BD moto : les héros de « Warm Up » ont un pied dans la tombe


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« Warm Up », le retour ! Renaud Garreta sort enfin le second tome de cette série BD, prévue pour compter dix volumes. Et nous, on est content, tant le style de cet auteur, qui fait tout tout seul, du scénario au dessin, nous affole. Même si, dans cet album (comme dans le premier d’ailleurs), les héros ont un pied dans la tombe…

L’histoire du tome 1 de la série Warm Up,« D. O. A. », se prolonge dans ce 2e opus. Dans « À tombeau ouvert », la famille Neves sombre… L’aîné, Nathan, est en état de mort cérébrale après sa chute au GP de Macao. Chad, le cadet, découvre les sacrifices qu’a faits son frère pour le libérer de l’emprise d’un gang mafieux. Chad, petit prodige au guidon, va-t-il emprunter la voie de la raison ou continuera-t-il à frayer aux frontières de la criminalité ?

L’auteur continue de nous happer grâce à un récit débridé et à un dessin hyper réaliste. Les duels à moto sur le bitume sont dantesques, l’ambiance des paddocks proche de la réalité, et que dire de la course-poursuite à Marseille… On se croirait dans un « Taxi » sombre et violent, c’est exceptionnel.

Seul inconvénient, ce découpage d’une longue trame en plusieurs albums : difficile de se remémorer les détails d’un premier tome avalé voici plusieurs mois… Mais ça revient vite, et cette BD d’action se dévore à toute blinde.

L’auteur, Renaud Garreta est né à Brest en 1964. Après avoir travaillé comme illustrateur, roughman et story-boarder pour la publicité et le cinéma, notamment sur « Immortel » d’Enki Bilal et « Renaissance » de Christian Volkman, il crée le thriller aéronautique « Fox One », puis lance, en 2001, la série à succès « Insiders ». Plus de 500 000 albums des dix premiers tomes sont vendus. Toujours chez Dargaud, suivent une aventure de Tanguy et Laverdure et « Seul autour du monde », une histoire du Vendée Globe.

Depuis octobre 2013, Renaud Garreta réalise un projet qui mûrit depuis 15 ans, « Warm Up », l’union de ses passions : la bande dessinée et la moto. Il signe ainsi sa première série en auteur complet et indépendant : il a créé pour l’occasion sa propre maison d’édition, Dust éditions.

Retrouvez l’interview de Renaud Garreta, réalisée lors de la sortie du 1er tome de Warm Up, en décembre 2013.

BD : « Warm Up, tome 2 A tombeau ouvert », par Renaud Garreta ; Dust éditions ; 56 p, 24 x 32 cm, 13,95 €.

Cette bande dessinée est en vente dans la Boutique Motomag.com ; le tome 1 est également disponible

BD : Coluche rentre dans les cases


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Raconter la vie de Coluche en 88 pages de bande dessinée (BD), voilà qui relève du challenge tant l’humoriste a plutôt bien rempli ses journées, même s’il n’a vécu que 41 ans. Mais cette biographie a le mérite de faire entrer Coluche dans les cases, et se lira en tournant la poignée de gaz… à fond, comme l’appréciait le motard qu’il était, même si l’ouvrage ne se conservera pas aussi longtemps dans une bibliothèque que le livre « Coluche » de Philippe Boggio (1991, J’ai lu), ou le « Dossier Michel Vaillant » publié par Graton en 2011.

Ce dernier ouvrage, mêlant témoignages, dessins et récits, avait l’intérêt de s’intéresser uniquement à la passion pour l’automobile et la moto de Michel Colucci. Dans la BD, le scénariste, François Dimberton, et le dessinateur, Rémi Torregrossa, abordent tout, de l’enfance banlieusarde modeste à la création des Restos du Cœur et des Enfoirés, en passant par la campagne pour l’élection présidentielle de 1981 ou encore la carrière d’acteur de l’enfant de Montrouge.

Les références à la passion pour la moto sont plutôt bien narrées, notamment le record du monde du kilomètre lancé qu’a battu Coluche sur l’anneau de vitesse de Nardo (Italie), le 19 septembre 1985, propulsant sa Yamaha 750 OW 31 à 252,087 km/h. Texte et dessins reproduisent fidèlement les motos possédées par ce champion de la démesure qui ne faisait rien comme tout le monde.

Mais les approximations et autres anachronismes heurtent la lecture. Comme cet intérieur de berline française, dans lequel l’humoriste discute avec son producteur, doté de ceintures de sécurité à enrouleur et de sièges monoplace à l’avant, alors que les protagonistes sont censés rouler dans une Cadillac fifties (vue dans la case précédente), plus certainement équipée d’une banquette à l’avant et dénuée de ceintures.

Un immeuble de verre et des potelets anti-stationnement servent de décor à une scène en extérieur, bien loin des standards de construction des années 70-80.

Quant à l’accident de moto qui a provoqué le décès de Coluche, il est expédié en deux cases, trop hâtivement dessinées et occultant la polémique née autour du positionnement malencontreux du « putain de camion » dans ce fichu virage…

Une bonne surprise malgré tout, que cette BD, qui reste vivante et sympa, à l’image d’un personnage attendrissant dont on aimerait connaître l’avis teinté d’humour sur les événements récents…

« Coluche, une vie d’enfoiré ! » par Dimberton et Torregrossa, édition Jungle!, 30,5 x 23 cm, 88 pages, 14,95 €.

Toutes les BD moto sont à découvrir dans la Boutique Motomag.com

BD : bikers, Harley et Ku Klux Klan, un cocktail détonant


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« Amerikkka » est une série BD sur le côté sombre de l’Amérique, avec Roger Martin au scénario, un expert du Ku Klux Klan et des mouvements d’extrême-droite en France. Dans le tome 9, « Cauchemar californien », son héros, l’agent spécial Steve, infiltre un gang de bikers racistes. Trafics et règlements de comptes figurent au menu cette BD rythmée mais un peu cliché, inspirée de la série TV « Sons of Anarchy ».

Un mot sur « Amerikkka », prévue en dix tomes : « En prise directe avec l’actualité et l’histoire, cette série à rebondissements vous fera découvrir à chaque nouvel épisode une région différente des États-Unis ainsi qu’une affaire impliquant les terroristes du Ku Klux Klan, l’organisation secrète ségrégationniste américaine », explique l’éditeur, Emmanuel Proust.

Pour lutter contre cette véritable pieuvre, deux agents spéciaux : Angela Freeman, la jeune métisse discrète, et Steve Ryan, un dur-à-cuire presque angélique. À l’âge de 4 ans, Steve Ryan a perdu son père, syndicaliste, conseiller de Martin Luther King et membre fondateur de l’Anti Klan Network (AKN), qui fut enlevé le jour de la création de l’organisation et n’a jamais été retrouvé.

L’oncle et parrain d’Angela, William Freeman, autre membre fondateur, a péri dans l’incendie criminel d’une église baptiste à Birmingham. La mission des deux agents infiltrés : partout où l’on signale des activités criminelles imputables au Klan et à l’ultra droite, ils viennent apporter leur expérience, engrangent les preuves pour permettre à l’AKN de porter de nouveaux coups à l’hydre sans cesse renaissante.

Dans le sud de la Californie, les affrontements entre bandes de motards pour la conquête des territoires ont fait des dizaines de morts. Quand un agent inflitré dans un des gangs les plus dangereux est découvert mort, les autorités font logiquement appel aux agents très spéciaux Steve et Angela. Angela étant enceinte, Steve part seul infiltrer le groupe de bikers extrémistes LibertAryens…

Le récit, écrit en lettres de sang par Roger Martin, est bien servi par un dessin réaliste et précis, même si on tique sur quelques croquis de motos approximatifs. Plus gênant, le récit s’embrouille à plusieurs reprises, la trame déraille comme une chaîne distendue et devient dure à suivre. La description des motards n’évite pas les clichés. Et l’on a un peu de mal à croire que ce policier infiltré puisse se faire admettre des bikers avec autant de facilité.

Mais l’ouvrage se lit vite, le rythme redoutable faisant apprécier le divertissement. En fait, cette BD se dévore comme une série télé. On pense bien sûr à l’univers de « Sons of Anarchy », même si les personnages qui défilent dans la lucarne sont plus complexes, donc plus intéressants que ceux de la BD.

« Amerikkka » par Martin et Otero, éditions EP, 24 x 32,2 cm, 48 pages, 13,50 €.

A découvrir par ici, les BD moto disponibles dans la Boutique Motomag.com

Bande-dessinée : « Avec Marc, des fois, on s’échappait… »


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« La Conquête de l’Ouest », le tome 3 de la série BD « Je Veux une Harley », est l’une des meilleures ventes de livres moto de cette fin d’année. Rencontre avec Frank Margerin, dessinateur de talent plutôt amateur de motos anglaises, qui transforme le chrome en or.

Deux ans et demi après la sortie du premier tome de « Je veux une Harley », voici déjà le troisième. Cuadrado et toi êtes des stakhanovistes de la BD ! Combien de temps nécessite la confection d’un album ?
Il faut un an pour le réaliser : trois mois pour l’écriture du scénario et l’esquisse des premières planches, neuf de plus pour dessiner la totalité. Je réalise moi-même dessin et couleur. Là, j’ai d’abord rendu les quinze premières pages en couleur, puis le reste de l’album (46 pages au total) d’une traite. Je me suis tapé quinze jours de colorisation d’affilée, je n’en pouvais plus…

Cette fois, votre héros et ses copains donnent dans l’exotisme : le grand voyage en Harley !
Oui, nous avons traité d’un des clichés du milieu biker : le rêve de rouler un jour dans l’Ouest américain, de voir le Grand Canyon… C’est un fantasme pour beaucoup de motards en général.

Quelle est votre source d’inspiration, vous connaissiez la Route 66 ?
Nous avons fait le voyage en 2013. Dans cette série, on s’inspire du vécu. Nous sommes passés par un tour operator spécialisé, USA Moto Riders. On roulait sur une Harley-Davidson Electra Glide Classic.

Vous avez voyagé à deux, comme un vieux couple ?
Un jeune couple, trois ans de vie commune ! On partageait la même moto, et aussi les mêmes chambres dans les motels, avec les ronflements…

Vous avez parcouru la Route 66 dans sa totalité, de Chicago à Los Angeles ?
Non, nous avons suivi une boucle de L. A. à L. A., en passant par des morceaux de Route 66. La totalité fait 4.000 km, il faut du temps et ce n’est pas intéressant partout. Le fait de passer par un tour operator nous a permis de mettre en scène la vie de groupe. On a un peu transformé le vécu : sur les huit Français qui faisaient le voyage avec nous, il n’y avait pas une femme. On a donc rajouté Tanie, la femme de Marc (le héros), mais aussi d’autres caractères que les lecteurs apprécieront…

Il y a beaucoup d’humour sur le couple homme-moto, mais aussi sur le couple homme-femme. Les hommes s’en sortent bien…
Le rapport dans le couple est le fil conducteur de cette série. Or, ce genre de voyage, avec le cul sur la selle toute la journée, c’est surtout une affaire d’hommes. Ils veulent être entre copains, et on peut le comprendre. Nos personnages féminins apportent un regard critique sur ce trip masculin. Quand les mecs rentrent dans une boîte à strip-tease, c’est sûr qu’elles ne vont pas cautionner…

Vous aviez une Harley pour deux, qui conduisait ?
Cuadrado a plus l’habitude que moi de conduire ces gros engins, il tenait donc le guidon la plupart du temps. Sur cette moto, on est tellement bien derrière qu’on n’a pas forcément envie de conduire. Surtout que la plupart des routes sont de longues lignes droites ennuyeuses. Ce qui est amusant là-bas, ce sont les enchaînements de ligne droite… J’étais derrière, et ça tombe bien car je prenais des photos qui m’ont servi pour dessiner ensuite.

Ton impression de l’Ouest américain ?
Les routes sont souvent en parfait état. Il y a beaucoup de lignes droites, mais les paysages sont magnifiques.

Est-ce que la moto offre des rencontres particulières ?
On roulait en groupe avec un guide, on avait un timing précis à respecter, du coup on n’échangeait pas beaucoup avec les autochtones. Mais si tu es seul, oui, à moto tu peux parler aux gens plus facilement.

Avez-vous rencontré des figures de la route ?
Desert Doctor, c’est marqué sur son réservoir ! Un motard qui sillonne le désert sur une vieille Harley à fourche Springer. Il se présente aux autres motards et propose son aide en cas de pépin. On l’a mis dans la BD. Et sinon, Angel Delgadillo bien sûr, le barbier qui a fait renaître la Route 66 sous sa forme touristique. C’est lui qui a inspiré le dessin animé « Cars ». Un vieux très sympa !

Vous avez vécu l’orage de grêle, comme dans la BD ?
On avait une tenue de pluie, mais dans la voiture du guide. Or on venait de perdre le groupe parce qu’on était sorti en retard d’un café. On a parcouru 50 miles à fond pour les chercher, sans succès. Et arrive le gros orage… En fait ils nous attendaient derrière ! Les joies du voyage en groupe…

Vous utilisez le réel avec une pointe d’ironie et d’auto-dérision…
C’est de la bande-dessinée humoristique. Nous n’avons pas vécu un trip d’aventuriers, nous assumons le côté tour operator de ce voyage. C’est hallucinant : le moindre pépin mécanique, et tout est remis en question car le guide n’a aucune notion de mécanique. Il est perdu s’il n’arrive pas à joindre l’assistance sur son portable.

Les motos sont dessinées avec le respect du détail qu’on te connaît. Mais les cuirs sont d’un noir luisant, sans un écusson. Pourquoi ?
J’ai été paresseux sur ce coup, normalement je dessine tous les patches, mais là t’en sors pas, les harleyistes en ont plein ! Nos lecteurs notent tous les plans et nous font des reproches sur le fait que d’une case à l’autre, l’écusson est différent… Donc, les gilets sont vierges.

Vous avez assouvi un rêve de môme, en faisant ce voyage ?
Ah oui ! Après, la solution tour operator, il y a le pour et le contre. C’est très confortable, tu ne t’occupes de rien, mais ce n’est pas de l’aventure. Nous avons visité tous les sites touristiques, où les Américains ont tendance à recréer artificiellement les ambiances. Ils mettent de fausses épaves ici et là… Si tu veux bien manger, il faut en sortir car les restos c’est l’abattage, surtout pour moi qui ne suis pas fan des sandwiches. Avec Marc, des fois, on s’échappait…

« Je Veux une Harley, tome 3 La Conquête de l’Ouest », scénario de Marc Cuadrado et dessins de Frank Margerin, éditions Dargaud, 46 pages, 11,99 euros ; en vente dans la Boutique Motomag.com.

A lire, le portrait du scénariste de « Je Veux une Harley », Marc Cuadrado, dans le n°313 de Moto Magazine (déc. 2014), en vente dans la Boutique Motomag.

BD : le double de Steve Mc Queen est un gentil looser !


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Le dessinateur Satô revient, au guidon d’un album BD, le tome 2 des aventures de Steve Mc Twin. Mais attention, le double de Steve Mc Queen, un motard, est un gentil looser qui a maille à partir avec les forces de l’ordre, et dézingue à tout va les radars et autres aberrations de la sécurité rentière. Toute ressemblance avec les Motards en Colère ne serait pas si fortuite et involontaire…

L’album « Steve mc Twin #2, Ze cartoon » est un recueil de dessins motos (sur une ou une demi page) prétextes à des gags bien sentis sur les sujets de prédilection de l’auteur : la répression routière abusive, l’usage du texto en auto, la chasse effrénée au débridage des moteurs, les motards sur Facebook, les bikers de la kustom-kulture, les Motards en colère… Sato est éclectique, au point de faire figurer la FFMC dans plusieurs de ses planches ! Il faut préciser qu’il est lui-même adhérent de l’antenne du Rhône…

Passionné de compétition moto, le dessinateur est aussi un vrai supporter du team GMT 94 dont il met en scène la Yamaha R1, championne du monde d’Endurance 2014, dès la couverture. Et celle qui la chevauche est bien plus sexy que Christophe Guyot ! Il dessine, avec le même bonheur, la Geco d’Eric Offenstadt, Rossi en virage… et pleins de motos sportives, japonaises ou italiennes, dernier cri ou vintages.

Sato invite aussi dans ses pages des personnalités étonnantes, telles Peter Falk (Colombo), David Caruso, Tom Cruise Arnold Schwarzenegger et… Jésus qui, comme chacun sait, était un sacré motard !

La précision du trait est remarquable, même sur les choppers Harley et les motos de gendarmes, c’est tout dire…

« Steve Mc Twin, tome 2 Ze Cartoons », par Satô, éditions Dargaud ; 48 pages, 21 x 29,7 cm, 11,90 euros. La bande-dessinée est en vente sur la Boutique Motomag.com.


BD : « Rider on the Storm 2 », sale temps pour Sarini


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Le tome 2 de la BD « Rider on the Storm » transporte le lecteur dans un Londres des seventies pluvieux et semé d’embûches pour Gaspard Sarini et sa Kawa. Un polar sombre, à dévorer.

L’histoire

27 juin 1975. Après la tentative de meurtre qui l’a visé sur le circuit de Mettet (tome 1. Bruxelles), Gaspard Sarini sort de l’hôpital plus décidé que jamais à découvrir les assassins de ses parents. Sa détermination seule suffira-t-elle ?

Critique

Le dessinateur belge Baudouin Deville poursuit la saga Sarini en continuant de mêler, avec une certaine précision historique, polar dans l’ambiance seventies, géographie européenne et courses moto. Même si les cases sont quelque peu figées dans une ligne claire inspirée par Blake & Mortimer, on reste sans voix face à la qualité du dessin des 900 Kawa et autres Yamaha des années 70. Le récit policier happe le lecteur, et lui fait attendre avec impatience le tome 3 qui le mènera du côté de Rome…

Les auteurs

Le dessinateur belge Baudouin Deville est aussi le responsable de la collection Carénage créée par les éditions Paquet. Dans une interview publiée dans le numéro 296 de Moto Magazine (avril 2013), il affichait ses influences : « le cinéma français des années 70″. Côté moto, Baudouin n’a jamais cherché plus loin que cette décennie magique. Honda 750, Suzuki GT 750, Kawasaki H2… Des machines qui sont restées des mythes, et qu’il dessine à la perfection. Il a également publié la BD « Continental Circus » aux éditions Paquet.

Géro, le scénariste, est moins porté sur la moto. Trentenaire, il n’a pas connu les années 70, et apporte un regard distancié par rapport à l’univers mécanique. Ce récit hyper-réaliste bénéficie de ses connaissances du contexte géopolitique de cette époque.

BD : « Rider on the Storm, tome 2 Londres », par Géro et Baudouin Deville, éditions Paquet collection Carénage, 48 pages, 23,5 x 31,5 cm, 13,50 €.

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BD : Angles Morts et… Motards en Colère !


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Les ingrédients d’un polar, un homme en Hayabusa accusé à tort, la communauté qui se mobilise, le circuit Carole et un soupçon de FFMC… Dans la BD « Angles Morts », transparaît l’esprit motard, voire même à certains moments, Motards en Colère. Alors forcément, nous l’avons lue, et voici ce qu’on en pense…

L’histoire

Will, un motard au passé trouble, est injustement soupçonné d’un meurtre survenu lors d’un braquage par un gang de motards. Il devra prouver son innocence… Pour une fois le gang de bikers ne circule pas en Harley mais en Hayabusa (le fameux « faucon » de Suzuki), et le trio qui sème la mort a les yeux bridés, ce qui ne l’empêche pas de rouler débridé.

La critique

Le scénario de cette BD de facture policière est un brin facile, pas toujours réaliste mais l’ambiance motarde est omniprésente. Ainsi, les lieux de rencards : des bars imaginés qui ont tout du coupe-gorge pour ceux dont la tête n’est pas casquée. Le circuit Carole figure en bonne place dans le panthéon de ces auteurs,

qui connaissent également leur bréviaire du militant FFMC sur le bout des doigts gantés. On ne peut qu’apprécier !

Le scénariste

Le scénariste, Xavier Bétaucourt, est un motard. Il en parle, dans une interview publiée dans Moto Magazine n°309 (juillet-août 2014) : « L’expression « esprit motard » a un vrai sens pour moi : elle est à la base de l’histoire. J’ai laissé transpirer ce que l’on ne peut expliquer, mais qui parle à ceux qui roulent sur deux roues. J’ai un 1200 Bandit. Je peux donc être plus ou moins sage… Maintenant, vu mon âge (50 ans), je penche plutôt vers la catégorie « apaisée ». »

BD : « Angles Morts, le Gang des Hayabusa », par Xavier Bétaucourt et Laurent Astier, éditions Paquet, 48 pages, 23,5 x 31,5 cm, 13,50 euros.

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Bande dessinée Moto Mania, tome 11 : trop plein ou plein d’idées ?


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Connaissez-vous la bande dessinée Moto Mania ? C’est la série BD moto de tous les records : 11 tomes depuis les débuts dans les années 90, un volume de gags en une page considérable… Même Joe Bar Team n’arrive pas à ce score ! Moto Mania c’est aussi de la pure production teutonne, dans le genre gros rire qui tâche comme un kamarade qui s’épanche gentiment sur votre épaule à l’Oktoberfeist.

Eh bien non, Moto Mania ce n’est pas que ça ! La preuve, Etienne Paturange, un p’tit jeune de 14 ans scolarisé en troisième, qui passait par chez Moto Magazine pour effectuer son stage de trois jours en entreprise, il a aimé, Moto Mania ! Pourtant, il ne ferait plutôt pas partie du lectorat cible, comme disent les marketeux de maintenant.

Voici, donc, ce qu’a écrit Etienne :
Cette série BD fonctionne aux gags d’une page. L’humour se base sur la camaraderie entre motards. Bien que l’ambiance soit plutôt aux machines de course sophistiquées efficaces sur circuit, on note l’apparition de vielles bécanes telles qu’une Norton Commando, une BMW R69S, une Honda CB 750 Four…

Les dessins sont plutôt fidèles aux motos d’origines, dont même les moteurs sont bien croqués. Les gags aux dessins « gros nez » sont amusants et le langage disons « approximatif » souligne la simplicité des personnages : des humains normaux à l’extérieur et plutôt fous à l’intérieur, mais une folie amusante et conviviale qui nous permet de nous sentir proche d’eux et de leur quotidien.

Un mot sur l’auteur : l’Allemand Holger Aue est motard, fan de longue date, depuis 1978 exactement. Holger est aussi un artiste doué. C’est dans les années 1990 qu’il décide d’associer sa passion motarde et son talent artistique en créant la série Moto Mania. Il obtient un certain succès en Europe.

Holger met en scène cinq motards : Paulo Lachapelle, Max Duchamp, Jojo Raccordo, Dany Garagevert et Duke Dumusé ; cinq fous du guidon chevronnés, vivant pour la moto et assouvissant leur passion tous les jours, qu’il vente, qu’il neige ou qu’il mouille.

Ducatistes, suzukistes, béhèmistes ou autres… il règne tout le temps un esprit de franche camaraderie même lors des bastons, bourres et autres arsouilles.

Holger Aue reste dans l’humour et l’esprit et, malgré une ressemblance évidente avec les dix derniers tomes, il réussit toujours à nous faire rire, ce qui est le principal !

BD : « Moto Mania, tome 11 A Fond les Pistons ! », par Holger Aue, éditions Glénat ; 48 pages, 21,5 x 29,3 cm, 9,99 euros.

Cette BD à prix motard sera bientôt dans la boutique Motomag.com.
En attendant vous pouvez vous procurer le tome 10 en cliquant ici.
Les tomes précédents sont également en vente dans la boutique Motomag.com, au rayon Livres et BD.

BD : un polar sombre sur fond de far-west et de chamanisme


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Le rêve américain, les canyons, les grands espaces, des pick-ups stationnés sur des parkings déserts, un shérif un poil dodu et un cavalier solitaire chevauchant une Harley-Davidson…

L’ambiance dans laquelle nous plonge l’intégrale incluant 3 albums BD de « James Healer », éditée par Le Lombard voici quelques temps, relève du grand classique dans le genre polar. Mais les intrigues plutôt bien ficelées par Yves Swolfs et les paysages très correctement dessinés par Giulio de Vita donnent envie d’aller au bout du suspens.

D’autant que le scénariste et le dessinateur ajoutent aux ingrédients archi-éculés une dose de mystique : le cavalier solitaire en question, James Healer donc, dispose de pouvoirs chamaniques. Ce détective est en effet un Indien blanc.

Voici sa présentation sur le site de l’éditeur :

En 1969, dans la nuit qui suivit son décès, le guérisseur indien Eagle Glance apparut en songe à son disciple et lui révéla que son âme avait trouvé refuge dans le corps d’un bébé, le premier qu’il rencontrerait à son réveil. A son grand étonnement, le premier nourrisson que le nouveau shaman trouva, pleurait au fond d’un break à côté des cadavres d’un couple de «visages pâles» sauvagement assassinés ! James fut élevé par les Shoshones.

Très vite, le jeune Blanc manifesta un don de clairvoyance, le même que celui d’Eagle Glance… Aujourd’hui, James Healer est détective. Il collabore avec les polices locales et même avec le FBI dont les agents n’apprécient pas toujours ses capacités à résoudre avant eux, les enquêtes les plus inextricables…

« James Healer » est donc une série policière teintée de surnaturel, écrite par l’auteur de « Durango » et du « Prince de la Nuit ». Avant « Wisher » et « Kriss de Valnor », Giulio de Vita mettait son talent de dessinateur au service de cette histoire en trois tomes.

Ce qui est intéressant, c’est que les deux auteurs se jouent du mythe américain en soulignant la méfiance des Yankees envers les Indiens dans l’Amérique actuelle qui n’a pas chassé ses vieux démons. Les Blancs ne sont pas si gentils, et les Indiens si méchants. Ou l’inverse…

Notre seul problème à nous, c’est que de Vita sait mieux dessiner les somptueux paysages de l’ouest lointain que les motos. Sa Harley Davidson couchée sur papier n’a pas la même précision que celle d’un Coyote, par exemple, autre dessinateur officiant au sein de l’écurie BD Le Lombard.

Il n’empêche, la particularité de se déplacer à moto confère à ce héros son caractère indépendant, ainsi qu’une part de mystère savamment entretenue.

En définitive, ces trois histoires réunies en une intégrale de 144 pages au prix d’une BD classique, restent des polars de bonne facture, efficaces et divertissants.

BD : « James Healer », l’intégrale (3 histoires), par Giulio de Vita et Yves Swolfs, édition Le Lombard ; 144 pages, 21×27 cm, 14,99 euros.

Présentation sur le site de l’éditeur

La critique du tome 10 de Litteul Kévin ; en vente dans la boutique de Motomag.com

La page Livres et BD de la boutique Motomag.com

BD sur les 100 ans de la FFM, la belle histoire


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La belle histoire, que celle de la Fédération Française de Motocyclisme (FFM)… Après un riche et beau livre en début d’année, pour fêter son centenaire, l’institution du sport moto en France s’est associée avec l’éditeur belge spécialisé dans la BD auto-moto, Paquet.

On avoue avoir eu peur à la lecture de l’intitulé… « Encore un ouvrage qui ressasse des souvenirs de vieux », craignait-on. Finalement non, ce récit historique est léger, livre des anecdotes amusantes, et finit par rendre humaine la veille dame centenaire et aristocratique qu’est la FFM !

On appréciera le gros effort de coordination fourni par Baudouin Deville, l’auteur de la BD remarquée « Riders on the Storm », qui est aussi directeur de la collection Carénage aux  éditions Paquet.

Pour rendre hommage à la centenaire, il a réuni une quinzaine d’illustrateurs : Philippe Abbet, Laurent Astier, Callixte, Olivier Dauger, Baudouin Deville, Jean-Luc Delvaux, Bruno Di Sano, Thierry Dubois, Daniel Gonzalez, Philippe Gurel, Jérôme Lebrun, Richard Ortiz, Lucio Perinotto, Alexis Segarra, Olivier Speltens…

On a particulièrement apprécié l’illustration de la Coupe Kawa par L. Astier, le chapitre sur la moto verte par A. Segarra ainsi que « Révolution et contestation » par Baudouin Deville, pavé dans la mare oblige.

BD : « FFM, 100 ans de Passion », par Baudouin Deville et un collectif de dessinateurs, éditions Paquet ; 48 pages, 24 x 32 cm ; 15,50 €, disponible, sur le site de la FFM.