Dernière journée en Russie


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Pour ma dernière journée, je suis allé chez Lérouamerlinn avec monsieur et madame Vitali acheter un aspirateur de garage qui était encore à l’ancien prix d’avant les putain de sanctions. Je peux comme ça mener ma petite enquête au sujet de tout ça… donc LeroyMerlin est toujours ouvert, Décathlon et Auchan aussi quant à Macdo des fois oui, des fois non. C’était une enquête assez peu professionnelle parce que je n’ai pas poussé la déontologie à aller vérifier dans chaque Macdo ce qui se passait à l’intérieur. Il faut être un sacré vrai professionnel pour aller vérifier ce qu’on sert dans les Macdo dans un pays qui semblait avoir la chance d’être débarrassé de ce poison-là.

Le docteur d’Omolon me demande des nouvelles, il s’excuse de ne pas m’avoir donné du Samogon pour la route, puis il me dit qu’il aurait voulu partir en Thaïlande pour les vacances mais qu’avec les putains de sanctions, il n’y a plus moyen… pas besoin d’enquêter plus, les sanctions ne vont pas du tout avoir l’effet escompté, mais ça , on pouvait s’en douter…

Quand on me demande ce que je pense de tout ça, , je ne donne jamais un avis direct, de toute façon, je ne suis ni historien, ni diplomate, ni général, ni politologue ni tout à la fois comme certains spécialistes, ou Bernard Henri Levy, l’homme qui a fait toutes les guerres.

J’explique toujours que je suis né dans un tout petit pays divisé en deux depuis sa création, avec deux communautés qui n’ont jamais réussi à vraiment s’apprécier, mais que, malgré quelques tensions parfois, il n y a jamais eu aucun mort.

Je leur rappelle aussi que quand Vaclav Havel était président de la Tchécoslovaquie et que les Slovaques ont voulu faire bande à part, il leur a dit okay les gars, vous signez là et c’est plié… il n’y a pas eu un seul mort, même pas une entorse du gros orteil. Bernard Henri, il devrait parfois aller boire un verre, avec le petit Emmanuel, sur la tombe deVaclav…

Il en faudrait plus des présidents poètes, ça ferait moins de dégâts…

L’après midi, je suis allé rendre visite à Anya, qui avait organisé il y a dix ans ce festival de BD qui m’avait permis de venir en Russie pour la première fois. On s’est baladé dans son quartier et puis j’ai repris bus et taxi sous la pluie pour rentrer chez Vitali. Demain je dois me lever tôt pour le prochain saut qui va me ramener un peu en arrière.

Juste un peu…