 avril 1985)

En 1985, malgré tous les policiers et gendarmes, spécialistes des rallyes, engagés dans les différentes épreuves de la saison, et malgré tous les pilotes de machines d’enduro adaptées à la route présents, au final le Champion de France 1985, c’est Robert Degaudez avec la petite Honda XL600R à moteur RFVC.

Pour la saison 1986, Philippe Le Tiec va prendre la tête d’une nouvelle équipe de pilotes du CMPN. Il est rejoint par Gérald Crépin, brillant troisième de la 49ème coupe de l’Armistice à la fin de l’année 1984 avec la vaillante Honda 500 XLS et par Gilles Ledoux. Au guidon des Kawasaki 750 ZX du CMPN, ces 3 pilotes vont tenter de reconquérir le titre de champion de France des rallyes qui a échappé aux militaires la saison passée.

Au Rallye du Poitou, les 08 et 09 mars 1986, organisé par l’AS-FFM, comme lors de la précédente saison, la saison des rallyes débute plutôt mal pour le pilote Philippe Le Tiec du CMPN. Suite à une chute, le leader du CMPN doit abandonner sur casse d’un carter moteur de la Kawasaki 750 ZX du CMPN.

Figure 13 : Philippe Le Tiec et la Kawasaki 750 ZX du CMPN au Rallye de la Sarthe 1986

Ses prestations suivantes seront de bien meilleure qualité. Philippe Le Tiec, Kawasaki 750 ZX, l’emporte au Rallye de l’Ain. Il termine second de Thierry Hardy, Husqvarna 400, au Rallye de la Sarthe, terrain de victoire traditionnelle des motos routières.

Après son abandon au Rallye du Languedoc que seul son compère Gérald Crépin termine pour le CMPN, Philippe Le Tiec est troisième du Rallye du Beaujolais et 5ème en Guyenne.

Philippe Le Tiec achèvera la saison 1986 de belle manière. Il est à nouveau second de Thierry Hardy au Rallye du Pays d’Aix.

Figure 14 : Rallye du Pays d’Aix et classement final du Championnat de France des rallyes 1986 (Lettre FFM du 09 septembre 1986)

Malgré sa belle saison 1986, Philippe le Tiec ne pourra rien contre le pilote niçois, Thierry Hardy qui aura été intouchable toute la saison pour s’emparer du titre de Champion de France des rallyes.

En 1987, pour l’équipe du CMPN, Gilles Ledoux et Gérald Crépin sont au côté de Philippe Le Tiec pour aller chercher le titre de Champion de France des rallyes qui se refuse aux policiers du CMPN depuis le titre du policier Patrick Orioli en 1984.

En 1987, le policier Philippe Le Tiec et sa nouvelle machine vont faire forte impression au départ du Rallye de la Sarthe qui ouvre la saison.

Figure 15 : Philippe Le Tiec, Jean-Pierre Lebras, son instructeur, et la Barigo 560

La Barigo 560, née à Thouars (79) au cœur du Poitou, est une machine sportive imaginée par Patrick Barigault. Elle est dotée d’un cadre maison associé au brillant moteur monocylindre autrichien Rotax.

Malheureusement, avec cette machine, le policier Philippe Le Tiec n’atteindra pas ses objectifs dans le Championnat de France des Rallyes 1987.

Ses deux collègues reprendront le flambeau permettant au trio de monopoliser le podium final du Championnat de France des rallyes 1987.

Figure 16 : Rallye de Haute Saône et classement du Championnat 1987 (Lettre FFM du 08 septembre 1987)

Après une saison en demi-teinte au guidon de la Barigo 560 en 1987, le policier Philippe Le Tiec attaque la saison 1988 de la meilleure manière qui soit au guidon d’une nouvelle machine, la Honda XR à moteur RFVC 600 cm3.

Grâce au soutien de son partenaire OUTIROR de Saint Cyr sur Loire, Philippe Le Tiec va prendre le départ de la saison 1986 au guidon de cette nouvelle machine.

La Honda XR600R de Philippe Le Tiec est montée avec une roue avant en 18 pouces et un kit de freinage Brembo 300 mm ce qui devrait faciliter la route du policier vers le titre de Champion de France des rallyes 1986.

Figure 17 : Philippe Le Tiec et la Honda XR600R à moteur RFVC en 1988

Lors du premier Rallye moto de la Cinarca, manche d’ouverture du Championnat de France des Rallyes 1988, organisé les 27 et 28 février par le Moto Club Impérial et son président Jean-Jacques Poggioli, Philippe Le Tiec termine second. Le vainqueur, le pilote corse Pierre-Jean Padovani, se balade sur les routes de sa région au guidon de la Kawasaki 600 KLR.

Au Rallye de la Sarthe, seconde manche du Championnat de France des Rallyes 1988, Philippe Le Tiec prend à nouveau la seconde place derrière son coéquipier du CMPN, Gérald Crépin, qui a troqué sa puissante et lourde Kawasaki 750 GPZ pour la puissante et légère Husqvarna 510.

Au Rallye de l’Ain 1988, Philippe Le Tiec marque les points de la victoire au terme d’une nuit très difficile où 29 concurrents sur les 67 partants ont abandonné.

Au Rallye du Beaujolais, dominé par Yves Constantin qui pilote un trail Suzuki DR600, Philippe Le Tiec et sa Honda XR600R, abonné aux secondes places au cours de cette saison 1988, finit devant les 2 autres Philippe, Philippe Many sur Yamaha 250 TDR et Philippe Thoumelin avec la Honda XL600RH à moteur spécial.

Le 10 septembre 1988, Pierre-Jean Padovani revient de Corse pour remporter la manche de clôture du Championnat de France des Rallyes à Nice au guidon de l’Aprilia Touareg après avoir gagné la manche d’ouverture chez lui en février à l’occasion du premier Rallye moto de la Cinarca.

Figure 18 : Philippe Le Tiec, Honda XR600R, Champion de France des rallyes 1988 (la Nouvelle République Vendôme)

Philippe Le Tiec n’a pas marqué de points à Nice mais il remporte toutefois le titre de Champion de France des Rallyes Routiers 1988 avec la Honda XR600R à moteur RFVC.

La police peut à nouveau fêter un Champion de France des rallyes issu de ses rangs.

En 1989, le CMPN a fait l’acquisition de modèles Honda XR600R pour son équipe de rallye routier. A côtés des modèles enduro Husqvarna équipés pour le rallye, ces nouvelles Honda XR doivent permettre aux policiers de se maintenir parmi les meilleurs dans les épreuves du Championnat de France des rallyes.

Figure 19 : Honda XR600RK modèle 1989 du CMPN préparé pour les rallyes

En 1989, le drômois Philippe Many au guidon d’une étonnante Yamaha 250 TDR fera étalage de toute sa fougue pour remporter le titre de Champion de France des Rallyes 1989. Il privera ainsi le policier Philippe Le Tiec au guidon de la Honda XR à moteur RFVC 600 cm3 du plaisir de devenir le premier double Champion de France des Rallyes.

Figure 20 : classement du championnat de France des rallyes 1989 (Journal du CMPN 1990)

En 1990, l’équipe rallye du CMPN voit arriver les pilotes Serge Aubard et Bruno Viaud à côté des deux anciens, Philippe Le Tiec et Gérald Crépin.

Figure 21 : Kawasaki 650 Tengaï le choix du CMPN pour les rallyes en 1990 (Journal du CMPN 1990)

Les machines choisies pour l’équipe rallye du CMPN sont les lourdes Kawasaki 650 Tengaï.

Ce choix sera-t-il le bon pour contrer les agiles et légères Honda XR600R préparées pour la route ? Ces Honda sont notamment adoptées par des pilotes civils rapides comme le dauphinois Alain Amblard ou le cannois Yves Gras. Le policier Philippe Le Tiec restera lui aussi fidèle à la Honda XR600R à moteur RFVC.

Figure 22 : calendrier des épreuves du championnat des rallyes 1990 (Journal du CMPN 1990)

Après avoir roulé au cours de la saison 1989 avec la Honda NX650 Dominator, le pilote cannois Yves Gras ne tardera pas à prendre la tête du Championnat de France des Rallyes 1990 avec sa nouvelle moto, une 600 Stey, autrement dit une machine Honda XR à moteur RFVC 600 cm3 homologuée par Stey.

Figure 23 : en 1990 le civil Yves Gras s’impose au policier Philippe Le Tiec (France Moto n°255 février 1991)

Yves Gras est seulement second à la Sarthe puis à l’Ain en avril 1990, derrière Philippe Many, Champion de France des Rallyes 1989, qui roule avec la 250 KR1, la petite bombe de Kawasaki.

Mais Yves Gras est premier au Beaujolais, second derrière le side-car de Jean-Michel Meuret à la Loire, premier au Vercors et seulement 3ème au Rallye Francilien organisé par le CMPN derrière les policiers Bruno Viaud et Philippe Le Tiec.

Figure 24 : classement provisoire du championnat de France des rallyes 1990 avant le Francilien (Journal du CMPN 1990)

Avec sa victoire à la finale au 1er Rallye Francilien, le policier Bruno Viaud, nouveau venu sur les rallyes du championnat de France, s’empare de la seconde place du Championnat de France des rallyes au détriment du pilote drômois Philippe Many.

Le parcours francilien n’a manifestement pas réussi à Philippe Many qui ne marque que 4 points contre vingt à Bruno Viaud. La chance a tourné.

Figure 25 : classement du championnat de France des rallyes 1990 (France moto n°251 octobre 1990)

Yves Gras gagne le Rallye des Châtaignes en octobre 1990, et empoche son premier titre de Champion de France des Rallyes.

Figure 26 : Bruno Viaud Kawasaki 650 Tengaï du CMPN (saison 1990)

En 1991, le pilote cannois Yves Gras reprend la route avec une nouvelle Honda XR600R à moteur RFVC.

Figure 27 : calendrier provisoire du championnat de France des rallyes 1991 (France moto n°253 décembre 1990)

Son début de saison est époustouflant : vainqueur à la Sarthe, vainqueur dans l’Ain, au Beaujolais, au Vercors et au Rallye des Baous à Nice.

Mais la belle pendule se dérègle au Rallye des Châtaignes où Yves se blesse.

Au Rallye Francilien 1991, dernière manche de la saison, Yves Gras ne pourra pas défendre ses chances. Mais la solidarité sudiste jouera à plein et la victoire de Fred Gencel, Yamaha 250 TDR, devant le policier Bruno Viaud, Kawasaki 650 Tengai, sauvera in extremis le second titre de Champion de France des Rallyes d’Yves Gras.

Figure 28 : classement du Championnat de France des rallyes 1991 (France moto n°263 nov/déc 1991)

Apparaissant dans l’équipe officielle du CMPN présentée en vue de la saison 1992 des Rallyes, le policier Philippe Le Tiec verra sa saison brutalement interrompue sur chute en reconnaissance lors du Rallye de l’Ain.

Figure 29 : l’équipe des rallyes du CMPN 1992 (Serge Aubard, Hervé Joseph et Bruno Viaud)

Ses collègues, Bruno Viaud, Serge Aubard et Hervé Joseph, le petit nouveau de l’équipe, auront la tache de relever le défi en vue de conquérir le titre de champion de France des rallyes 1992 qui est monopolisé par les civils depuis le dernier titre acquis par Philippe Le Tiec en 1988 pour le Club de la Police Nationale.

Figure 30 : calendrier du Championnat de France des rallyes 1992 (Journal du CMPN 1992)

Bruno Viaud débute la saison 1992 par une seconde place à la Sarthe derrière Frédéric Avandetto qui pilote un modèle cross Honda 500 CR montée en « Supermotard Rallye Routier », intouchable sur le terrain sarthois.

La suite de la saison de Bruno Viaud ne sera pas une promenade de santé. Régulièrement accroché par les autres Honda XR600R de Hervé Joseph, premier au Beaujolais (69), et Alain Amblard, vainqueur aux Baous (06), Bruno Viaud parviendra à son objectif de s’emparer du titre de Champion de France des Rallyes 1992 notamment grâce à ses victoires au Vercors-Trièves (38), les 20 et 21 juin et aux Châtaignes (07), les 05 et 06 septembre.

Figure 31 : Beau podium au 3ème Rallye des Châtaignes en septembre 1992 (photo Le Dauphiné Libéré)

Une belle brochette de champions de rallyes, Philippe « Max » Many, Alain « Gaston » Amblard et Jean-Michel Meuret accompagne Bruno Viaud sur le podium du 3ème Rallye des Châtaignes à Lamastre (07) en septembre 1992.

Figure 32 : Bruno Viaud, Honda XR600R, vainqueur du Championnat de France des rallyes 1992 (Journal du CMPN 1992)

La victoire de Bruno Viaud lors de la finale chez lui au 2ème Rallye Francilien, les 26 et 27 septembre 1992, lui permet de conclure en beauté la saison 1992 et de ramener le titre de Champion de France des Rallyes Routiers au CMPN.

Figure 33 : classement du Championnat de France des rallyes 1992 (France moto n°273 nov 1992)

Pour la saison 1993, retour en arrière pour l’équipe du CMPN. La Honda NX650 Dominator remplace les motos d’enduro adaptées pour la route, Husqvarna 510 et Honda XR600R, que les pilotes du club utilisaient au cours des années passées.

Figure 34 : Les Honda NX650 Dominator du CMPN avant le départ de nuit au Trièves en juin 1993 (Viaud n°3, Aubard n°14, Joseph n°6) et la TDM de Lacoste n°7 (photo Jean-Charles Vérilhac)

Equipée d’un amortisseur Ohlins, la machine aura besoin de toute la science du pilotage et/ou de toute la fougue des jeunes du CMPN pour s’imposer dans les épreuves du Championnat de France des Rallyes.

Pour Bruno Viaud, les débuts sont timides avec une troisième place à la Sarthe derrière le champion des rallyes de 1989, le drômois Philippe Many qui pilote désormais une Yamaha 600TT, concurrente directe de la Honda XR600R. Le side-car de l’équipage Meuret-Simonin finit second.

En Corse (20), où Bruno Viaud termine à la 6ème place, le side-car de Jean-Michel Meuret et Eric Simonin gagne le Rallye Impérial (20) et prend de l’avance au classement provisoire du Championnat de France des Rallyes 1993.

Le trio de tête du classement provisoire du Championnat de France des Rallyes figure dans l’ordre sur le podium du Rallye de l’Ain comme sur celui du Beaujolais : Meuret, Many et Viaud.

Bénéficiant de la casse moteur de la 600 TT de Philippe « Max » Many au cours de la nuit et de la pénalité prise par l’équipage Meuret Simonin, Bruno Viaud remporte l’édition 1993 du Rallye du Trièves (38) au guidon de la Honda NX650 Dominator après l’avoir déjà remporté en 1992 au guidon de la Honda XR600R.

Philippe Many gagne près de chez lui en Ardèche, Bruno Viaud fait de même dans son jardin au Rallye Francilien et Philippe Many récidive lors de la manche finale organisée par l’équipe des drômois au départ de Bourg de Péage (26).

Figure 35 : classement du Championnat de France des Rallyes 1993 (France moto n°285 décembre 1993)

Le classement scratch du Championnat de France des Rallyes 1993 se jouera à un rien.

Avec sa moto de course, le drômois Philippe Many prendra le titre de Champion de France des Rallyes 1993 devant le policier Bruno Viaud auteur d’une magnifique saison.

Figure 36 : Bruno Viaud Champion de France des Rallyes 1992 (France moto n°276 février 1993)

Mais comme la moto ça ne s’oublie pas, nous retrouvons le policier Philippe Le Tiec en tête de la catégorie Classiques du Championnat de France des rallyes lors du Rallye du Beaujolais 2003.

Belle santé le motard de la police.

Figure 37 : Philippe Le Tiec, Honda 750 four, victorieux en catégorie Classiques du Championnat de France des rallyes lors du Beaujolais 2003

Les deux pilotes du Club Motocycliste de la Police Nationale, Philippe Le Tiec et Bruno Viaud ont marqué de leur empreinte des années de l’histoire du Championnat de France des Rallyes Routiers.

Philippe Le Tiec termine second du classement final du Championnat de France des rallyes en 1986 avec la Kawasaki 750 ZX. Il sera troisième avec la Barigo 560 en 1987. Il remporte le titre scratch en 1988 et finit à nouveau second en 1989 avec la Honda XR600R.

De sacrées machines pour les rallyes, ces Honda à moteur RFVC, si l’on se réfère à leur brillant palmarès.

Seulement huitième du classement général du Championnat de France des rallyes en 1990, Philippe Le Tiec sera quatrième avec la Pemda 600 (Honda XR600R homologuée par Pemda) dans le Championnat 1991.

Très belle carrière dans le Championnat de France des rallyes, pour le pilote tourangeau Philippe Le Tiec.

Avec de lointains souvenirs de la régularité motocycliste pratiquée dans ses jeunes années, le policier parisien Bruno Viaud débute les rallyes routiers dans l’équipe du CMPN en 1990.

Au cours de ses quatre années dans l’équipe de la police (1990-1993), Bruno Viaud alignera une impressionnante série de victoires ou de places d’honneur dans les épreuves du Championnat de France des rallyes.

Au classement général du Championnat, Bruno Viaud est second en 1990 et 1991, derrières Yves Gras et la Honda XR600R. Il remporte le titre de Champion de France des rallyes en 1992 avec la Honda XR600R du CMPN.

Revenu à une machine moins sportive en 1993, la Honda NX650 Dominator, Bruno Viaud parvient à la hisser à la seconde place du classement général du Championnat de France des rallyes derrière la sportive Yamaha 600 TT du pilote drômois Philippe Many, double Champion de France des Rallyes, comme avant lui, le pilote cannois Yves Gras.

Figure 38 : Policiers champions de rallye (Philippe Le Tiec, Bruno Viaud, Hervé Joseph, Gérald Crépin et Serge Aubard)

A notre connaissance, les deux policiers Philippe Le Tiec et Bruno Viaud roulent toujours à moto.

A bientôt

Papytoum

PS : les extraits de France Moto et les lettres de la FFM que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

Les circuits de régularité moto de la ligue du Poitou dans les années 1980


papytoum

Bonjour à tous,

Grâce à l’action constante des représentants de la ligue du Poitou, notamment son président Monsieur Michel Degrange, la régularité moto s’est développée dans les différents départements de la région, Charente (16) et Charente maritime (17), Deux-Sèvres (79), Vienne (86) et Haute Vienne (87), au cours de la décennie écoulée.

Figure 1 : réunion de la ligue du Poitou sous la présidence de Michel Degrange à Niort (79) début 1979 (CO jeudi 22 février 1979)

Pour la saison 1980, sur les 8 épreuves inscrites au calendrier du championnat national de régularité, quatre sont des organisations proposées par des clubs de Poitou-Charentes.

Figure 2 : calendrier du Championnat de France de régularité 1980 (France moto n°132 du 15 février 1980)

La troisième édition du Tour des Deux Sèvres est prévue le 24 février à Sauzé-Vaussais (79), le troisième Tour de Charente maritime est annoncé pour le 08 juin à La Rochelle (Aytré) (17), un circuit de régularité du Limousin est programmé à Limoges (87), les 12 et 13 juillet, et le Tour de la Vienne à Loudun (86), les 20 et 21 septembre.

L’apothéose de cette belle décennie de régularité dans le Poitou-Charentes doit être atteinte avec le départ du Tour de France moto depuis Niort (79) en octobre 1980.

Apothéose ou chant du cygne ?

Figure 3 : tracé du 8ème Tour de France moto au départ de Niort (79) (France moto n°138 septembre 1980)

Mais il faudra attendre 1986 pour qu’un rallye porte à nouveau le nom de Poitou.

Soixante-dix concurrents sont attendus le samedi 08 mars 1986 au parc des expositions de Noron à Niort (79) pour le Rallye du Poitou 1986 (CO vendredi 07 mars 1986). Désormais, on ne parle plus d’épreuves de régularité.

Comme le rallye de Bretagne en 1983, celui de Saint Amand les eaux en 1984 et le Limousin en 1985, le rallye du Poitou est organisé en ouverture du championnat de France des rallyes par l’association sportive de la FFM (AS FFM) avec le concours de Total (France moto n°201 du 15 avril 1986).

Figure 4 : préparatifs du Rallye du Poitou au parc des expositions à Niort (79) (CO lundi 10 mars 1986)

A l’exception du nordiste Robert Degaudez absent, tous les titrés du championnat et des trophées 1985 sont présents : Bernard Mille (125), Daniel Duchesne (250), et pour les plus grosses cylindrées, Thierry Hardy, vice-champion, et Patrick Kempf, vainqueur du rallye Limousin 1985.

Les habitués des rallyes devront cependant se méfier des meilleurs régionaux, talentueux et bien décidés à profiter de leur bonne connaissance du terrain (LNR vendredi 07 mars 1986).

Le circuit au départ de Niort (70) amène les concurrents en forêt de Mervent (85) où se dispute une épreuve de classement de nuit uniquement. Les deux autres épreuves de classement se déroulent, de jour comme de nuit, dans les marais au Nord et au Sud de Rochefort (17), au grand Agère commune de Voutron (17) puis entre Beaugeay (17) et Hiers (17).

Figure 5 : classement général du Rallye du Poitou 1986 (CO lundi 10 mars 1986)

Vainqueur de 3 des épreuves de classements sur 5, une pour Dominique Jouve et une pour Jean-Claude Charles, le niçois Thierry Hardy a assuré une large victoire sur la concurrence. Son dauphin au classement général est le pilote rochefortais, Jean-Claude Charles. Au guidon de sa Honda 750 XLV, celui-ci a fort bien négocié le passage du pilotage sur circuit qu’il connaissait au rallye sur route qu’il découvrait (CO mercredi 12 mars 1986).

Figure 6 : Jean-Claude Charles discute avec le vainqueur Thierry Hardy après le Rallye du Poitou (CO mercredi 12 mars 1986)

Si Thierry Hardy (Husqvarna 400) débute bien le championnat 1986 des rallyes, c’est aussi le cas des pilotes du Moto Club du Vercors (38). Xavier Déforges est premier en 125 avec sa Peugeot, Christophe Vidal second en 250 et Philippe Thoumelin 6ème du général et 5ème de la catégorie plus de 500.

Figure 7 : Xavier Deforges (Peugeot 125) au départ du Rallye du Poitou 1986 (CO lundi 10 mars 1986)

Avec ses 58 partants, le Rallye du Poitou 1986 encouragera-t-il l’association sportive de la FFM à continuer d’investir sur les rallyes dans des régions où son attrait auprès des motards ou du public est loin d’être évident ?

La suite prouvera que non. La seule exception dans ces lointaines régions de l’Ouest de la France est la persistance de l’épreuve de la Sarthe avec ses belles petites routes, son magnifique circuit de vitesse et son équipe très solide et très motivée qui traverse les époques avec beaucoup de succès.

Nous aurons l’occasion de vous présenter prochainement les autres épreuves de régularité qui se sont déroulées au cours de la décennie 1980 dans la région Poitou-Charentes.

C’est également là qu’a eu lieu le nouveau Rallye de Charente organisé par l’équipe du CORCC les 19, 20 et 21 octobre 2018 au départ de Rouillac (16).

https://www.rallyeroutiermotocharente.fr/le-c-o-r-r-c/

A bientôt

Papytoum

PS : les extraits des France Moto que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

1971 : lancement du premier circuit de régularité du Poitou


papytoum

Bonjour à tous,

Au début de l’année 1971, après de bonnes prestations en régularité lors des 2 précédentes saisons, notamment au circuit de l’Ain et lors du Pau-San Sébastian-Pau 1970, et des débuts prometteurs en moto cross, le jeune Joseph Tougeron (AM Nantes), n’a toujours pas choisi entre motocross et régularité.

Figure 1 : Joseph Tougeron en 1971 n’a pas encore choisi entre motocross et régularité (France moto avril 1971)

Annoncé par la ligue les 23 et 24 octobre, c’est finalement lors du week-end des samedi 16 et dimanche 17 octobre 1971 que se déroule le premier circuit de régularité de la ligue du Poitou organisé par le moto club des Deux Sèvres.

Figure 2 : annonce du premier circuit de régularité de la ligue du Poitou (LNR jeudi 14 septembre 1971)

Le Courrier de l’Ouest annonce le premier circuit de régularité de la ligue du Poitou dès le mercredi 13, la Nouvelle République du centre ouest le jeudi 14 octobre 1971.

Au départ de Niort (79), un beau périple à travers le Poitou va amener les participants à la Rochelle (17) en passant par Usseau (79) et Mauzé sur le Mignon (79). Après Surgères (17) et Saint Jean d’Angely (17), ils rejoindront Rochefort (17), Marennes (17), Jonzac (17) et Cognac (16) pour arriver à la neutralisation à Angoulême (16).

Le circuit repart ensuite vers Poitiers (86) par Ruffec (16), Sauzé-Vaussais (79), Civray (86) et Usson du Poitou (86). Le retour à Niort (79) passe par Thouars (79), Airvault (79) et Parthenay (79).

Parmi les engagés, le gendarme Bernard Commo et le policier Jean-Paul Bertsch apparaissent comme les favoris de l’épreuve. Le premier circuit du Poitou devra départager les 2 protagonistes qui se disputent la première place finale du championnat de France de régularité 1971.

Figure 3 : Jean-Paul Bertsch champion de France de régularité en 1970 et 1971 (France moto n°29 du 1er janvier 1971)

Jean-Paul Bertsch est un habitué des podiums de la régularité, il a déjà remporté le classement du championnat de France de régularité en 1970 devant son collègue du club motocycliste de la sureté nationale, André Clerget.

Sur le circuit de 829 km, les concurrents doivent se présenter à 14 contrôles horaires et 14 contrôles de passage sans oublier le contrôle inopiné et les 2 contrôles à moyenne spéciale chronométrée.

Figure 4 : définition du contrôle inopiné en régularité (LNR jeudi 14 octobre 1971)

Dans son édition du 14 octobre, la Nouvelle République du centre ouest nous explique les notions de contrôle inopiné et de moyenne spéciale chronométrée.

Figure 5 : définition du contrôle de moyenne spéciale chronométrée en régularité (LNR jeudi 14 octobre 1971)

Les explications fournies par le journal nous éclairent un peu plus sur le bénéfice que les militaires, policiers et gendarmes, pouvaient retirer de leurs abondantes reconnaissances par rapport aux civils au cours de ces épreuves de régularité.

Figure 6 : place de la Brèche à Niort (79), une belle Honda CB450 au premier plan (LNR lundi 18 octobre 1971)

Place de la Brèche à Niort (79), les spectateurs peuvent assister à la vérification des machines le samedi 16 octobre à partir de 10 heures.

Avec 24 concurrents au départ de l’épreuve le samedi 16 octobre à Niort (79), le succès du premier circuit du Poitou est tout de même très relatif. Le gendarme Jean-Pierre Nicol remporte l’épreuve au général et chez les militaires, le premier civil, Eric Cousin du club d’Archiac (16), apparait à la onzième place.

Figure 7 : le gendarme Jean-Pierre Nicol premier militaire, Eric Cousin (Archiac) premier civil lors du premier circuit de régularité de la ligue du Poitou (CO mardi 19 octobre 1971)

Dans le classement de l’épreuve, à noter la présence de Jean Forillière qui organisera avec l’amicale motocycliste angoumoisine (AMA) la 11ème édition du circuit de régularité national au départ d’Angoulême (16), dix ans plus tard, en novembre 1981.

Figure 8 : classement du premier circuit de régularité de la ligue du Poitou (CO Lundi 18 octobre 1971)

A l’arrivée du premier circuit du Poitou, le policier Jean-Paul Bertsch est devancé de peu par Bernard Commo de la gendarmerie nationale.

En première partie de saison, le policier a aligné les victoires en catégorie plus de 250 cm3 au circuit du Beaujolais et à Lyon puis au circuit des Ardennes.

Figure 9: Jean-Paul Bertsch vainqueur de la Coupe de l’Armistice en novembre 1971 (Revue Route et sécurité n°123 novembre décembre 1971)

En gagnant, en novembre 1971, la Coupe de l’Armistice organisée par le motocycle club de France devant son principal adversaire de la saison le gendarme Bernard Commo, le policier Jean-Paul Bertsch remportera à nouveau le titre de champion de France de régularité.

Figure 10 : en 1971 le policier Jean-Paul Bertsch devance le gendarme Bernard Commo pour la médaille d’or dans le championnat de régularité (Revue Route et sécurité n°126 mai juin 1972)

A bientôt pour continuer le périple sur les routes du Poitou.

Papytoum

PS : les extraits des France Moto que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

1970-1982 : Monsieur Michel Degrange in memoriam


papytoum

Bonjour à tous,

Au plan national, parmi les épreuves de régularité, la décennie 1970 aura été marquée par le Tour de France Moto organisé par la FFM en partenariat avec le journal l’Equipe, Total et France Inter.

En 1981, a lieu la 9ème et dernière édition de la célèbre épreuve de prestige portée par la fédération française de motocyclisme depuis 1973.

Figure 1 : tracé du 9èmeTour de France moto (France moto mai 1981)

Au plan régional, la décennie aura vu éclore une impressionnante quantité d’épreuves de régularité notamment dans le Poitou.

Figure 2 : réunion de la ligue du Poitou à Surgères (17) à la fin de l’année 1970 (France moto décembre 1970)

Lorsque la ligue du Poitou tient son assemblée générale à Surgères (17) fin 1970 afin d’établir son calendrier pour 1971, elle prend note de l’inscription d’un circuit de régularité patronné par la ligue et devant se dérouler autour de Niort (79) les 23 et 24 octobre 1971.

Le premier circuit de régularité de la ligue du Poitou est dans les tuyaux.

Le futur président de la ligue du Poitou, monsieur Michel Degrange, président du moto club rochelais, est alors responsable de la commission sportive de la ligue.

A côté des circuits de régularité organisés par la ligue du Poitou depuis le début de la décennie 70 (onzième édition en 1981), dont nous parlons dans d’autres articles, des épreuves de régularité ont été organisées dans tous les départements de la ligue du Poitou au cours de la période.

C’est notamment sous l’impulsion de monsieur Michel Degrange, président de la ligue du Poitou de 1977 à 2000, que des épreuves ont vu le jour en Charente (1980-1985), Charente maritime (1978-1982), Deux Sèvres (1978-1982) et Vienne (1980-1982) grâce à l’engagement des clubs de la ligue.

Figure 3 : annonce de la disparition de monsieur Michel Degrange sur le site de la FFM le 08 février 2019

Les instances fédérales nous apprendrons le décès de monsieur Michel Degrange à l’âge de 92 ans le 02 février 2019 dans sa bonne ville de la Rochelle.

Merci monsieur Degrange pour votre engagement au service de notre passion.

Paix à son âme.

En sa mémoire, nous retracerons prochainement l’histoire des épreuves de régularité dans les Deux Sèvres à cette période.

A bientôt

Papytoum

PS : les extraits des France Moto que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

Circuits de régularité moto en Charente dans les années 1980


papytoum

Bonjour à tous,

Le début des années 1980 est assez particulier pour la discipline qui nous intéresse tous.

En effet, suite aux discussions qui agitent les instances dirigeantes du motocyclisme mais aussi les pratiquants depuis des années, ce sont deux règlements qui sont présentés par la FFM en 1980 : un règlement de régularité et un règlement des rallyes (France Moto n°131 du 11 janvier 1980).

Le résultat de ces 2 règlements concurrents se traduit par deux calendriers (France Moto n°132 du 15 février 1980.

Figure 1 : calendrier des épreuves de régularité et de rallyes de la saison 1980 (France Moto n°132 du 15 février 1980)

Deux calendriers qui verront se concurrencer des épreuves de régularité et des rallyes lors de la saison 1980. Drôle de situation pour une discipline qui avait déjà du mal à attirer des concurrents.

De notre côté, suite à l’annonce d’une nouvelle édition d’un rallye routier en Charente (16), nous sommes partis à la recherche des précédentes éditions des épreuves de régularité qui ont eu lieu dans ce département il y a bien longtemps.

https://www.rallyeroutiermotocharente.fr/le-c-o-r-r-c/

Les moto-clubs des Charentes ont beaucoup œuvré dans la période 1970-1986 pour offrir aux concurrents de l’époque de belles épreuves de régularité sur les petites routes de la région. Malheureusement, la participation des concurrents n’a pas souvent été à la hauteur des efforts engagés par les organisateurs.

L’AM Angoumoisine (16), le MC de Rochefort (17), l’AM Surgères (17), le MC Rochelais (17) sont les clubs le plus souvent cités pour les organisations dans les Charentes. D’autres, comme le MC Oléron (17) ou le MC de Saintonge à Saintes (17) sont parfois aussi à l’œuvre dans les organisations d’épreuves de régularité pilotées par la ligue Poitou-Charentes.

L’amicale motocycliste angoumoisine (AMA) (16) pouvait clore son année 1980 en félicitant le pilote Jean-Luc Deneuvy pour ses brillantes performances au cours de la saison de régularité, champion de ligue du Poitou en régularité, 3ème au championnat de France et 23ème du Tour de France (Charente libre vendredi 28 novembre 1980).

C’est l’amicale motocycliste angoumoisine (AMA) qui s’y colle en 1981 pour organiser le 11ème circuit de régularité national au départ d’Angoulême (16). L’épreuve est largement présentée dans le journal la Charente libre dans ses éditions des 17, 20 et 21 novembre 1981.

Les responsables de l’AMA souhaitent en faire le prélude à un prochain tour de Charente moto qu’ils espèrent organiser.

L’épreuve des 21 et 22 novembre 1981 est la première du championnat de régularité 1982. A l’époque en effet, le calendrier de régularité débute à l’automne de l’année précédente.

Le parcours de 600 km se décompose en 3 étapes, jour-nuit-jour, avec départs et arrivées au plateau de Lunesse à Angoulême (16). Au cours de chacune des 3 étapes, une épreuve à moyenne spéciale chronométrée se déroule sur une portion de parcours. Le dimanche matin, les concurrents disputent la course de côte de Chillot entre Saint Même les carrières (16) et Segonzac (16).

Figure 2 : road book du Rallye de l’AMA 1981 (Charente libre 23 novembre 1981)

Une trentaine de concurrents se présentent au départ. Le pilote angoumoisin Jean-Luc Deneuvy, vainqueur des classements circuits et spéciales du récent tour de France en 250 cm3 est au départ ainsi que le champion de France de régularité 1980, le bordelais Patrick Kempf. Les spécialistes des rallyes, Alain Villeneau (AM Surgères) et Pierre Lacour (MC Lyon) sont également à suivre.

Figure 3 : résultats du rallye de l’AMA (Charente libre 25 novembre 1981)

C’est le pilote de l’AM Surgères (17), Alain Villeneau, récent vainqueur national des coupes de l’Armistice, épreuve de moto entre régularité et enduro, disputées autour de Paris, qui remporte le 11ème circuit de régularité du Poitou. Alain avait déjà brillé sur les routes charentaises en gagnant la 9ème édition du circuit de régularité du Poitou en octobre 1979 au départ de Surgères (17).

Le parisien Gilles Planchon figure à la 5ème place du classement général du rallye de régularité motocycliste organisé par l’AM angoumoisine (Charente libre 25 novembre 1981).

A l’issue de l’épreuve, le président Jean Forillière de l’AMA et les membres des autres clubs organisateurs ne peuvent cacher leur profonde déception.

Les repérages de 580 km de routes, la préparation de trois parcours chronométrés et d’une course de côte, la mobilisation de plus de 150 bénévoles et la mise en place de 96 contrôles horaires. Tout ça pour 21 coureurs, c’est à s’arracher les cheveux !!!! (Charente libre lundi 23 novembre 1981).

Figure 4 : les trois boucles du 12ème circuit de régularité du Poitou (Charente libre 20 novembre 1982)

Dès le 17 novembre 1982, la Charente libre présente abondamment la nouvelle édition du Rallye de l’AMA des 20 et 21 novembre 1982. Le 12ème circuit de régularité nationale de la ligue du Poitou reprend le même schéma que la précédente édition : 570 km en trois boucles avec départ au Logis de Lunesse à Angoulême (17), une course de côte entre le Chillot et les Androux (16) et trois spéciales chronométrées dans la forêt de bois blanc (16).

Figure 5 : au départ du 12ème circuit de régularité du Poitou (Sud-Ouest lundi 22 novembre 1982)

Le pilote angoumoisin Jean-Luc Deneuvy, vainqueur de la catégorie plus de 500 au premier Rallye Plein Sud organisé par l’AS FFM, fait à nouveau figure de favori parmi les 23 concurrents au départ de l’épreuve. Il faut aussi compter sur le parisien Gilles Planchon, récent vainqueur du Rallye du Doubs, et sur Daniel Duchesne (UM Soissons), champion national en catégorie 125-400 cm3 (Charente libre 20 novembre 1982).

Après la victoire du lyonnais Pierre Lacour devant Alan Villeneau au championnat de régularité 1982, c’est un autre lyonnais, Jean-Luc Nicolas du MC de Lyon (69), qui souffle la victoire au pilote charentais, Alain Villeneau de l’AM Surgères (17), dans la première épreuve comptant pour le championnat de régularité 1983.

Amère déception après l’arrivée pour les organisateurs du 12ème circuit de régularité du Poitou ou 2ème Rallye de Charente de l’AMA. «Trop de travail pour trop peu de résultats, il n’y aura pas d’édition en 1983 » lance à la presse Jean Forillière, le président de l’AMA (Charente libre et Sud-Ouest lundi 22 novembre 1982).

Il faudra attendre les 27 et 28 avril 1985 pour que se déroule à nouveau un rallye en Charente (Charente libre 27 avril 1985).

Deux boucles de durée équivalente sont au programme des concurrents : la première à partir de 13 h 30 le samedi 27 avril 1985 et la seconde dès 21 h 30 le samedi soir. Les organisateurs ont prévu pas moins de 26 contrôles (CH et CP) lors de la première boucle.

Suite à un routier finalement assez peu sélectif contrairement aux éditions précédentes de l’épreuve charentaise, c’est dans les épreuves chronométrées que s’est joué le classement général (Lettre FFM du 30 avril 1985). A ce régime, le pilote angoumoisin Jean-Luc Deneuvy parvient à glisser sa puissante Honda 1100 cm3 de production à la troisième place derrière les 2 machines d’enduro, l’Husqvarna 400 cm3 de Thierry Hardy (MC Roquebrune) (06) et la KTM 500 de Gérard Pardon (CM Beaujolais) (69).

Figure 6 : classement général du rallye de Charente 1985 (Lettre FFM 30 avril 1985)

A notre connaissance, en dehors du Rallye du Poitou 1986 qui se disputa sur les routes de la région, il ne s’est plus disputé d’épreuve de régularité ou de rallye routier moto dans les Charentes depuis cette époque lointaine.

Ce ne sera bientôt plus le cas avec la prochaine édition du Rallye de Charente organisée par l’équipe du CORCC.

La nouvelle épreuve charentaise est programmée les 19, 20 et 21 octobre 2018 au départ de Rouillac (16). https://www.rallyeroutiermotocharente.fr/le-c-o-r-r-c/

Finalement, le retour de Jean-Yves Rivollet sur une épreuve du championnat de France des rallyes routiers aura été plus rapide que je ne l’envisageais dans un précédent article parlant du Rallye de l’Ain 2018. Au guidon de l’une de ses 125 Gauthier, Jean-Yves a pris le départ du Rallye des Coteaux organisé par l’ASMRP à Mauves (07) les 08 et 09 septembre 2018. Jean-Yves a pu y retrouver un autre champion évoqué récemment dans le blog moto mag RFVC 1984-2014 en la personne de Jean-Jacques « jacky » Guillemoz qui officiait comme directeur de la course.

Figure 7 : Jean-Yves Rivollet 125 Gauthier et Christian Lacoste Matchless G80 au départ de Mauves (07) (photo Henri Heran)

En catégorie classiques, comme son collègue Robert Degaudez au guidon de la Honda XL600R à moteur RFVC, Jean-Yves n’a pas pu terminer l’épreuve ardéchoise avec la Gauthier du fait d’une mécanique défaillante. Il se rattrapera au prochain Rallye de Charente qu’il devrait disputer au guidon d’une moto plus moderne.

Christian Lacoste, qui disputait déjà les circuits de régularité en Charente au cours des saisons 1981-1982 au guidon de la Yamaha 350 RDLC, devrait en être également au guidon de la Matchless G80 cette fois.

Après cette surdose de régularité en Charentes-Poitou, je reviendrai prochainement sur une période plus récente et sur les machines qui sont la seule vraie raison de ce blog, les Honda à moteur RFVC dans les rallyes routiers du CFRR.

A bientôt

Papytoum

PS : les extraits des France Moto que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

Années 1970 : des circuits de régularité moto dans le Poitou


papytoum

Bonjour à tous,

C’est lors de l’épreuve de régularité organisée au départ d’Archiac (16) que le jeune pilote Joseph Tougeron de l’AM Nantaise (44) connait sa plus grosse déception de la saison 1969. Après une première saison de régularité en tous points exceptionnelle, second et premier civil du Cannes-Genève-Cannes notamment, il rate de peu le titre chez les civils. Il faut lire son interview dans France Moto n°15 du 15 janvier 1970 pour comprendre qu’elle était l’ambiance dans cette discipline où les concurrents s’infligeaient des durées de selle peu imaginables aujourd’hui.

Figure 1 : brillante saison de régularité pour Joseph Tougeron en 1969 (France Moto n°15 du 15 janvier 1970)

Après cette belle saison de régularité, Joseph s’illustrera sur les terrains de Moto Cross en catégorie 125.

Annoncé par la ligue les 23 et 24 octobre, c’est finalement lors du week-end des samedi 16 et dimanche 17 octobre 1971 que se déroule le premier circuit de régularité de la ligue du Poitou organisé par le moto club des Deux-Sèvres. Voir la présentation du premier circuit du Poitou dans l’article que nous lui avons consacré.

Pour l’organisation de la seconde édition du circuit de régularité du Poitou les 14 et 15 octobre 1972, le Gymkhana club Archiacais (16) est associé à la commission sportive de la ligue du Poitou présidée par monsieur Michel Degrange.

Figure 2 : pendant la semaine de reconnaissance des gendarmes lors du second circuit de régularité du Poitou (Charente libre mardi 17 octobre 1972)

Le tracé du parcours et les horaires de passage dans le département des Deux-Sèvres sont abondamment présentés dans la presse locale, le Courrier de l’Ouest et la Nouvelle République du centre ouest jeudi 12 et vendredi 13 octobre 1972.

Figure 3 : tracé du 2ème circuit de régularité du Poitou dans les Deux-Sèvres (CO jeudi 12 octobre 1972)

Le circuit routier de 842 km, comporte deux étapes d’Archiac (16) à Thouars (79) et retour pour les grosses cylindrées (plus de 350 cc). Les petites cylindrées (51 à 175 cc et 175 à 350 cc) n’effectuent que la seconde étape de 469 km de Thouars (79) à Archiac (16) (LNR vendredi 13 octobre 1972).

Figure 4 : concurrents au départ de la seconde édition du circuit de régularité du Poitou (France Moto n°57 du 15 novembre 1972)

Parmi les 32 engagés, une majorité de militaires avec 9 gendarmes venus de Grasse au guidon de Norton 750 et 10 CRS (LNR vendredi 13 octobre 1972).

Malheureusement, l’absence de course de côte ou autres épreuves de vitesse expliquerait selon France Moto la bouderie des concurrents notamment chez les civils (France Moto n°57 du 15 novembre 1972). Il faut reconnaitre que les épreuves longue distance de l’époque étaient plutôt favorables à nos collègues militaires.

Figure 5 : passage des concurrents à Cognac lors du second circuit de régularité du Poitou (Charente libre 17 octobre 1972)

Dans le classement général, parmi les dix premiers classés, le premier civil est Jean Forillière de l’AM Angoumoisine (AMA). Le pilote charentais, qui devance le policier Jean-Pierre Geneletti, semble bien perdu au milieu des militaires de la garde républicaine ou du club de la police nationale.

Figure 6 : classements du second circuit de régularité du Poitou en 1972 (France Moto n°57 du 15 novembre 1972)

Le brillant pilote/policier Jean-Pierre Geneletti figure au 9ème rang du classement général de cette seconde édition du circuit de régularité du Poitou en 1972. Jean-Pierre Geneletti fera bien mieux par la suite en remportant notamment la sixième édition du circuit du Poitou en 1976 et surtout le 7ème Tour de France moto au guidon de sa Honda Bol d’Or en 1979.

En 1973, c’est le MC Rochelais (17) qui est le partenaire de la ligue pour l’organisation de la 3ème édition du circuit de régularité du Poitou les 13 et 14 octobre.

Vingt-six militaires ; 12 de la CRS, 11 de la gendarmerie mobile et 3 de la douane de la Rochelle sont inscrits ainsi que 17 civils.

La volonté des organiseurs est de faire passer le circuit dans toutes les villes de la Ligue du Poitou ayant un club motocycliste (Charente libre vendredi 12 octobre 1973).

Le circuit routier est toujours aussi long (839 km 500). De La Rochelle (17), le samedi 13 octobre à partir de 13 h 30, il rejoint Limoges (87) lors d’une première étape de 435 km. Une épreuve d’accélération est au programme entre Beaugeay et Marennes (17).

La seconde étape de 404 km, dès 6 heures le dimanche 14 octobre, ramène les concurrents à La Rochelle (17). Une course de côte entre Saint-Junien (87) et Brigueuil (16) se dispute sur le circuit de retour. Un parcours accéléré et une épreuve de moyenne spéciale chronométrée sont également prévus sur le circuit routier.

Au programme, 56 contrôles horaires et 5 départements traversés.

En 1973, les mauvaises conditions météo qui ont accompagné les concurrents ont rendu l’épreuve poitevine encore plus exigeante pour les pilotes et les machines. La pluie et le vent accompagnèrent les concurrents de bout en bout (Charente libre lundi 15 octobre 1973).

Figure 7 : passage des concurrents au contrôle de la tricherie (Charente libre mardi 16 octobre 1973)

Au contrôle de la tricherie à Eymouthiers (16), seuls 28 des 47 concurrents engagés, civils et militaires, avaient pointé entre 2 et 3 heures après leur départ de la Rochelle (17).

Vous avez dit indigeste les épreuves de régularité dans le Poitou ?

Pour qui ? Les organisateurs ou les concurrents ?

Figure 8 : classements civil et militaire du 3ème circuit de régularité du Poitou (Charente libre 15 octobre 1973)

C’est une nouvelle fois, Jean Forillière qui remporte le circuit de régularité de la ligue du Poitou chez les civils. Sur ce type d’épreuve longue distance, il est encore difficile pour un civil d’intégrer le top 10 du classement général.

Figure 9 : classement général du 3ème circuit du Poitou (Sud-Ouest mercredi 17 octobre 1973)

Après ses bonnes performances chez les concurrents, Jean Forillière sera président de l’AM Angoumoisine (16) et organisera plusieurs éditions du Rallye de Charente dans les années 1980.

Mais nous en reparlerons prochainement.

En 1974, la 4ème édition du circuit de régularité du Poitou est programmée pour les 12 et 13 octobre. Les organisateurs forment le vœu que la participation des civils augmente par rapport aux précédentes éditions.

Deux grosses équipes militaires sont présentes, dix gendarmes sur Norton emmenés par Pothier, le vainqueur 1973, et une forte équipe de CRS habitués des circuits de régularité.

Le circuit de 825 km part du parking Beaulieu à La Rochelle (17) le samedi à midi. La première étape longue de 528 km rejoint Poitiers (86). Le retour de 302 km se déroule dans la matinée du dimanche. La météo favorable contrairement à l’édition précédente sera bien appréciée des pilotes du 4ème circuit de régularité du Poitou.

A noter la participation d’une féminine, Anita Ferrieux du COP Le mans (72) et d’un équipage side-car au 4ème circuit de régularité du Poitou.

Figure 10 : les vainqueurs du 4ème circuit de régularité du Poitou (Sud-Ouest lundi 14 octobre 1974)

C’est le local Pierre Blondeau des douanes de la Rochelle (17) qui l’emporte. Il précède 11 autres militaires. Le premier civil, Jean-Marc Drouet de Rochefort (17), pointe à la treizième place du classement général.

A signaler, la médaille d’or de Jean-Pierre Geneletti lors du Championnat national de régularité chez les militaires en 1974.

En 1975, la cinquième édition du circuit de régularité du Poitou est confiée cette fois au MC de la Charente La Couronne (16) les 11 et 12 octobre.

Le circuit routier de 816 km propose un aller de 360 km entre La Couronne (16) et l’esplanade Record à Angoulins (17). Le retour du dimanche est long de 456 km avec un premier départ dès 4 h 30.

Une course de côte à Charchenay (79), le samedi 11 octobre, et une épreuve à moyenne non impartie dans les marais sur la D238 entre Moeze (17) et Hiers (17), le dimanche 12 octobre, sont au programme des concurrents.

Figure 11 : Robert Chauvin concurrent du 5ème circuit de régularité du Poitou (Charente libre 13 octobre 1975)

Parmi les 64 inscrits, on compte 54 civils.

Finalement, avec 65 bulletins d’engagements mais seulement 45 partants, le vœu des organisateurs a-t-il été exhaussé ?

Figure 12 : arrivée de la première étape du 5ème circuit de régularité du Poitou (Sud-Ouest mercredi 15 octobre 1975)

Au classement général, tir groupé des civils derrière le gendarme Denis Gérardin et 5 autres gendarmes. Le side-cariste Bruno Bérard et sa passagère Begranne terminent l’épreuve.

Figure 13 : classement général du 5ème circuit de régularité du Poitou (Sud-Ouest mercredi 15 octobre 1975)

Lors de l’arrivée sur le Champ de Foire à la Couronne (16), les applaudissements du public venu nombreux malgré la météo, accueillent la jeune angoumoisine de 17 ans, Nadine Labrousse, qui en termine avec une épreuve marquée par un froid glacial (Charente libre lundi 13 octobre 1975).

Pour 1976, face aux difficultés rencontrées par la commission sportive de la ligue du Poitou, l’épreuve a failli ne pas se faire.

Le 6ème circuit de régularité de la ligue du Poitou se déroule samedi 09 et dimanche 10 octobre 1976.

La première étape de 380 km, le samedi, mène les concurrents de Cognac (16) à Limoges (87) et retour à Cognac (16). La seconde étape de 425 km, le dimanche, va de Cognac (16) à Cognac (16) en passant par Niort (79).

Une course à moyenne non impartie dès le départ et une course de côte sont à disputer lors de la première étape, une base secrète à moyenne imposée au lever du jour lors de la seconde.

Figure 14 : classement général du 6ème circuit de régularité du Poitou (France Moto n°101 du 15 novembre 1976)

C’est le policier Jean-Pierre Geneletti qui remporte le classement général dominé par le club motocycliste de la police nationale. Le premier civil, Jacky Tirbois de Surgères (17), parvient enfin à placer sa BMW devant tous les autres civils.

Figure 15 : le policier Jean-Pierre Geneletti vainqueur du 6ème circuit de régularité du Poitou (France Moto n°101 du 15 novembre 1976)

Finalement chez les militaires, entre gendarmes et policiers, c’est un coup à toi, un coup à moi, lors des circuits de régularité du Poitou.

En 1977, le Motor’s-club angoumoisin s’est vu confié l’organisation du 7ème circuit de régularité de la ligue du Poitou.

Jean Trigaud du club de Champagne Mouton (16) est le seul engagé charentais.

Figure 16 : Jean Trigaud au départ du 7ème circuit de régularité du Poitou (Charente libre lundi 10 octobre 1977)

Après les contrôles techniques le samedi 08 octobre 1977 sur l’esplanade de Bourgines à Angoulême (16), les concurrents partent à partir de 13 heures pour une première étape de 498 km qui les fera passer par Thouars (79).

Une course de côte aux Fontenelles près de Saint Maixent (79) est à disputer lors de la première étape.

Figure 17 : avant le départ du 7ème circuit de régularité du Poitou (France Moto n°110 du 15 novembre 1977)

Après quelques heures de neutralisation, la seconde étape Angoulême (16) Surgères (17) Angoulême (16) part le dimanche dès 4 heures. Une épreuve de vitesse sur le circuit du Parveau à Cognac (16) est au menu des concurrents lors de la seconde étape de 332 km.

Le tracé de 830 km chemine à travers la Charente, la Charente maritime, les Deux Sèvres et la Vienne. Il comprend 94 contrôles horaires. C’est sans doute beaucoup de travail d’organisation pour 31 engagés au départ de la première étape et 23 rescapés pour la seconde.

La première étape disputée presque constamment sous la pluie fut la plus sélective. Gilles Planchon abandonnera suite à une erreur de parcours ainsi que René Serniguet, leader du provisoire, sur crevaison. Le circuit de vitesse du Parveau dû être annulé, la boue et la pluie rendant le circuit impraticable.

Figure 18 : classement général du 7ème circuit de régularité du Poitou (France Moto n°110 du 15 novembre 1977)

Au classement scratch absolu, c’est le pilote civil William Roques de l’AM Surgères (17) qui l’emporte. Il a donc fallu attendre la 7ème édition du circuit de régularité du Poitou pour qu’un civil parvienne enfin à précéder les militaires au classement général. William précède un autre brillant pilote, le policier Jean Hulin.

Dans cette épreuve, venu en voisin, notons la participation de Bernard Viaud, le patron du magasin Viaud moto à Mauzé sur le mignon (79). Bernard est le papa du policier Bruno Viaud dont nous aurons l’occasion de reparler.

La 8ème édition du circuit national de régularité de la ligue du Poitou, conjointement organisé par le MC Thouarsais (79) et la ligue du Poitou à la Rochelle (17), est programmée les 07 et 08 octobre 1978 pour un parcours routier de 651 km en une seule étape.

Figure 19 : annonce du 8ème circuit de régularité du Poitou des 07 et 08 octobre 1978 (France Moto n°117 du 15 septembre 1978)

Les concurrents des circuits de régularité avaient la santé à l’époque. Aujourd’hui, les organisateurs auraient prévu au moins deux étapes avec plusieurs boucles différentes.

Le départ du circuit se fait de nuit. Il chemine à travers des communes de la Vienne (86), des Deux-Sèvres (79) et des Charentes (16) et (17).

Outre ses 42 CP et 26 CH, les concurrents doivent disputer une base secrète, une course de côte et un parcours de vitesse à moyenne non impartie.

Sur les cinquante-quatre pilotes effectivement au départ, 36 seront classés. Patrick Kempf l’emporte chez les civils et Pierre Bertrand chez les militaires lors du 8ème circuit de régularité du Poitou.

Figure 20 : pénalités dans la base et places au 8ème circuit du Poitou chez les civils (France Moto n°118 du 15 octobre 1978)

Le Rallye du Poitou 1978 marque les débuts de la brillante carrière motocycliste du policier Bruno Viaud. Bruno figure déjà en bonne place dans le classement général du 8ème circuit du Poitou en compagnie de son papa Bernard.

En 1992, Bruno, leader de l’équipe du CMPN, remportera le titre de champion de France des rallyes routiers au guidon d’une Honda XR600 équipée du moteur RFVC.

En 1979, retour en Charente maritime puisque c’est la ville de Surgères (17) qui sera la tour de contrôle du 9ème circuit de régularité du Poitou comme nous l’indique Sud-Ouest dans sa présentation de l’épreuve le jeudi 11 octobre 1979.

Le parcours compte 719 km en 2 étapes qui traverseront 3 départements.

Au départ du parc des expositions de Surgères (17) à 20 h 30, la première étape de 189 km se déroule entièrement de nuit. Après neutralisation, la seconde étape à partir de 4 h 30, comprend un parcours de 529 km qui passe par Niort (79).

Le 9ème circuit de régularité du Poitou comprend 3 épreuves spéciales : un parcours accéléré à moyenne non impartie entre les écluses (17) et Hiers (17) dans le marais de Brouage (17), la course de côte des Fontenelles près de Charchenay (79) et une base chrono tenue secrète.

A signaler qu’à l’époque la moyenne horaire est différente selon la catégorie des machines. Au circuit du Poitou 1979, la moyenne horaire est de 52 km/h pour les moins de 250 cm3 et de 60 km/h pour les plus de 250 km/h.

Au départ de l’épreuve, 35 concurrents seront passés au contrôle le samedi 13 octobre mais seulement 28 seront classés le dimanche 14 octobre 1979.

Figure 21 : classement général du 9ème circuit de régularité du Poitou (Sud-Ouest 15 octobre 1979)

Alain Villeneau de l’AM Surgères (17) remporte le classement général du 9ème circuit de régularité du Poitou devant nombre des meilleurs pilotes civils et militaires du moment. Ce sera une des nombreuses victoires d’Alain Villeneau dans les épreuves de régularité au cours des saisons de régularité 1979-1983.

Figure 22 : résultats du Rallye du Poitou 1986 organisé par l’AS-FFM

Il faudra attendre 1986 pour qu’un rallye porte à nouveau le nom de Poitou. Il nous fera découvrir les nouveaux noms des pilotes de pointe de la discipline des rallyes routiers.

Mais avec ses 58 partants, le Rallye du Poitou 1986 encouragera-t-il l’association sportive de la FFM (AS-FFM) à continuer d’investir sur les rallyes dans des régions où son attrait auprès des motards ou du public est loin d’être évident ? La suite prouvera que non.

Après cinq éditions du Rallye Plein Sud (1982-1986) et les épreuves d’ouverture du Championnat de France des rallyes en Bretagne en 1983, à Saint Amand les eaux en 1984, au Limousin en 1985 et au Poitou en 1986, l’AS-FFM sera épuisée.

La seule épreuve qui survit dans ces lointaines régions de l’Ouest de la France est l’épreuve de la Sarthe avec ses belles petites routes, son magnifique circuit de vitesse et son équipe très solide et très motivée qui traverse les époques avec beaucoup de succès.

Au début des années 1980 en Poitou, il y aura eu quelques épreuves de régularité organisée par l’AM Angoumoisine (16) et son président Jean Forillière. Nous en parlerons prochainement.

C’est également là qu’aura lieu le nouveau Rallye de Charente organisé par l’équipe du CORCC les 19, 20 et 21 octobre 2018 au départ de Rouillac (16).

https://www.rallyeroutiermotocharente.fr/le-c-o-r-r-c/

A bientôt

Papytoum

PS : les extraits des France Moto que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

Circuits de régularité moto en Charente maritime dans les années 1970 1980


papytoum

Bonjour à tous,

Après des débuts timides, la régularité s’est développée dans la ligue du Poitou sous l’impulsion de Monsieur Michel Degrange (président de la ligue de 1977 à 2000). L’AM Surgères (17) possède une équipe de 10 pilotes qui participent aux différents circuits de régularité organisés dans la ligue (France Moto n°121 du 15 février 1979).

La première édition du Tour de Charente maritime date des 06 et 07 mai 1978. Elle ne fait pas l’objet d’annonce ou de compte rendu dans les éditions du journal Sud-Ouest de cette période. C’est dommage.

En 1979, le calendrier national des épreuves de régularité compte 12 épreuves. Le MC Airvault (79) prévoit d’organiser la 2ème édition du Tour motocycliste des Deux Sèvres le 21 février. Un parcours de 400 km en une seule étape avec départ et arrivée à Airvault (79) (France Moto n°121 du 15 février 1979).

Le circuit de régularité organisé au départ de Saintes (17) par le MC Saintonge le 10 juin 1979 et le Rallye du Poitou les 13 et 14 octobre 1979 par l’AM Surgères (17) sont également au programme.

Le compte rendu de l’assemblée générale du MC de Rochefort (17) est présenté dans le journal Sud-Ouest du lundi 25 juin 1979.

Figure 1 : Assemblée générale du MC de Rochefort (Sud-Ouest 25 juin 1979)

Le président Henri s’y félicite de la tenue le 10 juin du circuit de régularité de la Charente maritime qualificatif pour le championnat de France de la discipline. Le président du MC Rochefort annonce la tenue d’une troisième édition du circuit de régularité de la Charente maritime pour 1980.

Figure 2 : classements des championnats de France de régularité 1980 (France Moto n°141 du 15 décembre 1980)

En 1980, les pilotes de la ligue du Poitou sont bien représentés dans le classement de régularité chez les civils avec notamment Jean-Luc Deneuvy de l’AM Angoumoisine (16), Patrick Berte du TC Ligugé (86), Alain Villeneau de l’AM Surgères (17) et Jean-Luc Giroire du MC Airvaudais (79).

A l’époque, les classements des Championnats de France des rallyes et de régularité ne prennent pas en compte les mêmes épreuves.

Bizarre…. Mais nous en reparlerons.

La troisième édition du circuit de régularité de la Charente maritime qui était programmée le dimanche 08 juin 1980 devra être reportée au 24 août en raison de difficultés administratives (Sud-Ouest samedi 07 juin 1980).

Si le classement apparaît bien dans France Moto n°141 du 15 décembre 1980, nous ne retrouverons aucune trace de cette épreuve dans les archives de Sud-Ouest au cours du mois d’août 1980.

Selon la Vie des Ligues de France Moto n°142 du 15 janvier 1981, plusieurs épreuves de régularité sont au programme de la ligue du Poitou en 1981. Les 21 et 22 mars le Tour des Deux Sèvres à Thouars (79), le Tour de la Charente Maritime au départ de l’Ile d’Oléron (17) les 13 et 14 juin et le circuit de la ligue du Poitou au départ d’Angoulême (16) le 22 novembre.

Le calendrier du championnat 1981 prévoit également le circuit de la Vienne au départ de Gençay (86) organisé par le TC Ligugé le 20 septembre.

Figure 3 : calendrier du Championnat de France de rallyes de régularité 1981 (France Moto n°142 du 15 janvier 1981)

Les élections législatives du 14 juin 1981 priveront l’Ile d’Oléron de son épreuve de régularité. Quant au précédent circuit de régularité organisé par le MC Oléron, prévu les 01 et 02 mars 1975, nous n’en avons trouvé aucune trace dans les archives du journal Sud-Ouest à cette période.

C’est une épreuve au départ de Surgères (17) dont Sud-Ouest fait le compte rendu le 11 septembre 1981. Le pilote local Alain Villeneau de l’AM Surgères, au guidon d’une Yamaha 500 XT, est encore placé mais c’est le pilote turripinois, Jean-Yves Rivollet, au guidon de la Honda 500 XLS, qui ne possède pas encore le moteur Honda RFVC, qui remporte le scratch du rallye de régularité de l’Aunis (ou 4ème tour de Charente maritime).

Figure 4 : Jean-Yves Rivollet virtuel champion de France de régularité 1981 (le dauphiné libéré septembre 1981)

Le circuit constitué de 3 boucles d’environ 200 km sur les petites routes entre Surgères (17), Rochefort (17) et la Rochelle (17), permet aux concurrents de disputer la course de côte de La triballe (17) bien connue des pilotes automobiles encore de nos jours et la spéciale de Hiers (17) tracée dans le marais proche de la citadelle de Brouage (17).

Figure 5 : compte rendu du 4ème tour de Charente maritime (Sud-Ouest 11 septembre 1981)

Une course de côte plutôt plate et une spéciale surprenante dans les marais pour les meilleurs pilotes rhônalpins venus disputer le rallye de l’Aunis : Jacky Gambin (UM Ain) (01), Bruno Fardelle (CM Beaujolais) (69), Pierre Lacour (MC Lyon) (69) et bien sûr le futur vainqueur du Rallye de l’Aunis et bientôt Champion de France des rallyes de régularité 1981, Jean-Yves Rivollet (MC Vercors) (38).

Figure 6 : classements du championnat de France des rallyes de régularité 1981 (France Moto n°153 du 15 janvier 1982)

Au plan réglementaire, en 1979, la FFM mettait en compétition le Championnat de France individuel des épreuves de régularité. Le circuit routier comportait 300 km minimum et au moins une base chronométrée.

En 1980, le championnat devient Championnat de France individuel des Rallyes. Le circuit doit toujours avoir 300 km mais également comporter 3 épreuves chronométrées disputées sur au moins 10 km.

Les calculs de temps pour les classements se feront en temps réel pour les avances ou retard en minutes dans les CH, les écarts au temps idéal en secondes dans les bases chronos et les temps réels en minutes et secondes des courses de cote ou des circuits.

Mais en 1981, le championnat en compétition devient un championnat de Rallyes de Régularité. Ce qui explique la demande de pilotes civils qui plaident pour l’abandon des bases chronométrées et la fin de la dénomination de régularité.

A l’époque, les moyennes imposées sur le circuit routier sont différentes selon les cylindrées des machines. Cela génère le mécontentement de certains pilotes dont France Moto présentent les arguments. Pour la prochaine saison, des classements dans le cadre de trophées par cylindrées seront proposés par la sous-commission de régularité de la FFM (France Moto n°150 du 15 octobre 1981).

Comme l’année précédente, en 1982, les 4 départements poitevins organisent chacun leur circuit de régularité. A noter que ce ne sont pas moins de 21 dates qui sont présentées à l’appétit des compétiteurs.

Figure 7 : calendrier des épreuves de régularité 1982 (Moto Revue 1982)

Le 5ème rallye de régularité de l’Aunis (ou de la Charente maritime) au départ d’Aytré (17) dans la banlieue de la Rochelle (17) est abondamment présenté par le journal Sud-Ouest partenaire de l’épreuve. De brèves annonces paraissent dans les pages du journal dès le 05 mai 1982.

Figure 8 : présentation du 5ème rallye de régularité de l’Aunis (Sud-Ouest 14 mai 1982)

C’est le pilote de l’AM Surgères (17), Alain Villeneau, qui réalise le sans faute et remporte le classement du 5ème rallye de régularité de l’Aunis à Aytré (17) le 23 mai 1982.

Figure 9 : résultats du 5ème rallye de régularité de l’Aunis (Sud-Ouest 24 mai 1982)

Malheureusement, cette victoire ne sera pas suffisante pour que le pilote charentais remporte le titre dans le championnat de France de régularité.

En effet, après avoir été dominé pour le titre chez les civils par le jeune pilote Jean-Yves Rivollet du MC Vercors (38) en 1981, c’est un autre pilote rhônalpin, Pierre Lacour du MC de Lyon (69), qui soufflera la victoire au charentais Alain Villeneau en 1982.

Figure 10 : classements du championnat de France de régularité 1982 (France Moto n°164 du 15 décembre 1982)

Prochainement, nous remontrons le cours de la Charente pour nous intéresser aux circuits de régularité qui ont eu lieu en Charente dans les années 1970-1980.

C’est aussi là-bas que sera organisé le nouveau Rallye de Charente au départ de Rouillac (16) les 19, 20 et 21 octobre 2018 par l’équipe du CORCC.

https://www.rallyeroutiermotocharente.fr/le-c-o-r-r-c/

A bientôt

Papytoum

PS : les extraits des France Moto que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

Circuits de régularité moto dans les années 1970


papytoum

Bonjour à tous,

Lorsqu’il prend le départ du premier Tour de France Moto, organisé du 12 au 19 mai 1973 par la Fédération Française de Motocyclisme, le journal l’équipe, Total et RTL, le jeune pilote de l’Union Motocycliste de l’Ain, Jean-Jacques « Jacky » Guillemoz, au guidon de sa Gauthier, n’est déjà plus un inconnu parmi les spécialistes des circuits de régularité.

Figure 1 : Annonce du Tour de France moto 1973 (France Moto n°63 du 20 mars 1973)

Jacky vient en effet de remporter le titre de champion de France de régularité 1972 avec une moto Gauthier de la classe 125 cm3.

Figure 2 : Jacky Guillemoz au départ du Tour de France 1973 (France Moto n°66 du 30 juin 1973)

En 1972, après avoir remporté le 37ème circuit de régularité international de l’Ain à Bourg en Bresse (01) le 19 mars, Jacky obtient à nouveau, le 09 avril, la victoire chez les civils au circuit de régularité du Beaujolais à Villefranche sur Saône (69). Cette épreuve était organisée par le CM Beaujolais comme les rallyes routiers de l’époque actuelle. Jacky remporte également le Rallye Bré organisé le 23 avril à Lyon (69) par le MC de Lyon.

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Figure 3 : Jacky Guillemoz au Rallye de l’Ain 1972 (France Moto n°64 du 30 avril 1973)

Après la médaille d’or de 1972, Jacky sera encore médaille d’argent dans le championnat de régularité chez les civils en 1973.

Dans un article de France Moto n°65 du 30 mai 1973 dont il est un des journalistes, Patrick Tran-Duc fait une présentation de la jeune marque de moto Gauthier.

Figure 4 : Moto Gauthier 125 cm3 pour les épreuves de régularité en 1973 (France Moto n°65 du 30 mai 1973)

Fourche Cériani, amortisseurs Ceriani, freins Grimeca 4 cames, moteur 125 cm3 Sachs suspendu dans un cadre poutre maison sont les principales caractéristiques des motos conçues par Jean-Claude Gauthier. Selon Patrick Tran-Duc, les petites motos Gauthier sont devenues la terreur des épreuves de régularité. Mise entre les mains de Jean-Jacques « Jacky » Guillemoz, la Gauthier rafle tous les titres dans la catégorie.

Figure 5 : Jean-Claude Gauthier c’est lui (France Moto n°65 du 30 mai 1973)

A noter, que le président du CM Beaujolais dont Jacky remporte le 11ème circuit de régularité en avril 1972, n’est autre que Jean-Claude Gauthier.

En 1973, établir le classement du championnat de France des épreuves d’endurance et de régularité est un véritable casse-tête.

Toutes les épreuves s’étant disputées à la date prévue au calendrier de la FFM seront retenues. Les concurrents se verront attribué des points selon leur place au classement général civil et au classement général militaire. Des points supplémentaires, prenant en compte le nombre de concurrents au départ de l’épreuve dans la classe, seront donnés selon la place dans la classe de cylindrée. Les points seront multipliés par un coefficient selon la catégorie du circuit de régularité : coefficient 1 pour les circuits de 300 à 400 km avec 5 contrôles horaires minimum, coefficient 1,5 pour les circuits de 400 à 600 km avec 7 contrôles horaires minimum et coefficient 2 pour les circuits de plus de 600 km avec plus de 7 contrôles. Si dans un circuit de régularité se dispute au moins une épreuve du type course de côte (minimum 500 m), circuit de vitesse ou parcours de vitesse (minimum 1000 m), le coefficient attribué au circuit augmentera de 0,5.

En fin de saison, si le nombre des épreuves disputées dont les résultats auront été homologués est supérieur à 3, seules les 3 épreuves ayant rapporté le plus de points à un conducteur seront retenues pour le classement individuel du championnat de régularité 1973.

Des trophées par équipe militaire ou de club, seront mis en compétition à l’occasion de ce championnat individuel.

Voilà, c’est tout….

A vos calculettes….

En 1977, dans le cadre du Championnat de France individuel des épreuves de régularité, la commission des circuits confirme que le classement des circuits de régularité s’établira sur le seul parcours routier, bases chronométrées incluses. Les épreuves annexes (circuits et côtes) ne serviront qu’à départager les ex-aequo à la régularité absolue.

Désormais, le barème des pénalisations se calculera au 1/5 de seconde, à raison de 5 points par seconde d’écart au temps idéal dans les CH et dans les bases, et sur le temps du meilleur dans les épreuves annexes.

Et on ressort la calculette….

En 1978, un circuit de régularité doit comporter au moins 300 km et une base chronométrée, compter au moins une épreuve annexe (côte de 1000 m minimum, ou circuit de vitesse de 15 km minimum).

Le classement se fait par addition de points obtenus dans la totalité des épreuves organisées selon le règlement. Le conducteur doit avoir participé à au moins la moitié plus une de ces épreuves.

En 1980, toute avance ou tout retard à un contrôle horaire sera sanctionné de 60 points de pénalisation par minute ou fraction de minute d’avance ou de retard.

En 1981, aura lieu la 9ème et dernière édition du Tour de France Moto organisé par la FFM en partenariat avec le journal l’Equipe, Total et France Inter.

Cette même année, c’est un nouveau jeune pilote rhônalpin qui remporte la victoire dans le Championnat de France de régularité : Jean-Yves Rivollet du Moto Club du Vercors à Varces (38).

Figure 6 : classement du Championnat de France de régularité 1981 (France Moto n°153 du 15 janvier 1982)

Le Tour de France moto aura marqué la décennie 70 au sein des épreuves dites de régularité.

Aura-t-il attiré en masse de nouveaux pilotes vers la discipline ?

Malgré les espérances mises en lui en 1973, il est permis d’en douter.

Figure 7 : Tour de France 1981 (France Moto n°146 du 15 mai 1981)

Après un parcours très nordique pour le dernier Tour de France Moto de 1981, Dunkerque (59), Epinal (88), Nevers (58), la nouvelle épreuve de régularité proposée par la FFM fait route Plein Sud en 1982.

Figure 8 : présentation du Rallye Plein Sud 1982 (France Moto n°158 du 15 juin 1982)

En 1982, Jean-Yves Rivollet sera au départ de cette nouvelle épreuve de régularité comportant 720 km de petites routes dans le sud de la France en 3 étapes entre Albi (81), Palavas (34) et Lacaune (81).

Figure 9 : Jean-Yves Rivollet au cours du Plein Sud 1982 (France Moto n°164 du 15 décembre 1982)

Récemment, Jean-Yves envisageait de prendre le départ du Rallye de l’Ain 2018 au guidon d’une Gauthier.

Ce n’est que partie remise, Jean-Yves envisage d’ailleurs de participer au prochain Rallye de Charente organisé au départ de Rouillac par Thierry Dupuis et l’équipe du CORCC : https://www.rallyeroutiermotocharente.fr/le-c-o-r-r-c/

Prochainement, nous nous intéresserons aux anciennes éditions des circuits de régularité qui se sont déroulées en Poitou-Charentes au cours des années 70 et 80.

A bientôt

Papytoum

PS : les extraits de France Moto que nous utilisons proviennent en majorité de la collection de Jean-Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/

1985-2018 : un nouveau rallye routier moto en Charente


papytoum

Bonjour à tous,

Lorsqu’il annonce à la presse locale en novembre 2017, qu’il souhaite organiser un rallye de Charente moto au départ de Rouillac (16), Thierry Dupuis ne sait pas qu’il vient d’ouvrir la boite à souvenirs…..

Figure 1 : Thierry Dupuis rêve d’organiser un rallye moto en Charente (Sud-Ouest 03 novembre 2017)

https://www.sudouest.fr/2017/11/03/il-reve-d-un-rallye-moto-de-charente-3916069-1057.php

En effet, alors que nous disputions avec la Honda XL600RD à moteur RFVC, dans le cadre du championnat du Sud-Est des Rallyes, la mémorable édition du Rallye de l’Ain les 16 et 17 mars 1985, les pilotes participant au championnat de France des Rallyes 1985 faisaient route à l’Ouest.

Les pilotes du championnat allaient disputer successivement quatre rallyes dans la moitié ouest de la France :

– le Rallye du Limousin (09 et 10 mars) : un parcours routier aller-retour de 600 km de Guéret (23) à Ussel (19),

– le Rallye de Guyenne (30 et 31 mars), entre Bordeaux (33) et Bergerac (24),

– le Rallye de la Sarthe (13 et 14 avril), autour du Mans (72) et son fameux circuit,

– le Rallye de Charente (27 et 28 avril), organisé par l’AM Angoumoisine (16) avec le soutien de l’AS-FFM (ou le contraire).

La suite du championnat des rallyes de 1985 se déroulera dans ses terres habituelles plus à l’Est :

– Rallye du Beaujolais (11 et 12 mai), près de Villefranche sur Saône (69),

– Rallye de l’Ardèche (15 et 16 juin) pour une boucle de 275 km au départ de Vals les Bains (07),

– Rallye du Languedoc (08 et 09 septembre), d’Agde à Bédarieux (34), en guise de finale magnifique.

Figure 2 : Podium du Rallye du Languedoc 1985 ; Jean-Marc Orioli, Christophe Vidal, Olivier Parassol, Pascal Véricel, Thierry Hardy, Robert Degaudez, Franck Coutel, Philippe Thoumelin, René Dursapt, Frédéric Denhez, Maud, Brice et Emeline

En 1985, nous sommes définitivement entrés dans l’ère moderne des rallyes routiers dont le championnat national se nomme Championnat de France des Rallyes depuis que la dénomination de championnat de régularité a été abandonnée.

Figure 3 : Championnat de France des Rallyes 1985 (France moto 197 du 15 décembre 1985)

Le Championnat 1982 a été le dernier à distinguer civils et militaires. En 1983, les classements les regroupent pour le classement scratch comme pour les trophées par cylindrée qui viennent d’être mis en place par la commission des rallyes.

A noter, que ce choix de séparer civils et militaires avait été fait par la FFM à la fin de la saison 1966 afin de stimuler la venue de civils sur les épreuves de régularité (France Moto n°135 décembre 1966). Il est vrai qu’à cette époque les classements faisaient clairement apparaître la domination des seconds sur les premiers.

Le Rallye de Charente 1985, disputé au départ d’Angoulême, sera le dernier à être organisé à cette époque par l’AM Angoumoisine.

Le vainqueur du classement scratch du Championnat 1985, Robert Degaudez, figure toujours parmi les participants du CFRR en 2018.

Quant à nous, à l’époque, après la saison 1985, nous nous engagions, avec la Honda XL600R équipée du moteur Honda RFVC de course, dans le Championnat 1986 des Rallyes qui débutait au Rallye du Poitou.

Le parcours, au départ de Niort (79), nous amenait jusqu’à Surgères (17).

Une des épreuves spéciales du Rallye du Poitou 1986 se disputait sur le CD266 au Grand Agère, entre les communes d’Yves et de Ballon en Charente Maritime.

Pour les Rhônalpins que nous étions, habitués aux falaises et aux précipices bordant nos routes, le spectacle des canaux bordant la route de la spéciale du Grand Agère avait quelque chose d’irréel.

Figure 4 : CD266 utilisé pour la spéciale des marais au Grand Agère lors du Rallye du Poitou 1986

Désormais, nous attendons la nouvelle version du Rallye de Charente proposée par Thierry Dupuis et son équipe du 19 au 21 octobre 2018.

https://www.rallyeroutiermotocharente.fr/le-c-o-r-r-c/

Robert Degaudez ne devrait pas être au départ de ce nouveau Rallye de Charente 2018. C’est dommage.

Nous plongerons prochainement dans les éditions des circuits de régularité organisés au cours des années 70 et 80.

A bientôt.

Papytoum

PS : les documents FFM que nous utilisons sont principalement issus de la collection de Jean Pol : http://www.legrenierdejeanpol.com/